D'une vie à l'autre
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tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 mai 2014
Histoire habilement contée, par dévoilements progressifs et recoupements, s'articulant sur de nombreux et indispensables flashbacks (avec opportun rendu photo d'époque), entre "thriller", film historique et drame psychologique. Katrine Evensen (Juliane Köhler - magnifique) est un personnage complexe, ce que son mari depuis 20 ans, Bjarte Myrdal, officier sous-marinier, découvre brutalement à l'occasion d'un procès diligenté au niveau européen (par un jeune attorney très inquisiteur) contre l'Etat norvégien, à propos des "enfants de la honte", nés d'unions (souvent consenties, comme en l'espèce) entre soldats allemands d'occupation et Norvégiennes, puis élevés en "Lebensborn", souvent dans ce qui deviendra la RDA. L'affaire est en 1990. Le Mur vient juste de tomber, et la Stasi continue de sévir. Découverte bouleversante aussi pour la mère de Katrine, Ase (Liv Ullmann) et sa fille Anne (elle-même jeune maman, célibataire, d'une toute petite fille).
C'est passionnant (dramaturgie), mis en scène efficacement, joué avec sensibilité, et cela sonne en permanence humain et vrai. Un film norvégo-allemand prenant.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 10 mai 2014
Film au scénario un peu compliqué, mais dont toutes les pièces du puzzle s'assemblent correctement à la fin. Une histoire assez dramatique -- et paraît-il vraie -- centrée sur les manœuvres d'espionnage orchestrées en Norvège par la Stasi (police politique de la RDA) pendant la guerre froide. Sans déflorer le sujet, la vie de toute une famille se trouve bouleversée suite à la révélation d'un mensonge qui aura duré plusieurs décennies. Beaucoup de victimes dans ce film : cette manipulation inhumaine d'êtres humains par un régime totalitaire impitoyable fait froid dans le dos. Contrairement à "La vie des autres" qui présentait un côté parfois un peu plus léger, on est ici en plein drame humain à l'état pur. Quel plaisir de revoir Liv Ullmann, bien âgée, mais toujours aussi expressive. Les autres acteurs sont également remarquables et très touchants. On comprend à la fin du film qu'il y a sans doute eu beaucoup de coups fourrés comme celui-là et qu'on ne les connaîtra jamais tous...
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 mai 2014
S’il y a bien un cinéma qui est aujourd’hui prisonnier du devoir de mémoire, ou en tout cas largement lié à l’Histoire de son pays, c’est bien le cinéma allemand. Presque 25 ans après la chute du Mur de Berlin, le besoin de mémoire des Allemands sur les années RFA/RDA ne semble toujours pas s’être tari, pas plus que la mémoire des années Nazies qui continuent elles aussi d’être un peu plus réécrites chaque jour, parfois d’ailleurs à la lumière d’éléments justement enfouis dans une RDA qui a longtemps préféré garder jalousement sa propre mémoire.

Face à ce besoin absolument vital pour son pays, le cinéma allemand s’est donc depuis deux décennies largement mis au service de cette cause. Le fait qu’une grande partie de ses plus récents succès internationaux ait à voir de près ou de loin avec ces mémoires n’est donc pas vraiment une surprise, même s’il faut bien dire aussi que le film nazi s’exporte mieux que les films allemands faisant l’effort de parler d’autre chose et ne rentrant donc pas dans ce cadre certes important, mais étroit. A part le récent Oh Boy l’année dernière, pas beaucoup d’œuvres allemandes ne gagnent en effet le droit de parcourir le monde sans une référence à l’Holocauste ou à la police politique. Pas toujours si facile que ça d’être allemand.

