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Nico591
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4,0
Publiée le 24 janvier 2014
Peu de films parlent de la classe ouvrière française, encore moins de celle qui travaille dans les centrales nucléaires, ces lieux secrets et dangereux qui sont souvent au cœur de l'actualité. La réalisatrice décrit très bien ce milieu populaire en y racontant le quotidien de ces hommes et femmes par le prisme d'une relation interprétés par deux excellents acteurs, Tahar Rahim et Lea Seydoux ainsi que de très bons seconds rôles comme Olivier Gourmet et Denis Menochet. La réalisation quant à elle, camera à l’épaule est nerveuse et proche des acteurs, et restitue à merveille le risque permanent de ces centrales.
Grand Central est le deuxième film de Rebecca Zlotowski après le très réussi Belle Epine (2010, avec déjà Seydoux et Libéreau). Assez attendu donc après un passage à Cannes cette année. Pas de suspens, j'ai été très déçu. Pour tout dire, je me suis ennuyé tout le long. La première partie est soporifique. Cela s'améliore légèrement à partir de...
Le problème avec l'écriture cinématographique ambitieuse, c'est qu'elle devient vite prétentieuse et ridicule lorsqu'elle repose sur une construction bancale. L'idée de départ est excellente (la gestion hypocrite des centrales nucléaires), la transposition réjouissante (la gestion hypocrite des rapports humains). La forme est travaillée, le fond beaucoup moins, en particulier les dialogues, le jeux des acteurs, le scénario et ses ellipses. Du coup, Léa Seydoux et Tahar Rahim traversent l'histoire sans incarnation. Les seconds rôles, eux, s'en tirent mieux. Au final, un film raté et un bon sujet galvaudé.
J’ai été déçu par ce film qui est assez plat avec un rythme lent Tahar Rahim toujours aussi épatant De beaux seconds rôles L’histoire pas très originale Intéressant de voir les conditions de travail dans les centrales
La réalisatrice lorgne du coté de Jean Renoir et de ses films sociaux et on retrouve par endroit la poésie de ces films français d'alors. Le film est précis, renseigné et imaginatif dans sa description du milieu qu'il filme. Une histoire amoureuse qui pourrait arriver à n'importe quel endroit, mais les dangers du métier des personnages font que la vie y est un peu plus intense qu'ailleurs. Un bon film, bien maitrisé.
D'amour fou et d'eau lourde.... Implacable plongée dans l'univers nucléaire, ce nouveau film de la cinéaste française entrelace les fusions les plus dévorantes, industrie, sexe, nuit, prolétariat, nature.... Rebecca Zlotowski nous a sidéré en 2012 avec "Belle épine" et Léa Seydoux qui y jouait une ado livrée à elle-même et tributaire de parents fantomatiques. Elle y a aussi capté le génie d'un lieu ténébreux à souhait - le circuit des "bikers" à Rungis, près de Paris - en mixant amour, solitude et beaucoup de mélancolie. Avec Grand Central, elle nous fait explorer unlieu tout aussi mystérieux et aussi anxiogène que les mines du temps de Zola. En dépit de son titre aux consonances étatsuniennes, le film nous véhicule dans une centrale nucléaire française (vraisemblablement l'une des trois centrales de la vallée du Rhône - Saint-Alban, Cruas, Tricastin - alors que c'est une centrale autrichienne