L'ambitieux journaliste Johnny Barrett, qui rêve du prix Pulitzer, feint des troubles psychiatriques pour enquêter dans un centre de soins à propos d'un meurtre non élucidé qui y a été commis.
Le film de Samuel Fuller a, pour autant qu'on puisse en juger par sa réalisation à l'économie, sans extérieurs, et par ses interprètes de second ordre, des airs de série B. Pour autant, son sujet ne manque pas d'ambition. Ni sur la forme, avec ce travail en noir et blanc tout en ombre et lumière invoquant sans doute la dualité mentale des personnages ; ni sur le fond, où les aliénés du film osent exprimer à travers leur souffrance les maux et les tabous de l'Amérique : racisme, sexualité...communisme...
Pourtant le film ne m'a pas convaincu. Et, même, il semble avoir pris un sérieux coup de vieux dans son approche trop vulgarisatrice de la psychiatrie. Réunis dans la Rue, ce long couloir de promenade, les malades présentent des pathologies dont les manifestations m'ont paru un peu simplistes, et les comédiens, suivant un mode trop discursif pour être réaliste, se heurtent à la trop grande difficulté d'incarner des "fous".
La mise en scène de Fuller est bien trop explicite -ainsi ces annonces appuyées que le journaliste téméraire pourrait y laisser sa santé mentale. Elle abuse notamment de la voix off (du héros), comme une façon de concéder ses limites dans la suggestion ou, peut-être, pour suppléer les lacunes de son interprète principal, constamment et péniblement dans l'émotion surjouée. L'évolution de son personnage est outrancière, pas très cohérente.
Et, si on est sévère, certaines séquences relèvent quasiment de la série Z (telle cette tentative
de viol collectif sur la personne du journaliste par une meute de nymphomanes ! )
, à moins d'y voir, pourquoi pas, une intention surréaliste.