Pour satisfaire ce devoir de mémoire, le cinéma allemand fut d’abord relativement démuni, l’horreur est toujours indicible, mais a depuis eu le temps de perfectionner un genre maintenant parfaitement rodé, poli et maîtrisé sur le bout des doigts : le drame historico-psychologique. La recette est maintenant presque toujours la même : une histoire qui fait froid dans le dos, de constants jeux d’ombres et lumière, des couleurs froides pour bien foutre le cafard, de fréquents flash-backs à l’image toute jaunie, une atmosphère musicale subtilement posée et puis, c’est utile aussi, d’excellents acteurs. De ce cadre le film allemand de mémoire ne s’écarte jamais vraiment, tout comme il ne commet jamais vraiment de faute de goût, l’objectif étant trop important pour se perdre en route. On pourra il est vrai juger très conventionnelle toute cette esthétique, par définition aussi superficielle qu’une autre, mais il y a aussi probablement du vrai dans ce désir de s’effacer devant son sujet : devant l’immensité de l’Histoire le cinéma n’est ici sans doute qu’un moyen, pas une fin artistique en soi, et il faut savoir aller droit au but.

On ne peut donc juger un film comme D’une vie à l’autre que dans ce contexte, restreignant forcément beaucoup toute liberté de mise en scène, de scénario ou d’interprétation. Tout ceci pris en considération, le long-métrage de Georg Maas est sans conteste une des plus brillantes réussites du genre et mérite tout à fait la plus grande attention du spectateur, qu’il soit ou non allemand et historien. Jouant parfaitement des codes déjà cités, D’une vie à l’autre fonctionne en effet comme un thriller implacable, d’autant plus efficace que la totalité de l’histoire n’est là pas forcément connue de tous.

Relativement impeccable d’un bout à l’autre (la rigueur allemande c’est quand même quelque chose), il refuse jusqu’à la fin les grandes effusions et les longues digressions pour laisser le spectateur presque seul face à la violence des implications de ce qu’il voit. Très intériorisé, extrêmement contenu, D’une vie à l’autre serait même presque trop laconique au vu de la violence symbolique qu’il agite, si tant est qu’on puisse être trop pudique.

C’est de toute façon ouvrir le débat de la légitimité même de ces films, qui ne peuvent que trahir en partie la mémoire qu’ils veulent honorer, subjectivité artistique oblige. C’est un débat que je n’ouvrirais donc pas et je préfère conclure sur la simple et banale pensée que D’une vie à l’autre est un film de très bonne qualité, qui devrait plaire à beaucoup d’entre vous.
annereporter94
annereporter94

57 abonnés 1 006 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mai 2014
Bien évidemment, ce film n'est pas d'un abord facile pour un Français et que l'on ne connait pas forcément toutes les intrigues qui font de ce film non seulement une oeuvre historique magnifique mais aussi un grand moment de cinéma...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 13 mai 2014
Et les archives reprennent vie...

Née durant la période d’occupation allemande en Norvège, d’une mère norvégienne et d’un père militaire allemand, Katrine fut placée dans un Lebensborn, orphelinat pour enfants aryens, par les nazis.
Du temps de la RDA, elle s’enfuie, seule, vers la Norvège et sa mère, via le Danemark.
Et puis, tout rentre dans l’ordre. Mère et fille se découvrent, en parfaites inconnues qui ne se sont jamais vues.
Puis, Katrine Evensen rencontre un officier, Bjarte Myrdal. Ils se marient et ont une fille, Anne, et composent une famille norvégienne comme une autre.

1990 et la fin de la guerre froide. Un avocat débarque en Norvège. Il monte un dossier sur les enfants des Lebensborn afin d’intenter un procès à l'Etat norvégien. Il rencontre Katrine, sa mère, puis sa fille. Mais, Katrine fuit ces rencontres, personne ne comprend. D’une vie à l’autre…

Enfants norvégiens, autrichiens, polonais…on estime de 9 000 à 12 000 le nombre de ces enfants, arrachés à leur mère sous couvert d’une politique de pureté de la race aryenne déclinée avec zèle par Himmler.
Lorsque l’Allemagne se réunifie, les archives de la STASI deviennent consultables…

Julia Bache-Wiig (Anne Myrdal) est époustouflante dans une interprétation à cœur ouvert.

