Quand il met en scène "Les amants criminels" en 1999, François Ozon a une longue série de courts métrages derrière lui mais aussi un premier long "Sitcom" qui à partir du "coming out " d'un jeune homme et du choc familial qu'il produit dérive vers le fantastique. "Les amants criminels" procède un peu de la même veine à partir d'un incipit qui nous fait penser que le jeune réalisateur est parti pour nous offrir sa version française du fameux "The honeymoon killers" de Leonard Kastle (1970) teintée de quelques emprunts au "Bonnie and Clyde" d'Arthur Penn (1967). On s'imagine donc assister à une dérive sanglante sur les routes de France entrecoupée de braquages pour la subsistance. Et puis comme souvent iconoclaste Ozon prend une direction imprévue. spoiler: Stoppant la course folle des deux amants criminels dans une forêt épaisse et inquiétante, il prend le parti assez surprenant mais jouissif de leur faire prendre le sentier toujours aussi inquiétant mais plus mystérieux et poétique du conte maléfique. Par ce procédé ingénieux et inattendu le réalisateur réussit le tour de force de changer radicalement le statut du couple infernal que forment les deux jeunes amants en les présentant désormais en victime . Cette deuxième partie est sans aucun doute la plus réussie, la première nous emmenant sur un terrain déjà fortement balisé. Reste comme toujours le mystère insondable de ces couples assassins dont l'alchimie est démoniaque. Ozon grâce à ses deux jeunes acteurs belges très convaincants et prometteurs (ils le confirmeront par la suite) nous offre une vision très originale et romantique même si un peu déroutante de la passion criminelle. Seul le final un peu trop éthéré filmé à la manière des films érotiques de David Hamilton laisse à désirer. Un film qu'il faut absolument découvrir pour ceux qui ne connaitraient que le François Ozon reconnu et plus consensuel des années 2010.
Il y a évidemment cet aspect conte horrifique qui rappelle Hansel et Gretel mais en version adulte interdit aux moins de 18 ans avec le jeune qui devient rien de moins que l'esclave sexuel de l'ogre!!!!! Mais il y a aussi ce deuxième aspect de la recherche de la sexualité. Le jeune tue l'autre garçon car il est attiré par lui et Ozon multiplie les scènes ambivalentes (mais aussi franchement explicites) pour nous égarer dans cette interrogation. Il lave l'homme des bois, il regarde avec jouissance le boxeur en entrant dans le vestiaire, il le regarde embrasser sa copine en étant certainement plus jaloux de lui que d'elle. En vérité leur enfermement est une initiation à la réalité du couple..... Ozon fait fort en mettent au coeur du questionnement banal de l'adolescence un meurtre sordide et sauvage qui revient tout au long du film et une prise de conscience par le viol de son homosexualité. La toute dernière partie est très belle et si cruelle, symbolisée par le dernier baiser de la jeunesse qui se dévoile par la purification de l'eau et la fin de l'innocence.
Le meurtre et la cavale par deux ados immatures qui se retrouvent prisonniers d'un homme homme des bois ; 2 enfants qui mériterait une punition qui tombe dans le piège d'un ogre... C'est bien la force du film le mélange des genres entre faits divers cruels et conte de fée. Les acteurs sont tous parfaits même si Natacha Régnier en fait parfois trop notamment à la dernière scène. On est pas loin de voir un grand film mais la fin (justement) gâche l'ensemble. Alors que la police s'intéresse aux deux jeunes l'homme des bois est mis en cause ?! Pourquoi des conséquences aussi fortes et dures du fait policier ?! Pourquoi la police fait deux bavures aussi faciles et inutiles ?! Ces choix scénaristiques n'ont rien à voir avec l'histoire et renforce l'idée de facilité, dommage. Reste un bon film intéressant.
C’est souvent à quitte ou double avec François Ozon, soit j’adore soit je déteste. Avec les amants criminels c’est la deuxième solution, quoi que, dans le cas présent c’est peut être pire: je ne l’ai pas détesté, cela m’a laissé totalement indifférent. Ça démarre comme la balade sauvage et ça tourne au compte sombre à la Hansel et Gretel. J’ai trouvé le film faussement subversif, presque convenu, sans réel surprise et j’ai rapidement trouvé le temps long. On raconte les comptes pour endormir les enfants, si je juge par cet aspect cela ne marché avec moi.
Un film troublant et fascinant, symptomatique du début de la carrière d'Ozon, quand il osait tout, quitte à dérouter. Cela donne un film singulier, porté par une mise en scène sensorielle et un trio d'acteurs magnétiques.
L idee est originale mais le film ne tient pas. On s ennuie terriblement et on sent que ce que le metteur en scene a envie de faire passer ne passe absolument pas.
Selon moi, un film que l'on peut appeler particulier, on ne s'ennuie pas vraiment mais on se demande quand même ce qu'on fout là et ce qu'on attend. Les acteurs principaux jouent très bien et savent vraiment s'approprier des personnages antipathiques ! La moyenne !
Entre cauchemar et conte de fées, révolte, certitude et volonté absolue, sagesse, interdictions, fatalité... François Ozon est le maître du cinéma dérangeant pour certains mais excellent pour d'autres.
Ozon nous ressort ses fantasmes glauques et malsains cette fois sous forme de thriller. Une histoire sans morale qui commence comme un remake ado de Bonnie and Clyde et finit par une sordide histoire dans les bois. L'ambiance se veut dérangeante. Le jeu des jeunes acteurs est très moyen. (Pas terrible)
On plonge en plein dans l'univers malsain de François OZON: les sentiments et ressentis des personnages sont étirés, malmenés tout au long du film! Un très bon scénario sur les rapports de soumission et de domination dans la relation amoureuse, dans le désir... Comment échapper aux barrières que l'on se met soi-même!
Un drame macabre et déroutant qui suit la cavale meurtrière et sauvage de deux adolescents se retrouvant prisonniers dans une forêt de désirs transgressifs.
Sorti en 1999, ce deuxième long-métrage de François Ozon est un bel acte de foi dans le cinéma, de la part d’un jeune réalisateur qui impressionnait de par sa maîtrise de l’image, du scénario et du montage. S’il n’est pas sans poser quelques problèmes de fond – le personnage féminin principal, incarné par Natacha Régnier est présentée comme une manipulatrice invétérée, et ment y compris sur des sujets hautement sensibles – ce film à l'ambiguïté morale constante marie avec une habilité remarquable les codes du road movie meurtrier et du conte noir pour adultes, en nous embarquant dans une forêt angoissante habitée par un être maléfique. En dressant le portrait d’adolescents fêlés et comme étrangers au monde, et en abordant des thématiques spoiler: psychanalytiques telles que l’homosexualité refoulée, Ozon entremêlait névroses collectives et individuelles avec un talent certain.
C'est le film qui m'a fait découvrir l'immense réalisateur qu'est François Ozon. Je l'ai vu pour la première fois dans une salle Anglaise et bien qu'étant en sous-titré, la salle a été emballé au point d' applaudir à la fin du film.
L'histoire est crédible, au point d'en etre effrayante. Pas d'effets spéciaux à la sauce Hollywood, rien de surjoué.. des acteurs simples et sans chichi qui donnent toute la crédibilité aux personnages.
On passe de jeunes Lycéens sans trop d'histoire à un monde glauque et fascinant à la fois.
Ozon est un génie autant dans la réalisation de ce thriller réussi que dans le choix des acteurs.
Milles bravo et à voir absolument si ce n'est pas encore fait!