Carol
Note moyenne
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Fritz L
Fritz L

219 abonnés 767 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 janvier 2016
En regardant « Carol », cela m’a donné l’impression de feuilleter négligemment un numéro de Vogue des années 50 et son apparente illusion d’un bonheur en papier glacé, délivrant de pages en pages un univers raffiné, classieux, lisse et totalement figé. En matière de reconstitution de ces années molles, Todd Haynes excelle tant sur la forme que sur le fond.

On ne peut qu’être formidablement surpris par le magnifique ouvrage de Sandy Powell (« Entretien avec un vampire », « Gangs of New York »…) sur les costumes, matières, formes, accessoires, bijoux, le travail de recherche y est soutenu et rejaillit à l’écran. Le même soin est apporté aux décors, à la photo (dont on peut s’agacer toutefois du léger piqué intentionnellement très old style mais tout de même), au choix musical. L’ambiance y est donc parfaitement recomposée et n’a rien à envier aux films de l’époque.

Cette plastique soignée séduit immanquablement et se doit de servir le film, c’est pour le moins ce que je me disais au début. En fait, très vite elle apparaît presque comme le seul attrait du film. En adaptant le roman de Patricia Highsmith, dont la trame est assez vide de sens, Todd Haynes se devait d’être percutant, là il n’est que fuyant (comme il l’avait fait déjà pour « I’m not there »). Certes ses cadrages sont le plus souvent honorables, le fait de filmer indirectement ses scènes (derrière une vitre, dialogue dont l’un des interlocuteurs est hors champs…), ses contre plongées sur la ville, l’enchainement de plans pudiques (tellement lourde de sens la scène de la main sur l’épaule…) séduisent. On pense à Slim Aarons, Fred Herzog, entre autre, références toutes symboliques de ces années là. Mais par ce biais là aussi, il vitrifie son histoire.

Car certes, l’homosexualité, féminine, était proscrite et tabou, on le comprend bien puisque le message n’a de cesse d’être martelé ici, mais était-ce vraiment le prisme qu’il fallait choisir pour faire un film qui se tienne ? Il aurait fallu y sentir plus de fièvre, de passion, et surtout de conviction. Car jamais, on ne ressent l’impérieuse nécessité de ces deux femmes à vivre leur idylle, ni véritablement la force de cet amour qui les pousse à braver l’interdit. Elles semblent poser histoire de, avant de reprendre leurs routes… Et s’il n’y avait pas ce regard de Carol à la toute fin, on n’y croirait pas du tout !

Le casting pose souci également, entre Cate Blanchett au tempérament à la Katharine Hepburn qui se le joue (fort bien tout de même) femme bafouée à la Lana Turner, Rooney Mara qui n’en peut plus de rentrer dans le tailleur pour drame de Audrey Hepburn, le référentiel pèse lourdement. Kyle Chandler est peu inspiré, quant aux autres personnages ils sont minorisés, ce qui est dommage quant on imagine le rôle clé qu’aurait pu être Abby.

Toutefois, le film, tout calibré et sage qu’il soit, se laisse plaisamment voir, ni plus ni moins.
nathaliewell
nathaliewell

