Derniers Avis : Le Charme discret de la bourgeoisie - Page 5
Le Charme discret de la bourgeoisie
Note moyenne
3,7
1069 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
96 critiques spectateurs
5
18 critiques
4
31 critiques
3
21 critiques
2
16 critiques
1
7 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Grouchy
144 abonnés
1 033 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 1 mai 2013
Inspiré du surréalisme et du culte de l'absurde, Bunuel réalise un film choral nettement supérieur aux semblables du genre, qui plus est dans un huit clos constant ( dans plusieurs salles à manger ) ; il dresse une moquerie des classes bourgeoises, reprochant l'hypocrisie ( la dispute entre Piéplu et Ray ), le mauvais goût ( le chapeau de Napoléon ). Il brise les séparations entre le réel et le rêve, où finalement, à la fin, nous ne savons plus quelle situation s'est vraiment déroulée. Il use également du son comme élément perturbateur, dont il se sert pour cacher l'absence de raisons aux actes. Au delà des dialogues et gags farfelus, il y a une critique de l'armée et des comportements snobs. Le film n'a pas d'histoire à raconter, il n y a que ce charme de la critique, du rabaissage des hautes classes et une réalisation efficace.
Le film fait penser à une succession de sketches. C'est normal, Carrière (au scénario) est connu pour laisser s'effilocher ses scénari. Du coup, autant se satisfaire avec les acteurs (Seyrig, Cassel, Pïéplu et, on ne le dit jamais assez, STEPHANE AUDRAN!). Tous apparaissent épanouis, pour une fois aucun doublage pompier ne nous casse notre plaisir de cinéphile. Un des meilleurs Bunuel d'après moi.
Il dégage une certaine classe de ce film, un réel charme ( sans jeu de mot). Les acteurs sont merveilleux, et l'histoire bien que simple est totalement loufoque. Que du bonheur !
Bourgeois trafiquant, dégustateur sélectif de Dry Martini, consommateur de relations sexuelles sous abri, évêque pique assiette à vocation jardinière, lieutenant de cavalerie en manque de confidences, Dîners maniérés constamment interrompus par des manœuvres militaires, des veillées mortuaires ou des malfaiteurs déterminés.
Les trois composants de nos sociétés bien pensantes sont sévèrement ballottés entre rêves et réalités. Les pistes réelles et cauchemardesques s’entrecroisent dans des temps virtuels appartenant aux revenants ensanglantés, livides et muets.
Dans les salons, la fumette du gradé se juxtapose avec le whisky de l’homme d’église. Des tables se retrouvent soudainement sur des salles de théâtres, le bourgeois contraint de réciter devant un public impatient sa propre panoplie existentielle.
Luis Bunuel n’émeut pas outre mesure en filmant les délires verbaux de ces nantis calfeutrés dans des salons capitonnés mêlant fantasmes nuiteux et dîners perturbés.
