1722 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
187 critiques spectateurs
5
15 critiques
4
43 critiques
3
56 critiques
2
44 critiques
1
21 critiques
0
8 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Flaw 70
277 abonnés
422 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 26 novembre 2015
On ne compte plus le nombre d'adaptations cinématographiques des œuvres de Shakespeare qui ont vues le jour au fil des ans. A chaque époque plusieurs réalisateurs se sont succédé pour apporter leurs propres visions de ses écrits avec plus ou moins de succès. Et c'est une tendance qui ne semble pas prête de s'arrêter et c'est Justin Kurzel qui aujourd'hui apporte sa pierre à l'édifice. Mais y a-t-il encore une approche intéressante et originale à avoir sur les pièces de Shakespeare ? C'est ce qu'a voulu démontrer Kurzel et il a pu profiter de la sélection officielle au dernier Festival de Cannes pour faire valoir sa vision même si elle est loin d'avoir fait l'unanimité malgré des retours globalement positifs. En ce qui concerne l'intrigue, il n'y aura rien à redire, l'histoire est probablement connue de tous et ici elle reste dans sa globalité sur les traces de la pièce de Shakespeare. C'est l'angle d'approche choisi par le scénario qui se ferra plus intéressant. Se concentrant plus sur l'aspect mystique de le l'oeuvre, il va créer une étude fiévreuse sur la violence et ses conséquences, en faisant de Macbeth un homme traumatisé par les batailles perdant peu à peu la raison. Ici il est moins question d'avidité et de noirceur humaine même si l'on retrouve ça dans une certaine mesure avec Lady Macbeth, son intrigue étant plus proche de l'oeuvre originale, mais il est question de la perte des repères et de la raison, cette folie va au delà de l'homme même si elle s'inscrit ici dans leurs natures la plus profonde. Mais en embrassant totalement ces ambitions occultes, le film en néglige son facteur humain, il s'intéressent au microcosme de la violence et de ses ramifications mais en contrepartie offre un récit désincarné et qui n'a que peu à dire. Il n'y a au final que peu de développements et de psychologies, on reste en surface et ce que cette histoire gagne en brutalité, elle le perd en intelligence. Tout ici n'est là que pour servir la mise en scène. On est dans une oeuvre picturale et rien de plus nous offrant de magnifiques tableaux mais souvent un peu vide. Néanmoins l'ensemble se montre hypnotique et assez fascinant malgré de gros problèmes de rythmes, faute à un montage trop lent offrant un ventre mou qui parait parfois interminable. Il compense cela par une photographie de toute beauté de la part de Adam Arkapaw. Il arrive à cristallisé la fureur brute et sourde de cette histoire, créant une atmosphère étouffante, presque palpable. Offrant souvent des visions somptueuses notamment durant le premier et dernier tiers du film, se rapprochant de ce que 'on a déjà pu voir dans le Valhalla Rising de Nicolas Winding Refn. Le score musical n'est aussi pas en reste, Jed Kurzel offrant des partions écossaises sublimes et enivrantes se montrant souvent épiques. Par contre la mise en scène de Justin Kurzel, ne sera pas parfaite et tombe souvent dans l'esbroufe. Une certaine prétention se dégage de l'ensemble, il aime se regarder filmer et ça se voit notamment quand il tombe dans des ralentis totalement gratuits et se place en poseur de manière tapageuse. C'est beau, le constat est indéniable mais ça manque énormément de retenue, avoir un rendu plus humble n'aurait pas été un mal à certains moments. Il faut quand même reconnaître que l'ensemble est incroyablement bien tenu et abouti et le cinéaste a assurément du talent à revendre. Surtout que le film est interprété par un casting magistral, chaque acteurs offrent des performances puissantes et incarnées accentuant l'aspect fiévreux de l'oeuvre. Michael Fassbender est impérial souvent cabotin et extravagant mais totalement dans le ton de son rôle se réappropriant son personnage avec maestria. Il forme avec Marion Cotillard un couple convaincant et elle arrive à retransmettre à merveille les différentes facettes de son personnage, qui est probablement le plus complexe du film. Elle est ici tout simplement parfaite. Mais ici la véritable surprise viendra de Sean Harris, qui brille par sa justesse et son intensité. Acteur souvent habitué aux seconds rôles ou à incarner des méchants, il est ici admirable et prouve que parfois les seconds couteaux peuvent être plus impressionnants que les acteurs principaux. En conclusion Macbeth est avant tout une expérience sensorielle et esthétique plus qu'une oeuvre intellectuelle. C'est une chose qui peut déstabiliser surtout que le film se complet parfois dans l’exposition de ses tableaux superbes mais vide. On est donc face à un rendu tout aussi hypnotique et fascinant que désincarné et un peu chiant. Car le film est long, parfois trop lent et pour retranscrire un trip de fureur et de violence il aurait gagné à être plus concis. Néanmoins on est face à du bon cinéma, la mise en scène malgré sa prétention est techniquement irréprochable, aboutie et maîtrisée tandis qu'elle est accompagnée d'un casting parfait. On passe donc un moment atypique, qui mérite d'être vécu une fois et qui se révèle, malgré ses limites, assez marquant.
