Un film qui a fait couler beaucoup d'encre, notamment pour les problèmes qu'il avait causé chez Sony suite au piratage de la société par des hackers supposés nord-coréens. Bah oui, un film américain qui descend ouvertement la Corée du Nord et qui tourne en ridicule Kim Jong-un, il y avait de quoi énerver ce dernier ! Mais finalement, beaucoup de bruit pour pas grand-chose car si le film n'est pas mauvais, il n'en reste qu'une comédie potache surtout produit de son époque. Nous sommes en 2014 et la comédie bien grasse américaine a le vent en poupe depuis quelques années. Il n'est donc pas étonnant d'en voir un de ses principaux acteurs aux commandes, à savoir Seth Rogen, dont je n'apprécie pas tellement le style. Pourtant ici, je dois dire que j'ai apprécié cet espèce de côté régressif qui en fait parfois des caisses mais qui parvient quand même par moments à être drôle, notamment lorsque les deux personnages sont victime de leur propre bêtise. Et puis, j'ai apprécié aussi l'univers et le ton complètement décalé de l'ensemble. Ton d'ailleurs donné d'entrée de jeu avec la révélation d'Eminem, le film nous dit d'emblée que nous sommes dans une sorte de réalité parallèle, une fiction un peu débile qui est un pastiche de notre société, notamment de ses rumeurs ou croyances. Et quoi de mieux que la Corée du Nord, terreau très fertile au fantasme collectif, pour exploiter tout ça ? Alors attention, je ne dis pas que la Corée n'est pas une dictature avec des camps et un peuple qui crève la dalle mais simplement, on aura par exemple des magasins factices, un Kim Jong-un fan de Katy Perry etc. Et le film est plutôt malin puisqu'il prend ces clichés pour complètement les renverser la scène d'après, nous représentant un dictateur finalement assez sympa et victime de rumeurs. Bon, sans poiler, vous vous doutez de la suite des évènements mais le film n'est finalement pas si manichéen que ça même si les américains en sont une nouvelle fois les héros. Le film nous présente finalement un peuple coupé du monde et dans l'ignorance ; la Corée du Nord n'est finalement pas l'ennemi mais simplement le fou qui la dirige. Et ça, c'est beau !