4379 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
158 critiques spectateurs
5
44 critiques
4
63 critiques
3
30 critiques
2
13 critiques
1
7 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Mafoipourquoipas
13 abonnés
732 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 20 octobre 2018
2 étoiles - Jeremiah Johnson
"Western initiatique" ou confrontation existentielle avec la dureté de la nature sauvage. Ce genre peut donc séduire. Personnellement, j'ai trouvé ce film platement académique dans sa mise en scène. Le scénario est intéressant ; mais il lui manque justement cette palpitation existentielle. Le cadrage des images est en cause ; mais aussi la narration et le peu de naturel dans les actions et expressions du héros. Cela dit, ce film se regarde.
S'inspirant de la vie romanesque d'un trappeur, cet hybride générique modifie son histoire tout en insérant des ellipses qui nuisent à sa force. Changeant son contexte familial, le récit évacue toute potentielle implication émotionnelle puisque le héros ne tisse guère de liens avec un enfant muet qu'il a sauvé par mépris ou crainte pour une femme ayant perdu la raison ni avec une épouse imposée qu'il rabroue régulièrement. Ainsi, non seulement la vengeance fort retardée n'avive aucune émotion mais elle ne dure guère, semblant revenir à la thématique initiale, à savoir la difficile vie dans une nature fantasmée, superbe, dangereuse - que Sydney Pollack magnifie avec talent. Or, l'arrivée première dans le monde naturel, émaillée de rencontres (fantasques) imprévues, ne débouche pas sur une contemplation ou un parcours initiatique mais sur un apprentissage hâtif. Trop maladroit.
"Jeremiah Johnson" avec "Little Big man" (Arthur Penn en 1969), "Un homme nommé cheval" (Elliot Silverstein en 1970) , "John MacCabe" (Robert Altman en 1971) et quelques autres fait partie des westerns qui dans la foulée de Sergio Leone ayant salement secoué le genre dès 1964 avec sa trilogie des dollars, ont pris à rebours le mythe de l'Ouest tel qu'il avait été véhiculé par Hollywood depuis l'âge d'or des studios. "Jeremiah Johnson" y ajoute à travers la quête de son héros, une dimension métaphysique s'inscrivant dans la lignée du retour à la nature prôné par le philosophe américain Henry David Thoreau (1817-1862) dans son livre phare "Walden ou la vie dans les bois" (paru en 1854). L'aura du film a encore grandi depuis que les préoccupations écologiques ont pris une place de plus en plus grande dans l'inconscient collectif qui n'a pourtant pas encore admis devoir renoncer à un mode de vie certes suicidaire à long terme mais tout de même très confortable. En 1970, le producteur Sidney Beckerman acquiert les droits de "Crow Killer", biographie de Liver-Eating Johnson (1824-1900), un ancien soldat déserteur, devenu exterminateur d'un grand nombre d'indiens de la tribu des "Corbeaux" après qu'il eût aidé un chef de la tribu des "Têtes plates" à venger le meurtre de sa femme. Une biographie où la légende le dispute souvent à une vérité historique mal documentée. Avec Edward Anhalt, John Milius se voit confier la mission de tirer parti de cette histoire qu'il peut mixer avec un autre roman, "Mountain man" de Vardis Fisher. La réalisation doit être confiée à Sam Peckinpah encore auréolé du succès de "La horde sauvage" (1969). C'est tout d'abord Lee Marvin puis Clint Eastwood qui doit tenir le rôle de Johnson. Peckinpah et Eastwood ne s'entendant pas, le scénario de Milius est envoyé à Robert Redford. Sydney Pollack n'est alors plus très loin d'entrer dans la danse. Les deux hommes qui vont donner une tonalité qui leur est propre au film, convainquent la Warner d'en tourner l'intégralité en extérieur pour le budget initialement prévu en studio. Près de cinquante après sa sortie, la vision de "Jeremiah Johnson" est toujours aussi poignante et saisissante. Tout d'abord par la manière humble de Pollack d'aborder le parcours de Jeremiah Johnson dont à aucun moment le scénario ne cherche à en faire un héros. Juste un homme, horrifié par la guerre qui pense que la vie dans la montagne au plus près de la nature lui permettra de peut-être donner un nouveau sens à sa vie. Ensuite l'absence totale de manichéisme déjà amorcée dans "Les chasseurs de scalps" (le western tourné quatre ans plus tôt avec Burt Lancaster) évite tout discours pesant sur la cause des indiens qui n'aurait pas de réelle portée dans le contexte apolitique du film. Que cela soit dit une fois pour toutes, l'homme peut être violent qu'il soit blanc, colon ou indien. Puis l'interprétation de Robert Redford quasiment muette, empreinte d'une sobriété qui ramène Jeremiah Johnson à sa simple condition humaine par son seul regard, meilleur vecteur des émotions qui le traversent. Sans doute l'acteur ici départi d'une beauté physique qui parfois l'encombre n'a jamais été aussi convaincant. Enfin les images époustouflantes qui nous rappellent tout ce dont l'homme a la terrible charge de préserver avant qu'il ne soit trop tard. Avec les temps qui s'annoncent "Jeremiah Johnson" n'est pas près de perdre son statut de chef d'œuvre.