Il est conseillé de remonter en amont de la carrière de ce cinéaste surréaliste pour en humer un parfum plus fort
Un des sommets de la dernière période -française- de la carrière de Luis Bunuel. Même au bout de 40 ans le film n'a pas perdu de sa force corrosive. Dénonciation tragi-comique de l'hypocrisie du monde bourgeois, Bunuel met en scène un intelligent ballet entre scènes réalistes au bord de l'absurde et incursions dans le monde du rêve, dont on ne se demande toujours s'il s'agit de la réalité ou pas. Certaines situations restent gravés en mémoire: l'échappée "crapuleuse" de Stéphane Audran et Jean-Pierre Cassel, alors que les invités attendent au salon, la visite de l’évêque (Julien Bertheau) qui demande a être embauché comme jardinier, les derniers sacrements ordonnés par l'évéque à un jardinier qui s'avère être l'assassin des parents du premier, le cocktail chez le colonel (Claude Piéplu), l'arrestation de tout ce petit monde pour trafic de drogue, et la dernière scène impayable... Comme d'habitude Bunuel égratigne en règle l'église au travers du personnage de l'évèque, incarné avec malice et talent par Julien Bertheau, lui-même soumis aux conventions et à au propre égoïsme de sa caste d'origine, "en assassinant son propre rêve" ... Chaque personnage est très bien écrit, leur psychologie personnelle dénonçant un ou plusieurs travers que Bunuel et Carrière veulent dénoncer: le couple Audran/Cassel, prétentieux et conformiste, reçoivent toujours dans le seul but d'afficher leur "réussite sociale", le couple Seyrig/Frankeur, toujours accompagné de Bulle Ogier, soeur de Delphine Seyrig, sont à eux trois de véritables pique-assiettes mondains, Bulle Ogier, elle, caractèrise l'alcoolique mondaine un peu "blonde" qui n'a pas grand chose à dire d'intéressant et Fernando Rey, l'ambassadeur/trafiquant de drogue, a finalement le personnage le plus détestable, le plus veule et le plus comique, en fanfaronnant à qui veut l'entendre que son pays est une démocratie, voir un paradis, alors qu'on y assassine a tour de bras et qu'on y accueil des criminels nazis en fuite qu'il "trouve" raffiné... A travers lui, Bunuel règle ses comptes avec les dictatures sud-américaines voir l’Espagne, décrites comme des républiques bananières et corrompues... Le personnage le plus riche ?! Certainement, avec l’évêque... Au delà de la bourgeoisie, il s'agit surtout d'une farce féroce sur ceux qui détiennent le pouvoir et les institutions dirigeantes (église, politique et armée), à milles lieux des préoccupations du "petit peuple" que tous méprisent au plus haut point...
Le film commence de manière assez classique mais progressivement tourne au surréalisme (comme souvent avec ce cinéaste). Buñuel s'attaque une nouvelle fois à la bourgeoisie, militaire et au clergé. Côté mise en scène rien de génial mais les interprétations sont convaincantes.
Les situations sont drôles, iconoclastes, insolites. Le rêve s’incruste souvent dans la description de cette bourgeoisie soudainement ébranlée dans ses habitudes. Et l’on suit avec délectation les pérégrinations de cette petite troupe sans se perdre grâce à une limpidité exemplaire du scénario auquel le grand talent de Jean-Claude Carrière n’y est certainement pas pour rien. Casting exemplaire et au diapason. Un des meilleurs films de Luis Buñuel remarquablement réalisé par ailleurs. Chez quel cinéaste trouver aujourd’hui cette liberté de ton et cet imaginaire si riche et inventif ?
Une des petites merveilles de la fin de carrière de Luis Buñuel ! Une moquerie dénonciatrice et provocante de la bourgeoisie, a la fois pleine d'exagération et de justesse, délicieusement assaisonné d'un humour cinglant et terriblement ravageur, "Le Charme Discret De La Bourgeoisie" est sans conteste l'un des films représentant le mieux le talent du réalisateur, notamment lorsqu'il nous montre que tout cela n'est qu'une vulgaire pièce de théatre et que nos personnages n'étaient inconsciemment que des acteurs. Une œuvre intensément drôle et surprenante, gorgée d'un génie subtil et d'un coté critique des plus percutants.
Cette critique surréaliste et symbolique de la bourgoisie est menée grâce à un humour décalé qui la rende accessible au plus grand nombre. Le spectateur en vient à s’amuser des jeux de l’auteur qui pétrit à loisir une matière certes desctructurée mais qui renvoit de manière subtile à une réalité finement obervée. Cette observation poussée d’un univers par un auteur étranger et l’absurdité des situtations en fait un classique du genre. La critique est en effet aserbe : un mileu clos et replié sur lui-même, des individus autosatisafaits qui croient tout connaître et passent leur temps à se donner rendez-vous pour manger, un repas n’a jamais lieu à cause de l’égoïsme ambiant dans une bonhommomie et une vacuité déconcertante. Les cauchemards des convives à la fin du film permettent à l’auteur de réglér définitivement leur compte à tous ces nigauds de manière lofoque et jouissive à la fois, même si l’auteur ne se prive pas de trainer parfois en longueur et d’être répétitif à foison.
