Premier film de Manoel de Oliveira que je découvre, et qui ne me donne ni envie de fuir en courant ni de me jeter comme un mort de faim sur la filmographie du Monsieur. Il faut dire que cette façon de jouer « à la Bresson » est une idée vraiment très bizarre (euphémisme), surtout lorsque l'on cherche à exprimer un sentiment aussi fort et contradictoire que celui de l'amour. Alors pour être sobre, ça, c'est sobre! Pas d'excès, pas de fautes de goût : cette deuxième adaptation de « La Princesse de Clèves » (après avoir mis près de 40 ans à réaliser une nouvelle version, voilà que le cinéma français en sortira deux en à peine six mois!) ne ressemble en rien à celle imaginée par Zulawski. Mais quelques scènes clés sont ratées (encore cette putain d'interprétation « Bressonienne! »), le rythme trop lent pour capter notre attention en continu et certains plans interminables font que cette version moderne ne séduit pas réellement. Reste néanmoins quelques vrais moments de cinéma (beau personnage que celui de l'amie religieuse), une Chiara Mastroianni physiquement idéale, deux belles scènes de concert (enfin un peu d'énergie!) et une contextualisation plutôt convaincante : ce n'est pas énorme, mais il faudra s'en contenter... Pas une purge donc, mais vraiment pas un triomphe.
Libre adaptation de l’œuvre classique « Princesse de Clèves », transposée en France fin des années 1990 avec une teinte culturelle portugaise avec le célèbre chanteur P.Abrunhosa. M. De Oliveira est le cinéaste du classicisme pur et dur, preuve ici avec une mise en scène presque anachronique, tout est pesé, chaque mot, chaque scène, chaque cadre. De l’art récompensé à Cannes.
Dans cette somptueuse adaptation contemporaine de La princesse de Clèves (1678) de Madame de La Fayette, le cinéaste portugais Manoel de Oliveira – nourri d’une délicieuse culture classique – sonde les mystères de l’amour et du désir et nous invite à méditer sur les notions de jalousie et de fidélité. Portée par d’excellentes comédiennes (citons les magnifiques Chiara Mastroianni et Françoise Fabian), cette œuvre d’une grande élégance est un petit bijou de mise en scène, sobre et profonde, qui nous embarque dans les tourments de ses protagonistes avec une sorte de force tranquille propre aux grands artisans du cinéma.
Cette adaptation d’un grand texte Français, « La princesse de Clèves » est intéressante à plus d’un titre. C’est un plaisir de savourer les subtilités du langage pudique et châtié que le cinéaste emprunte au roman ; et de le faire dans un contexte de décalage, de télescopage temporel (l’action est contemporaine au tournage du film) jouissif qui montre aussi que si les valeurs sociales et les formes d’expression ont bien changé, les pulsions, les forces et les faiblesses de la nature humaine sont les mêmes. Parallèlement c’est le style cinématographique de Manoel de Oliveira qui ravit, tant par ses modes d’expression spécifiques (la fonction narrative des intertitres qui dispensent les différentes scènes de cette fonction pour les centrer sur les échanges intellectuels et émotionnels des personnages), que par ses points communs avec Rohmer, pour la construction des scènes et la dimension « conte moral », ou avec Bresson, pour la « distanciation » et la volonté d’aller à l’essentiel sans artifices. Au terme de l’adaptation proprement dite, avec la lecture de la lettre, le film prend une dimension différente, que l’on pourra trouver artificielle, en relativisant l’importance de sa propre essence.
Quand un grand cinéaste revisite la "Princesse de Clèves" aux temps modernes, c'est absolument saisissant ! Emporté par une grande mise en scène, le réalisateur portugais réussit, avec ces dialogues, à retranscrire la personnage complexe qu'est Mlle de Chartres, interprété par Chiara Mastroianni. Les dialogues font sensations grâce à la modernité proposé. Une belle surprise et une belle claque !
Une fois dépassé l'académisme de l'oeuvre, après une petite demi-heure entre fascination et agacement, c'est divin grâce à la subtilité de traitement. Une profondeur rare, qui fait qu'on a envie de se pencher sur cette "Princesse" remontée des oublietteset remise au goût du jour de la bonne société en 1999. Minutieuse mise en scène du cinéaste insistant sur le contraste du musicien et de la jeune aristocrate déjà mariée... Les dialogues en droit fil du roman, une articulation irréprochable, comme cette réputation à préserver... Sous le vernis, les préoccupations de tout un chacun. Madame de Clèves se veut héroïque dans sa fidélité à l'éducation reçue, un peu oie blanche pour l'élu de son coeur tout en faisant des aveux à son régulier... De prime abord, l'amie religieuse paraît moins austère que cette raide chapeautée... Surprenante dans sa reconversion africaine, mais Manoel de Oliveira joue la profondeur, s'arrange toujours pour que jamais on ne s'égare dans l'obséquieux. Admirable par le fait qu'il arrive à neutraliser le côté volage du spectateur, qui compatit malgré lui !
La princesse de Clèves de nos jours avec des dialogues à peine adaptés à ce jour c'est le souci majeur de ce film. Le rythme est lent et les dialogues vite ennuyeux. Chiara Mastroianni est magnifique mais malheureusement comme l'ensemble des acteurs semble réciter un texte de théâtre.
Je me souviens de ce film qu'on nous avait imposé en cour de Français quand j'étais au collège, et bien ça ne s'est pas amélioré avec le temps. 1h47 de n'importe quoi, la transposition du texte littéraire est très mal faite et n'a pas de sens, enfin les acteurs sont particulierement mauvais.
Grande attention portée au cadre, influencé par la peinture du XVIIIe, envahi de noir et d'ombres, élève des des portraitistes hollandais. L'espace n'est jamais large, il contraint et fige toujours des personnages aux dictions linéaires et monotones. Le rythme est lent (mais cela n'est pas étonnant, le réalisateur a tout de même 90 ans !), mais il est contrasté par de violents moments musicaux, en particulier par le rock portugais (et cela est agréablement étonnant, le réalisateur a tout de même 90 ans !). Un film réservé aux cinéphiles confirmés, amateurs des Auteurs.