Derniers Avis : Syngué Sabour - Pierre de patience - Page 10
Syngué Sabour - Pierre de patience
Note moyenne
4,1
1042 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
183 critiques spectateurs
5
40 critiques
4
90 critiques
3
34 critiques
2
14 critiques
1
2 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
pierre72
162 abonnés
367 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 25 février 2013
Adapter au cinéma le Goncourt 2008 était une gageure. Pas tout à fait cinématographique, le monologue de cette femme au chevet de son mari dans le coma qui passe son temps à lui éponger le front ou lui glisser un tuyau d'eau sucrée dans la bouche! L'adaptation faite par l'auteur et Jean Claude Carrière a permis d'aérer l'action avec flash-backs sur le passé de la jeune femme ou en la baladant dans un Kaboul en ruine. Cependant, je n'ai pas été totalement convaincu par cette mise en images. L'histoire est toujours aussi forte mais peut être un peu conventionnelle. Le sort des femmes musulmanes est très souvent abordé en ce moment au cinéma et le film en pâtit un peu. Mais ici, il manque un vrai regard de cinéaste pour sublimer le propos. Aérer le film est un bon moyen de nous faire ressentir la vie oppressante de cette femme, considérée juste comme un bout de viande. Mais cela n'apporte guère plus au film. Ce sont les moment de face à face avec le mari que l'on attend. Et même si l'on en terrain trop connu, et même si la fin est banalement romanesque (mais pourquoi dans les histoires de femmes musulmanes, les maris sont si souvent stériles, une épidémie ?), j'ai aimé ces moments calmes et forts, très esthétiquement filmés. Ils sont portés par une sublime comédienne Golshifteh Farahani qui illumine l'écran par sa beauté, son talent, sa grâce. Vibrante d'émotion, de haine, de dévouement, d'hésitations, elle porte le film sur ses épaules et arrive à faire passer une vraie émotion ( sauf peut être dans la scène ratée où l'héroïne ne retrouve plus son Coran). La fin sur le blog
Oh que c'est joli ce conte au milieu de la guerre. ça pourrait se dérouler partout et c'est la force et la faiblesse du film, un peu irréel. Reste de jolis visages, une grande pudeur. Une œuvre à la fois très photographique dans ses portraits et très littéraire dans son écriture. Manque peut-être un encrage plus puissant dans la réalité?
Il est évident que le livre semblait difficile à adapter au cinéma: des monologues, ce n'est pas cinégénique du tout. Et ce qu'on pouvait craindre avant est confirmé par la vue de ce film à la fois très lourd, très artificiel et bien long. On comprend bien que cette femme, c'est le rêve de l'émancipation de la femme afghane, mais ne pouvait-on pas faire autrement dans un film ??? Et je suis désolé de constater que Golshifteh Farahani est une nouvelle fois très mauvaise, avec ses airs de chien battu et notamment dans la dernière scène, à la limite du grotesque.
A la sortie de la séance, j'ai dit avec l'espoir qui me tient toujours, même après un mauvais film:"le week end prochain, Etats Unis, les films américains!"
Attention chef d'œuvre! Et je pèse mes mots. Un sujet très original servi par un scénario malin et un interprétation sans faille. Les sujets sont graves mais jamais le film bascule dans le patos ou la facilité... À voir absolument.
Quel beau film interprété magistralement par l'actrice iranienne Golshifteh Farahani. C'est un film très esthétique mais aussi très dur sur le vision de la femme dans le monde musulman.
Syngué Sabour - Pierre de patience*** : Golshifteh Farahani est une actrice merveilleuse, que ce soit dans "à propos d'Elly" ou "Si tu meurs je te tue" son jeu, toujours juste et à fleur de peau... la Pierre de patience sera son mari dans le coma, elle va lui raconter ses secrets les plus intimes en voulant croire que peut être si il venait à se réveiller il serait différent et comprendrait quelle a été sa vie avant et avec lui... ce film vient témoigner de l'ignorance et du mensonge mélangé au poids de la religion qui maintient un peuple dans la haine et réduit les femmes à des objets. C'est aussi le quotidien de la guerre en Afghanistan. Violent, émouvant mais magnifique.
