Ils se constituent petit à petit autour de la figure quasi tutélaire et charismatique d'un justicier noir, Sam Chisolm, au nombre de 7. Mais le titre est-il exact ? Car au milieu de ces 7 "magnificents" pour reprendre le titre original du film, règne la figure d'une jeune-femme dont le mari vient de se faire sauvagement assassiner par les hommes de Bogue, un terrifiant homme d'affaire, décidé à exterminer un village pour y trouver son or. En bien des points, ce western fait penser à l'œuvre japonaise des "7 Samouraïs" ou celle de John Sturge du même nom, sauf que les bandits ici sont animés par le sentiment quasi divin des affaires et de la quête d'or. On pourrait supposer en appuyant le trait, que du voleur immoral, au capitaliste sans foi ni loi, l'hégémonie américaine sur le pétrole dans le monde est pointée du doigt. Le film souffre d'un premier problème s'agissant de son format. Il est très long. Hélas, le réalisateur ne se sert pas de ce temps pour expliquer ce qui motive les 7 mercenaires à s'unir contre le mal en la personne de Bogue. Les personnages, campés dans leur stéréotype théâtral (un sud-américain, un magicien fourbe, etc.) passent en quelque sorte du côté obscur au côté chevaleresque en quelques secondes, le réalisateur préférant s'attarder sur les scènes de tuerie d'une profonde violence. Il y a tellement de morts, qu'au-delà de la métaphore des attentats, on se demande si le ton est ironique, ou au contraire, totalement préoccupé de réalisme. Jamais en quelques heures de cinéma à part dans les films de catastrophe, on aura vu autant de personnages se faire tuer de cette manière. Heureusement, les femmes et les enfants trouvent refuge dans un église restaurée hâtivement. "Les 7 mercenaires" est un film idéologiquement douteux. On pourrait presque l'accuser de misogynie, d'une part parce que l'héroïne est oubliée dans le titre, d'autre part parce que la guerre se réduit à des figures masculines uniquement. De plus, l'œuvre souffre de vieux relents marxistes qui donnent raison à la mort des capitalistes sur les ouvriers dominés. Mais en même temps, le spectacle n'est pas si détestable que cela. Les vieux ressorts du western sont bien décrits dans un décor quasi désertique, planté de quelques maisons de bois où l'on a du mal à imaginer qu'elles contiennent en leur sein autant d'habitants. "Les 7 mercenaires" est une œuvre embarrassante mais qu'ont peut aussi se contenter de regarder comme un film de genre, ni plus ni moins.