César doit mourir
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Loïck G.

392 abonnés 1 831 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 juillet 2013
Dans un noir et blanc réinventé, les frères Taviani posent les bases d’une représentation théâtrale comme élément indispensable à la survie des prisonniers. De vrais détenus jouent Shakespeare, et jouent leur vie de manière sidérante. J’ai l’impression que les frères Taviani réinventent là aussi plus généralement le cinéma. Du grand art.
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brunocinoche
brunocinoche

138 abonnés 1 240 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 juin 2013
Moitié documentaire, moitié fiction, le regard porté par les Taviani sur ces prisonniers jouant Shakespeare est fort, poignant et percutant. Un bel exemple de rédemption par l'art filmé avec le recul nécessaire pour éviter tout voyeurisme. Très beau film trop court.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 juin 2013
Des frères Taviani, nombre de fois on m'avait vanté leur excellent travail dans le milieu cinématographique avec notamment leur Palme d'or pour "Padre padrone". Pourtant, jamais je ne me suis concentré sur un de leur film. Puis je tombe sur ce "César doit mourir", Ours d'or au Festival de Berlin, qui suit durant six mois les répétitions exercées par des prisonniers du classique de William Shakespeare, "Jules César". Avant de regarder le film, je m'attendais à un documentaire suivant des détenus en milieu carcéral s'attelant à des cours de théâtre. Finalement, le film s'apparente plus à une fiction mise en scène avec des vrais détenus, qu'à un pur documentaire. Pourtant, là n'est pas le mal, bien au contraire. Si la forme peut paraître déroutante au début, petit à petit on se prend au jeu et l'on finit par suivre avec passion la pièce de Shakespeare interprété dans des endroits mettant en avant la prison dans laquelle le film fut tourné. Les frères Taviani, pour une première expérience, ne me déçoivent aucunement tant leur film est profond et plein d'humanité. Il est étrange de voir ces personnes incarcérées pour des délits majeurs, prendre une part extrêmement intense à la confection de cette pièce, comme si il s'agissait pour eux d'un échappatoire à leur quotidien morose et triste. La mise en scène est elle-même extrêmement travaillée pour un rendu visuel original. Je pense notamment à la scène du meurtre de Jules César, au beau milieu des corridors extérieurs, qui est d'une beauté éblouissante. Les frères Taviani signent un film atypique, à la réalisation pointilleuse et passionante, avec un thème très intéressant qu'est le théâtre dans un milieu froid et âpre. Puis, malgré les saloperies que les prisonniers ont commis, on se prend d'affection pour ces portraits de personnes, comme si la puissance de l'art était rédemptrice. Un film simple sans les apparences, mais ô combien monstrueux dans le message véhiculé, ainsi que dans son apologie de l'art.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

167 abonnés 1 788 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juin 2013
Une prison italienne où cohabitent des détenus purgeant de lourdes peines fait l’objet d’un projet théâtral. L’objectif est de monter la pièce « Jules César » de Shakespeare dans l’enceinte. Le film suit l’élaboration de la pièce du casting, aux essais, en passant par la mise en scène, la découverte du texte jusqu’à la représentation finale.
Les frères Taviani, malgré leurs 80 ans passés, font preuve d’une innovation cinématographique et artistique surprenante. Personne ne les pensait aussi imprévisibles. Ils nous offrent un vrai faux documentaire dans le sens où le réel (la vie des détenus) vient heurter de plein fouet les thèmes de la pièce qu’ils préparent : la responsabilité, la faute, la trahison,… Shakespeare colle donc à la perfection au projet des Taviani. Leurs acteurs sont de véritables détenus avec de lourdes peines pour des actes parfois violents : perpétuité pour homicide, 14 ans pour association mafieuse,…
Dans la préparation de la pièce, les Taviani nous montrent les détenus faisant exploser les murs de leur cellule et l’enceinte de la prison. Ils s’approprient littéralement les couloirs, les promenades,… du centre de détention. Eux comme nous malgré l’absence de costumes oublions les murs et l’enfermement, ce qui fera dire à un détenu au terme de cette expérience cette belle phrase : « Depuis que j’ai connu l’art cette cellule est devenue une prison. ». Le théâtre leur a permis de s’évader.
Ours d’Or à Berlin en 2012, ce film est novateur bien mis en scène. Cependant, je déplore qu’à se concentrer trop sur le théâtre filmé, les Taviani ratent leur rendez-vous avec les hommes.
A voir tout de même pour l’expérience cinématographique de voir une pièce se construire sous nos yeux.
guifed
guifed