Étrange parti-pris du réalisateur de ce Macbeth version 2015, qui passe après des réalisateurs aussi importants que Roman Polanski, Akira Kurosawa et surtout Orson Welles. En effet, Justin Kurzel essaie de faire oublier au maximum l'origine théâtrale de son film. Ainsi, il coupe énormément de dialogues pour mettre de nombreux passages silencieux se voulant métaphysiques mais qui se révèlent au final assez lourds, le tout renforcé par une musique de Jed Kurzel (le frère du réalisateur) très pesante. Ainsi, si on ne connait pas la pièce, il est difficile de bien comprendre des aspects importants de l'histoire (tout ce qui concerne les références à la forêt en marche notamment). De même, le choix de montrer l'assassinat de Duncan et non de le suggérer n'est pas très convaincant : la comparaison inévitable avec la même séquence uniquement filmée de l'extérieur dans le film de Welles est ainsi loin d'être à l'avantage de l'adaptation de Kurzel. Tout cela est dommage car les interprètes, Michael Fassbender et Marion Cotillard en tête, sont tous très convaincant et car la photographie de Adam Arkapaw est très belle (même si les ralentis lors des scènes d'actions sont très lourds). Malgré quelques points intéressants, Justin Kurzel signe une adaptation très lourde et réussit à rendre Macbeth, une des meilleurs pièces de Shakespeare, ennuyante. Il vaut mieux revoir une fois de plus l'adaptation d'Orson Welles.
Une étrange proposition qui m'a plutôt plu, même si je me suis senti écrasé par le poids de la réalisation. Réaliser une pièce de Shakespeare, qui plus est en gardant le texte d'origine, en allant chercher deux acteurs costauds, et en voulant autant mettre sa patte de réalisateur, c'est plus qu'ambitieux. Une volonté évidente de garder un rythme lent (on le voit dès la bataille du début), une photographie très stylisée, une musique fort présente (et qui m'a parfois gênée), des costumes somptueux, des textes déclamés sur de superbes images qui s'enchainent (on aurait même cru à du Terrence Malick par moments)... Tout ça donne une proposition artistique qui m'a fort écarté de la dimension émotionnelle qu'une telle tragédie aurait pu amener. Sans aucune marge de manoeuvre, enfermé entre le réalisateur et Shakespeare, Fassbender parvient cependant à livrer une performance bluffante, à la fois forte, nuancée et parfois en retenue. Cotillard joue comme d'habitude, en pleurnicheuse sournoise... J'aurais aimé une plus grande progression dans la dimension tragique de la pièce. Là, Mc Beth bascule trop vite à mon goût. Au final, c'est dur de noter : un film qui rebutera le grand public, qui interrogera ceux qui aiment voir des oeuvres différentes.
Je connaissais vaguement cette histoire. Je n'ai pas du tout accroché au film très violent, malsain, cruel. Par ailleurs il est très long et particulièrement ennuyeux.
Une histoire ennuyeuse, interminable, insoutenable et cruelle. J'ai détesté complètement. Seuls les paysages sont bien et encore car c'est toujours dans le gris, le froid, la pénombre.
J'ai trouvé ce film carrément horrible et donc les cruautés montrées insoutenables. Les acteurs jouent très bien mais pourquoi s'infliger un tel supplice ? Je regrette vraiment.
J'avais bien entendu parlé de cette oeuvre avant de voir le film. Au final, je n'ai pas du tout aimé ce film. Cela est trop pénible et cruel pour moi dans l'ensemble.
ce qui manque à ce film ce sont les ruptures de ton, la folie, le merveilleux, la couleur. L'image est trop sombre comme pour renforcer la noirceur des situations. les sorcières en deviennent réalistes et l 'apparition de Banquo banale, les remords de Lady Macbeth dignes d'une confession de bigote. Qu'on nous rende la magie, l'élan et la folie de Shakespeare ou qu'on la transcende !
