César doit mourir
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Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 octobre 2012
Chef-d’œuvre ! Ni le titre ni l'affiche ne donnent envie d'aller voir ce film. La pièce de Shakespeare dont il est question est peu connue (même si les lecteurs assidus en connaissent les trésors comme la fameuse tirade d'Antoine "Brutus est un homme d'honneur"). Les cinéphiles se souviennent peut-être de la version par Mankiewicz avec Marlon Brando et James Mason. Ces derniers ont trouvé d'impressionnants successeurs !! Mais surtout, les frères Taviani usent d'un dispositif remarquable pour nous faire (re)découvrir la pièce. On circule dans la prison au gré des scènes sur le prétexte que la salle de théâtre est en travaux. Chaque moment se passe donc dans des salles ou des cours dont l'architecture sobre et moderne est magnifiée par une mise en scène d'une grande rigueur. La force du film tient à l’ambiguïté constante entre la réalité (la prison) et le théâtre. Le tout est filmé dans un superbe noir et blanc mettant en valeur le visage des hommes. Les problèmes de l'incarcération (absence des femmes et des paysages) sont superbement évoqués. Et puis on entend Shakespeare dans une langue italienne qui nous rappelle l'âge d'or du cinéma des Fellini et autre Pasolini. Si vous ne connaissez pas la pièce, vous la découvrirez. Et si vous la connaissez déjà, la mise en scène, les comédiens et le dispositif du film suffiront à vous plaire.
Anton75
Anton75

28 abonnés 79 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 janvier 2013
La mise en scène est superbe, car les frères Taviani ont su tirer le meilleur parti de la prison, mais la pièce n'est guère passionnante, et on n'en voit en plus que quelques scènes...
Cela étant, les acteurs (non professionnels, sauf un, à l'issue du tournage) sont excellents.
Matis H.
Matis H.

40 abonnés 162 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 janvier 2017
"César doit mourir" des frères Taviani est une oeuvre pour le moins atypique.

De par son récit tout d'abord, narrant le quotidien de prisonniers répétant une pièce de Shakespeare au sein de la prison.
Mais aussi par son montage, d'une grande intelligence, brisant continuellement les limites de l'espace afin de réunir les personnages alors que ces derniers ne se trouvent pas dans la même pièce.
Les cinéastes déploient, au travers des ces nombreuses idées formels, l'idée que l'art brise les murs, autant ceux de la prison que ceux qui enferment psychologiquement les protagonistes.

Les frères Taviani imposent donc une oeuvre qui fascine par son propos vertigineux, qui se heurte malheureusement à quelques défauts.
L'écriture, tout d'abord, déçoit dans son incapacité à trouver un équilibre entre la fiction et les brusques retours à la réalité faisant douter de la pertinence de ces dits retours.
La durée du long-métrage ne fait qu'accentuer ce manque d'équilibre.
Car si son côté concis (un peu plus d'1h15) pousse le récit à ne s'attarder que sur l'essentiel, on perd par là même le naturel, le vrai, ces petits instants de vie qui permettent de s'attacher et donc, d'avoir une portée dramatique et humaine plus importante.

De plus, l'utilisation du noir et semble assez vaine, bien qu'un sens puisse être imaginé, ce choix fait plus office de caprice artistique plus que d'une réelle intention.
De même que les séquences brisant le quatrième mur auraient mérité à être plus réfléchis.
"César doit mourir" est bien plus un film de propos, vertigineux et bouleversant, à la force cinématographique évidente, qu'un film humain, trop peu creusé et frôlant parfois dangereusement avec le misérabilisme.
gemini-hell
gemini-hell

31 abonnés 395 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 octobre 2012
Difficile de se passionner pour cette réalisation des frères Taviani. Les intervenants de ce film, tous de véritables prisonniers d’un QHS d’une maison d’arrêt italienne, bénéficient à l’évidence de prédispositions naturelles et d’un vécu suffisamment intense et dense pour avoir la capacité de pratiquer l’art de la comédie et de se frotter à l’univers de William Shakespeare. Ils sont bien filmés et tant mieux pour eux si cette activité leur permet quelque part de s’évader du quotidien carcéral. Mais toute médaille a son revers ... L’univers de cette prison me semble bien aseptisé et loin de refléter la réalité courante : ici, ni vétusté des lieux, ni violence, ni promiscuité, ni toxicomanie ne sont évoquées ou montrées. Je peux comprendre que les réalisateurs aient délibérément choisi d’épurer leur récit et de le concentrer sur la place de l’art derrière les barreaux mais cette approche rend le propos obscur voire douteux. Rébarbatif.
ANDRÉ T.
ANDRÉ T.

