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schemaman
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5,0
Publiée le 17 mars 2013
Ce n'est certes pas un chef d’œuvre au sens cinématographique du terme mais au sens évènementiel. Comment la réalisatrice a-t-elle pu filmer dans un pays sans cinéma, ultra-rigoriste musulman et où la liberté de la femme ne dépasse pas le statut d'esclave sexuelle et boniche au service des mâles ? Ne pouvant probablement pas faire un film qui attaque le problème de front, la réalisatrice fait un film d'une immense force, tout en finesse, où l'on ne s'ennuie jamais malgré la lenteur de l'action. Tout est dit sans être dit. C'est un ouvrage ciselé d'une grande délicatesse. On y montre comment les filles sont dressées depuis leur plus jeune âge à obéir au règles du coran et à leur maîtres mâles. Il est étonnant de voir comment les femmes elle-mêmes sont au service de cet endoctrinement. On voit des hommes tous gentils : bien sûr, ils n'ont ps besoin de se fâcher car ils ont, de base, tous les pouvoirs. Il est à noter que les acteurs adultes mâles ne jouent pas super bien dans ce film. Il faut toutefois retenir leur courage d'y avoir participé.
Excellent premier film de la réalisatrice qui dénonce la main mise des hommes sur le destin des femmes. Une petite fille absolument touchante brave les interdits pour aller jusqu'au bout de son rêve.
Il est très dur, voire impossible de se rendre en Arabie Saoudite.....Ce film a donc le mérite de nous faire découvrir l'univers des femmes dans ce pays..... Au travers d'une gamine intrépide de douze ans, qui veut s'acheter un vélo (objet fortement déconseillé aux femmes) en gagnant à un concours scolaire de déclamation de versets du Coran.... Le film de façon ambigue met en valeur la foi dans ce pays et la contribution sociale des femmes....Curieusement (ou pas) le film ne contient que des femmes (sauf un petit garçon qui a un joli rôle) et montre la "rigidité" de l'éducation..... C'est filmé de façon délicate et les dialogues sont efficaces et empreints souvent d'une douceur presque pédagogique......L'image est belle, la bande son, rare , est sensible et propose bien l'émotion désirée par le (la?) réalisateur (trice ?)......Le film décrit et ne critique pas ouvertement un système religieux et social....Le film est tout en douceur, presque apaisant et donne une vision à la fois pertinente et artistique de l'Arabie Saoudite.....J'ai aimé.....
Wadjda a l’intelligence d’attaquer le patriarcat d’Arabie Saoudite sur fond de conservatisme religieux et de soumission de la femme par le prisme d’un objet anodin et simple : le vélo. Il est fascinant, pour un regard français, d’assister à la lutte menée par une petite fille pour un objet aussi banal qui se charge progressivement d’une puissance symbolique : incarnation de la liberté, tout autant de mouvements que de directions prises dans la vie, le vélo thématise également l’initiation à l’amour et à la sexualité, explicitée par le premier flirt entre l’héroïne et le jeune Abdallah. La réalisation de Haifaa Al-Mansour oppose une spatialité chargée de corps – réunions pour la prière, salle de classe, minibus –, qui renvoie à l’oppression des femmes, à un ensemble de lieux vides, des rues désertes que l’on démolie ou rénove à la cour de récréation dans laquelle une élève se met du bleu aux ongles. La menace vient des hommes : les ouvriers regardent les jeunes filles depuis le toit où ils travaillent, le père se remarie, laissant une première épouse éplorée, le candidat à la municipalité affiche son portrait moustachu partout ; ils ont une présence spectrale, entrent et sortent, parlent sans être visibles à l’écran. Les femmes ne sont là que pour les servir, préparer les repas copieux qui seront engloutis dans une pièce voisine à laquelle nous n’avons pas accès ; la caméra suit ces parcours de femmes, celui de l’enfant et celui de la mère qui finissent par converger en une révolte contre les normes établies – obtenir le vélo, accepter l’offre d’emploi en dépit de la mixité. Wadjda révèle en outre une très grande jeune actrice, Waad Mohammed, dont la vitalité anime chaque scène et rend son combat plus urgent, plus simple et plus pur. À voir.
Premier film saoudien réalisé par une femme (et un des tous premiers films saoudiens tout court), Wadjda est une oeuvre sensible qui parait essentiellement destinée à une audience internationale. Effectivement, à travers cette histoire de petite fille voulant s'offrir une vélo, la réalisatrice Haifaa Al Mansour offre un point de vue très critique sur la société saoudienne et sur la manière dont cette dernière traite les femmes. Heureusement, ce manifeste féministe s'accompagne d'une réalisation toute en sensibilité et d'un excellent jeu d'acteur, en particulier de la jeune Waad Mohammed et de Reem Abdullah. Espérons que, grâce à sa diffusion internationale, ce film puisse faire un peu progresser la mentalité saoudienne sur le sujet de la condition féminine. Bref, un beau film utile et émouvant.
