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Chris58640
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3,5
Publiée le 15 mai 2014
Il n’est pas très aisé de critiquer « D’une vie à l’autre » sans trop en dire, car les secrets que cache le personnage de Katrine se laissent deviner par petites touches tout au long du film. Si on est un peu attentif, on devine assez vite et assez facilement ce qu’elle peut avoir vécu. Là où c’est un scénario astucieux, c’est qu’on imagine tout d’abord tel secret, puis tel autre et on se rend compte au final que la réalité est encore bien pire ! L’explication finale, dans le dernier ¼ d’heure, met en place clairement toute la trame de son histoire mais on a déjà compris l’essentiel. Cela dit, l’absence de « grande révélation finale » n’est pas un défaut, c’est certes moins spectaculaire, mais c’est plus stimulant pour l’esprit. Le film se permet pas mal de saut dans le temps, un flashforward au début, puis plein de flash back par la suite, et c’est autant d’indices à mettre bout à bout par le spectateur, comme un puzzle. La réalisation est intéressante, les flash back sont filmés « à la 70’s » avec une image très « RDA » (c'est-à-dire horriblement laide) pour bien souligner le contraste avec l’action principale. Il y a de très beaux plans tournés sur les côtes de Norvège, qui m’a l’air d’être pays absolument magnifique, même si le climat ne fait pas très envie : il n’y a pas un brin de soleil et il y a tellement d’humidité dans l’air qu’on a l’impression s’avoir froid ! L’interprétation, Juliane Kohler en tête, est tout en sobriété et si le personnage de sa fille peut apparaitre un peu agaçant, les autres sont excellents et Liv Ullmann dans le rôle de la mère fait passer beaucoup de choses juste avec son regard. La fin du film est cruellement ironique, tout sauf spectaculaire, tout sauf inattendue et pourtant les dernières images sont terribles et donnent une note finale tragique qui reste dans l’esprit au sortir de la salle. Au rayon des petits défauts, on regrettera peut-être de rester un peu sur sa faim concernant les fameux « Lebensborn » et sur le destin des enfants concernés, dont il n’est question que de façon anecdotique au final alors qu’il y a matière à dire, j’imagine. On peut aussi trouver que le film flirte avec le pathos sur la fin, à l’heure des révélations, et que la psychologie l’emporte que les considérations politiques, géopolitiques, diplomatiques et morales du parcours de Katrine, alors que là aussi il y aurait surement beaucoup à dire, ne serais ce qu’à propos du métier de son mari par exemple… Mais ces petites lacunes ne sont pas rédhibitoires et ne doivent pas empêcher « D’une vie à l’autre » d’être vu par tout ceux qui aiment le bon cinéma intelligent et exigeant…
Excellent film qui relate une histoire authentique et très bien joué. Le scénario est un peu difficile à suivre pour quelqu'un de jeune qui ne connaît pas cette époque.
Non, vous ne savez pas encore tout sur les nazis et leurs actions inhumaines. Durant la Seconde Guerre Mondiale, des orphelinats destinés aux enfants aryens étaient établis en Allemagne pour préserver la « race supérieure ». De cette manière, des milliers d'enfants ont été retirés à leur mère danoise, suédoise ou norvégienne. Ce film leur rend hommage avec le parcours de Katrine, victime de cette terrible tragédie.
Développer un fait historique méconnu au cinéma peut avoir du bon. Dommage que Maas délaisse un peu trop l'émotion et le facteur humain pour se reposer principalement sur l'Histoire. On ne s'attache pas assez à ces personnages pour les comprendre et entrer en empathie avec eux. Peut-être sont-ils trop froids, ou peut-être encore est-ce cette ambiance scandinave qui nous paralyse ? Comme cette photographie d'extérieur aussi solaire que troublante.
Alors que le début peine à démarrer même si l'on comprend plus tard pourquoi le réalisateur insiste autant sur cette vie de famille, on entre dans ce récit avec une certaine réticence. Idem pour ce final qui aurait pu être dévastateur. Là encore, le réalisateur préfère les silences gênants et les rancœurs inexpressives. D'une vie à l'autre arrive à être efficace du point de vue de son montage narratif. Symbolisant la mémoire défectueuse qui veut effacer pour ne plus souffrir, ces flash-back nous apprennent à quel point l'homme peut être capable du meilleur (la fuite de Katrine) comme du pire (Stasi).
Entre thriller et film d'espionnage, ce film se laisse regarder. Par sa volonté à creuser l'histoire dans ses zones les plus sombres, l'œuvre norvégienne a le mérite de mettre en lumière une actrice trop peu présente à l'écran, Julianne Köhler, déjà visible dans le mémorable La Chute, et toujours aussi persuasive. Ici, D'une vie à l'autre marquera moins les esprits. Honnête mais sans véritable âme.