94 abonnés 485 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 octobre 2012
Beauté, force, humanisme sans juger, sans "s'apitoyer".
La prison, le théâtre, le cinéma s'entremêlent.
L'Art peut-il révéler, la petite lumière qui luit en chaque homme ?
Les frères Taviani nous disent: OUI !
J'ai été ébloui par la capacité des "frères" à utiliser, les couloirs, la cour, les lieux de la prison, pour les répétitions théâtrales. Ils s'appuient sur la violence que dégagent ces lieux. Les thèmes de la pièce se superposent à ce qui a pu être vécu par ces hommes: mensonge, violence, crimes, trahisons...
J'ai eu l'impression que seul le spectacle donné aux spectateurs, était en couleur.
Le bonheur profond se lit alors sur chaque visage.
Cyril J.
Cyril J.

33 abonnés 625 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 octobre 2016
Version particulière de Jules césar, la pièce de Shakespeare, puisqu’elle est ici interprétée par de lourds délinquants vivant depuis des années, voire des décennies, dans un quartier de haute sécurité de Rome, et qui bénéficient d’un programme culturel incluant leur participation volontaire. Tourné en noir et banc sauf pour les scènes de la représentation publique de la pièce, et toujours sous la surveillance des gardiens et du metteur en scène, ils nous répètent la pièce par bribes, une scène par ci, une tirade par là, un cafouillage ou une performance ailleurs, lors de promenades, dans leurs cellules, de nuit, de jour, dans un couloir, avec des progrès et des tons personnels de plus en plus manifestes.
En dehors et d’un peu de ce culture, leur investissement devient total et vital pour leur sens de la vie, et leur enseigne parallèlement l’horreur de vivre enfermé. En plus d’une pièce de théâtre, on découvre surtout l’aventure de la réhabilitation aux yeux du sens humain et de la raison, pour des personnes qui en sont amputées. Cette fiction, néanmoins présentée comme un documentaire, nous laisse imaginer une hypothétique expérimentation de la possible transcendance par l’art et l’histoire, même pour la lie.
Schwann
Schwann

19 abonnés 261 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 octobre 2012
César doit mourir sera présenté pour les Oscars en qualité de meilleur film italien dans la catégorie "meilleur film étranger", ainsi soit-il. Après l'Ours d'Or, les frères Taviani continuent d'écumer les festivals, afin de donner une reconnaissance à leur film, afin comme ils disent de faire entendre les voix de ces prisonniers. Mais ces voix ne seront jamais celles d'individualités : le personnage principal du film, c'est le théâtre. Nous assistons en presque totalité à la pièce Jules César de Shakespeare - et on regrette d'ailleurs de ne pas l'avoir relue avant de regarder le film. Je ne vais pas entrer dans des polémiques sur le rôle des prisons et la rédemption. Ce qui me semble important, c'est la (ré)éducation par l'art, et même si cela peut paraître utopique ou illusoire, j'y crois, comme les frères Taviani à quatre-vingt ans. La phrase que prononce un des prisonniers est superfétatoire, puisque tout cela est implicite, mais permet de résonner longuement dans la mémoire : "Da quando ho scoperto l'arte, questa cella è diventata una prigione" (Depuis que je connais l'art, cette cellule est devenue une prison). Ce qui est bouleversant, c'est de voir soudainement une prison vivre et respirer en osmose avec le texte de Shakespeare. Qui plus est, revisitée par des prisonniers italiens, la pièce acquiert une dimension référentielle extraordinaire, puisque chaque acteur parle dans son propre dialecte : napolitain, sicilien, romain ... Tout cela filmé par la caméra de ceux dont le génie cinématographique n'est plus à remettre en doute, ça n'en est que plus beau.
danna2509
danna2509

25 abonnés 231 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 octobre 2012
Un très bon film mais j'y mets un bémol car adapter Shakespeare au théâtre ou au cinéma c'est toujours l'assurance de présenter une histoire trépidante. La mise en scène troublante est intéressante. Le fait que cela se passe en prison apporte-t-il quelque chose? Je ne sais pas mais en tout cas le choix des comédiens prisonniers est pertinent.
shimizu
shimizu