Un film plutôt atypique et assez décalé. J'ai vraiment bien aimé. Il est vrai qu'on peut se demander dans quelle mesure son film reflète une certaine réalité, ou si au contraire il ne fait que reprendre des vieux clichés, ou exagérer certaines réalités ? Quoiqu'il en soit, son film reste divertissant et sympathique. Tous les dîners entre les bourgeois qui s'annulent, c'est vraiment marrant à voir, tout bête mais vraiment divertissant. Le film est complètement décalé, avec parfois certaines scènes on se demande où on est. Dommage que vers la fin, le film semble trouver ses limites, et tombe dans une surenchère.
Typiquement le genre de comédies que j'adore, c'est drôle, pertinent, méchant, un peu tordu. Je pense qu'il s'agit ici peut-être du film de Bunuel que j'ai vu que je préfère. Il est intéressant à décrypter, les acteurs sont géniaux, l'aspect labyrinthique prennant de plus en plus d'ampleur, jouant avec le spectateur ne lui laissant que rarement une longueur d'avance, lui coupant l'herbe sous les pieds. Bref cette vaste moquerie, mais pertinente, de la bourgeoisie vaut le détour. De plus la mise en scène jouant avec les conventions est un régal.
Buñuel présente ici avec cynisme et non sans succès les derrières de la bourgeoisie. Il manie très bien le comique de situation en créant une histoire sans queue ni tête qui réussi plus ou moins à faire perdre pied au spectateur. Les tréfonds des âmes de ces bourgeois coincés, révélé par leur rêve le plus fou. On sourit de nombreuses fois. Le film est plaisant et passe comme une lettre à la poste. Ni plus ni moins.
Un film surprenant. Beaucoup de bonnes idées de mise en scène. Un peu insolite. Je pense qu'une deuxième vision de ce film est à conseiller pour en prendre la pleine mesure! (notamment mieux comprendre les rêves de chacun). Voici donc le style Bunuel...
Venu dans l'Hexagone finir sa filmographie (après un retour d'exil du Mexique et alors que Franco, dirigeant de sa patrie, était à l'agonie), Luis Bunuel réalisa en 1972 "Le charme discret de la bourgeoisie", satire décapante des moeurs de personnages hautement placés dans la société, le tout teinté d'un surréalisme inspiré. Tout commence comme une comédie noire et grinçante un peu théâtrale où les dialogues remarquablement écrits s'enchaînent à un rythme élevé. La mise en scène se veut prudente au premier abord, reculée jusqu'à revendiquer un académisme à l'ancienne, celui des films bavards des années 40. On peut trouver cela sommaire tout en appréciant à leur juste valeur des situations croustillantes servant un propos anti-bourgeois virulent et cynique dont beaucoup se délecteront (moi le premier). Puis, les cibles se diversifieront et comme d'habitude, l'Eglise comme l'armée prendront quelques savoureux bons coups derrière les oreilles. Ce qui ne devait être qu'une comédie sociale devient tout à coup une formidable fable surréaliste narrant une succession de rêves tous plus absurdes et savoureux les uns que les autres. Pas effrayé par l'excès ni les redondances (bien lui en a pris, autant s'assumer tel que l'on est), Bunuel parsème son récit d'ellipses et retours en arrières troublants, quitte à tomber (pour ceux qui ne seraient pas fans) dans la lassitude. Idem en ce qui concerne quelques révélations masquées par un "truc" primaire et utilisé trop facilement. "Le charme discret de la bourgeoisie" traîne sans aucun doute de petites lacunes. Il n'empêche qu'il demeure l'un des films les plus réussis et les plus emblématiques de son auteur, ne serait-ce que par la finesse des flèches tranchantes qu'il distribue sans arrêt ou par la beauté de ses images donnant une poésie touchante et honnête à d'intelligentes séquences maniant enjeux esthétiques et psychologie un peu tordue avec un brio indéniable. Idéal pour se lancer dans la riche filmo du grand L. Bunuel.