Derniers Avis : Down by Law - sous le coup de la loi - Page 2
Down by Law - sous le coup de la loi
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JoeyTai
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3,5
Publiée le 14 mars 2021
Le début est lent, décousu, peu intéressant. Deux types taciturnes victimes de coups montés sont envoyés en prison. C'est seulement quand on jette dans leur cellule un italien farfelu que le film démarre vraiment. Imprévisible, enfantin et extraverti, ce prisonnier oblige ses deux codétenus à abandonner - temporairement - leurs masques de types virils, butés et insensibles. La scène où ils se mettent à chanter et danser est irrésistible. Leur évasion sera l'occasion de belles scènes, comme cette "balade" en barque dans les bayous ou la rencontre avec Nicoletta. spoiler: Cette bulle éclate à la fin du film, les deux types du début retournant à leurs solitudes. Le réalisateur fait jouer ses acteurs de façon très froide tout en multipliant adroitement les silences et les plans fixes, ce qui les oblige à se confronter à eux-mêmes. Ça leur confère une certaine humanité qui les rend attachants. Bon film donc, avec des longueurs assumées qui m'ont partiellement convaincu.
Ce qui est amusant avec ce film c'est la simplicité avec laquelle les événements se produisent. Un problème? Le voilà. Une résolution peut-être, la voilà de même. Non pas que c'est bête. Je dirais que beaucoup de choses restent éclipsé par envie de montrer quelque chose d'assez appart. Tout est très vague, on ne sait jamais trop où on est, où on va. Maintenant ça n'altère pas la sensation de liberté. Je ne sais pas si c'est par ce que j'ai un truc avec le noir et blanc en ce moment où non; mais je trouve que quand il s'agit d'un film en noir et blanc avec un super choix d'éclairage et de pellicule on ressent beaucoup plus l'image comme si elle m'était plus naturelle. Moins truqué. En tous cas dans Down by Law la photo est très joli. Avec en plus une jolie BO. Pas très très dense mais avec une véritable ambiance et qualité. De ce qui est de la réalisation des décor c'est aussi très réussi, simple pour ne pas changer. Outre cela, il y a le montage qui m'a interpelé, souvent très long et pourtant parfaitement rythmé. C'est un peu une forme de théâtre filmé par moment car beaucoup de passage restent dans le spectacle. Après c'est un peu naturaliste sur les bords, mais les gros bords. Puisque ça semble très loin de nos vies tout de même. L'histoire et le scénario est tous de suite accrocheur et ne fais que progresser. Au départ c'est un peu flou sur certains traits, on ne sait pas vraiment à quoi on a affaire, puis ça se précise. spoiler: Le personnage de Roberto tout particulièrement est très attachant au sens où on est content de le voir à l'écran. Surement grâce au jeu de l'acteur très caricaturé, et encore. En tous cas c'est marquant de voir ce personnage.
Sinon sur le propos du film je pense me cantonner à dire qu'il traite de l'errance. Pour des personnages complexes faisant des trucs quotidien à leur façon. Comment vie-t-on sa liberté en étant complétement livré à soit? Y-a-t il différentes possibilités de choix de vies? enfin je ne pense pas qu'il est raisonnable de développer d'avantage sur la trame; parce que je ne vois pas vraiment autre chose qu'un compte filmique très épuré de chichi. Et qu'il dit beaucoup dans sa poésie.
Arf, je suis souvent un peu embêté face au cinéma de Jim Jarmusch. Incontestablement le garçon a du talent, un univers comme peu de réalisateurs peuvent s'en targuer, un sens de la mise en scène et de l'esthétique très poussé (sublime photographie noir et blanc, accentuant le côté presque intemporel du récit), sachant exploiter des décors souvent insolites et à imaginer des personnages singuliers, ne laissant clairement pas indifférents, que celui-ci se garde bien de rendre trop coupable ou trop innocent. Maintenant, une fois que j'ai écrit ça... C'est quand même long. Le récit comme les scènes s'étirent souvent inutilement (même si l'auteur de « Ghost Dog » a au moins le mérite de les couper avant que ça ne devienne insupportable), l'impression que l'homme aux éternels cheveux blancs n'a pas tant de choses à dire, mon insensibilité (même si c'est plus personnel) aux talents musicaux (et légèrement d'interprétation, d'ailleurs, auquel j'intègre John Lurie) de Tom Waits, cette impression que cette histoire pourrait quasiment être deux fois moins longue sans que cela soit un gros problème... Quelques scènes réussies, quand même, parce qu'inattendues spoiler: (une rime stupide devenant presque un chant de rébellion en prison, notamment) , ce trio dynamité par un Roberto Benigni en grande forme (mais pas « trop » non plus, au bon sens du terme) et une forme d'étrange mélancolie baignant le récit permettent toutefois à « Down by Law » de ne pas être trop ennuyeux : un peu, mais pas trop. Bref, un cinéma dont je n'ai aucun problème à reconnaître les qualités, mais réservé à un public assez restreint, notamment chez les amateurs de « pure forme ».