jamais mise ne service qui a servi de décor pour le film). et dans le petit monde des moins-que-rien qui gravitent autour d'elle et qui, sans contrat déterminé, assument maintenance, assainissement et décontamination à l'intérieur des enceintes de confinement, tout près du coeur du réacteur nucléaire, là où les eaux des circuits barbotent pour absorber les neutrons et générer les vapeurs adéquates, là où les doses radioactives sont le splus fortes. Avec Gaëlle Macé, sa scénariste attitrée, Rebecca Zlotowski a dû penser au percutant roman d'Elisabeth Filhol, "La Centrale" (éditions P.O.L., 2010), une des rares fictions française qui s'empare des réalités de l'industrie nucléaire. La cinéaste est aussi pionnière quand elle filme une passion d'amour à l'ombre des tours nucléaires. Depuis 1959 et "Hiroshima, mon amour" d'Alain resnais et marguerite Duras, le cinéma français a perdu les atomes crochus qu'il pouvait avoir avec une économie régulièrement remise en cause. "Grand Central" renoue ainsi avec un film majeur qui a ouvert quelques voies du cinéma moderne. Rebecca Zlotowski a-t-elle également retrouvé "Casque d'or" (1952) de Jacques Becker? Rien n'est moins improbable. Simone Signoret, malgré le noir et blanc, y est aussi éclatante que la solaire Karole du "Grand Central". Et son amant (joué par Serge Reggiani) est un voyou incandescent nommé Manda. Celui que Karole (Léa Seydoux) emballe dès le premier quart d'heure est un garçon rieur et volontaire qui s'appelle aussi Manda mais se prénomme plus banalement Gary (Tahar Rahim). Il cherche à s'en sortir coûte que coûte, gagner de l'argent, trouver une famille et cesser simplement de survivre. Il se plie à une équipe que chapeaute un chef abrupt quoique prévenant (superbe Olivier Gourmet!) et s'attache à la communauté de ses collègues acculés à vivre entre la centrale, le mobile-home et un bar aussi glauque que chaleureux. Rebecca Zlotowski nous emballe d'idoine manière. C'est comme si elle frottait l'histoire d'amour de Karole et de Gary contre anfractuosités de la centrale qui se déploie comme une succession aveuglante de cuves, de sas, de couloirs, de douches, de guichets, de passerelles. Karole et Gary brûlent dans la lumière, dans les herbes généreuses ou dans la nuit ondoyée par la rivière complice, sur une barque qui fait cap sur une obscure fission. A la centrale, la blancheur é"touffe toute effusion. La peur surgit partout, entre les mots, dans les regards. Ce seatr l'ultime mot de Karole. Alors que la contamination fait son travail. Sur la peau des hommes et des femmes. Dans leur corps chahuté par le désir, la jalousie etl'urgence de vivre. Léa Seydoux et Tahar Rahim - risquons le mot! - irradient tout le film. Avec leur fragilité et leur fébrilité, ils lui inoculent ce délicat poison qu'est le "mélo" quand il n' a rien de lacrymal. Rebecca Zlotowski y veille sans cesse. Son film est immense. Plein d'énergie, de violence et de douceur. On ne l'oubliera pas de sitôt. Manfred Enery (alias Fernand-Joseph Meyer)/ "Le Jeudi" du 5 septembre 2013/ hebdomaire de Luxembourg
Grand central = (le salaire de la peur) plus (Mud) plus (L'inconnu du lac).... Même si c'est bien écrit, bien joué, bien mis en scène, ce film est loin d'être un inoubliable chef d'œuvre.
