Zero Theorem
Note moyenne
2,6
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209 critiques spectateurs

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Ramm-MeinLieberKritiker-Stein
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein

148 abonnés 544 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 28 juin 2014
C'est dans une société en pleine désillusion technologique et en perdition que Terry Gillian plante sa caméra, tablette à effets spéciaux sous le bras. C'est qu'il en a usé, de ses plans qui jouent sur le contre-naturel, désarmants, certes, mais très vite lassants. Malheureusement, cette critique intelligente d'une humanité insensible reste boursoufflée à cause du trop grand nombre d'idées que Gillian fait circuler dans son univers, perplexifié un peu trop pour s'y adapter. Côté acteurs : Waltz et Laurent sont impeccables, mais alors que Damon s'amuse tranquillement dans un coin, Swinton... épuise. Elle est connue pour se métamorphoser à la perfection, sauf qu'ici son costume est grotesque et elle nage en plein délire... On n'est que peu surpris par la fin, et ça se répercute ainsi sur d'autres scènes. Un manège forain à la vitesse écoeurante.
tixou0

788 abonnés 2 046 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 12 juin 2014
Presque 30 ans après, on se croirait revenu dans l'univers de "Brazil", juste actualisé, évidemment, un poil plus coloré à l'image, mais tout aussi désespéré et anxiogène (même si la police ne surgit plus à tout moment, "Big Brother", alias "Management" surveillant tout à - faible - distance). Tout le monde est connecté. "Qohen", un as des combinaisons informatico-mathématiques, en particulier, qui en attendant Godot (un rappel téléphonique hypothétique lui tenant lieu de raison de vivre), est 24/24 (ou peu s'en faut), et 365 jours/an attaché au piquet (ses ordinateurs). Alors que Brazil était au moins onirique et poétique, dans "The Zero Theorem", le rêve est un programme comme les autres. Ce quasi-huis clos (une église désaffectée et en partie ruinée en décor unique, ou peu s'en faut) pour une dramaturgie abstruse à 4 personnages principaux (Qohen, sa "muse", son superviseur, le "stagiaire") ne sait pas renouveler ses gammes. Résultat : au bout de 20 à 30 minutes (maximum), on s'ennuie ferme (ai même vu des spectateurs, placés en bout de rang opportunément, quitter discrètement cette AP, "unique en France", avec quelques mots de Gilliam en prologue). Mélanie Thierry (qui accompagnait le "maître" lors de la présentation, sans piper mot - Gilliam s'en est amusé, la traitant de "Garbo") ne réussit jamais à rendre son personnage d'hétaïre virtuelle consistant. Mais le plus triste est la contre-performance de Christoph Waltz en chercheur de "théorème" : glabre et atteint de TPM (trouble de la personnalité multiple) pour l'anecdote, il est littéralement transparent, insignifiant - très mauvais héritier de Sam Lowry alias Jonathan Pryce... Les caméos de Tilda Swinton et Matt Damon sont plus convaincants ! Très, très décevant, ce "sens de la vie"....
Christophe L
Christophe L

8 abonnés 379 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 juillet 2014
Bienvenu ou pas dans l'imaginarium un peu compliqué du réalisateur Terry Gilliam. Avec Zero Theorem (pas le genre de film de science fiction auquel on s'attend), on comprend sans vraiment comprendre où il veut aller. Il dénonce le système capitaliste, la mondialisation, l'évolution pénalisante de notre société pour l'homme. Les premières images nous emmènent dans un monde coloré, attractif, mais très vite, faute de repères significatifs sur le sens du film, l'intensité retombe sans jamais nous regagner. Mélanie Thierry apporte un plus indéniable à la prestation impeccable de Christoph Walz (connu pour son rôle dans Inglourious Basterd de Tarantino), méconnaissable par ailleurs. Quant à Matt Damon, sa présence ne sert qu'au marketing du film...
Mondocine
Mondocine

