Une nouvelle fois les frères Dardenne n'hésitent pas à plonger d'emblée le spectateur dans une triste réalité quotidienne. Cette crise dont ne sait plus vraiment si nous nous en sortons, ou si au contraire nous allons finir par être définitivement engloutis.
Les réalisateurs évoquent dans le dossier de presse que l'histoire est tirée d'un fait réel, cela parait, assez invraisemblable. Scandaleux si telle est la vérité.
Des scènes répétitives, sous le soleil, allant d'appartements à des maisons particulières, une laverie et un terrain de foot n'en sont pas moins différentes par l'émotion qui s'en dégage.
Moralement aidée par son mari, à la fois efficace et amoureux, rôle interprété par un habitué des réalisateurs, l'excellent Fabrizio Rongione, l'héroïne se retrouve néanmoins seule pour solliciter de ses collègues l'abandon d'une prime qui lui permettrait de ne pas perdre son travail.
Affublée d'un jean quelconque, d'improbables tee-shirts, et coiffée à la va vite, Marion Cotillard excelle sous la direction des frères Dardenne. Dépressive, mère attentive, femme pugnace aussi, l'actrice est présente dans chaque scène. Le spectateur suit son parcours avec intérêt et une réelle émotion.
Rien de très joyeux et pourtant une lueur d'optimisme éclaire la fin du film.
la réalité du marché du travail, sans fard, ni filtre. une histoire réaliste, celle que vivent beaucoup de gens simples (Marion Cotillard, très sobre et juste). ça fout un peu le cafard, mais rien d'insurmontable. le tout est un film d'auteur honnête, brute et sans chichi, comme les frères Dardenne ont l'habitude de nous offrir. un peu plus de peps serait le bienvenu pour le prochain!
Le nouveau film des frères Dardenne est particulièrement intéressant. Plans-séquences avec un cadrage serré, nous suivons Sandra qui se débat pour sauver son emploi. Au fur et à mesure du film, elle se rends chez ses collèges un par un afin de les convaincre de renoncer à leur prime de 1000 euros. Il s'agit du point fort du film: les réactions traduisent bien, sans manichéisme, les dilemmes que Sandra provoque dans la vie de ses collègues. Le film ne manque pas de défauts (Marion Cotillard et sa diction particulière par exemple) mais il permet de réfléchir aux thématiques essentielles que sont le capitalisme, l'altruisme et la morale.
Malgré le jeu de Marion Cotillard on s'ennuie sur un scénario sans surprise. Yolande Maurot a fait mieux et Ken Loach est largement au dessus. Bref on s'ennuie beaucoup
Je retiens surtout la phénoménale capacité d'immersion ... oui ... de la "Cotillard" dans un monde qu'elle ne doit pas côtoyer souvent, sauf l'espace d'un film. Je reconnais qu'elle est une superbe (au sens le plus fort) actrice. Je veux bien accepter l'idée que les Dardenne sont passés maîtres dans l'art d'analyser les maux de notre société .. mais, personnellement, je me demande encore et toujours si leur démarche relève de ce que j'apprécie au CINEMA ... j'ai accompagné Madame sans être convaincu et, au final, je persiste et signe à trouver que ce genre de documentaire sociétal ... OUI ça me gave ! Je laisse ma note à 3 because la prestation de Marion !
Habituellement je ne suis pas très fan de Marion Cotillard, mais là je ressors scotché par son interprétation. Elle arrive a faire passer tant d'émotion, comme par exemple les petits sourires qu'elle peut faire à son mari. Les Dardenne ne font pas de concessions : leur cinéma est celui de la vie, avec sa dureté sans jamais faire appel au pathos. Un scénario de tragédie. Un très beau traitement. Merci.
"Bonjour, je m'appelle Sandra, je travaille chez Solwal et je viens te voir car avec Juliette on a vu M. Dumont et il est d'accord pour que l'on refasse le vote lundi matin. Jean-Marc aurait influencé plusieurs des employés pour qu'ils votent contre moi..." Voilà la principale réplique que Marion Cotillard va répéter une petite dizaine de fois durant les interminables 90min de ce film ennuyeux à mourir. Et c'est tout.
Le film est construit sur une invraisemblance complète. Ensuite, il s'agit d'une sorte de road movie social. Corbillard porte magnifiquement le film. À conseiller aux bobos de gauche à la mauvaise conscience !