Stupéfiant, tant par l'interprétation que les multiples messages de liberté et d'amour que ce film distille et dont ont tant besoin ces peuples maintenus dans l'ignorance et le mensonge les plus avilissants. Un petit chef-d'œuvre d'ouvertures.
De son roman, Syngué sabour - Pierre de patience, un monologue d'une femme musulmane dont la parole va peu à se libérer des tabous et des carcans machistes, Atiq Rahimi réalise une adaptation qui ne s'éloigne qu'en de rares moments d'une raideur et d'une austérité qui emprisonnent le film dans son dispositif théâtral. Seuls les mots donnent un peu de souffle à cette oeuvre d'une beauté statique qui répète les mêmes scènes et dont on attendait davantage de poésie et/ou de puissance. Syngué sabour est avant tout l'occasion pour l'actrice iranienne Golshifteh Farahani de montrer l'étendue de son talent. A elle seule, et sa plastique n'en est pas l'unique raison, elle réussit à donner une intensité et une vibration à un film qui déçoit sur le pur plan cinématographique.
magnifique, sublime, un hymne à l'amour et tout ça à travers les conditions de ces femmes réduites à rien, tyrannisées par leurs mari, frères ou tout autre homme. le poids de la religion réduit ces femmes à des objets, de la viande. l'actrice est sublime dans presque un monologue d'une heure 3/4. on ne s'ennuye absolumenent pas tellement c'est merveilleux.
La pépite de ce film c'est l'actrice principale, absolument magnifique. A travers son histoire, mise en scène comme un conte, il y a tant de choses qui sont dites: l'aliénation des femmes, le poids de la religion utilisée avant tout pour dominer et tuer, l'absurdité des guerres qui s'autoentretiennent et l'espoir aussi d'une évolution des esprits vers plus de lumière.
Un très beau film et surtout une très belle surprise. ( prix Goncourt ) veuille mettre en scène le film adapté de son livre représentait un risque majeur.
Au moins il nous aura pas menti sur le titre ! Non, je ne vais pas commencer par ça, car ce film est réellement très intéressant, beau et poétique. En effet, son fond repose finalement sur un long récit que nous offre une femme, en révélant sa vraie nature, ses desirs. Et cela, elle ne le fait pas devant un parloir mais devant son mari qui est dans le coma dont elle tâche de prendre soin dans l'espoir qu'un jour, il puisse se réveiller. Nous sommes à Kaboul, en pleine guerre où la peur semble aussi réelle que normale. La légèreté de cette femme face à la situation de "veuve" dans laquelle elle se trouve avec 2 enfants à charge est tout aussi dérangeante que ses révélations. Ainsi, sans repères, elle va "profiter" que son mari soit inoffensif pour lui confier des secrets sur elle comme finalement à une pierre de patience. Ici, elle est le symbole d'une contradiction parfaitement retranscrit scènaristiquement par sa personnification avec son mari immobile. Cet oxymore de situation, si je puis dire, rassemble la force d'une dramaturgie exemplaire, d'une femme qui va a l'encontre des codes de vie musulman qui se confronte à la dureté du mari qui paradoxalement exerce une attraction répressive passive qui peut donc éclater à tout moment. La modernité du sujet de la femme qui doit substituer le rôle du maître de maison se lie à l'autre modernité plus surprenante de la femme qui se laisse découvrir des sensations qu'elle se procure grâce à son corps. Deux évolutions de la société du monde "arabe" qui viennent se dévoiler à une pierre qui dort. On est entraîné vers ce qui est décrit comme une folie, dont la femme, elle-même cherche à se faire pardonner. Donc des contradictions qui naissent peu à peu et créent, dans un climat rude mais figé, une douce tension que l'on soupçonne de "calme avant la tempête". Cette vie "commune", laisse paraître plus de mal que la guerre peut en laisser autour de la maison. Ici, les mots sont plus forts que les images. Les confidences sont plus dures que la marre de la guerre dans laquelle deux âmes sont emprisonnés. Toutes ces jolies métaphores sont à l'image de la photographie du film qui au même titre que le scénario et que le jeu d'acteur, représente un point important dans l'émotion que cette histoire peut nous donner. Une photographie douce pour des phrases lourdes de sens.
Elle fait une sorte (sans le savoir) de psychanalyse, avec comme thérapeute son mari dans le coma. Et la découverte de l’effet réparateur de la parole. Très beau film raffiné, élégant…