Un film avec un noir et blanc magnifique mais... C'est tout. Des scènes vides, des jeux d'acteurs insipides et d'un ennui sideral. Je n'ai pas compris l'engouement pour ce film car même si esthétiquement c'est joli, le film ne m'a pas touché du tout...
Quasi absence de dialogue ; le silence est d’or chez Jarmusch ! Peu d’action aussi, il doit donc faire preuve d’un talent hors pair de mise en scène et de choix esthétique pour élaborer sa narration. Ici un proxénète et une petite frappe se retrouvent dans une cellule étroite après que Jarmusch nous les ai présenté simultanément dans un montage alterné captivant ; pour moi le moment le plus abouti du film. En taule, ils ne se supportent pas jusqu’à ce qu’un petit bonhomme rital viennent faire le lien entre eux autour d’un projet d’évasion. Les trois compères s’évadent, traversent le bayou ; mais les deux hommes ne s’entendent guère plus. Jarmusch établit une réflexion sur la relation humaine dans des situations extrêmes : l'emprisonnement, l'isolement, l'errance, dans un milieu triste ( favorisé par le noir et blanc) et crasseux ( prison, marécages ). Tout cela dans une histoire longue, aux nombreux plans séquences qui, avouons-le, font baisser plusieurs fois l'attention du spectateur. Et c’est bien le manque d’enjeux précis, de personnages attachants, de trous scénaristiques dans le seul but de réaliser un exercice de style qui pose problème. On a l’impression que le film tourne à vide et on s’ennuie ferme tout en notant le talent du metteur en scène. Un pur film de cinéphile des « Cahiers du cinéma ». tout-un-cinema.blogspot.com
Bof, je n'ai pas particulièrement été convaincu par ce film de Jim Jarmusch. Les trois personnages, dans leur côté marginal, ne m'ont pas particulièrement charmé (à part peut-être Roberto Benigni) et du coup, je n'ai pas été emballé par le trio un peu improbable qu'ils forment à l'écran. La proximité dans les personnages de Zack et Jack (que ce soit dans leurs comportements, leurs apparences et même leurs noms) n'aide pas à les apprécier pleinement. Et le hic, c'est que le gros du film repose avant tout sur les interactions entre ces trois personnages. Le scénario est extrêmement léger (ce n'est pas l'objectif de ce long-métrage que de reposer sur une intrigue dense et pleine de rebondissement). Trois personnages, des parias, finissent en prison, suite à des embrouilles avec la police et à des traquenards dans les lesquels ils sont tombés ; s'en échappent et prennent finalement trois chemins différents. Reste l'interprétation extrêmement sympathique de Roberto Benigni, mais sinon, je n'ai pas trouvé ce film terrible.
Jim Jarmush a le don comme personne pour filmer l'Amérique profonde et ses anti-héros, illustré ici dans une comédie complètement décalée et burlesque mais trop nonchalante qui réunit de manière improbable trois paumés en zonzon, portée par une photographie sublime en NB des paysages de Louisiane, l'interprétation géniale de Roberto Benigni et la sublime BO blues signée Tom Waits.
Un film très particulier, loin des canons habituels. Sur une intrigue minimaliste, Jarmusch a construit son film en trois parties. La présentation de deux des personnages, des anti-héros comme l’auteur les aime, dans la Nouvelle Orléans la nuit : des travellings majestueux et une magnifique photographie en noir et blanc créent une ambiance palpable, évoquant celle des grands films ou romans noirs du Sud de Etats Unis. La cellule dans laquelle sont incarcérés les trois prisonniers : là c’est à la nature humaine et aux relations que l’auteur s’intéresse, sur un ton qui est celui de la comédie (mémorable Roberto Benigni). L’errance des trois évadés dans le bayou : tout en gardant le ton de la comédie, cette dernière partie est plus poétique, contemplative, voire symbolique, avec une photo encore éblouissante. Une grande réussite d’un cinéma « indépendant ».
