Quai des Orfèvres
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Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 septembre 2023
Toujours dans le cadre de la rétrospective HG Clouzot, j’ai revu « Quai des Orfèvres » sorti en 1947 et j’avoue avoir été un peu déçu !
L’intrigue du célèbre romancier policier belge Stanislas-André Steeman - déjà à l’origine de l’adaptation de « L’assassin habite au 21 » - peut in fine se résumer en 3 lignes … et je trouve que Clouzot a – en quelque sorte – parasité son film avec trop de sons parois criards (piano, chants dont le fameux « avec son fameux p’it tralala », bruits au café-théâtre, bruits lors des interrogatoires, bruits des journalistes à la PJ …) et des images trop denses en nombre de personnages avec une caméra trop mobile ne permettant pas de s’attarder sur la psychologie des personnages et même l’enquête.
On y retrouve les qualités de Clouzot en termes de noir & blanc et de cadrage (cf. la scène du miroir où on voit Bernard Blier se supposant déjà condamné à la guillotine) mais aussi ses obsessions : mari hyperjaloux interprété par un Bernard Blier bien « mollasson » face à l’exubérance de sa femme, Suzy Delair ; homosexualité latente avec le personnage de Dora (blonde comme bon nombre de femmes dans le cinéma de Clouzot) ; remarques sur la bourgeoisie (« Excusez-moi Madame, nous ne sommes pas les plus forts » dit un chauffeur de taxi lors d’une séance de reconnaissance de suspects) et même suicide avec comme dans « La vérité » la section des vaisseaux du poignet avec – point à souligner – une des toutes premières représentations au cinéma d’une transfusion sanguine effectuée de bras à bras à l’aide d’une seringue de Tzanck … Obsessions également ou mieux fidélité de Clouzot envers ses acteurs fétiches qui jouent des petits rôles tels Charles Dullin en amateur de photos de nus, Raymond Bussières, Pierre Larquey …
Le personnage d’Antoine – joué comme il se doit à la Jouvet – est troublant : il n’est pas commissaire car il a raté à 2 reprises son examen, et semble très nostalgique d’une jeunesse passée aux colonies où il a été blessé au bras droit (comme Noël Roquevert dans « Le Corbeau ») et n’a pu intégrer l’aviation (cf. le nombre impressionnant d’affiches y faisant allusion au long du film). Il en est revenu veuf avec un petit métis qui – comme son père – n’est pas très doué pour les maths et échouera aussi à son examen mais « aura quand même son mécano pour Noël » car l’enquête menée avec malice et légèreté se clôt comme il se doit un jour de Noël sous la neige.
Sans les fameuses répliques du grand Louis Jouvet spoiler: (par exemple malgré l’avertissement de son supérieur qui lui dit que vu la personnalité tuée « il faudra mettre des gants », il répond « Je n’ai pas les moyens de m’en payer » ; « C'est un faussaire qui m'a appris l'alphabet et c'est un escroc qui m'a appris la comptabilité » ou encore face à Suzy Delair qui lui explique pourquoi elle lui parait « arriviste », il répond « Moi, je suis le fils d’un larbin »)
, je pense que ce film n’aurait pas eu le succès qu’il a eu et continue d’avoir spoiler: … car comme le dit Louis Jouvet lui-même « C’est une histoire sordide et comme les histoires sordides, ça se termine en pipi de chat » !
Nicothrash

464 abonnés 3 291 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 novembre 2012
Un bon policier qui n'a pas trop mal vieilli dans l'ensemble, l'enquête est intéressante à suivre à défaut d'être très originale mais ce sont surtout les dialogues qui donnent tout son sens à ce film, ils sont pour la plupart très bons et sonnent souvent justes même à notre époque. Maintenant le son est très moyen, ce qui donne du fil à retordre pour comprendre certaines répliques trop criardes et je n'ai clairement pas aimé les phases en chanson ainsi que les musiques qui accompagnent assez mal l'intrigue. Evidemment, les acteurs sont excellents et la mise en scène parfaite pour l'époque, à voir au moins une fois, sans soucis.
Luuuuuuuuc
Luuuuuuuuc