Sydney Pollack à la realisation d’un western ? On a du mal à y croire et pourtant il s’y est attelé avec tout son talent habituel. Loin des westerns habituels où seul la violence était le point majeur du film (ceux de Sergio Leone, Sam Peckinpah ou encore Clint Eastwood), ici c’est plutôt du genre « écolo ». Jeremiah Johnson est un homme qui refuse de vivre au sein de la société Américaine, pour cette raison, il fuit les villes pour se réfugier tel un ermite en pleine forêt, proche de la nature, de la vie, la vraie ! Il ne veut faire qu’un avec et manque de chance sa route sera constamment gênée par tout un tas de rencontres. Sydney Pollack nous transporte complètement avec son film, une oeuvre splendide où seul les paysages à perte de vue peuvent rivaliser face aux acteurs, notamment l’épatant Robert Redford, un acteur qui porte sur ses épaules un rôle complexe qu’il incarne à la perfection. Dans le même genre et tout autant réussis, il y a Into the Wild (2008) de Sean Penn, une version plus jeune et plus moderne de celle de Pollack.
Loin des westerns assez classiques où la violence était le point majeur, ici, avec "Jeremiah Johnson" c'est la nature et la rédemption d'un homme qui sont mis en avant. Dans les années 1850, un ancien militaire, décide de fuir la violence des hommes et la civilisation pour gagner les hauteurs sauvages des montagnes. Basé sur l'incroyable destin de "Johnson le mangeur de foie", l'intrigue nous relate les péripéties d’un homme solitaire venu chercher une vie paisible et heureuse au coeur de la nature. Respectant les canons du genre à savoir des cow-boys, des Indiens et le Far West américain, le film de Sydney Pollack est avant tout un magnifique apprentissage de la vie pour son héros qui découvrira au gré des rencontres les coutumes indiennes, le métier de trappeur et la colonisation des blancs. Ce western initiatique consacre la beauté et la brutalité de l'Amérique encore en construction, où l'homme doit apprivoiser la nature, mais fait aussi figure de leçon politique. Sans idéalisation superflue le film va à l'essentiel grâce à une très bonne réalisation de Pollack, mettant en avant les grands espaces à la flore immersive de l'ouest américain, et qui permettent de narrer sans fioritures cette histoire de vengeance, de violence, de cannibalisme puis de rédemption. L’étendue neigeuse et inhospitalière des montagnes, ses dangers et son âpreté a tôt fait de voler la vedette à l’humble trappeur. Dans le rôle principal, nous retrouvons un Robert Redford méconnaissable qui a vite fait de nous séduire tant il interprète aisément son rôle de trappeur. Il rencontrera l'excellent Will Geer, tout bonnement parfait en tant que trappeur déjanté et Stefan Gierasch, à l'aise dans le rôle de chasseur cynique et malhonnête. Avec une très belle bande son, "Jeremiah Johnson" est un film marquant et magnifique qui mérite son statut de film culte et dont l'histoire n'est pas sans rappeler "The Revenant".
Un film d'initiation dont l'action se déroule dans l'Amérique des grands espaces du XIXème siècle, qui vaut surtout pour la magnifique interprétation de Robert Redford et les paysages de montagne grandioses de l'ouest américain.
Western contemplatif racontant l'histoire d'un homme reclus venant trouver la paix dans les bois près d'une rivière. Plusieurs aventures lui arrivent et même loin des hommes, ces derniers le rattrapent, sauvages comme civilisés. Pas mal lorsqu'on aime les vieux western.
Bien que les images, les messages portant sur l'écologie et la protection des peuples autochtones et Robert Redford soient magnifiques, il manque passablement de rythme à cette histoire. Les spectateurs les plus pressés préféreront la voir en replay et en accéléré.