25 abonnés 160 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 février 2016
Un vrai beau film qui enivre par tant de beauté, de délicatesse, de douceur et de silences qui vous font passer par de nombreuses émotions. Cate Blanchett et Rooney Mara sont d'une élégance déconcertantes. Elles sont sublimes. Chaque geste, chaque regard deviennent alors d'intenses dialogues. C'est à vous couper le souffle d'entendre à travers leurs regards. Elles sont toutes deux renversantes de classe et de sensualité.
Todd Haynes soigne son cadre et accorde une importance à l'image, à la lumière, à la bande son.
Les plans à travers les fenêtres et les vitres des voitures sont époustouflants.
Chaque plan est un dialogue, chaque plan est une merveille. Todd Haynes nous offre là une peinture réaliste des mœurs de l'époque. C'est tout simplement sublime. Pas besoin de scènes de nus pour comprendre la passion entre ces deux femmes. Leurs regards suffisent. C'est une émotion incroyable de voir deux actrices capables de transmettre autant d'émotion par le regard.
Filmé et interprété tout en retenue et délicatesse, Carol est une magnifique œuvre d'art qu'il faut voir.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 5 février 2016
Nominé aux oscars 2016 dans six catégories, dont celle de la meilleure actrice pour Cate Blanchett et celle de la meilleure actrice dans un second rôle pour Rooney Mara, « Carol », drame réalisé par Todd Haynes, retrace l’histoire passionnelle entre deux femmes que tout oppose : situation familiale, métier… Et même si ce film, qui explore profondément et efficacement la relation confuse entretenue par les deux femmes, se révèle au final peu passionnant et parfois trop lent, le coup d’œil vaut quand même, uniquement pour les brillantes prestations, à commencer par celle de Cate Blanchett, qui, en un mot, est exceptionnelle. Elle illumine à elle toute seule le film et crève l’écran. A la fois énigmatique et élégante, sa prestation vaut la peine de voir le film, de même pour Rooney Mara, qui parvient brillamment à interpréter la femme fragile et sous-estimée. Malgré ces exceptionnelles actrices qui permettent de rendre le film un poil captivant, le scénario en lui-même manque cruellement de rythme et d’originalité. Le tout reste cependant assez intéressant, mais la touche dramatique ou tragique manque. L’histoire se résume à une rencontre entre deux femmes qui va progressivement évoluer, passant de l’amitié à l’amour, et ça s’arrête là. Même si l’intrigue explore quelques fois la vie personnelle de chacune des deux femmes, à savoir leurs problèmes familiaux, leurs querelles ou encore leurs relations avec les autres personnages, ça reste cependant trop soutenu et quasiment absent, ce qui est dommage, car ces quelques scènes étaient parfaitement orchestrées, notamment la scène du procès, entre autres, lorsque Carol se retrouve face à son ex-mari et aux avocats, scène d’ailleurs marquante encore une fois par l’interprétation de Cate. Outre la mise en scène et les costumes d’une période ancienne reconstitués à merveilles par Haynes, « Carol » se résume à l’évolution d’une relation entre deux femmes, sans prendre de risques et percer plus loin. Un peu décevant globalement, mais un casting solide et extraordinaire.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 janvier 2016
Certains films sont précédés d’excellentes critiques, accompagnés d’un bouche-à-oreille enthousiaste. « Carol » est de ceux-là. J’attendais avec impatience sa sortie, alléché par une bande-annonce d’une folle élégance. « Carol » était un film que j’avais follement envie d’aimer …. et que je n’ai pas adoré.

« Carol », c’est le prénom de l’héroïne jouée par Cate Blanchett. Au risque d’en prendre l’habitude, je note que l’affiche ne présente pas que sa seule photo, mais aussi celle de son amante, Therese (sans accent parce qu’on est en Amérique) Belivet (qui est un patronyme tchèque contrairement à ce qu’on aurait pu croire). Elle évoque, à côté de la photo de Rooney Maria, le prix d’interprétation féminine attribué à …. Cate Blanchett. Enfin, elle commet un contre-sens en orientant les regards des deux personnages dans une direction opposée.

Mais arrêtons de critiquer l’affiche et parlons du film. Vous savez déjà qu’il raconte comment une grande bourgeoise, dont le mariage se délite, s’entiche d’une modeste employée. Vous savez aussi que l’action se déroule dans le New York des années 50, merveilleusement éclairé en Super 16 par le chef opérateur Ed Lachman. Vous savez enfin que Todd Haynes filme comme Douglas Sirk, que Cate Blanchett a des airs de Greta Garbo et que Rooney Mara ressemble à Audrey Hepburn.

Cate Blanchett est censée être divine dans le rôle-titre. Visage anguleux, voix follement sensuelle, toilettes terriblement élégantes. Sauf que. Sauf que, j’ai trouvé qu’elle surjouait dangereusement. La démarche trop chaloupée, la coiffure trop apprêtée, les gants trop …. gantés ! Prenez la scène de la rencontre. Dans le grand magasin, entre poupées et petits trains. Scène d’anthologie ? Scène surjouée où je n’ai pas ressenti le coup de foudre, l’électricité entre les deux femmes.

Par comparaison j’ai trouvé Rooney Mara beaucoup plus juste. C’est peut-être elle, la vraie héroïne du film qui se découvre au contact de Carol. Le papillon qui se débarrasse de sa chrysalide – et de son boyfriend fade comme une endive wallonne.

Quant à la scène finale parlons-en. Elle est annoncée dès le premier plan. Ah ! cette manie contemporaine de construire le film en flash black à partir d’une scène qu’on retrouvera – filmée sous un autre angle – à la fin du film. La première utilisation de ce procédé était géniale (Casino de Scorsese ?) ; la 351ème lassante. Donc, on retrouve nos deux héroïnes, à la fin du film, là où on les avait laissées au début. Que se passe-t-il ? je ne vous le dirai pas – histoire de garder votre fidélité à me lire. Mais je trouve cette fin-là, dont j’aurais tant aimé qu’elle m’arrache des sanglots, bêtement ratée. Et je lui préfère mille fois les amours contrariées de « Une brève rencontre » (David Lean, 1945).