82 abonnés 293 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 juin 2014
Terry Gilliam revient à ce qu’il a sait faire de mieux : le cinéma d’anticipation satirique livrant une métaphore du monde moderne. Zero Theorem est une nouvelle expérience souvent fascinante, riche et intelligente, analysant notre époque ultra-connectée et désespérée. Un Christoph Waltz grandiose et un fond riche et passionnant compense sa lourdeur du style, de langage et ses redondances qui atténuent l’impact d’une oeuvre parfois poussive.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 29 août 2014
Un film qui m'a laissé avec une sensation très désagréable. L'histoire est alambiquée, on a du mal a s'immerger dans le monde qu'a voulu créer le réalisateur. On se sent presque voyeur de la vie de ce pauvre homme. L'ambiance du film est tellement lourde que je suis sortie de la salle malade...
Alex*56*
Alex*56*

307 abonnés 314 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 juin 2014
Je n'ai pas l'habitude de regarder des films barré comme celui-là, et c'est une bonne expérience mais qui ne m'a pas enthousiasmé plus que ça. Et étonnamment c'est mon premier Gilliam, car je ne suis pas un grand fan à la base de l'humour british des Monty Python, ce qui m'a rebuté un peux à visionner ses précédents films pourtant haut placés dans la hiérarchie du cinéma. Pour bien comprendre Zero Theorem donc, il faut attendre le quasi huis clôt dans l'église désaffectée où l'histoire se pose malgré les imbroglios de certains passages, l'esthétique avant-gardiste et à la fois anachronique de quelques objets. Il manque un soupçon de poésie dans le délire que nous propose Gilliam pour nous accrocher, malgré le personnage de Christoph Waltz, Q(uinn)ohen Leth, et son "nous" intérieur qui se dévoilera petit à petit grâce à sa rencontre avec les différents protagonistes telles que Bainsley (Mélanie Thierry) avec qui un sentiment de désir s'installera, ou encore Bob, le jeune stagiaire de génie (joué par un intéressant Lucas Hedges). D'ailleurs la prestation de Waltz est honorable, mais bien que j'adore cet acteur, sa performance ne permet pas de porter le film à lui tout seul. Mélanie Thierry a un rôle avec un bon potentiel émotionnel mais c'est la même chose, ça prestation est convenable mais elle nous emporte pas plus que ça.
Belles apparitions de Matt Damon, Tida Swinton ou encore Gwendoline Christie (Brienne dans Game of Thrones) sous forme d'un panneau publicitaire harcelant !
En bref l'esthétique de Gilliam n'est pas le problème majeur du film, mais ce serait plutôt les personnages pas assez creusés en profondeur et son scénario pas toujours attachant. Les acteurs sont bons mais sans réels grandiose. J'ai pas trop aimé la fin par contre, une fin rapidement expédiée. Une expérience tout de même.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 18 août 2014
Fête du cinéma, hier je suis allée voir Zero Theorem (prononcé Théorème Zéro par le monsieur du guichet ^^).
Bon alors, mon sentiment : j’ai l’impression que T.G a fait les choses à moitié. Il nous a balancé ce monde futuriste sans grands détails, mise à part que la religion ce n’est plus trop ça (une explication originale aurait permit de faire l’impasse sur le côté attendu de la chose), que les publicités envahissent les rues, qu’il est possible de spoiler: fumer sans cigarette
(aborder l'avenir du tabagisme d’accord, très bien, mais faire spoiler: disparaitre matériellement la cigarette
… on s’attendrait à mieux), et enfin (je fais l’impasse sur les autres éléménts) que la technologie a pas mal évoluée. Tiens, parlons de la technologie, d’après ce que j’ai compris leurs donnés sont spoiler: stockés dans cet espèce de liquide
. Voilà c’est tout, pas plus de commentaire ni d'esplications, dommage c’était bien trouvé. Je passe directement à la fin du film … en un mot, bâclée: spoiler: histoire d’amour impossible bien sûr ; le gamin tombe malade ; burn-out de Qhoen -> destruction de la centrale (*) et enfin une scène de fin métaphysique.

