Seule réalisation de Dalton Trumbo immense scénariste dont la carrière avait été freinée par la liste noire. Johnny got his gun est un grand film humaniste et antimilitariste. Un film qui m a beaucoup fait penser dans son style et son humanité a Éléphant Man avec un sujet pourtant très différent. Sa grande force est de nous faire partager la douleur de ce personnage enfermé dans son propre corps et dont le contact et l échange avec d autres humains et la chose qui lui manque le plus. Avec metteur en scène plus chevronné je l aurais sûrement qualifié de chef d œuvre.
Un film incroyable, réalisé par Dalton Trumbo, d'après son livre. Trumbo a été blacklisté pendant le maccarthysme. Le film est très dur mais fait sentir les absurdités de la guerre au travers d'un soldat grièvement blessé, prisonnier de son corps. A voir absolument. Un classique.
Le corps d'un soldat inconnu, explosé sur le champ de bataille par un obus, est rapatrié à l'hôpital. Le chirurgien principal ne décide de maintenir le soldat en vie et de surveiller personnellement sa cicatrisation que dans un but de curiosité scientifique : il s'est en effet convaincu que les dommages subis au cerveau suffisent tout juste à maintenir les fonctions vitales du soldat et excluent la conscience. Seulement, le film fait soudain resurgir aux yeux du spectateur les souvenirs vivides cet homme inerte sur son lit de mort, sur son lit de vie. Il sera difficile de ne pas s'attacher à cette pauvre créature. Au travers des souvenirs marquants d'une courte vie presque toute enfance et adolescence, ce sont l'amour romantique autant que filial, la culpabilité, la joie, le déchirement et la délicatesse qui sont brossés presque d'un trait, d'un seul trait, juste et direct. Au travers des divagations, des rêves sous sédatifs, ce sont la philosophie et la spiritualité qui colorent toutes ces expériences. Si ce film se trame autour d'un fervent antimilitarisme et met en exergue, comme beaucoup d'autres films avant et après lui, l'absurdité de la guerre, il dépasse de très loin cette seule thématique. Johnny got his Gun est une œuvre universelle dont l'absolu interroge de nombreux sujets depuis sa réalisation, et qui continuera d'en interroger de nouveaux à mesure que ceux qui la visionneront le feront depuis une nouvelle époque : le soin médical, l'acharnement thérapeutique, le devoir patriotique, l'humilité, la compassion, l'ontologie, l'être, ... La réalisation juste a su donner à chaque scène son rythme ou sa lenteur, sa vérité ou son onirisme, ses pulsions de vie ou ses pulsions de mort, l'isolement ou la tendresse de la situation.
On comprend que ce film ait secoué les spectateurs à sa sortie. Une narration sobre et tragique, un personnage principal sensible et humain, un monde sans Dieu, sourd à tous les SOS que leur ont envoyé les troupes en guerre. Ce héros a non seulement subi les douleurs physiques des tranchées, mais il doit affronter les tortures psychologiques de l'après-guerre qui sont encore plus terribles. Une fable à la mise en scène originale, ornée de symboles, alternant scènes du présent et scènes de rêves.
Mon dieu c'est certainement le film le plus horrible que j'ai pu voir, c'est absolument affligeant, autant la mise en scène que l'histoire et le jeu des acteurs , tout est d'un ennui mortel. A la rigueur ça pourrait devenir un bon film comique ..
Ayant découvert le film en salles mais sur le tard après l'avoir longtemps imaginé, Johnny Got His Gun m'a décontenancé : je pensais que le film se déroulait entièrement à l'hôpital et en noir et blanc, alors que Dalton Trumbo inclue des flash-backs de la vie de son martyr en couleurs (et qui ne sont d'ailleurs pas les moments les plus inspirés ou ayant le mieux vieillis du film). Cela reste en tous cas une expérience très forte et radicale, sans doute le film le plus absolument antimilitariste qui soit, avec son héros réduit à l'état le plus essentiel d'humanité - la conscience brute - pour dénoncer un monde lui aussi au niveau le plus minime d'humanité.
un réquisitoire contre les horreurs de la guerre....après un tel film ( et un tel livre) comment peut il y avoir encore des guerres. pas étonnant qu il ait été interdit.....