Wajdja a douze ans, est saoudienne, vit dans la capitale et est une fille moderne… comme une occidentale. Enfin elle aimerait, mais la communauté wahhabite est ultra conservatrice. Là bas, la femme n’est pas l’égale de l’homme. Elles n’ont pas le droit de conduire, de montrer leur visage aux hommes, de chanter au risque d’être entendu par les hommes (et de les charmer tels les sirènes !!!),… Wajdja, insouciante, innocente mais malgré tout rebelle se bat avec ses maigres moyens pour faire bouger l’ordre établi fondé sur des principes séculaires coraniques d’un autre âge. Et c’est pas sans heurt ou risque pour elle dans un pays où les filles n’ont comme seule destinée de devenir femme et mère. La première scène balaie très rapidement la personnalité de la jeune fille. Elle a trafiqué sa petite radio pour écouter du rock (musique satanique, çà nous rappelle les 50’s aux EU), elle porte des baskets de couleur (ses copines des ballerines noires) et un jean,… Une scène incarne bien l’indépendance qui la caractérise : sommer de mettre des souliers noires par la tyrannique directrice de son établissement, elle n’a d’autres idées que de barbouiller ses baskets de feutres noirs… Les enfants sont formidables. Un jour, Wajdja voie passer un vélo vert tel un mirage dans sa rue. Son regard s’illumine et elle n’a plus qu’un seul projet : se l’acheter et faire la course avec son voisin et ami Abdallah. Quelle gageure en Arabie Saoudite où faire du vélo pour une fille est une menace pour sa vertu. Par ses propres moyens, elle décide de réunir cet argent au point de participer à un concours de récitation coranique organisé par son école et fortement doté. Quel paradoxe, psalmodier le Coran pour s’affranchir du dogme !!! Au-delà du paradoxe, quel prosélytisme de la part d’un courant islamiste radical considérant comme diabolique la société de consommation et l’argent : corruption des âmes. Le cinéma a 150 ans et c’est le premier long métrage saoudien de l’histoire ; de plus, tourné par une saoudienne ; Haïfa Al Mansour restera dans l’histoire. Présenté au festival de Venise, ce film a été super bien accueilli et c’est mérité. Cinématographiquement, il n’a rien de particulier, tout comme son héroïne, il est simple et modeste ; linéaire mais très finement écrit. Ce film montre avec beaucoup de simplicité et de justesse la privation de liberté ordinaire : des femmes en liberté surveillées (par toute la société et pas uniquement leur conjoint). Pour nous montrer la condition de la femme saoudienne, la réalisatrice ne fait preuve d’aucun manichéisme (le père aime sincèrement sa fille mais la prive de liberté par exemple) et ne force jamais le trait (jamais ostentatoire). Donc un petit bonhomme de chemin paisible qui amène à se poser des questions cruciales sur notre société. Très bien pour sensibiliser un jeune public à ces questions ; surtout que ce film ne manque pas d’humour et qu’ils s’identifieront facilement à cette petite fille pleine de vie de et détermination. Quelques écueils bien logiques pour ce premier film ; quelquefois didactique et avec quelques personnages secondaires trop monolithiques. Je pense qu’on pouvait aller plus loin avec le personnage de la directrice d’école ; elle-même apparemment victime d’un système qu’elle perpétue de par sa fonction. La mère au moins évolue sur la fin du film apportant un message d’espoir qui tranche avec sa joie à peine dissimuler du début du film lorsqu’elle apprend que sa fille va devoir porter un voile intégral (fierté de la voir devenir femme !!! troublant lorsque l’on connait toutes les conséquences). A voir impérativement… avec vos enfants de plus de 10 ans…
Pour être explicite auprès du public occidental, la réalisatrice se laisse aller à certains écueils didactiques. La volonté d'éviter tout manichéisme pousse les personnages secondaires a demeurer sommairement dessinés : la mère et la directrice de l’école, l’une complice et l’autre ennemie, incarnent les deux pôles féminins. Seuls le rêve, l’obstination et la ruse sont les traits qui définissent ici l'enfance de façon succinte. Les sentiments de Wadjda manquent de trouble et d’ambiguïté. En découle un récit assez prévisible bien loin du foisonnement qui defini l'enfance. Haifaa al-Mansour procède à un découpage conventionnel, surtout dans les séquences d’intérieur (presque toujours dans la pénombre) , où le montage a tendance à surligner les émotions et à lisser le jeu des comédiens. Le film gagne par contre en force quand il prend la rue pour décor (inondé de lumière), le cadre permet enfin à l’œil de se promener dans l’espace, de découvrir un paysage inédit à l’écran.