Il y a quand mêmes des côtés positifs dans ce film, à commencer par Christoph Waltz qui nous livre une bonne interprétation (rien d’exceptionnel toutefois) ; Mélanie Thierry parfaite dans son rôle, son jeu de spoiler: call-girl
était bien maitrisé ; et le jeune Lucas Hedges, qui a su éviter ‘le surdoué tête à claques’, merci. Petit bémol cependant pour David Thewlis qui était un peu dans le sur-jeu, et pour le personnage de Tilda Swinton qui était insuportable.
En résumé, en plus de sentir un peu le réchauffer le film ne va pas au fond des choses, malgré quelques bonnes trouvailles et de bons jeux d’acteurs. Le projet était certes conséquent, on pensait toutefois que T.G aurait su le mener à bien.
* Métaphore de la chute de l’empire de Management par un ‘pion’.Il faut frapper au cœur de la machine pour qu’elle s’écroule.
Zbrah
Zbrah

60 abonnés 365 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 5 novembre 2014
Je suis déçue, je suis frustrée. Je suis aussi soulagée, soulagée qu’une succession de contretemps m’aient empêché de payer une place de cinéma pour « The Zero Theorem ». À trop vouloir revigorer son image de maître du surréalisme moderne, Terry Gilliam s’enfonce dans une œuvre trouble dénuée de sens. Zéro doit être égal à 100%. C’est à la résolution de cette équation que s’attelle Qohen Leth. Il ignore le sens de ces travaux qui rongent lentement l’homme tout comme le spectateur. On a beau chercher, il est impossible de comprendre la nature exacte de l’emploi du héros, le secteur d’activité de Mancom ou même le sens de ce fameux théorème zéro. Du coup, il est extrêmement difficile de pénétrer dans l’univers de Qohen et de le vivre. Le personnage est tellement froid, et son univers si irréel que cela ne permet aucune empathie. J’ai rapidement arrêté de lutter. Qohen n’est pas un homme intéressant, son univers ne l’est pas plus. C’est alors avec un certain détachement que j’ai suivi les mésaventures de ce protagoniste déconnecté. Quelle misère de découvrir une œuvre d’un œil détaché, sans jamais se passionner pour de quelconques éléments de l’intrigue ! Du coup je n’ai vraiment rien compris. Rien compris aux enjeux, rien compris de la relation entre Brainsley et Qohen, rien compris du dénouement. Rien de chez rien ! Toutes les scènes m’ont semblées insignifiantes et surtout sans queue ni tête. J’aurais pourtant aimé l’adorer de tout mon cœur ce film. Aimer l’absurde et aimer la magnificence des décors sortis de l’esprit tordu de Gilliam. La ville conçue est remplie de couleurs, de vacarmes et de détails amusants. La scène de la fête en particulier, en dit long sur la vision qu’a le réalisateur de la société moderne. Avec le génial Christoph Waltz en tête d’affiche de ce joyeux foutoir, la déception n’en est que plus grande.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 25 juillet 2014
Un film de Terry Gilliam dans une ambiance futuriste extrêmement esthétisée et avec un casting incroyable, autant dire qu'on s'attend à un vrai masterpiece. Ce Zero Theorem avait bien tout pour réussir, malgré quelques problèmes de production avec les acteurs (Billy Bob Thornton devait à la base être le personnage principal) ou encore le scénario. Bon, commençons par le commencement.

L'histoire est à la base très intéressante, proposant de bonnes réflexions sur notre société actuelle ou encore la religion, mais encore sur le sens de la vie, qui est bien le but de ce théorème. Les deux premiers actes sont excellents, sans aucune longueur et avec une mise en place des évènements très bien gérés. Le problème réside dans le troisième et dernier acte qui s'essouffle et se perd dans une philosophie incompréhensible pour le spectateur qui ne possède pas toutes les clés pour le comprendre. On s'attend justement à avoir une réponse sur "Quel est le sens de la vie ?" et on en a pas vraiment. Je pense que Gilliam a voulu laisser libre choix au spectateur de penser ce qu'il veut après cette fin quelque peu psychédélique. Mon avis à moi est que selon le film, le sens de la vie et son réel intérêt sont l'amour, celui qu'éprouve Qohen pour Bainsley ainsi que les petits moments sur cette plage paradisiaque. L'amour et le réel intérêt à la vie qui nous métamorphose et nous transcende. En soit, le message est très beau, plein de poésie, mais c'est bien trop implicite.