Quelques impressions après avoir vu ce film. D’abord l'image, de mauvaise qualité, avec des plans qui souvent manquent de netteté ou dont la mise au point n’accompagne pas le regard. Le cadrage lui-même est très approximatif, avec des visages fréquemment coupés (sauf la tête de Léa, sans doute parce que tous normalien sait confusément au fond de lui qu’il vaut mieux ne faut pas couper la tête au grand capital). Il n’y a pas de travail sur la couleur, la photographie n’a pas de signification, pas de sensualité, pas de violence, pas de naturalisme non plus, pas de vide non plus, pas de platitude non plus, pas de sens non plus, non, c’est une photographie sans propos, sans forme. Sans pour autant que le moindre indice laisse à penser que ce manque de forme et de propos soit voulu. Et si ce n’est pas voulu, alors c’est que c’est raté. Les artifices de l’éclairage, eux, sont maladroitement visibles, jusqu’à afficher des conflits entre les ombres naturelles et celles des réflecteurs. Erreurs de débutants ? Rapidement, on s’interroge. Est-ce vraiment un film fait par des professionnels ? La prise de son – tellement mauvaise, la pire de tous les films que j’ai vu au point que je me demande encore s’il ne s’agit-il pas d’un problème d’enceintes propre à la salle de cinéma – cette prise de son est atterrante. Plus que confuse, elle est négative : les dialogues sont inaudibles (sauf lorsque Léa parle, sans doute parce qu’il ne faut pas faire taire le grand capital). En dehors du travail raté sur le bruit des hommes, il ne semble pas non plus y avoir de travail sur les bruits de la nature, ni sur les bruits de la centrale. En fait, il n’y a pas de travail audible sur la dimension sonore. Manquerait-il des sens - la vue, le son - à la réalisatrice ? Le montage et le découpage des scènes achèvent de tuer le film. Il n’y a que très peu de scènes nécessaires et qui apportent un propos. C’est surtout du remplissage, un déferlement de micro séquences globalement interchangeables les unes avec les autres. On s’imagine sans peine pouvoir intervertir des scènes sans que cela ne change rien au film, ni en mieux ni en pire, on a là une soupe sans structure car sans lien d’évidence avec rien, ni avec la narration, ni avec l’idée. Enfin, mention spéciale à l’actrice principale qui montre, comme dans tous ses films, ses seins et son bas ventre. Ce sont maintenant ses lieux communs. On se demande ingénument pourquoi les montrer. Ou bien pourquoi pas, car c’est joli après tout. Mais d’autres font ça tellement mieux, dans la réalité, ou bien sur internet, ou bien lorsqu’ils relancent les magazines germanopratins. Au final, il y aurait eu beaucoup à faire avec ce film, car l’idée est là, propice à un chef d’œuvre. Mais cette potentialité n’est pas exploitée. Le scénario est trop ambitieux pour les capacités réelles de fabrication. Nul doute cependant que dans le microcosme franco-français du cinéma ce film reçoive un excellent accueil, mais pour des raisons de personnes, des raisons sans lien avec les réelles caractéristiques de l’objet.
Beau film dur et âpre. L'intensité monte au fil de l'évolution de l'histoire. Gary combatif qui découvre le monde du travail précaire, milieu dur mais solidaire qui devient sa nouvelle famille, sa passion pour Karole et les belles scènes d'amour tendres et passionnées, le danger dans la centrale, l'affrontement avec Tony. Les scènes dans la centrale sont magistralement bien tournées, la musique est envoûtante et oppressante. L'évolution de l'amour que karole porte à Gary est jouée tout en finesse par Léa Seydoux et j'ai adoré la sensibilité à fleur de peau de Tahar Rahim. Une belle histoire forte et sensible. Et puis aussi un grand bravo aux seconds rôles Olivier Gourmet et Denis Ménochet.
un beau film avec une sublime et magnifique Léa Seydoux. et voir les conditions extrêmes de ces pauvres gars qui sont obligés de négliger leur santé pour gagner de quoi survivre. Olivier Gourmet aussi est très bon.
C'est un film d'une violence extrême! Non pas de fusillades, de courses poursuites, de sang et de sexe . Mais cela vous fait froid dans le dos. Le danger permanent du nucléaire se lit dans le regard, les gestes, les paroles des acteurs, qui sont tous excellents dans leurs rôles. A voir et à réfléchir....
On avait eu Tahar Rahim à la prison (Un Prophète où il était magnifique), on a à présent Tahar Rahim à la centrale nucléaire, même jeu d'acteur que la réalisatrice n'a pas su lui faire nuancer. Le résultat est très décevant, joue avec le cinéma de genre (réalisme social, science-fiction, conte...) de manière très affectée, sans jamais se défaire de clichés très lourds. On s'ennuie et en plus on s'agace de ce maniérisme aux choix de mise en scène peu justifiés (ah! la mode des mises aux points qui varient sur les sujets dans le cadre...). Le casting comme le sujet tabou du nucléaire français méritaient mieux!