Plus proche de Music-box que de Borgen, ce film dramatique, tiré d’un roman basé sur des faits réels, est à la croisée entre un film historique et un film d’espionnage, servi par des acteurs attachants et émouvants.
ATON2512
ATON2512

76 abonnés 1 317 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mai 2014
Ce film en forme de thriller nous raconte aussi la vie brisée de milliers d'enfants des fameux "Lebensborn" créés par Himmler. De rebondissements en rebondissements, on va voir la vie , puis la chute d'une femme , jout magré elle des circonstances politiques et de l'histoire. Un film très bien écrit, passionnant de bout en bout . Autant un thriller limite d'espionnage qu'un film sur la quette de son identité et de son histoire.
Quand à l'interprétation, magistrale !
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 juin 2014
Comme dans beaucoup de film d'espionnage, les explications et les indices nous sont fournis par petites touches et ne nous permettent de reconstituer le puzzle qu'après quelques fausses pistes et rebondissements spectaculaires. L'intérêt principal de ce film dans lequel il est difficile d'entrer, réside d'abord dans le jeu des acteurs. Face à
l'immense Liv Ullmann - une scène d'anthologie muette et inoubliable d'échange de regards à ne pas rater -, Juliane Köhler, dans le rôle principal, réussit à nous émouvoir par un jeu très sensible et juste, digne des plus grandes stars. La toile de fond et l'argument historique du film (des Nazis à la Stasi) donnent froid dans le dos, mais ne semblent pas dénués de réalisme...
andika
andika

115 abonnés 323 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2014
Film d'une grande profondeur, une histoire complexe et tragique dont on semelle les fils au dur et à mesure et dont on comprend tous les tenants et aboutissants que lors des derniers moments. Drame familial tout en étant un drame de société, on se retrouve face à des problématiques complexes qui nécessitent une attention et un sensibilité toute particulière. Tous les acteurs jouent de manière extrêmement juste et servent un scénario très bien écrit.
Après ce film, on ne peut pas parler de la stasi à la légère.
ffred

1 987 abonnés 4 257 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 mai 2014
Attention ! Ne vous fiez pas à l'accroche sur l'affiche (comme souvent). Si vous vous attendez à un autre La vie des autres vous risquez d’être déçu. D'une vie à l'autre a beaucoup plus de défauts que de qualités. Georg Maas le metteur en scène, a peut être voulu en faire un peu trop et a été dépassé par son sujet. Fort intéressant au demeurant, mais pas rendu vraiment passionnant ici. La faute à...
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 830 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 mai 2014
Il n’est pas très aisé de critiquer « D’une vie à l’autre » sans trop en dire, car les secrets que cache le personnage de Katrine se laissent deviner par petites touches tout au long du film. Si on est un peu attentif, on devine assez vite et assez facilement ce qu’elle peut avoir vécu. Là où c’est un scénario astucieux, c’est qu’on imagine tout d’abord tel secret, puis tel autre et on se rend compte au final que la réalité est encore bien pire ! L’explication finale, dans le dernier ¼ d’heure, met en place clairement toute la trame de son histoire mais on a déjà compris l’essentiel. Cela dit, l’absence de « grande révélation finale » n’est pas un défaut, c’est certes moins spectaculaire, mais c’est plus stimulant pour l’esprit. Le film se permet pas mal de saut dans le temps, un flashforward au début, puis plein de flash back par la suite, et c’est autant d’indices à mettre bout à bout par le spectateur, comme un puzzle. La réalisation est intéressante, les flash back sont filmés « à la 70’s » avec une image très « RDA » (c'est-à-dire horriblement laide) pour bien souligner le contraste avec l’action principale. Il y a de très beaux plans tournés sur les côtes de Norvège, qui m’a l’air d’être pays absolument magnifique, même si le climat ne fait pas très envie : il n’y a pas un brin de soleil et il y a tellement d’humidité dans l’air qu’on a l’impression s’avoir froid ! L’interprétation, Juliane Kohler en tête, est tout en sobriété et si le personnage de sa fille peut apparaitre un peu agaçant, les autres sont excellents et Liv Ullmann dans le rôle de la mère fait passer beaucoup de choses juste avec son regard. La fin du film est cruellement ironique, tout sauf spectaculaire, tout sauf inattendue et pourtant les dernières images sont terribles et donnent une note finale tragique qui reste dans l’esprit au sortir de la salle. Au rayon des petits défauts, on regrettera peut-être de rester un peu sur sa faim concernant les fameux « Lebensborn » et sur le destin des enfants concernés, dont il n’est question que de façon anecdotique au final alors qu’il y a matière à dire, j’imagine. On peut aussi trouver que le film flirte avec le pathos sur la fin, à l’heure des révélations, et que la psychologie l’emporte que les considérations politiques, géopolitiques, diplomatiques et morales du parcours de Katrine, alors que là aussi il y aurait surement beaucoup à dire, ne serais ce qu’à propos du métier de son mari par exemple… Mais ces petites lacunes ne sont pas rédhibitoires et ne doivent pas empêcher « D’une vie à l’autre » d’être vu par tout ceux qui aiment le bon cinéma intelligent et exigeant…
ER  9395
ER 9395