26 abonnés 853 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 septembre 2023
« ça va peut-être te paraître extraordinaire mais Maurice est ma flamme. Oh il n’a pas l’air de brûler mais il m’éclaire. »

Après avoir réalisé deux des plus grands films noirs français de tous les temps (L’Assassin Habite au 21, 1942 et Le Corbeau, 1943), qui lui vaudront d’être suspect de collaboration dans l’immédiat après-guerre, Henri-Georges Clouzot, le maître inégalé du suspense à la française s’attaque une troisième fois à une adaptation du romancier belge Stanislas-André Steeman, après l’adaptation de Le Dernier des Six, réalisé par Georges Lacombe, 1941 et la réalisation de L’Assassin. Dans les rôles titres, on retrouve la pétillante Suzy Delair, alors compagne de Clouzot et, elle, assez justement blacklistée pour ses prises de position collaborationnistes durant la guerre, Louis Jouvet et Charles Dullin, deux des plus grands comédiens du théâtre populaire du XXème siècle, un encore tout jeune Bernard Blier, Simone Renant, hélas tombée dans l’oubli et celui qui deviendra l’un des seconds rôles les plus efficaces et les plus attachants des comédies noires (notamment via Georges Lautner et Michel Audiard), Robert Dalban, dans un petit rôle. Au rayon des surprises, on notera l’hommage à Bourvil en photo, vers la 24ème minute et à Charles Trenet à la 48ème.

Ce que l’on peut mettre en relief dans l’oeuvre de Clouzot, c’est la mise en abyme de la caméra, voyeuse, que l’on retrouve ici et dans son dernière film, La Prisonnière (1968), de manière flagrante, mais également dans de tout petits détails d’autres de ses réalisations comme, par exemple, le décolleté suggestif de Véra Clouzot nettoyant le sol dans Le Salaire de la Peur (1953). Le corps de la femme ainsi érotisé par le regard, celui du ou de la photographe, ou par celui du spectateur, de la spectatrice, est sans conteste l’un des thèmes secondaires récurrents du maître, comme une sorte de recherche esthétique de la frontière de la transgression, thème aujourd’hui largement dépassé, mais aussi de la possession perverse (ici Charles Dullin en vieux libidineux, là Laurent Terzieff en amateur d’art inquiétant), thème autrement plus contemporain, d’autant que la jalousie est également un personnage présent dans presque toutes ses œuvres, comme l’ombre de la mort dans un triangle maléfique (Les Diaboliques, 1955), jusqu’à devenir le thème central de son film inachevé, L’Enfer (1964, dont le scénario fut repris par Claude Chabrol en 1994). En poussant encore un pont plus loin, on peut aussi évoquer, sujet sulfureux pour l’époque, l’homosexualité féminine, l’attirance ressentie par Dora/Simone Renant pour Jenny/Suzy Delair, et, plus tard, le lien mystérieux qui unit Véra Clouzot à Simone Signoret (Les Diaboliques) et la fascination d’Elizabeth Wiener pour Dany Carrel (Le Prisonnière). Enfin, il y a chez Clouzot l’espoir de revanche du prolétaire, Yves Montand dans Le Salaire, Bernard Fresson dans La Prisonnière, Suzy Delair.

Si l’on excepte la diction nasillarde et suraiguë des interprètes de l’époque, on devra admettre que Clouzot est systématiquement en avance de quelques décennies sur son époque, par son audace narratrice (également dans ses dialogues, dignes de Simonin ou d’Audiard, parfois, jusque dans les traits anar) et visuelle (sa maîtrise des ombres et du relief qui préfigure Melville), hélas snobée par Truffaut qui voyait en Hitchcock un précurseur, sans comprendre qu’un autre génie du suspense et du mal oeuvrait à quelques encâblures de la Nouvelle Vague. L’histoire raconte que Truffaut s’en excusera plus tard.