L'esthétisme procure lui bien cette poésie qui rend le film incroyablement magnifique visuellement. Le mélange de couleurs chaudes dans cette époque futuriste totalement dystopique rend chaque plan, chaque image incroyable. C'est bien là le point fort de Gilliam. Il s'en sert à la perfection et le rendu donne probablement un des plus beaux films que j'ai pu voir visuellement. Les décors sont eux très bien choisis également, le fait de situer le récit principalement dans une église propose alors une vision sur la religion assez intéressante, qui nous fera par ailleurs penser à un certain personnage biblique.

Ainsi, le film nous propose une assez bonne réflexion sur la religion, et sur l'existence d'un Dieu principalement, qui est représenté par le coup de téléphone que Qohen attend comme la réponse à toutes ses questions sur la vie. On peut donc y voir deux possibilités, la première étant que la religion est nécessaire et utile à l'Humain qui a besoin d'un Dieu pour trouver un sens à la vie, la deuxième qui me plaît plus étant athée, que la religion n'est pas la réponse à nos questions et au sens de la vie, que l'univers et donc la réalité n'ont pas de sens si ce n'est d'exister (Ce qui me fait d'ailleurs penser à L'étranger de Camus qui porte à peu près la même réflexion).

Alors, avec toutes ces qualités et son casting incroyable, car oui, il faut le dire, les acteurs sont tous très bons et notamment Christoph Waltz qui signe ici encore une fois une prestation digne des plus grands, pourquoi ce n'est donc pas un chef-d'oeuvre. Et bien tout simplement à cause de la longueur du film. C'est bête mais s'ennuyer dans un film qui dure 1h40 n'est pas normal. Comme dit précédemment, c'est surtout le troisième acte qui paraît redondant et qui n'avance pas d'un poil jusqu'au dénouement qui lui arrive comme un cheveu sur la soupe. La répartition des actions est trop mal gérée pour un film qui partait si bien.

Zero Theorem est donc sans aucun doute un très bon film, qui traite de bonnes problématiques et qui possède la même vison du futur que L'armée des Douze Singes ou encore Brazil bien propre à Terry Gilliam, mais sans arriver à la même qualité. M'attendant à un chef-d'oeuvre, je ne peux être que déçu par ce film mais sans être en colère. Il reste très bon ainsi que pertinent et s'inscrit bien comme un véritable film d'auteur. Bravo Terry !
fandecaoch

1 155 abonnés 2 232 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 novembre 2014
Zero Theorem : Un film qui s’explique par le simple nom de son réalisateur : Terry Gilliam. Un metteur en scène a l’imagination débordante et a l’univers complexe. Tous ces films comme Las Vegas parano, L'Armée des 12 singes et mon préféré Brazil ont des ambiances délirantes et uniques. Mais, c’est ça qui fait la fascination et la force de ce réalisateur. Bon après, on accroche ou on n’accroche pas. La, je n’ai pas tous comprit car tous est dans la symbolique et la subtilité du délire. Alors, pour bien faire, quand on ne comprend pas, alors on prend ce qu’on a su déchiffré. Et donc, ce film est l’histoire d’un homme solitaire qui a du mal a s’incéré dans une société de fou abusé par une technologie au service d’une question : quel est la place de chaque être humains dans l’univers. Donc, ça colle bien avec ce personnage qui est plutôt insociable et qui n’aime pas être touché, il parle d’une drôle de manière : il dit toujours nous… Mais, ce film est surtout une histoire d’amour assez délirante et originale mais assez bien faite : entre rêve et fantasme. Ensuite, l’univers est juste extra et soignée au possible. Une ambiance très cyber retro futur avec des décors, des habites de mauvais gouts mais cette univers est très riche. Et la réalisation de Gilliam la met merveilleusement bien en valeur. Et pour finir, les acteurs sont parfaits dans leurs rôles, je pense que c’est vraiment le résultat qu’ils voulaient obtenir. Et le casting est plutôt bon : l’unique Christoph Waltz, la française Mélanie Thierry… Donc voila, pour moi, pas le meilleur de Terry Gillam mais c’est un regarder au moins une fois, pour vous forger votre propre avis.
MC4815162342