76 abonnés 288 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 13 juin 2013
Je n'ai pas accroché à ce film. Est-ce bien un film d'ailleurs? Et si oui, à quel genre appartient-il? Docufiction? Pièce de théâtre? Les frères Taviani ont certes réussi à concilier fiction et réalité, dans une mise en abime pour le moins obscure. Mais à tel point qu'on ne ressent pas ce qu'on voudrait à tout prix ressentir du début, en lisant le synopsis pour ma part, à la fin du film. On en sort horriblement frustré. Comment ces prisonniers appréhendent-ils le théâtre, et l'art en général? Qu'est-ce que cela leur apporte dans leur quotidien carcéral? Alors certes, on peut les voir s'épanouir dans leurs répétitions, inlassablement répétées par le réalisateur (le film se résume à ça en fait), mais aucune comparaison ne peut être faite au regard de leur vie d'avant, de leur vie de tous les jours. Il manque ce point d'appui indispensable à toute empathie pour les personnages.
Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 juin 2013
Une scène de théâtre, des comédiens qui jouent la pièce de Shakespeare, Jules César. Après l'acclamation du public, les artistes se préparent à rentrer chez eux, accompagnés de policiers. Oui car chez eux, c'est la prison, située dans un quartier de haute sécurité à Rome.
Les frères Taviani ont eu la magnifique idée de porter à l'écran un docufiction relatant les répétitions d'une dizaine de détenus, faisant partie de la troupe de théâtre du pénitencier.

Un air d'harmonica, des hommes qui déclinent leur identité en regard caméra. C'est simple mais doté d'une telle force émotionnelle lorsque l'on sait que ces individus jouent leur propre rôle. Les réalisateurs italiens s'amusent d'ailleurs à jouer entre la réalité et la fiction, de manière qu'on ne sache pas si les prévenus jouent ou non la comédie.

Le choix du noir et blanc (très beau avec ces ombres et cette sensation de pureté dans l'image) n'est pas qu'un vulgaire artifice stylistique qui donnerait à ce film un côté pompeux. En plus de délivrer à l'oeuvre un aspect atemporel, il renforce le côté carcéral des décors avec cette architecture très rude et géométrique.

Nous l'avons dit, l'histoire est d'autant plus forte et porteuse de sens quand on sait qu'elle est vraie. Mais paradoxalement, nous ne savons rien du quotidien de ces prisonniers car ces derniers ne font que jouer sans cesse, et nous ne les connaissons que par leurs personnages, avec un décor qui prend forme et où les murs de la prison ne sont plus des limites pour eux.

Ces taulards ne se considéraient pas comme des hommes mais comme des automates qui n'étaient que dans l'attente. Avec l'arrivée de l'art dans leurs vies, ils sont devenus des êtres à part entière qui possèdent désormais une conscience. Ce film nous le révèle brillamment car c'est par leurs rôles qu'ils peuvent s'exprimer.

Je joue, donc je suis.
BabsyDriver
BabsyDriver

99 abonnés 995 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mai 2013
Quand des gueules de Sopranos jouent du Shakespeare, ça donne un film noir solide grâce à la nouvelle scénographie que prend tout à coup la prison. Même si on peut leur reprocher un traitement pas aussi ambigu que leur sujet, les frères Taviani ont frappé très fort.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 mai 2013
Evadez-vous en classe VIP

Dans ce dernier film des frères Taviani, c’est le bonheur simple d’un cinéma de qualité, épuré, fort, drôle et hors des murs hollywoodien. Ici, au cœur d’une prison Italienne, l’histoire vraie de condamnés qui s’ouvrent au monde, échappent à leurs conditions pénitentiaires et séduisent le spectateur en interprétant la pièce de Shakespeare, Jules César. Du casting à la représentation finale, on suit les répétions non pas sur une scène de théâtre mais bien au cœur même de l’enceinte, cellule, couloir, cour intérieur… avec quelques parenthèses où le masque de l’acteur tombe pour que resurgisse au hasard des répliques la vie des condamnés, présente ou passée. A voir !
Yves G.

1 858 abonnés 4 067 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 février 2013
Je n'ai pas accroché au docufilm des frères Taviani pourtant précédé d'une critique louangeuse et d'un Ours d'Or à Berlin.
Les cinéastes octogénaires ont planté leur caméra dans une prison de haute sécurité où ils suivent une troupe amateur montant le "Jules César" de Shakespeare.
Le film hésite entre deux registres. Au départ, on suit la création d'une pièce de Shakespeare façon "Looking for Richard". Et petit à petit on glisse vers une adaptation post-moderne de Shakespeare en milieu carcéral.
Le problème est que le film ne distingue jamais la réalité de la fiction : les scènes qui nous sont données à voir sont-elles les répétitions prises sur le vif de la pièce qui sera jouée en fin d'année ? ou ont-elles été spécialement jouées pour le film ?

Le film vise asez pachydermiquement à montrer que le théâtre constitue pour ces prisonniers endurcis une évasion, une planche de salut. Mais à trop coller à la pièce, sans jamais s'en distancier, il échoue à nous faire pénétrer dans leur intimité. Le déroulement de la pièce, bouclée en moins de 80 minutes, ne laisse place à aucune pause, à aucune respiration, à aucune distanciation.
Au lieu de nous démontrer la force libératrice du théâtre, on nous intime d'y croire.
Anton75
Anton75

28 abonnés 79 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 janvier 2013
La mise en scène est superbe, car les frères Taviani ont su tirer le meilleur parti de la prison, mais la pièce n'est guère passionnante, et on n'en voit en plus que quelques scènes...
Cela étant, les acteurs (non professionnels, sauf un, à l'issue du tournage) sont excellents.
Jmartine
Jmartine

