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Un visiteur
3,5
Publiée le 27 mars 2013
Fernando Trueba livre un joli film sur le sens de l’art et celui de la vie quand celle-ci est bientôt terminée. La rencontre entre Jean Rochefort et Aida Folch est triste et lumineuse.
Etrange film que celui-là, le noir et blanc lui prête une touche esthétique qui lui sied d'ailleurs assez bien. L'histoire d'un sculpteur qui trouve le temps emmerdant, dans sa France occupée et dont la femme a la généreuse idée de recueillir une jeune fille, échappée d'un camp de réfugiés. Cette adorable espagnole, prête à beaucoup pour gagner quelques sous, accepte de poser pour le sculpteur en usant de patience et de complicité malgré le caractère bourru de l'artiste aux bacchantes. Jean Rochefort prouve une fois de plus que sa seule présence à l'écran crève quasiment ce dernier, Claudia cardinale surprend dans ce rôle d'ancien modèle soucieuse de l'épanouissement de son bougon de mari et Aida Folch, que je ne connaissais pas, se montre authentique et de surcroit courageuse, puisque posant régulièrement dans le plus simple appareil. Etrange film que celui-là, lent, lumineux, mais répondant à l'exigence que le spectateur lui demande, celle de la présence constante de l'émotion.
Peut-être le dernier rôle de la carrière de Jean Rochefort, et quel rôle !!! Mais on aurait aimé que le film soit à la hauteur de la performance ébouissante de l' acteur francais. Car, en effet, il est dommage de voir que la relation artiste-modèle évolue très peu tout au long du film. On attend une péripétie, des émotions nouvelles qui apparaissent, mais rien de tout cela. Le film reste toutefois très agréable, notamment grâce à la photographie sublime, et au noir et blanc qui propage un sentiment paisible vers le spectateur. Le film reste classique dans son déroulement, mais utilise son contexte de guerre avec finesse ( le rôle de l'intellectuel allemand est intéressant et offre aussi un petit moment de tension). On a compris que le but, ici, n'était pas de mettre de la folie dans ce scénario, mais de nous plonger, un instant, avec l'artiste qui veut retrouver l'espoir ( ou l'inspiration) alors qu'il tente de chasser ses doutes et sa détresse. On parcours donc ce chemin avec plaisir, mais sans en devenir complètement bouleversé.
Superbe film noir et blanc!!! Sans musique. Adorable Seul la fin laisse sur sa faim . La recherche de l'Idée l'attente. du la Déclic La recherche jusqu'au bout de la perfection
Fernando Trueba, réalisateur espagnol, signe un film doux et harmonieux. La mise en scène, avec le choix d’un noir et blanc très beau, est réussie par la sensualité, la douceur et le rythme agréable qu’elle dégage. Portée par un Jean Rochefort excellent, drôle et attachant et d’une Aida Folch délicieuse de charme et de beauté, cette œuvre émouvante et élégante porte une réflexion subtile sur l’artiste et l’inspiration.
Un beau film sur la relation entre un sculpteur et une espagnole évadée d'un camp de réfugiés dans la France libre. Dans un noir et blanc somptueux, les acteurs sont tous remarquables : Jean Rochefort et Claudia Cardinale incarnent parfaitement ce couple vieillissant mais la réelle révélation est Aida Folch, pleine de charme et de subtilité. Ce trio d'acteurs nous amène à suivre avec intérêt cette histoire sur la création d'une oeuvre d'art mais le rythme lent, voulu par Fernando Trueba, peut entrainer une légère lassitude. Même si le film aurait peut-être gagné à être un peu raccourci, le trio d'acteurs (ainsi que les seconds rôles notamment les enfants) et la beauté des images offre un film plaisant et intéressant.
Un beau film, simple, sans fioritures, avec des dialogues juste, peut être manque-t-il un brin d'originalité pour que la réussite soit encore plus belle! Du beau cinéma d'auteur.
Malgré ses treize nominations, L'artiste et son modèle est reparti bredouille des derniers Goyas, les César espagnol (Blancanieves a tout raflé). Cela est bien dommage car ce film est magnifique. Sur tous les plans. Formellement d'abord. La photo est d'une rare splendeur (c'est le premier film du directeur photo). Chaque détail (costumes, décors, sculptures...) est sa place et parfaitement travaillé. Le tout, mis en forme par une mise en scène, fluide et délicate, nous offre des images d'une grande beauté...