451 abonnés 1 489 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 juillet 2014
J'attendais vraiment ce Zero Theorem, le nouveau Brazil de Terry Gilliam et j'aurais bien voulu pouvoir mettre plus comme note, il est très bon, bien foufou comme je voulais, j'aurais même peut être voulu plus, Christoph Waltz est vraiment épatant, comme toujours oui je sais, il nous apparaît chauve de la tête et des sourcils dans son mentaux qui n'est pas sans rappeler nos sac poubelles, il nous sort du "nous" à la place du "je" à chaque phrase, c'est fun, tout comme l'univers au complet, aussi fou et inventif que dans Brazil mais avec les effets spéciaux de maintenant c'est encore plus magique, j'ai vraiment adoré les décors, particulièrement quand vers la fin Qohen et le jeune sont sur un banc et que derrière eux plein de panneaux d’interdiction sont accrochés, il y'a plein d’interdiction illogiques et très marrantes.
La mise en scène est vraiment top et la réalisation suit le même chemin, ce cher Waltz est accompagné d'une très sexy Mélanie Thierry, d'un David Thewlis à la perruque fascinante, d'une Tilda Swinton grimé comme toujours, et d'un Matt Damon comme vous ne l'avez jamais vu.
Le scénario quant à lui est un peu plus difficile à cerner, d'ailleurs il n'est pas écrit par Gilliam, il est très plaisant à suivre et barge mais je n'ai pourtant pas trop saisi le but si il y'en a un bien sur, arrivé à la fin je me suis dit "c'est beau et fun mais y'a pas tellement d'histoire", enfin je comprendrais surement un jour si quelque chose à comprendre il y a, ce n'est point grave, le film en lui même est savoureux et très très plaisant.
QuelquesFilms.fr

360 abonnés 1 774 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 janvier 2014
Terry Gilliam renoue avec la science-fiction, tendance métaphysique, pour offrir un drôle de trip dont il a le secret, ambitieux et délirant. Sur la forme, cela donne un mix d'éléments futuristes bariolés et d'inspiration néogothique (le superbe décor de l'église, le long manteau noir de Leth), agrémentés d'effets spéciaux un peu kitsch (les visions du néant). Sur le fond, le réalisateur s'engouffre dans la SF pour développer trois dimensions. 1, la critique sociale, via la peinture d'un futur qui accentue les dérives de notre présent : travail aliénant, monde orwellien sous surveillance permanente, déshumanisation des rapports humains, solitude... 2, la réflexion philosophique, via les éternelles questions sur l'existence de Dieu, le sens de la vie, la dialectique de l'ordre et du chaos... 3, une romance postmoderne, qui se noue et se dénoue entre réalité et virtualité. Tout cela est secoué bien fort dans l'imaginaire foisonnant de Gilliam, qui navigue toujours entre raison et folie, et servi bien frappé par un excellent casting : Christoph Waltz, halluciné et hallucinant, une fois n'est pas coutume dans un premier rôle ; Mélanie Thierry, surprenante et convaincante en "objet sexuel", et semble-t-il à l'aise au coeur d'une production anglophone ; David Thewlis et Tilda Swinton, dans des rôles secondaires bien azimutés ; et Matt Damon, irrésistible en "boss" insaisissable, affublé de costumes "caméléon". Côté scénario, on ne retrouve malheureusement pas le parfait tissage de Brazil, entre cauchemar absurde et logique implacable. La petite cuisine métaphorico-métaphysique de Gilliam apparaît parfois un peu fumeuse et pas forcément bien cuite au final, mais il y a suffisamment de bons morceaux à l'intérieur, suffisamment de piment pour que l'on reste en appétit tout au long du film.
Julien D