203 abonnés 750 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 novembre 2013
L'idée du film est née suite à un coup de téléphone d'une amie de Paolo et Vittorio Taviani. Elle les a appelés pour leur raconter la découverte d'un théâtre à la centrale de Rebibbia, une prison hautement sécurisée, dans la périphérie de Rome : "Le jour où nous y sommes entrés, l’obscurité de la vie carcérale s’opposait à l’énergie d’un évènement culturel et poétique. Sur leur scène de théâtre à l’intérieur de la prison, les détenus récitaient certains chants de "L’Enfer" de Dante, le comparant avec leur propre enfer (...). Quand nous sommes sortis, nous avions besoin d’en savoir plus, d’approfondir. Nous sommes revenus et nous leur avons proposé de réaliser ensemble "Jules César" de Shakespeare. La réponse de Fabio [le metteur en scène] et des détenus a été immédiate : "Vous commencez, nous commençons"", se souviennent les deux réalisateurs. Tous les acteurs présents dans le film sont des détenus de la centrale de Rebibbia, à l'exception de Salvatore Striano (Brutus) et de Maurilio Giaffreda qui, après avoir purgé leurs peines respectives, sont aujourd'hui en liberté. Le résultat est étonnant et je me suis demandé en permanence si c'étaient bien les détenus qui tournaient..l'obscurité de la vie carcérale est bien rendue par le noir et blanc, la couleur étant réservée aux séquences de la représentation publique de la pièce..le film a reçu l'ours d'or à Berlin en 2012...et il le mérite...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 2 janvier 2013
Ayant connu une certune notoriété durant la période 70/80 avec des films comme "Padre, Padrone" (Palme d' or 1977) , les frères Taviani étaient tombé dans l' oubli ces derniers temps . Ce film a le mérite de les rappeler au bon souvenir de la critique et (de me les faire découvrir).
Il prend pour cadre un Quartier de Haute Sécurité en Italie et montre la préparation d' une piéce de théatre avant représentation ("Jules César" de Shakespeare) par des prisonniers volontaires pour participer à ce programme.
Oscillant entre le film et le documentaire, le film se veut indirectement un playdoyer sur l'art, facteur de réinsertion.
Les apprentis comédiens qui se trouvent dans cette prison pour divers motifs (stupéfiants,mafia,homicides) interpretent une pièce qui peut sonner comme un écho avec leurs vies antérieures .Témoin cette séquence ou un des protagoniste déclare à propos d' une réplique ("je voudrais éliminer sa philosophie et non pas lui") que cela lui évoque une situation passé quand il avait été commandité pour une sale besogne.
On est donc dans un travail de réappropration d'une oeuvre par rapport à un passé mais aussi un moyen d' échapper à leurs quotidien (la dernière séquence avec cette déclaration :" depuis que j' ai découvert l'art, ma cellule m'est apparu comme une prison").
Si les personnages sont donc des réels prisonniers ,les deux réalisateurs n'ont pas voulu aller trop dans la forme documentaire . Les répétitions de la pièce constituent le sujet du film entrecoupé de rares dialogues off et séquences dans les cellules.Filmé en noir et blanc (mettant plus en avant l'expression corporelle et ce processus d'identification), seule les séquences issues de la représentation en ouverture et fin sont filmées en couleur.
C'est peut être une limite qu' on peut trouver au film,mème si personnellement, cela ne m' a pas géné: l' absence d' approfondissement du sujet. Le choix de privilégier la forme du film au documentaire permet donc de livrer une belle mise en abyme, bien filmée mais ceux qui voudront une plus ample réflexion sur le sujet de la capacité de l'art(ici une oeuvre de théatre) à faire écho à nos vies, trouver une voie de rédemption/réinsertion humaine resteront sur leurs faims .
traversay1

4 504 abonnés 5 402 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 décembre 2012
Des prisonniers répètent et jouent le Jules César de Shakespeare sous la caméra des frères Taviani. Un documentaire, oui, mais mis en scène et savamment monté. De façon à ce que la réalité carcérale trouve des résonances dans la pièce. Ambigu, pour le moins. dans ce film où l'on se demande sans cesse où commence la fiction, si les Taviani sont intervenus ou non pour donner des indications de jeu ou suggérer des scènes. Drôle de sentiment, le talent d'acteurs de ces taulards est trop criante, leur aisance à se fondre dans l'univers shakespearien surprenante. Les Taviani tirent les ficelles avec une façon de faire qui fascine et effraie à la fois. César doit mourir est-il du cinéma, du théâtre filmé, un documentaire menteur ? Pas aisé de donner une réponse satisfaisante.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 décembre 2012
Super film des Frères Taviani, super mise en scene avec des acteur "amateurs"... Un chef d'oeuvre.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 23 novembre 2012
Evidemment, pièce de Shakespeare, au ciné, dans une prison, ça n'attire pas grand monde au départ, mais quel moment de bonheur, bien sûr il y a les frères Taviani et leur réputation méritée, mais le sujet et le jeu des "acteurs" ces prisonniers qui retourneront dans la "vraie vie" celle de la prison.......

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