Une réussite que ce premier film saoudien qui rend bien l'atmosphère pesante et ennuyeuse de la vie en Arabie Saoudite. Le scénario sans être trop lourd est émouvant et les actrices plus que convaincantes.
Wajda est une merveille d'intelligence : pas de tragédie , d'effets , de frimes . Un quotidien autre , rassurant par son humanité et par la force libératoire de la transgression , extrêmement inquiétant par ce qu'il montre d'étouffant et d'hypocrite dans ce régime totalitaire .
un beau moment, une belle leçon de ténacité ; la petite est merveilleuse de naturel ; l'islam libèrera-t-il enfin un jour les femmes ou bien faudra-t-il que les femmes se libèrent de lui ?
ok avec la critique la plus négative la plus utile: documentaire ennuyeux cautionnant ( ?) mystère! un système politique absurde et totalitaire au delà de tout ce que l'on peut imaginer dont les femmes semblent complices au premier degré et dont la seule revendication serait de pouvoir faire du vélo , figurer sur l'arbre généalogique ou travailler à visage découvert à l' hôpital ..Peut -être et c'est ce que j'espère en effet cela pourrait vouloir dire que pour pouvoir faire un film qui dénoncerait l'horreur de la condition féminine la réalisatrice ne pouvait pas aller au delà .
L'un des premiers films saoudiens, le premier réalisé par une femme dans ce pays, Wadjda a sonné comme un événement lors de sa sortie en 2012. Il suit non sans humour le parcours d'une jeune fille rebelle et facétieuse qui évolue dans la société patriarcale et ultraconservatrice de l'Arabie Saoudite et essayant, à l'échelle de ses modestes moyens, de questionner ces logiques traditionalistes. Pour elle, cette forme de résistance va prendre une forme très simple : acheter un vélo pour pouvoir rouler comme les garçons. Un film fort et courageux, qui n'hésite pas à pointer les hypocrisies du royaume wahhabite.
C'est un magnifique hymne à la liberté que nous dévoile ici Haifaa Al Mansour. En suivant, la petite Wadjda, intrépide et maligne, la réalisatrice ouvre une nouvelle fenêtre sur le monde et apporte un vent de fraicheur au cinéma. C'est un joli coup de cœur et une total découverte de l'univers des femmes saoudiennes. À voir, absolument!
"Wadjda", premier film de la réalisatrice Haifaa Al Mansour, dégage un souffle naturel duquel l'émotion ne cesse d'émerger par bribes, dans des instants d'une beauté simple, mais puissante. On se laisse emporter par la détermination de cette jeune fille fougueuse en quête de liberté et de vie face aux cadres et aux conventions. Au-delà de sa simplicité apparente Wadja offre un beau moment de cinéma et quelques instants de magie grâce à des personnages vrais et à des relations touchantes (Wadja et sa mère, l'amour de sa mère pour son père, ainsi que le duo Wadjda/ Abdallah). Si les raisons symboliques d'aller voir le film ne manquent pas (premier film saoudien réalisé de surcroît par une femme, etc.), l'oeuvre en elle-même regorge de belles qualités qui suspendent le temps et qui contribuent à donner au spectateur un moment de cinéma revigorant.
« Wadjda », ou la gamine au vélo, une douzaine d’années et un caractère bien affirmé. La fillette ne ménage pas son entourage, sait ce qu’elle veut et entend bien se faire respecter. En somme, c’est le portrait d’une pré-adolescente comme on en croise par pelletée. Oui mais voilà, l’action de ce film se situe en Arabie Saoudite et là-bas, lorsque l’on naît fille, il y a bien des libertés dont il faudra se résoudre à faire l’impasse toute sa vie durant. A travers le portrait de sa jeune héroïne, la réalisatrice réussit à décrire avec une grande justesse de ton et sans didactisme les codes d’une société qui assume haut et fort sa dévotion sans limite à une religiosité exacerbée où la domination de l’homme sur la femme semble être le privilège qu’il faut maintenir coûte que coûte. Malgré quelques flottements dans la mise en scène et un rythme inégal, ce film venu d’un pays où le cinéma n’a pas vraiment droit de cité nous surprend agréablement et mérite le détour.