Le geste artistique de Jim Jarmusch pourrait s’exprimer ainsi : mettre en scène la banalité classieuse de l’extraordinaire. Le petit monde dans lequel déambulent nos trois protagonistes principaux constitue un cadre esthétique qui réagit avec leur potentiel esthétique propre, le révèle tout en tirant d’eux sa propre révélation. Dit autrement, la caméra du cinéaste saisit, au cours de longs plans travaillés dans la durée, la réaction entre un contexte qui sert de structure à la photographie et un ou plusieurs corps qui en forment le ou les points d’équilibre. Corps et décors vont ensemble, ils sont subordonnés à la même exigence d’une quête de la puissance de l’image et de sa mise en mouvement, provoquant chez le spectateur une fascination teintée de ce sentiment d’étrangeté qui l’envahit lorsqu’il prend conscience que ses repères ont été déplacés voire évacués au profit d’autres balises, elles personnelles à l’artiste et qu’il faut donc chercher. Trois lieux polarisent Down by Law, trois lieux qui interviennent à deux reprises sous des formes différentes : il y a l’espace intime de la chambre à coucher puis de la table du restaurant autour de laquelle se rassemble une famille symbolique, il y a la cellule qui retient enfermés des étrangers et que l’on retrouve, avec des fenêtres cette fois, dans le cabanon près du marais, il y a la nature qui absorbe les personnages, les perd parmi ses troncs comme flottant sur des eaux marécageuses. Ces trois lieux symboliques sont à chaque fois redoublés, ils se chargent d’une profondeur imaginaire à mesure que les hommes y engouffrent leur histoire et leurs espoirs : la femme est d’abord un objet possédé qui se prélasse dans le lit de son maître, elle devient l’actrice d’une passion amoureuse aussi subite que sensible ; le paysage des bayous – chanté par Zack chantant Roy Orbison – ressemble à une prison à ciel ouvert, se transforme en lieu de convivialité où il fait bon vider son sac, narrer ses fictions en mangeant du lapin sans ail ni huile d’olive ; la cellule enfin se perce de fenêtres. L’interrogation grammaticale de Roberto est, à ce titre, fort éclairante : souhaitant parfaire son anglais, il se demande s’il faut dire « regarder la fenêtre » ou « regarder par la fenêtre ». Jack lui répond que ça dépend, que là, en prison, il « regarde la fenêtre » dessinée sur le mur. Plus tard, il regardera « par la fenêtre ». Ce détail traduit bien un passage, celui d’une représentation plate à une représentation en profondeur, d’une existence saisie par l’intellect à une existence saisie par l’expérience des sens. Down by Law met en scène une renaissance à soi et aux autres, un récit d’initiation dans lequel l’évasion se mue en fuite hors d’une réalité et en introduction dans une autre. Les vêtements se prêtent, les routes se séparent. Restent l’icône, et son souvenir par le cinéma. Une œuvre sublime.
Une belle Histoire d'évasion et d'amitié. En plus en noir et blanc comme les chef-d'œuvres du passé. Avec un Roberto Begnini toujours aussi sympathique !
Un très bon film en noir et blanc de Jim Jarmusch dans la veine de Dead Man. On y retrouve le chanteur Tom Waits , l'italien Robert Bengini et le méconnu John Lurie.
Cette balade poétique, onirique et musicale nous fait suivre l’histoire de trois hommes rencontrés en prison, incarnés par le chanteur Tom Waits, le compositeur John Lurie et le drolissime acteur italien Roberto Benigni, qui nous offre ici un délicieux exercice de cabotinage. Il bénéficie d’une mise en scène remarquable et d’un noir et blanc superbe.
La cote de Jim Jarmusch reste pour moi un mystère. Encore un film fait de style et de vide, qui repose sur un scénario de court-métrage étiré sur presque deux heures, avec des dialogues sans intérêt, des personnages inconsistants et des acteurs limités. Heureusement que Benigni est là pour donner un peu d’énergie et d’humour (probablement en grande partie improvisé) à cette suite stérile de jolis plans.
Comme "Stranger than paradise", "Down by law" est un autre classique de Jarmusch, peut-être le meilleur de tous ses films. Dire que la mise en scène est magistrale, la photo du chef-op de Wenders superbe et les comédiens géniaux ne peut renseigner sur l'état de béatitude et d'excitation que produit ce 3ème long métrage du cinéaste. Que l'histoire ne soit qu'un prétexte à filmer des personnages hors du commun dans des décors souvent hallucinants permet de se concentrer sur ce qui fait l'essence même du cinéma de JJ : des dialogues rares mais ciselés comme nulle part ailleurs (on sait que Kaurismaki n'y a pas été insensible), une appropriation unique de l'environnement, que ce soit un pano dans la rue, un plan dans une chambre d'hôtel ou au fin fond des bayous et une bande originale sortie d'un rêve ; à cet égard, l'utilisation du tube d'Irma Thomas dans une des dernières scènes, qui voit Bob enlacer tendrement sa compatriote dans une danse de pure félicité, marque le plus beau moment du film et l'un des plus inoubliables du cinéma de l'auteur. J'ai vu DbL à sa sortie en 1986 ; 33 ans après, il n'a - selon moi - pas pris une seule ride...
le film démarre fort à partir de scènes de ménage et de combines de bas étage, entrecoupés de travelling latéraux de paysages banlieusards en noir et blanc très réussis. Puis le trio improbable se constitue en prison, Bégnini en fait des tonnes avec son carnet d'apprentissage de l'anglais. La ritournelle I scream "ice-cream" trotte dans les têtes en boucle. Malheureusement, l'atmosphère étrange distillée par Jarmusch se dliue spoiler: après de l'évasion dans les marais du Bayou et la fin ne mène nulle part, comme si le scénariste s'était arrêté à mi-chemin. Dommage. DVD anglais 1 - février 2019