Nouvelle œuvre politiquement engagée et formellement élaborée de Pablo Trapero. Le réalisateur argentin,toujours aussi affuté pour dépeindre la déliquescence sociale de son pays,s'intéresse cette fois à l'action bénévole des prêtres évangélistes,qui œuvrent pour améliorer la qualité de vie dans les bidonvilles. Mais ils se heurtent fréquemment aux agents de police corrompus ou à des entrepreneurs rétifs. "Elefante Blanco" pose les bonnes questions,tout en y répondant que partiellement. Et Trapero,emporté par sa volonté de réalisme documentaire rend tout ça très artificiel et calculé. En gros,on y croit pas vraiment,d'autant que le mélange entre la fureur des rues et le sentimentalisme des 3 personnages principaux,n'est pas vraiment harmonieux. Quelques séquences émergent toutefois par leur brutalité sèche ou leur naturalisme. Il faut aussi noter l'excellence de Ricardo Darin,l'investissement de Jérémie Renier et la séduction discrète de Martina Guzman.
Quand on est grièvement blessé, on ne hurle pas cent fois ; "j'ai mal", on n'en a pas la force, mais c'est quoi cette cacophonie ? Je n'ai pas accroché, peut-être à cause de Jérémie Renier qui n'a rien à voir avec un religieux, sans doute dépassé par son rôle. A force de faire du bruit, on n’entend plus rien...
La vérité du cinéma sud américain est de filmer au plus près la réalité, sans détour ni intellectualisme. La nouvelle livraison de Trapero est j'en parfaite réussite. A souligner la performance des acteurs, pro ou non, tous très bons
Jérémie Renier surprend en apparaissant à l'affiche d'un production franco-argentine en incarnat un prêtre qui se retrouve dans un bidonville dans la banlieue de Buenos Aires. Comme toujours, Jérémie Renier réussit une performance et une transformation assez édifiante. Un des seuls comédiens français à pouvoir passer de la comédie ringarde (Capitaine Puceau), au thriller familial ("Possessions), au biopic ("Cloclo) et s'exporter avec succès en Argentine sans aucun soucis de crédibilité. "Elefante Blanco" conte à travers les yeux d'un communauté mené par le père Julian, les difficultés connus et la tentative de rendre la vie meilleure pour les habitants de ces fameux bidonville sud-américains. Entre les guerre de territoire, les descentes de policiers et les détournement d'argent en haut-lieux de l'administration, le film se repose surtout sur la relation et les questions que se posent ces paroissiens face à leurs efforts peu récompensés face à cette désolation. Le film reste sobre et ne joue pas d'artifices en grandeur pour appuyer l'atmosphère qui habite ces banlieues. Parfois trop "sage", le film se repose surtout sur la performances de ses acteurs qui reste très poignant de sincérité. A conseiller !!
Ce film laisse un goût d'inachevé. Le potentiel est là, dans le scénario et la réalisation, mais il est loin d'être exploité. J'aurai décidément toujours du mal avec cette approche impersonnelle qui n'accorde pas suffisamment d'importance ni de temps aux personnages, à leur histoire. Le film en devient froid et sans âme. Même les scènes supposées poignantes en deviennent dérisoires. Le point fort réside sans doute dans cette même froideur dans la peinture de la dureté du quotidien dans les bidonvilles de Buenos Aires ( cadre poisseux, odeurs nauséabondes, exiguïté des logements). Un des thèmes principaux, à savoir l'homme face à sa foi vacillante, n'est que partiellement traitée. La fin reflète l'ensemble du film: apathique et bâclée. On en vient même à se demander la raison de sa nomination au Festival de Cannes.
Les producteurs d'Elefante blanco ont dû être ravis de l'élection du nouveau pape François Les deux héros de leur film sont en effet deux prêtres ouvriers de la banlieue de Buenos Aires. Le père Nicolas (Jérémie Reinier) revient de la jungle amazonienne où ses paroissiens ont été exécutés par les paramilitaires. Il assiste le père Julian (Ricardo Darin) qui aide les plus démunis dans un bidonville gangrené par la misère et le gangstérisme. Le père Nicolas doute de sa foi et de son engagement. D'autant qu'il rencontre Luciana, une assistante sociale athée et militante pour laquelle il nourrira bientôt des sentiments pas très catholiques. Le père Julian, lui, se sait condamné par un mal incurable. Il aimerait que son protégé lui succède et désapprouve ses choix. Pablo Trapero est le réalisateur argentin qui monte. Comme ses précédents, son septième film donne à voir une part de la réalité sociale de son pays. La critique âpre est servie par une maîtrise formelle impressionnante : l'assaut des forces de l'ordre dans le bidonville est filmé en un long plan-séquence plein de bruit et de fureur. Certaines critiques reprochent à Elefante blanco sa lourdeur pachydermique, son manque de légèreté. C'est faire un mauvais procès à un sujet grave qui ne s'y prête pas. sociale de son pays.