Le réalisateur espagnol réalise enfin son film. Il a eu la volonté de faire ce film avec son frère sculteur mais qui a malheureusement disparu (1996) avant de pouvoir concrétiser. Des années après donc il lui dédie ce magnifique film, un hommage aussi bien aux artistes qu'à la femme. L'artiste, c'est Jean Rochefort, magnifique en sculteur qui cherche sa dernière inspiration, sa dernière muse avant de quitter ce monde en guerer auquel il ne comprends de toute façon plus rien. La modèle, la muse c'est Aïda Folch (que Trueba a révélé il y a 10 ans) qui s'offre littéralement à l'artiste, dans une nudité pudique qui ne manque pas de volupté. Le Noir et Blanc manque de contraste mais on finit par le trouver lumineux, ce qui en fait un noir et blanc d'un flou impressionniste qui colle parfaitement à son sujet. On constate vite que la musique est absente du film (sauf le générique de fin), le son de la nature, de l'atelier... etc... nous plonge d'autant plus dans l'intimité du processus de création. Par contre le contexte de la guerre reste franchement anecdotique, le maquisard reste un intrus autant pour le sculteur que pour nous ; reste le personnage de l'offcier allemand interessant car non belliciste et qui évite un manichéïsme qui aurait été facile et hors propos. Mais le film perd un peu de valeur surtout à cause de deux scènes maladroites ; la première, bien que touchante et sensuelle arrive sans crier gare, sans que l'évolution du personnage de la modèle ne viennent infirmer cette scène. La seconde est la fin, un choix plus dans l'apaisement aurait largement plus judicieux et en adéquation avec le cheminement vers la dernière oeuvre du sculteur. Néanmoins ce film est une beauté formelle dont le fond ne manque pas d'envolée lyrique à destination des femmes et de l'art. Certains plans sont eux-mêmes des tableaux splendides, en témoigne celui où la muse se baigne au clair de lune.
Un beau film de Fernando Trueba, tourné dans un somptueux noir et blanc, qui explore les mystères de la création et les rapports si particuliers qui s'instaurent entre l'artiste (ici un sculpteur) et son modèle. Ce thème était déjà bien présent dans le splendide "Renoir" de Gilles Bourdos sorti il y a quelques semaines et, bien sûr, dans "La belle noiseuse", le chef d'oeuvre de Jacques Rivette. Dans ce film-ci, malheureusement moins réussi, moins abouti que les deux films précédents, il y a néanmoins beaucoup de scènes très intenses et très captivantes, et en particulier toutes celles où l'on voit le sculpteur (Jean Rochefort) au travail avec son modèle (Aïda Folch). Mais le film est en quelque sorte pollué par d'autres scènes qui n'apportent rien ou presque rien au récit: ainsi les scènes avec le parachutiste, avec le soldat allemand, avec les enfants, le curé, etc. Toutes ces scènes m'ont semblé inutiles, voire sans intérêt. Il aurait mieux valu, me semble-t-il, se concentrer davantage sur le travail de l'artiste comme l'avait si bien fait Jacques Rivette dans "La belle noiseuse".
Un très beau film sur la création artistique avec une actrice magnifique de beauté de fraîcheur mais aussi de profondeur qui donne envie de la dessiner. J'ai beaucoup aimé la scènes de commentaires sur les croquis de R. Le parallèle entre la Résistance et l'Art est intéressant. L'un et l'autre demandent un total engagement. La mort est sans cesse présente : quand l'officier allemand dit qu'il part sur le font russe on sait qu'il va mourir, (puisque c'est sur ce front que l'on envoyait les soldats pas suffisamment ardents au combat) le parachutiste, le risque permanent. Le noir et blanc et le jeu avec la lumière sont de ce film quelque chose d'envoûtant.
Sur papier, l’idée et le scénario de ce film bénéficiaient certainement plein d’atouts. Le résultat à l’écran n’en délivre guère ou si peu. La mise en scène est défaillante, la direction d’acteurs l’est tout autant (les aînés paraissent bien fatigués – quelle tristesse ! - et la nouvelle génération se montre balbutiante et maladroite), les dialogues sont pauvres, rien ne justifie le choix du noir et blanc et la reconstitution des années quarante est terriblement aseptisée. Bref, ce film est très ennuyeux et vain.
Film magnifique, la photo et les acteurs sont magiques. Rochefort restera inoubliable en sculpteur au terme de sa vie et a trouvé là son meilleur rôle.