Peut-être, si je n’en avais pas tant escompté, aurais-je adoré « Carol » et en chanterais-je les éloges. Ce qui explique ma note lâchement médiane. Mais, parce que j’en attendais trop, j’ai énuméré les défauts que j’y ai trouvés, au risque de vous laisser penser que ce film en était gorgé. Aussi, cher lecteur, prenez cette critique pour ce qu’elle est : un bémol dans un concert de louanges. Entendez mon bémol mais ne le laissez pas couvrir le concert de louanges !
tony-76

1 152 abonnés 1 410 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 janvier 2016
Adapté d'un roman, Carol est un drame sentimental qui manque un peu de chaleur pour nous convaincre entièrement. C'est le temps de Noël, un miracle peut arriver et le coup de foudre s'abattra sur ces deux femmes d'âges et de milieux différents. Cette séquence clé se révèle séduisante, consacré aux regards de ses interprètes. Une mise en scène composée de couleurs vertes et brunes qui donne au spectateur une inquiétude dans la salle. Un rythme excessivement lent, on s'ennuie à plusieurs reprises. La musique de Carter Burwell s'avère passable... C'est assez niais ! L'émotion est palpable grâce aux performances honnêtes des deux héroïnes. Rooney Mara qui a remporté un prix d'interprétation à Cannes pour ce rôle possède un charme fou ! Elle rivalise avec Cate Blanchett. Cette dernière campe bien son personnage de luxe. Il y a une bonne alchimie entre ce duo de femmes. Rien ne dit qu'il remportera plein d'Oscars, Carol a le courage de retranscrire les années 50 dans une société oppressante avec une certaine éloquence. Le film se laisse regarder mais loin d'être transcendant pour autant.
RENEE D.
RENEE D.

23 abonnés 119 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 janvier 2016
Je me suis ennuyée. Je mets le précédent film de Todd Haynes FAR FROM HEAVEN au dessus de tout depuis sa sortie : émotion, images, acteurs. Ce film est pour moi un chef d'oeuvre.
Par contre, CAROL avec toutes ses bonnes intentions et ses belles actrices, ne m'a pas touché. Peut être le sujet et l'époque sont trop similaires. On comprend le drame de ces 2 femmes subissant une attirance irrésistible et interdite. L'une est la grande bourgeoise, l'autre, la petite employée et il faut le dire, Rooney Mara a mérité son prix d'interprétation à Cannes. Mais on reste en dehors et on suit les péripéties de loin. Il manque un souffle qui nous entraînerait et nous empêcherait de respirer, comme dans FAR FROM HEAVEN.
ffred

1 988 abonnés 4 258 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 15 janvier 2016
Depuis Safe (1995) j'ai aimé tous les films de Todd Haynes. Loin du paradis est même l'un de mes films préférés. C'est dire si celui-ci était l'une de mes plus grandes attentes de l'année. J'ai du mal à m'en remettre tellement la déception est grande. Je n'ai jamais accroché. Pire, je me suis carrément ennuyé tout le long. Je n'ai jamais senti venir le moindre moment d'émotion. C'est d'une telle froideur qu'on reste constamment à distance. Certes, visuellement c'est splendide. Quelle élégance, quelle raffinement de chaque instant ! Tout est beau dans Carol. Des décors, aux costumes, en passant par la photo et la superbe musique de Carter Burwell. Sans parler des actrices, magnifiées au possible (Cate Blanchett n'a jamais été aussi belle). Sauf qu'on ne croit pas une seule seconde à leur histoire, n'éprouvant aucun attachement aux personnages. Quant au prix d'interprétation féminine pour Rooney Mara à Cannes cette année, il est encore plus incompréhensible. Tout cela donne un film plat et sans saveur. Aussi élégante qu'elle soit, la mise en scène ne nous transcende et ne nous fait vibrer à aucun moment. Tandis que le scénario reste définitivement creux. Reste quelques jolis moments, des regards, des postures, des belles images. C'est beau, c'est magnifique, mais aucune émotion et aucun intérêt ne ressort de tout cela. Comme un beau magazine de mode sur papier glacé (c'est le mot !) qu'on regarde distraitement en pensant à autre chose. Quel dommage, quel gâchis. Voilà donc ma première grosse désillusion de l'année, et elle n'est vraiment pas là où je l'attendais...
I'm A Rocket Man