112 abonnés 1 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juin 2014
Une totale réussite pour ce film sur les années noires de la guerre froide , ce n'est pas qu' une oeuvre de plus d’espionnage sur cette période mais un véritable drame humain ; touchant et bouleversant .
Top of the World
Top of the World

90 abonnés 153 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 décembre 2014
Le cinéaste Georg Maas s'intéresse avec ce film à l'histoire d'une femme norvégienne dont le passé trouble va ressurgir après la chute du mur de Berlin..."D'une vie à l'autre" s'avère être une vraie bonne surprise dans sa première heure, avec sa belle photographie et ses informations habilement distillées, créant ainsi un suspense élégant dans une atmosphère froide et paranoïaque. Malheureusement, la dernière demi-heure, celle des révélations, se fait plus pesante et maladroite. Rien de catastrophique à déplorer, mais trop de violons pour créer artificiellement une émotion pas assez présente vu la force du sujet, une mise en scène dont le classicisme rigoureux tourne à la raideur et des rebondissements trop mécaniques amoindrissent la force du film. Voilà néanmoins une oeuvre qui a le mérite d'aborder un sujet trop peu connu (ces nouveaux-nés élevés pour assurer l'héritage nazi) et d'en tirer un film imparfait mais globalement prenant et efficace.
LörrachBW
LörrachBW

15 abonnés 26 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 juin 2014
Excellent film qui relate une histoire authentique et très bien joué. Le scénario est un peu difficile à suivre pour quelqu'un de jeune qui ne connaît pas cette époque.
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 mai 2014
Quel plaisir de retrouver Liv Ullman plus de dix ans après Saraband, le dernier Ingmar Bergman ! Dans son rôle de mère norvégienne cachant un lourd secret datant de cinquante années, elle réemploie son art de la gravité psychologique au profit d’un film visant à lever le voile sur une sombre affaire d’enlèvement d’enfants ayant eu lieu pendant la seconde guerre mondiale. L’intention est louable mais en voulant doubler l’intrigue sur les séquelles du nazisme par une trame sur les méthodes peu orthodoxes de la Stasi (l’histoire se passe en 1990 alors que l’Allemagne se réunit), en même temps que le scénario se disloque géographiquement entre deux pays comme thématiquement entre un mélodrame familial et un thriller d’espionnage, Georg Maas ne parvient à maintenir son récit intégralement captivant mais en fait au contraire un film bâtard. Si encore la mise en scène avait réussi à utiliser à son avantage cette lecture multicouche, D’une vie à l’autre aurait pu être une œuvre intense mais la façon maladroite d’imbriquer des images d’archives factices, son rythme mollasson et le manque à gagner émotionnel lui font perdre du crédit sur tous les tableaux dans lequel il veut jouer.
jmjbest2
jmjbest2

41 abonnés 101 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 mai 2014
J'ai bcp aimé, car cette période de l'histoire me passionne..et il n'y a rien d'invraisemblable dans le scénario . Mon père incorporé de force alsacien s'est retrouvé lui aussi à Bergen de 42 à 44. Peut-être ai-je là bas un demi-frère ou une demie-soeur ! J'excuse donc la façon un peu embrouillée avec laquelle le réalisateur nous dévoile la vérité de l'affaire, certaines scènes restant obsures (le 5è interrogateur aux mains baladeuses..quid ?) .En fait l'incohérence vient du fait que la Stasi aurait logiquement infiltré une agente sous couvert de l'identité d'une autre enfant décédée pour une raison ou une autre,: il devait bien y en avoir !
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