Tout en étant daté, ce Quais des Orfèvres, film à tiroirs, beaucoup plus dense que ne le laisse penser l’intrigue prétexte (encore un McGuffin?), bien moins sombre aussi, n’a rien perdu de sa superbe, c’est un chef d’oeuvre intemporel, un classique parmi les classiques du cinéma mondial.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 1 décembre 2012
Pas grand chose à dire film magnifique, mise en scène impeccable, les acteurs sont fabuleux.
Parkko
Parkko

191 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 août 2013
J'ai été déçu de ce Clouzot, parce que j'adore Clouzot en général, mais là j'ai trouvé Quai des orfèvres en dessous des qualités du réalisateur. Certes, on retrouve une vraie maîtrise en terme de mise en scène, mais je trouve qu'il a déjà mieux fait en terme de réalisation, je pense par exemple aux Diaboliques. Et puis il y a un vrai problème de scénario, parce que quand même les enjeux sont très pauvres, c'est bien là que le bas blesse principalement. C'est d'ailleurs décevant de la part de Clouzot, car en général il a des scénarios en bétons derrière lui. Alors on retrouve avec plaisir les dialogues et certains de ses comédiens fétiches, mais même là, les dialogues sont pas inoubliables, à part quelques petites répliques sympas. En gros, c'est pas un mauvais film, mais tout est un peu moins bien que dans les bons Clouzot, du coup ça reste décevant.
cocolapinfr
cocolapinfr

85 abonnés 634 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mars 2015
Un vieux film policier qui vaut par ses personnages attachants et tout particulièrement l'inspecteur (Louis Jouvet) avec sa diction épouvantable et sa répartie hilarante. Pour ce qui est des jeux de "lumière" pour lesquelles Clouzot est celebre, rien de bien folichon (d'autant plus que c'est en noir et blanc), juste une utilisation excessive de projecteurs avec des ombres incohérentes (voir meme 3 ombres pour un meme personnage).
Backpacker
Backpacker

92 abonnés 789 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 avril 2015
Est-ce en raison du nom de son réalisateur que ce film bénéficie de tant d'éloges? Car honnêtement, le grand Clouzot nous a habitués à beaucoup mieux. Ce "thriller" d'époque est certes passablement bien mené. Mais la fin aurait pu être ô combien plus recherchée et retorse. Surtout de la part d'un génie comme Clouzot. De la loin pas le meilleur film de ce dernier en tout cas.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 19 août 2011
Amusant mais peu innovant cependant. Le final manque de fantaisie.
brianpatrick
brianpatrick

116 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 septembre 2010
Je l’ai vu au cinéma lors d’une diffusion spéciale. Le film semble d’actualité, originale et plein d’humour. L’un des rares film d’après guerre pas du tout ennuyeux.
Olivier G.
Olivier G.