Johnny a tout. Un travail, une petite amie, de l'espoir et des rêves ; un avenir, qui s'annonce radieux. Car, la vie est belle. Oui mais voilà, il y a cette foutue guerre. Engagé pour accomplir "son devoir" envers la patrie, il quitte sa vie rangée. Comme tant d'autres jeunes, il ne mesure pas ce qui l'attend : La boue, la crasse, les balles et les obus qui sifflent, la peur. De se faire tuer, mais aussi de rencontrer l'autre. L'ennemi. Celui qu'on doit tuer. Qui est-il ? Quelle importance ? C'est l'ennemi. Un pauvre type comme tous les autres, qu'on a embrigadé pour faire le nombre, alimenter l'inextinguible brasier. Qui consume tout, à commencer par les hommes au front. Gravement blessé, réduit à l'état de "légume" incapable de ne plus rien faire - sinon bouger la tête -, mais toujours conscient, Johnny va quitter un enfer pour un autre : être prisonnier de son corps, et de la solitude. On le croit mort ; il est pourtant toujours en vie. Cette situation inouïe provoque d'abord un sentiment d'effroi. Petit à petit, il se mue en désespoir. Quel temps fait-il ? Quelle heure est-il ? Quel jour, quel mois ; combien de temps est passé depuis le jour ou tout est parti en vrille ? Que deviennent les êtres aimés ? Impossible de savoir. Le diagnostique du médecin étant établi, il est inconcevable de le remettre en cause. Et Johnny, qui est toujours là, prisonnier de sa situation. Il peut bien tout tenter, c'est peine perdue. Plus homme, ni jeune amoureux, ni rien du tout ; il est une sorte de chose clouée à un lit, et qu'on maintient en vie car... c'est comme ça, et pas autrement. Telle est l'injustice de cette histoire, portée par quelques scènes d'une extraordinaire humanité. La guerre est une monstruosité qui bousille tout. "Dulce et decorum est pro patria mori" - Il est doux et honorable de mourir pour sa patrie, qu'il disait l'autre, Horace. Mais autant que ça soit les autres, hein. Venant de quelqu'un qui est mort bien tranquille dans son lit cette phrase pourrait prêter à sourire, si son esprit n'avait pas été repris dans tous les discours nauséabonds qu'on nous sert sur la guerre. Quelle plaie.
En 1971, le réalisateur américain Dalton Trumbo signe son premier et unique long-métrage. Il s’agit d’un film bouleversant qu’il est impossible d’oublier après l’avoir visionné. Un soldat complètement atrophié se retrouve sur un lit d’hôpital. Incapable de parler mais conscient, il tente de communiquer avec le personnel médical tout en se remémorant son passé. A partir de ce concept narratif glacial, le spectateur est embarqué dans un tourbillon d’émotions, allant de la révolte à la compassion tout en souhaitant intérieurement que le terrible sort de cet homme prisonnier de son corps prenne fin. Certes, les délires oniriques, constitués de nombreux flashbacks, créent un rythme hachuré d’inégale valeur. Mais, la portée universelle et intemporelle du message emporte tout sur son passage. Bref, une violente critique de l’absurdité de la guerre et de l’acharnement thérapeutique.
Film très intéressant et marquant sur les horreurs de la guerre ou la cruauté de la science, qui a aussi inspiré la chanson "one" de Metallica. C'est glauque et oppressant, évidemment la lenteur peut rebuter, mais autrement le film ne serait pas crédible. A voir.
Seul et unique long-métrage réalisé par Dalton Trumbo, Johnny s’en va t’en guerre est un pamphlet pacifiste et antimilitariste sorti en pleine guerre du Viêt Nam. Un film à la fois très politique et émouvant.