Il y a de quoi être déçu car tourné par Polanski ou Haneke cela aurait été magnifique. Le fond historique des faits est extraordinaire d’autant qu’il est éducatif sur des pratiques qu’il serait utopique de croire terminées pour toujours. J’ai l’impression que ce film tenait tant au cœur de Georg Maas qu’il en a oublié le cinéma car le grand point faible, rédhibitoire hélas, est sa mise en scène. Rien n’est vraiment réussi et que dire des flashbacks ! Seuls les admirables plans sur Liv Ulman qui sont plus dus au talent de la comédienne et quelques vues de la Norvège dus au cadres naturels nous transportent. Le montage est lui aussi approximatif donc peu clair. Par exemple, il faut attendre que Katrine revienne parler à sa mère pour comprendre l’explication de la course dans la foret, on n’est pas dans un thriller mais dans une démonstration de ce que les humains peuvent s’infliger. Inutile de rajouter de l’incompréhension, le fond est déjà bien assez douloureux. C’est d’ailleurs le côté souffrance qui est le mieux rendu, souffrance de tous les êtres manipulés à leur insu et si longtemps. Bjarte est irréprochable, sa présence rassure, Karine n’est pas toujours crédible, il y a trop d’incohérences dans son jeu, le rôle était difficile il est vrai aussi j’en tiens compte dans mon ressenti personnel. Quoi qu’il en soit, malgré ses défauts ce film est à voir pour l’importance des sujets traités. Une fois encore le lancement publicitaire fait du tort au film lorsque la forme n’est pas à la hauteur du fond.
D’une vie à l’autre est un film basé sur un sujet fort, qui soulève de vraies questions et qui, par moments, pourrait presque vraiment nous toucher. Mais à force de ne pas vraiment choisir entre thriller et drame, il finit un peu par se perdre et ne plus nous satisfaire complètement. Peut-être est-ce que j’en attendais trop…
Pas crédible dans sa partie film d'espionnage, pas subtil dans sa partie tire-larmes. Ce film souffre avant tout d'un scénario mal conçu, pas abouti. Au final, le film est trop ennuyeux pour être un bon mélo, et pas assez prenant pour un film d'espion. Restent de bons et même d'excellents acteurs, et une partie technique maîtrisée.
Très bon thriller qui nous tient en haleine. Les acteurs sont excellents et on s'interroge naturellement sur ce que nous ressentirions et ce que nous ferions à leur place. A ne pas manquer
Excellent film, très instructif sur le rôle de la Stasi. Bon scénario avec d'habiles flash-back. C'est très prenant : dans un 1er temps, on essaie de découvrir le lourd secret puis ensuite comment l'héroïne va essayer de s'en sortir. Les deux actrices principales sont magnifiques.
On ne peut que s'étonner de découvrir encore de nouvelles affaires concernant la Guerre Froide, surtout quand elles touchent à ce point notre humanité. Et même si l'ensemble apparaît un peu surréaliste pour nous aujourd'hui (sérieux, qui va envoyer un espion en Norvège ?! :p) c'est vraiment cet aspect humain de l'affaire qui fait froid dans le dos. Mais malgré l'originalité de l'histoire et la construction scénaristique efficace qui réserve quelques surprises, l'ensemble, très académique, laisse une impression de déjà vue et manque par moment d'efficacité et de rythme. Intéressant mais trop froid et distant pour émouvoir.
Née durant la période d’occupation allemande en Norvège, d’une mère norvégienne et d’un père militaire allemand, Katrine fut placée dans un Lebensborn, orphelinat pour enfants aryens, par les nazis. Du temps de la RDA, elle s’enfuie, seule, vers la Norvège et sa mère, via le Danemark. Et puis, tout rentre dans l’ordre. Mère et fille se découvrent, en parfaites inconnues qui ne se sont jamais vues. Puis, Katrine Evensen rencontre un officier, Bjarte Myrdal. Ils se marient et ont une fille, Anne, et composent une famille norvégienne comme une autre.
1990 et la fin de la guerre froide. Un avocat débarque en Norvège. Il monte un dossier sur les enfants des Lebensborn afin d’intenter un procès à l'Etat norvégien. Il rencontre Katrine, sa mère, puis sa fille. Mais, Katrine fuit ces rencontres, personne ne comprend. D’une vie à l’autre…
Enfants norvégiens, autrichiens, polonais…on estime de 9 000 à 12 000 le nombre de ces enfants, arrachés à leur mère sous couvert d’une politique de pureté de la race aryenne déclinée avec zèle par Himmler. Lorsque l’Allemagne se réunifie, les archives de la STASI deviennent consultables…
Julia Bache-Wiig (Anne Myrdal) est époustouflante dans une interprétation à cœur ouvert.
Plus proche de Music-box que de Borgen, ce film dramatique, tiré d’un roman basé sur des faits réels, est à la croisée entre un film historique et un film d’espionnage, servi par des acteurs attachants et émouvants.
un film dont le th?me est passionnant et r?v?lateur des m?thodes de la stasi que l'on conna?t peu. malheureusement le film est long et lourd ? cause d'une mise en sc?ne trop charg?e quelque peu ?touffante. en tentant de garder le suspens, l'intrigue reste assez maladroite dans la fa?on dont elle est d?roul?e. car en vue des nombreux flash back et r?v?lations, on peine ? avancer et on se perd parfois dans l'histoire. l'articulation du sc?nario est assez confuse... n?anmoins, l'actrice principale est poignante, bouleversante et intrigante, elle s'est appropri?e le personnage tr?s justement. un film donc int?ressant seulement d'un point de vue historique.