390 abonnés 3 775 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 février 2016
Film à l'incroyable potentiel un peu terni par un manque incontestable de rythme. Le thème est bouleversant, Cate Blanchett comme toujours impeccable mais on peine à s'emballer ! La scène finale est belle et pleine d'espoir et on reste sur cette note d'amour et de douceur mais c'est vraiment dommage car ça aurait pu être le film de l'année ! A voir quand même ne serait-ce que pour Cate Blanchett !
Nathalie R
Nathalie R

27 abonnés 144 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 janvier 2016
Carol est une merveilleuse histoire d'amour entre deux femmes à une époque où l'homosexualité est perçue comme une maladie. Rooney Mara envoûte l'écran avec son regard perçant, sa silhouette délicate et son sourire timide. J'avais l'impression de voir une nouvelle Audrey Hepburn, un mélange entre la fragilité et l'impertinence qu'elle a pu incarner. Et face à elle Cate Blanchett est impeccable, d'apparence extérieure froide et sophistiquée à l'image de la bourgeoisie New-yorkaise, alors qu'un feu de passion est prêt à exploser en elle.
J'ai trouvé la photographie remarquable, le grain et les teintes subliment cette histoire délicate.

Lire ma critique complète sur mon blog :
Stephan '
Stephan '

9 abonnés 28 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 janvier 2016
les comédiennes sont formidables et le roman à part de Patricia Highsmith est restitué avec maestria (comme à son habitude) par le grand Todd Haynes. L'année cinématographique commence très bien !
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 février 2016
On n'a pas besoin d'étudier de fond en comble le cinéma de Todd Haynes pour saisir que les deux choses qu'il apprécie le plus, ce sont les années 50, ce qui ne veut pas dire, très loin de là, qu'il les idéalise, et les beaux portraits féminins. Ça tombe bien, j'adore les années 50 et j'adore surtout les beaux portraits féminins. Tout cela conjugué au fait que j'admire beaucoup Cate Blanchett et Rooney Mara, pour moi sans conteste une des plus grandes révélations de ces vingt-cinq dernières années. Tout cela conjugué au fait qu'il s'agit d'une adaptation du beau roman de Patricia Highsmith, que j'ai beaucoup aimé aussi, non ça ne pouvait que fonctionner sur moi.
Le film s'écarte un peu du livre en ne se focalisant pas uniquement sur le point de vue du personnage de Therese (donc celui incarné par Rooney Mara !!!) mais en traînant de temps en temps sur celui de Carol, ce qui est un choix judicieux car il donne un certain équilibre à l'ensemble permettant aux deux comédiennes d'exprimer à égalité leur talent. Cate Blanchett est excellente, comme toujours j'ai envie de dire, ici mais j'ai carrément trouvé Rooney Mara, en particulier lors des dernières scènes où elle est plus incandescente que jamais, bluffante. J'étais déjà hyper-fan de cette comédienne avant, n'ayant jamais pu résister à son talent et à son charme, et là la situation ne s'est pas arrangée... au contraire.
Pour ce qui est de la réalisation, on ne peut que s'incliner une fois de plus sous la subtilité de Todd Haynes quand il s'agit de mettre en évidence les sentiments et de les filmer, de bien décrire l'évolution psychologique de ses personnages. Par exemple, le truc de Therese, qui par l'intermédiaire de la photographie (alors que si mes souvenirs sont bons, dans le roman elle est décoratrice de théâtre !!!) réussit à mieux percevoir les gens, est très bien trouvé. Je signale aussi un début qui m'a rappelé un peu celui du magnifique film de David Lean "Brève rencontre". Et puis, tout simplement et puis surtout l'ensemble est une très belle et émouvante histoire d'amour d'une femme avec une femme.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 janvier 2016
Après "Loin du Paradis", Todd Haynes nous replonge de nouveau dans l'Amérique des années 50 et dans ses mœurs étriquées. "Carol", c'est donc l'histoire de Therese, employée timide d'un grand magasin qui fait la rencontre de Carol, une bourgeoise en plein divorce car entretenant des relations sexuelles avec des femmes. Contrairement à la Cathy de "Loin du Paradis", Carol est une femme qui embrasse ses désirs et n'hésite pas à s'y jeter corps et âme. Sa vie, elle entend la mener comme elle veut et ce malgré la menace de la garde de sa fille qu'on veut lui retirer. Therese, elle, s'épanouira au contact de cette femme. Faisant une fois de plus preuve d'une grande sensibilité, Todd Haynes filme cette histoire d'amour avec pudeur et tendresse, nous faisant pénétrer en un rien de temps dans l'intériorité des personnages. L'interprétation des deux actrices (Cate Blanchett est sublime, Rooney Mara y est touchante) et la très belle partition de Carter Burwell y sont pour beaucoup. Plus que la mise en scène qui s'avère assez froide malgré de belles idées esthétiques. Mais la froideur de la photographie empêchera la passion de s'exprimer et pourra même laisser quelques spectateurs déroutés. Reste tout de même un beau moment de cinéma, qu'un regard ou qu'un mot peut vite sublimer.
Le film d'Ariane
Le film d'Ariane