4 abonnés 59 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 juillet 2021
Je poursuis ma découverte de Clouzot (un rapport avec l'inspecteur Clouseau de la Panthère rose ?) et je tombe une fois de plus sur un chef d'œuvre.
Comment je le sais ? Je regarde ce film en 2021 pour la première fois, 74 ans donc après sa sortie, et je suis subjugué par le scénario et le jeu d'acteur, y compris par les seconds rôles. Bon d'accord, il aura fallu attendre la moitié du film pour que la comédie du début ne glisse lentement vers le drame. L'intrigue n'est que prétexte pour nous parler de la France de l'après guerre au travers de portraits inoubliables, humain trop humains auraient dit certains. Je suis saisi par la modernité des personnages, Simone Renant en particulier (elle a un air de Lauren Bacall dans le Port de l'angoisse, incroyable que sa carrière se soit arrêtée brusquement après ce film). Humanité glaçante en cette période de fête de Noêl mais humanité quand même (et que dire de son fils dans le film dont la spontanéité fugace n'aura pas d'égal avant le petit Michel Tarrazon de L'enfance nue de Pialat).
En bref grosse émotion devant cet OVNI intemporel, après le Corbeau et avant Manon et le Salaire de la peur, autres chef d'œuvre qui marquent l'âge d'or du cinéma de Clouzot (moins convaincu par les films suivants mais je n'ai pas encore tout vu …)
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 avril 2024
En flic retors Louis Jouvet est excellent. Dommage tout de même que le reste du film ne soit pas du même niveau, notamment le couple Blier/ Delair.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 834 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 septembre 2020
S'intéressant davantage aux ressentis des personnages et à leurs déboires psychologiques face au meurtre dans lequel ils sont impliqués qu'à l'enquête policière elle-même, Clouzot nous livre un récit sur un couple entre lyrisme et sarcasmes sans que les personnages ne nous intéressent tout à fait. Justes dans leurs interprétations, les comédiens restent menés par le captivant Louis Jouvet qui confère humanité et professionnalisme à un homme aux caractéristiques cinématographiquement originales pour l'époque. La truculence de certains dialogues ainsi que la dynamique de la mise en scène rythmée par de savoureux moments musicaux renforce la réussite de cet hybride générique. Très plaisant.
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 août 2020
Un chef-d'oeuvre qui ne vieillit pas au fil des visionnages (5 en 40 ans !). Si l’histoire policière est banale et pas originale, elle n’a ici que peu d’importance. Tout est dans les atmosphères parfaitement rendues, tant celle de la PJ que celle d’un music-hall. Ambiances transcendées par une caméra virevoltante et une mise en scène de virtuose, primée à Venise. Et tout ça avec des interprétations magnifiques – Suzy Delair, Bernard Blier, Simone Renant – et l’Interprétation avec un grand I de Louis Jouvet au sommet. Maniant avec génie la froideur et l’ironie pour cacher sa profonde humanité dans une société très noire et peu glorieuse, déjà !
carbone144
carbone144

115 abonnés 843 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 novembre 2024
Une pépite agréable à suivre ; un scénario aux petits oignons ; et que dire de Louis Jouvet, cette "gueule", et son personnage d'inspecteur humain et efficace, à la répartie farouche... Clouzot nous livre là une nouvelle oeuvre magistrale qu'il ne faut surtout pas rater.
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 novembre 2020
Assez atypique, Quai des Orfèvres s'éloigne des classiques films noirs français et s'inspire plutôt du cinéma noir américain. Un climat poisseux et oppressant où le Paris du juste après guerre est parfaitement reconstitué, une histoire aux personnages ambivalents et très bien écrits, où leur tendresse se mêle parfois à la dureté. Une histoire d'amour qui passe par tout ses états. Finalement c'est une histoire passionnante où l'étrange atmosphère prédomine sur la résolution de l'énigme. Clouzot, dans son meilleur film, est moins intéressé par le côté policier que par le rapport trouble entre tous ces personnages fragiles au coeur tendre. Tout du grand film passionné. La mise en scène est remarquable, sertie de très beaux mouvements de caméra, aux plans soignés et à la musique originale et pétrie de tension. Clouzot, qui a pris bien des distances avec le roman de Steeman, s'intéresse bien plus aux rapports ambigüs entre les deux femmes, l'allusion saphique est manifeste, de même que la sexualité où des allusions sont fréquentes. La première heure du film frôle le chef d'oeuvre, le rythme est alors tendu et la photographie brillante. La partie policière n'en reste pas moins bien rendu en partie de par la façon dont le cinéaste gère les plans où se trouvent de nombreux personnages, parfois mutiques et mystérieux. Le film noir de référence est bien Quai des Orfèvres. La sexualité est bien là, de même que la tendresse qui finit par tout emporter. Suzy Delair, sexy et qui frôle la vulgarité sans réellement l'être, Simone Renant belle et à double jeu, sont remarquables. Quant à Louis Jouvet, dont la voix est pénible, recèle dans son jeu toute la fébrilité et la faiblesse d'un homme fatigué et lassé. Mais son rapport au fils a quelque chose de merveilleux. Un grand film.
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