1 342 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 juin 2014
La thématique récurrente dans les réalisations de Terry Gilliam qu’est la limite floue entre le réel et ce qui ne l’est pas (qu’il s’agisse, selon le film, de rêves, de folie, d’hallucinations sous acide ou de contes de fées) ne pouvait pas échapper, en cette ère du tout-numérique, à la question du monde virtuel. Pour cela, le réalisateur revient sur le genre de l’anticipation rétro-futuriste, et ce près de trente ans après son premier chef d’œuvre post-monty-python, Brazil, dont le rapprochement avec ce Zero Theorem est évident tant l’univers visuel cyberpunk-absurde et le parcours kafkaïen suivit par le personnage central de chacun des deux films sont très similaires, mais avec pour principale différente de fond que cet effrayant avenir orwellien soit plus coloré et ne soit plus aux mains d’un état bureaucratique mais d’une multinationale omniprésente. L’interprétation de Christoph Waltz n’est pas très convaincante, son rôle d’informaticien compulsif et aux troubles de la personnalité étant assez dur à cerner. Le scénario foutraque et la direction artistique résolument fourre-tout ne sont pas pour rien dans l’impression de flou que nous impose le visionnage de ce film inclassable, mais le reste du casting (à commencer par Mélanie Thierry, Tilda Swinton et tous les autres acteurs nous offrant des apparitions surprises) et l’inventivité dont fait preuve Gilliam pour mettre en scène des interrogations métaphysiques abstraites font,au moins pour les initiés, de son nouveau film un pur moment de bonheur.
Skipper Mike
Skipper Mike

111 abonnés 650 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juin 2014
Les premières images de "Zero Theorem" laissent déjà présager un nouveau chef-d’œuvre de Terry Gilliam : on est plongé dans un monde dystopique, nouvel univers de science-fiction propre à une satire de la société de la part de l'auteur de "Brazil" et "L'Armée des 12 Singes". Les rues sont ainsi encombrées de publicités toutes plus stupides et aliénantes les unes que les autres, mais pas si éloignées de celles qu'on côtoie tous les jours. Malheureusement, voir Qohen au travail, dans une tâche absurde et inutile, installe le doute : et si ce film n'apportait rien de plus que les œuvres précédentes de Gilliam ? Ainsi, le thème du travail indigent avait déjà été traité dans "Brazil", tandis que les deux inspecteurs qui se rendent de temps en temps chez Qohen font penser aux plombiers de ce dernier film. "Zero Theorem" manque hélas d'enjeux, tant il est difficile de s'intéresser à la quête du personnage principal. De même, voir un théorème cherchant à déterminer le sens de la vie se résoudre par l'intermédiaire d'un semblant de jeu vidéo est amusant au début mais finalement lassant, à plus forte raison compte tenu du peu d'intérêt que soulève l'informaticien Bob. Tout cela est d'autant plus dommage que la minutie accordée aux décors rendent le film magnifique et parfaitement cohérent avec le monde du cinéaste. Heureusement, l'intérêt est suscité par un autre aspect du film : la relation que nouent Qohen et Bainsley est passionnante, naviguant entre drôlerie et émotion pure. Les soirées où ils se rencontrent sont ainsi assez jouissives, mais ce sont surtout leurs évasions virtuelles qui donnent de la liberté à un film un peu trop renfermé – les sorties sont en effet rares autrement. La plage kitsch où ils se donnent rendez-vous apparaît comme un monde artificiel mais où tout ce qu'il s'y passe est bien plus réel au niveau des sentiments. Ici, ils peuvent s'exprimer et s'épanouir. Cela ressemble aux paradis artificiels que dissimulait le miroir de "L'Imaginarium du Docteur Parnassus", à la différence desquels le monde informatique de "Zero Theorem" est bien plus enviable que la ville extérieure. Il faut d'ailleurs souligner la fraîcheur et le talent de Mélanie Thierry, dont le joli timbre de voix entraîne dans son sillage un Christoph Waltz un peu plus fade. Grâce au couple qu'ils forment, cette œuvre gagne une valeur véritable qui l'empêche de sombrer dans la seule attraction esthétique dépourvue de sens. Ce n'est pas la première fois chez Gilliam que l'amour se révèle le fondement d'une filmographie basée sur l'absurde et la fantaisie.
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