On a souvent tendance à confondre le souvenir du film avec le ressenti lors de sa vision. Quelques semaines après avoir vu le film on va se souvenir de l'incontestable beauté des images, de l'excellence de la réalisation… et de Robert Redford. Et on va oublier que pendant la vision du film l'ennui nous guettait. Un film pendant lequel on regarde sa montre est rarement un bon film, aux longueurs et au manque d'enjeu s'ajoute un montage elliptique parfois étrange, il faut aussi déplorer quelques scènes peu réalistes commespoiler: l'attaque des loups qui donne l'impression de regarder "Super Robert dans la montagne" Quant au fond puisqu'il parait qu'il y en a un, je n'ai pas trop cherché…
Un western naturaliste,proche d'un Terrence Malick.Presque muet,"Jeremiah Johnson"s'attarde sur les paysages majestueux du Colorado,et sur la quète ambigu d'un déserteur.Cet homme,c'est Robert Redford,l'acteur fétiche d'un Sydney Pollack,adepte ici d'un cinéma classique.Un personnage qui fuit la civilisation,pour vivre en communion avec la nature.Mais il n'est pas préparé à ce qui va lui arriver.Pour arriver à se faire respecter des Indiens détenteurs des lieux,il devra tuer.Par contre,le rythme bien trop lent et la mise en scène elliptique m'ont grandement gené.Dans le genre,je préfère largement certains Clint Eastwood.
Les paysages du Colorado (ou de l'Utah crédité au générique) sont très beaux. et puis... ? pas grand chose. Le film rend compte de la vie d’un trappeur dans les montagnes de l’Ouest américain, à la moitié du 19ème siècle: chasser, pêcher, faire du feu, se déplacer dans un environnement aussi superbe que difficile. C'est lent convenu, prévisible, classique et Redford a du mal à donner un peu de consistance à son rôle. Réalisé en 1972, le film est empreint des valeurs du mouvement hippie : retour à la nature magnifiée et idéalisée, considération apportée aux traditions indiennes en renonçant au manichéisme hollywoodien en vigueur jusqu'à la fin des années 60, évoquant les mentalités, la culture et les coutumes propres aux différentes tribus tantôt accueillantes, tantôt dangereuses. Cela ne suffit pas à faire un bon film qui manque de scénario et de rythme
Je connais trois films autour du même thème. "Mosquito coast", "into the wild" et pour la neige "le dernier trappeur". On y trouve comme ici la solitude, les grands espaces, le refus du monde moderne. Mais ici on a le lent apprentissage aussi de la vie de famille, de beaux moments de plaisir simple à trois avec cet enfant recueilli. C'est un récit initiatique et une aventure terriblement émouvante avec ses dangers et ses tragédies horribles. C'est formidablement bien filmé. Grandiose. Jérémie Johnson
Avec Jeremiah Johnson, Sydney Pollack signe l’un de ses plus grands films, un western crépusculaire d’une beauté renversante. Robert Redford, au sommet de sa forme, incarne un homme qui tente de se réinventer loin de la civilisation, dans des territoires vastes, hostiles et magnifiquement filmés.
Le récit suit ce cow-boy de la dernière génération au fil de ses rencontres : tribus indiennes tantôt pacifiques, tantôt menaçantes, animaux qu’il faut apprendre à redouter ou à respecter, et une nature qui impose sans cesse ses règles. Le film avance au rythme du vent et de la neige, avec une narration minimaliste mais puissante qui fait ressentir l’isolement et la dureté de cette vie.
La dernière demi-heure prend des allures de véritable stage de survie, tendu et haletant, où Jeremiah lutte pour s’abriter et rester en vie. Pollack orchestre tout cela avec une maîtrise impressionnante, mêlant souffle épique et profondeur humaine.
Inspiré grandement de la vie de John Garrison, un homme des montagnes, qui combattra diverses tribus dont les Crows (corbeaux), ce film est un chef d'oeuvre de Sydney Pollack. Davantage film d'aventure que western classique, il nous transporte dans un monde différent où survivre est la préoccupation principale. Robert Redford, par son talent, donne corps à cet homme.
Un western atypique contant le laborieux chemin d'un homme devenu trappeur pour fuir la civilaisation et qui au gré des difficultés liées à l'environnement, aux rencontres, va peu à peu se forger une âme à la fois dure, désabusée et pleine de respect pour la nature. Tourné dans les décors naturels merveilleux, le plus souvent enneigés des Montagnes Rocheuses, ce film qui traine un peu en longueur, se laisse voir sans déplaisir, mais n'est guère enthousiasmant