13 abonnés 229 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 novembre 2012
Un Ours d'Or mérité, si vous voulez mon avis. Les réalisateurs nous donnent à entendre le sublime texte de Shakespeare (en traduction italienne, certes...) dans un cadre tout à fait original. Et ce cadre ajoute à la magie opérée par le texte. Quoi de mieux qu'une prison pour représenter la société étouffante de la Rome antique à l'époque des luttes de pouvoirs et de l'effondrement de la démocratie? La prison devient alors la métaphore d'une société folle dans son ensemble, et les acteurs, emprisonnés par la suite de cette folie, en sont les révélateurs. L'art remplit alors sa fonction première, qui est d'être le miroir révélateur de notre monde. Là où ça ne va pas du tout, c'est quand on sort de la pièce de théâtre, et qu'on voit la vie quotidienne des détenus. C'est scénarisé à mort, à tel point que ce n'est pas du tout vraisemblable. Et les acteurs, sublimes quand ils interprètent Shakespeare, s'avèrent franchement mauvais quand ils jouent leur propre rôle. Mais enfin, cela ne représente qu'une toute petite partie du film, et ça ne nuit pas du tout à notre plaisir d'assister à cette représentation si particulière du chef d'oeuvre elizabéthain.
guifed
guifed

75 abonnés 286 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 13 juin 2013
Je n'ai pas accroché à ce film. Est-ce bien un film d'ailleurs? Et si oui, à quel genre appartient-il? Docufiction? Pièce de théâtre? Les frères Taviani ont certes réussi à concilier fiction et réalité, dans une mise en abime pour le moins obscure. Mais à tel point qu'on ne ressent pas ce qu'on voudrait à tout prix ressentir du début, en lisant le synopsis pour ma part, à la fin du film. On en sort horriblement frustré. Comment ces prisonniers appréhendent-ils le théâtre, et l'art en général? Qu'est-ce que cela leur apporte dans leur quotidien carcéral? Alors certes, on peut les voir s'épanouir dans leurs répétitions, inlassablement répétées par le réalisateur (le film se résume à ça en fait), mais aucune comparaison ne peut être faite au regard de leur vie d'avant, de leur vie de tous les jours. Il manque ce point d'appui indispensable à toute empathie pour les personnages.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 juillet 2013
Dans un noir et blanc réinventé, les frères Taviani posent les bases d’une représentation théâtrale comme élément indispensable à la survie des prisonniers. De vrais détenus jouent Shakespeare, et jouent leur vie de manière sidérante. J’ai l’impression que les frères Taviani réinventent là aussi plus généralement le cinéma. Du grand art.
Pour en savoir plus
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 2 janvier 2013
Ayant connu une certune notoriété durant la période 70/80 avec des films comme "Padre, Padrone" (Palme d' or 1977) , les frères Taviani étaient tombé dans l' oubli ces derniers temps . Ce film a le mérite de les rappeler au bon souvenir de la critique et (de me les faire découvrir).
Il prend pour cadre un Quartier de Haute Sécurité en Italie et montre la préparation d' une piéce de théatre avant représentation ("Jules César" de Shakespeare) par des prisonniers volontaires pour participer à ce programme.
Oscillant entre le film et le documentaire, le film se veut indirectement un playdoyer sur l'art, facteur de réinsertion.
Les apprentis comédiens qui se trouvent dans cette prison pour divers motifs (stupéfiants,mafia,homicides) interpretent une pièce qui peut sonner comme un écho avec leurs vies antérieures .Témoin cette séquence ou un des protagoniste déclare à propos d' une réplique ("je voudrais éliminer sa philosophie et non pas lui") que cela lui évoque une situation passé quand il avait été commandité pour une sale besogne.
On est donc dans un travail de réappropration d'une oeuvre par rapport à un passé mais aussi un moyen d' échapper à leurs quotidien (la dernière séquence avec cette déclaration :" depuis que j' ai découvert l'art, ma cellule m'est apparu comme une prison").
Si les personnages sont donc des réels prisonniers ,les deux réalisateurs n'ont pas voulu aller trop dans la forme documentaire . Les répétitions de la pièce constituent le sujet du film entrecoupé de rares dialogues off et séquences dans les cellules.Filmé en noir et blanc (mettant plus en avant l'expression corporelle et ce processus d'identification), seule les séquences issues de la représentation en ouverture et fin sont filmées en couleur.
C'est peut être une limite qu' on peut trouver au film,mème si personnellement, cela ne m' a pas géné: l' absence d' approfondissement du sujet. Le choix de privilégier la forme du film au documentaire permet donc de livrer une belle mise en abyme, bien filmée mais ceux qui voudront une plus ample réflexion sur le sujet de la capacité de l'art(ici une oeuvre de théatre) à faire écho à nos vies, trouver une voie de rédemption/réinsertion humaine resteront sur leurs faims .
Dorian M.
Dorian M.