Septième réalisation après notamment des films comme Leonara et Carancho, Pablo Trapero revient avec Elefante Blanco, œuvre se situant dans le "bidonville de la Vierge" dans la banlieue de Buenos Aires. Une œuvre poignante et dure nous plongeant au cœur de la réalité violente de cet environnement. Le film offrant un joli rôle de composition pour Jérémie Renier (ayant récemment incarné Claude François dans Cloclo) et l’occasion d’affirmer encore une fois la justesse d’interprétation du bien aimé Ricardo Darin. Une mise en scène mêlant style documentaire et fiction romanesque. Une fresque humaniste émouvante et réussie.
Excellent film tourné de maniere magistrale. Le roi du plan séquence est bien là… quelle maitrise. Et l'univers des bidonvilles argentins nous change des salons parisiens… très fort, un bonheur de cinéma
On peut rester indifférent face aux angoisses métaphysiques des deux religieux, mais pas devant les conditions de vie misérables des habitants de ce bidonville géant et face à leur révolte. Il est clair que certains spectateurs n'ont pas apprécié le côté "documentaire social" de ce film. Certes nous sommes très loin des blockbusters et des mélos ludiques, mais c'est une tranche de vie qui nous est livrée sans fioritures. Pablo Trapero, à qui nous devons déjà, entre autres, le magnifique Carancho, a décidément beaucoup de courage et de talent.
Un film coup de poing, dont les images hantent le spectateur bien après la séance, tant est cruelle et sordide la réalité dépeinte. Ricardo Darin ne fait que confirmer son immense talent, et Jérémie Renier tient la son meilleur rôle, le plus intense. Mêlant documentaire et fiction, la réalisation de Pablo Trapero frôle la perfection, notamment lors de ces longs travellings à travers le bidonville... Un film bouleversant.
Exaspérant, éprouvant, insupportable dans son fond et dans sa forme, véritable cacophonie visuelle et sonore, une mauvaise actrice anorexique aux sourcils dessinés par un cartooniste : oui, il s’agit bien d’un film de Pablo Trapero. Ni le charisme de Ricardo Darin ni l’investissement évident de Jérémie Renier ne suffisent à redorer le blason de cette boursouflure cinématographique totalement indigeste.
Avec cette immersion émouvante, puissante et redoutable dans un bidonville argentin, Pablo Trapero confirme son statut de "Ken Loach" Argentin. Un cinéaste engagé, bourré de talent, qui sublime film après film le talent de son épouse, Martina Guzman. Trêve d'éloges à la va comme-je-te-pousse, Elefante blanco est un grand film pour de multiples raisons ; l'idée de composer un duo avec Ricardo Darin et Jeremy Renier est un coup de génie. Le premier confirme tout le bien que l'on peut penser de lui, et le second compose son meilleur rôle depuis très longtemps. La mise en scène, ample, élégante, exploite totalement l'univers du récit tentaculaire qu'est "le bidonville de la vierge". Cet habile mariage de talent est mis au service d'une histoire simple et implacable, qui tire à vue sur l'oppression des plus pauvres, la tyrannie de la foi (et son pouvoir douteux), et interpelle sur l'importance de l'individu à mener des combats que tous semblent perdus d'avance. Une excellente surprise, malheureusement mal distribuée et qui méritait une bien meilleure diffusion.
Belle réussite ! Cette immersion dans les bidonvilles argentins s’avère passionnante. Les personnages sont excellement écrit et mis en lumière par des comédies en état de grace. Et que dire de la mise en scène et de ses plans séquences qui nous imprègne de l’ambiance et de la dureté de ses quartiers. Un film vraiment brillant à ne pas louper.