Ce film est tiré d'une histoire vraie qui se déroule en 1990 (avec des flash backs dans le passé). C'est vraiment un drame humain qui nous est raconté. Terrifiant et poignant.
J'ai bcp aimé, car cette période de l'histoire me passionne..et il n'y a rien d'invraisemblable dans le scénario . Mon père incorporé de force alsacien s'est retrouvé lui aussi à Bergen de 42 à 44. Peut-être ai-je là bas un demi-frère ou une demie-soeur ! J'excuse donc la façon un peu embrouillée avec laquelle le réalisateur nous dévoile la vérité de l'affaire, certaines scènes restant obsures (le 5è interrogateur aux mains baladeuses..quid ?) .En fait l'incohérence vient du fait que la Stasi aurait logiquement infiltré une agente sous couvert de l'identité d'une autre enfant décédée pour une raison ou une autre,: il devait bien y en avoir !
Ce film m'a bcp plu. Histoire passionnante et complexe à mi-chemin entre documentaire et thriller politique. Mise en scène soignée, adaptée au sujet. Parfait.
S’il y a bien un cinéma qui est aujourd’hui prisonnier du devoir de mémoire, ou en tout cas largement lié à l’Histoire de son pays, c’est bien le cinéma allemand. Presque 25 ans après la chute du Mur de Berlin, le besoin de mémoire des Allemands sur les années RFA/RDA ne semble toujours pas s’être tari, pas plus que la mémoire des années Nazies qui continuent elles aussi d’être un peu plus réécrites chaque jour, parfois d’ailleurs à la lumière d’éléments justement enfouis dans une RDA qui a longtemps préféré garder jalousement sa propre mémoire.
Face à ce besoin absolument vital pour son pays, le cinéma allemand s’est donc depuis deux décennies largement mis au service de cette cause. Le fait qu’une grande partie de ses plus récents succès internationaux ait à voir de près ou de loin avec ces mémoires n’est donc pas vraiment une surprise, même s’il faut bien dire aussi que le film nazi s’exporte mieux que les films allemands faisant l’effort de parler d’autre chose et ne rentrant donc pas dans ce cadre certes important, mais étroit. A part le récent Oh Boy l’année dernière, pas beaucoup d’œuvres allemandes ne gagnent en effet le droit de parcourir le monde sans une référence à l’Holocauste ou à la police politique. Pas toujours si facile que ça d’être allemand.
Pour satisfaire ce devoir de mémoire, le cinéma allemand fut d’abord relativement démuni, l’horreur est toujours indicible, mais a depuis eu le temps de perfectionner un genre maintenant parfaitement rodé, poli et maîtrisé sur le bout des doigts : le drame historico-psychologique. La recette est maintenant presque toujours la même : une histoire qui fait froid dans le dos, de constants jeux d’ombres et lumière, des couleurs froides pour bien foutre le cafard, de fréquents flash-backs à l’image toute jaunie, une atmosphère musicale subtilement posée et puis, c’est utile aussi, d’excellents acteurs. De ce cadre le film allemand de mémoire ne s’écarte jamais vraiment, tout comme il ne commet jamais vraiment de faute de goût, l’objectif étant trop important pour se perdre en route. On pourra il est vrai juger très conventionnelle toute cette esthétique, par définition aussi superficielle qu’une autre, mais il y a aussi probablement du vrai dans ce désir de s’effacer devant son sujet : devant l’immensité de l’Histoire le cinéma n’est ici sans doute qu’un moyen, pas une fin artistique en soi, et il faut savoir aller droit au but.
On ne peut donc juger un film comme D’une vie à l’autre que dans ce contexte, restreignant forcément beaucoup toute liberté de mise en scène, de scénario ou d’interprétation. Tout ceci pris en considération, le long-métrage de Georg Maas est sans conteste une des plus brillantes réussites du genre et mérite tout à fait la plus grande attention du spectateur, qu’il soit ou non allemand et historien. Jouant parfaitement des codes déjà cités, D’une vie à l’autre fonctionne en effet comme un thriller implacable, d’autant plus efficace que la totalité de l’histoire n’est là pas forcément connue de tous.
Relativement impeccable d’un bout à l’autre (la rigueur allemande c’est quand même quelque chose), il refuse jusqu’à la fin les grandes effusions et les longues digressions pour laisser le spectateur presque seul face à la violence des implications de ce qu’il voit. Très intériorisé, extrêmement contenu, D’une vie à l’autre serait même presque trop laconique au vu de la violence symbolique qu’il agite, si tant est qu’on puisse être trop pudique.
C’est de toute façon ouvrir le débat de la légitimité même de ces films, qui ne peuvent que trahir en partie la mémoire qu’ils veulent honorer, subjectivité artistique oblige. C’est un débat que je n’ouvrirais donc pas et je préfère conclure sur la simple et banale pensée que D’une vie à l’autre est un film de très bonne qualité, qui devrait plaire à beaucoup d’entre vous.