54 abonnés 11 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 octobre 2012
D'un film qui aurait pu ressembler aux autres, les frères Taviani ont su en faire un chef d'oeuvre, et ce jusqu'à la dernière phrase du film, qui donne toute la profondeur et le caractère intemporel de cet exercice cinématographique.
gvnm73
gvnm73

8 abonnés 189 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 août 2013
impressing, Shakespeare appears to belong to our century, his study of politics and treason is totally intemporal and could definetelly take place in nour days' Italia. The actors are just great, we could believe they went to the actor studio. An interpretation of one of Shakespeare most famous play, that everybody should make sure to rent.
Claire undefined.
Claire undefined.

4 abonnés 47 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 novembre 2012
Une bonne surprise que ce film, qui a reçu l’Ours d’Or au 62ème festival de Berlin.



Un long-métrage court (à partir de 60 minutes on est dans la catégorie du long-métrage !), on en perdrait presque l’habitude ! A part pour David Lynch, Nuri Bilge Ceylan, et quelques rares autres, je trouve les longueurs des films actuels difficilement gérables.

1h15, c’est un format très agréable qui ne laisse pas le temps de s’ennuyer, qui concentre le propos.



Je suis en train de lire la tragédie dont le film est librement inspiré, « Jules César » de Shakespeare. Je suis frappée par l’aspect actuel (ou bien serait-ce intemporel?) de celle-ci (que dire d’une réplique comme : « Siècle, tu es déshonoré ! Rome, tu as perdu la race des nobles courages ! Quel siècle s’est écoulé depuis le grand déluge, qui ne se soit enorgueilli que d’un seul homme ? »), et je comprends d’autant plus qu’elle ait été réadaptée, après 3 autres films (en 1908, par J. Stuart Blackton et William V. Ranous, avec Charles Kent, en 1950 par David Bradley, avec Charlton Heston et en 1953 par Joseph Leo Mankiewicz, avec l’inimitable Marlon Brando).



Les frères Taviani (Paolo et Vittorio) sont des réalisateurs et scénaristes toscans nés en 1929 et 1931 (pas de la dernière pluie donc !). Ils cosignent tous leurs films, et comme l’un d’entre eux l’indiquait dans une interview à Cannes à propos de la répartition du travail de chacun, « Nous sommes comme le café au lait... Impossible de dire où finit le café et où commence le lait ! »



Le film raconte la mise en scène de la pièce de William Shakespeare, par les détenus d'un quartier de haute sécurité de la prison de Rebibbia, à Rome, dont les portraits se résument de façon marquante au lieu d’origine et aux délits et crimes commis (nous n’avons pas affaire à des amateurs !).



Au début du film, la fin de la représentation est montrée, en couleur, et se termine sous les applaudissements des spectateurs venus y assister.

Toutes les répétitions sont par contre filmées en noir et blanc, un très beau noir et blanc, dans un décor carcéral qui s’y prête particulièrement bien.



On perd assez vite nos repères quant à ce qui est de l’ordre du réel et de la fiction. Les rapports entre les prisonniers ainsi que ces derniers s’imprègnent de leurs rôles. Difficile de toujours repérer ce qui relève de la mise en scène et ce qui se déclenche spontanément entre les prisonniers.



L’idée de les faire réciter dans leurs dialectes est très plaisante, donnant lieu à de savoureux échanges avec des accents très marqués.

Ce sont par ailleurs les détenus eux-mêmes qui ont traduit la pièce dans leurs dialectes respectifs.

J’ai pourtant eu l’impression qu’au fur et à mesure des répétitions, les dialectes s’effaçaient un peu au profit d’une langue plus harmonisée, ce qui serait intéressant en parallèle de l’avancée de la pièce, où les rapports entre les personnages sont de plus en plus tendus.

La suite de la critique : http://clairedanslessallesobscures.over-blog.com/article-cesar-doit-mourir-112180644.html
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