87 abonnés 179 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 janvier 2016
Il y a bien longtemps qu'une histoire d'amour ne m'avait pas autant chavirée au cinéma. Peut-être depuis "La Vie d'Adèle" finalement. Et bien qu'il s'agisse dans les deux cas d'amours homosexuelles, c'est à peu près le seul point commun de ces deux films magnifiques. Thérèse et Carol se rencontrent dans un grand magasin à l'approche des fêtes de Noël. L'une est vendeuse au rayon jouets, l'autre est une grand bourgeoise, extrêmement élégante. Le coup de foudre est immédiat et réciproque. Nous sommes en 1950 à New York, autant dire que la morale chrétienne et étriquée (est-ce un pléonasme ?) ne permet encore aucune alternative au standard conjugal de l'époque. D'autant moins que Carol est mariée, en instance de divorce et mère d'une petite fille. C'est donc en secret que ces deux femmes aux conditions sociales et financières différentes vont apprendre à se connaître puis à s'aimer. De toute leur âme, de toutes leurs forces malgré les entraves, les suspicions et l'entourage… En dépit de la cruauté de la situation, il se dégage une grande douceur entre ces deux êtres frissonnants, une délicatesse et une tendresse immenses qui étreignent le cœur. Sublimées par la photo d'Edward Lachman, tout en clairs-obscurs, les actrices sont somptueuses. Cate Blanchett, en digne héritière de Gena Rowlands (pas moins), est incroyable de distinction et de douleur rentrée. Rooney Mara (prix d'interprétation à Cannes, ex-aequo avec Emmanuelle Bercot), frémissante, convoque avec grâce le fantôme d'Audrey Hepburn à laquelle elle fait souvent penser. Quant aux personnages masculins, ils évitent la caricature. Le mari de Carol, par exemple, n'est pas un affreux Jojo. Pathétique et bouleversant, il est juste dépassé par sa souffrance, devient idiot comme on l'est tous dans ces cas-là. À ce titre, la scène dans le bureau de son avocat est l'une des plus fortes qu'il m'ait été donné de voir au cinéma, dans ce type de confrontation. Et les derniers plans du film, instants de grâce et de tension suspendus, m'ont laissée sur le flanc, le souffle coupé. Un chef d'œuvre.
Christophe L
Christophe L

35 abonnés 30 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 janvier 2016
L’auteur de Far from heaven évoque ici la passion amoureuse de deux femmes que tout devrait éloigner, la condition sociale, l’âge et le tempérament, dans l’Amérique des années 1950.

Cette liaison est évoquée ici avec beaucoup de sensibilité et de fièvre (l’une n’excluant pas l’autre), en dépit de la froideur des apparences. Il suffit, pour s’en convaincre, de citer le dernier plan, d’une beauté et d’une sensualité bouleversantes : un échange de regards, de sourires, entre les deux actrices, suffit à susciter le trouble.

Todd Haynes offre un éblouissant écrin visuel à cette histoire, grâce à la photographie au grain vibrant d’Edward Lachman (chef opérateur régulier du cinéaste américain), qui s’inspire ici tout autant de l’œuvre d’Edward Hopper que de celle du grand Saul Leiter, avec un rendu évanescent, prodigieusement mélancolique, que renforce encore la déchirante partition de Carter Burwell.

Un mot encore, sur les deux actrices, sans lesquelles le film ne serait sans doute pas animé d’une âme aussi ardente. Cate Blanchett est, comme à son habitude, parfaite. Mais Rooney Mara étonne, exprimant à la fois une grâce fragile – on songe à Audrey Hepburn, et ce n’est pas rien ! – et la détermination.
greg270582
greg270582

25 abonnés 41 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 février 2016
Film qui traite du fait d être lesbienne dans les années 50. C est le choix délicat d une femme, d une mère et du choix de ses amours qui s entremêlent. Cette histoire entre cette femme si distinguée, si bien sous tout rapport et cette autre fille qui découvrent la vie est joué justement.
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