Pour la seconde fois, après Cécile de France dans Le gamin à vélo, les frères Dardenne font appel à une actrice connue, et même cette fois internationalement connue, pour incarner l’héroïne de leur énième drame social. Peut-être doit-on y voir là un recul dans la démarche néoréaliste de leur cinéma, et pourtant la simplicité de la mise en scène et le cadre modeste de l’intrigue restent similaires depuis plus de quinze ans. Peut-être est-ce parce qu’ils semblent être incapables de renouveler de leur cinéma-vérité que leurs films n’ont plus rien de surprenant. Ici, c’est le combat que mène Sandra pour récupérer son emploi qui sert de catalyseur à la misère sociale dénoncée dans le film puisque, en allant réclamer clémence à ses anciens collègues au détriment d’une prime, elle pose la question du choix à faire entre solidarité et individualisme en cas de crise économique. Cette décision difficile, qui peut aisément être élargie au niveau politique, passe malheureusement par une suite de dialogues répétitifs ainsi que par une histoire de résolution démocratique, qui est en réalité légalement irrecevable, qui donne une image erronée du monde de l’entreprise.
Magnifique film des frères Dardennes, admirable jeu de Marion Cotillard. Un film puissant révélateur de l'humanité aux prises avec un ordre économique destructeur. Un film qui donne envie de croire à l'humain de l'humain.
Un choix absurde, comme tant et tant dans nos sociétés modernes, absurde pour ceux qui le vivent, mais pas tant pour ceux qui en sont l'origine, comme nous le montre la fin du film, en tout point remarquable. Et à partir de ce postulat, la lutte, d'une femme, d'une famille, pour la vie, la survie, l'honneur, le respect de soi, des autres. Chaque visite est prétexte à découvrir les multitudes facettes de l'être humain, de la compassion et la générosité, à la fermeture et l'égoïsme. Pas de jugements cependant des frères Dardennes, qui, à l'instar d'un Ken Loach, donnent à montrer les relations humaines et les luttes de classe. C'est un film très beau, très fort. On connaît la réalisation des frères, et ils ne faillissent pas à leur réputation. La bande son est correcte, l'image aussi. Bien qu'il ne se passe, finalement, rien, en terme d'action, on se laisse porter et prendre par cette histoire simple et complexe à la fois. Les acteurs y sont pour beaucoup, en particulier M. Cotillard, toujours juste. La déclaration finale de l'héroïne spoiler: "On s'est bien battu...Je suis heureuse" retentit presque comme un cri de victoire, sur elle, sur la société...
Avec 2 jours, 1 nuit, les frères Dardenne réalisent leur film le plus accessible et peut être, pour cette raison, selon moi, leur meilleur. Sans un être un vrai fan de leurs films précédents, j'appréçiais leur direction d'acteurs et leur mise en scène. Ce film est exceptionnel car, il cerne encore plus la psychologie humaine. Ceci est visible à travers ce qui pourrait faire croire à des maladresses du scénario lors des revirements des employés que la femme doit convaincre. C'est un film très humain, simplement. La mise en scène, simple, est d'une grande efficacité (beau jeu des cadrages, de la lumière). Le film va très vite. Tous les interprètes, y compris les figurants, sont sensationnels. Dans un jeu expressionniste, Marion Cotillard est exceptionnelle. On devine plus ses émotions qu'on ne les voit. Les Dardenne sont des cinéastes béhavioristes. Nulle volonté de montrer les causes des dysfonctionnements (chômage, travail précaire, dépression ....) Seulement, les effets sont montrés. Le film est trépidant, le suspens est là, généré par la caméra et les acteurs. Un thriller social et psychologique où l'héroïne est en quête d'identité poussée par un mari coach (belle idée de scénario). Le film, à hauteur d'homme est empreint d'humanité mais la violence sourd et explose, d'une même qu'une joie simple (belle scène de la voiture la nuit). 2 jours, 1 nuit est un film à la fois réaliste et humain, d'une grande simplicité à l'image d'une fin éblouissante à pleurer.
Sublime. Un film qui monte en puissance, l'air de rien, des touches "impressionnistes", espoiler: t qui prend tout son sens dans sa scène finale. Rien vu d'aussi fort depuis le "Voyage en Anatolie"...