Un film qui comprend une reconstitution historique, j'adhère. Un film avec M.Fassbender et M.Cotillard ? Super !! Premier point: ce film est beau. Les paysages qui s'enchaînent sont juste magnifiques et la scène finale, les jeux de lumière sont impressionnants. Du côté de la photographie et de la réalisation, pareil, aucun problème: le réal fait son job et il le fait bien. Deuxième point: Le duo qui porte le film est brillant (vraiment). Bien dirigé, ces deux acteurs font des merveilles et les voir à l'écran ensemble donne quelque chose de distingué. Cotillard crève les yeux tant par sa prestation que par sa psychologie; à mes yeux, elle a de nouveau prouvé qu'elle est une grande actrice après quelques écarts (rappelez-vous, The Dark Knight Rises). Fassbender est bon, voir très bon. Il a le rôle sur le bouts des doigts et il ne perd pas une seconde sa crédibilité. Là où le film pêche selon moi, c'est dans sa profondeur et ses quelques passages trop lents sans grands intérêts. Le film s'enfonce peu à peu dans une lassitude dont il n'arrive pas à sortir. Le sort de Cotillard est bien trop vite expédié, à mon sens: on a un peu le sentiment de rester sur notre faim. Mais soit, c'est une belle oeuvre
« Macbeth » est certainement la tragédie la plus sombre et la plus violente de Shakespeare. Au théâtre la violence est suggérée, dite. Au cinéma c’est autre chose, la montrer en images reste un choix du metteur en scène.
Ici, tout ce qu’on sait des crimes de Macbeth est devenu visuel.
Le texte original de Shakespeare est déclamé. Brillamment je trouve. Sans hystérie, ni théâtralité, peut-être avec une folie plus sourde, mais grandissante.
L’histoire se joue dans une Ecosse magnifique, brumeuse et enflammée, à une époque où la vie était rude dans un climat sauvage et guerrier.
Je pense que c’est une interprétation à voir parce qu’elle met en valeur le côté brut de la tragédie.
Le film avait beaucoup d'atouts . Tourné en partie en Écosse . De beaux extérieurs donc . Un beau casting avec en Lady (Macbeth) la belle Marion Cotillard et Michael Fassbender . Pour autant l'une certes distante n'est pas assez mystérieuse . Et malgré sa présence à l'écran pas assez sanguinaire comme il l'est dans la pièce originelle de Sir Shakespeare . Mais ce qui est le plus dommageable, outre la grande liberté par rapport à l'écrit est la lourdeur de la mise en scène . Musique et scènes à la grandiloquence limite quand à son esthétique. Et souvent ennuyeuse !
En osant mettre en avant le texte originel, le film prend un risque qu'il ne réussit pas toujours à relever à cause d'une mise en scène qui donne parfois l'impression de se regarder le nombril. La distribution et l'esthétisme de l'Ecosse médiéval sauvent l'ensemble de la catastrophe cinématographique.
Presque tout dans Shakespeare est « rempli de bruit et de fureur » (Hamlet).
Lors, la tentation est grande d’en faire trop, le 7e art a livré par le passé quelques jolies -voire magnifiques!- réussites sous les mises en scène de Kenneth Branagh (Shakespeare était son biberon) ou Orson Welles, qui est même parvenu à Wellessisé le grand William.
Ici, le film souffre du parti-pris du réalisateur, celui d’un style ralenti, elliptique, rendant parfois le tout abscons.
L’interprétation, elle, est enfermée dans un récitatif (l’impression qu’ils jouent tous en voix off!) qui nuit à tous les comédiens et à la vie même de l’histoire.
Shakespeare c’est superbement écrit (quand c’est bien traduit: cf Desplat) mais absolument vigoureusement vivant!
Marion Cotillard est transparente de fadeur, ce qui relève de la gageure tant Lady MacBeth est l’un des plus puissants personnages féminins du répertoire Shakespearien. Le ravagé Fassbender l’est trop.
Reste l’image, et le cinéma c’est d’abord l’image, là Justin Kurzel se rattrape. Profitant à plein de ces décors naturels: landes brumeuses, falaises envoûtantes… Il nous donne à voir à travers une photo magnifique, des plans très beaux, parfois très forts, dans un cadre toujours juste. Les costumes aussi sont remarquables.
Las, de ne pas avoir su/pu s’imprégner de cette histoire de poison (les mots) de trahison (les actes) et d’hallucinations (de la folie), le metteur en scène nous livre une belle enveloppe vide. »
La force de ce film, ce sont les dialogues et l'interprétation intense, très juste et exceptionnelle de Michael Fassbender qui fait vraiment ressortir la souffrance et les interrogations de son personnage. Les images du film sont aussi magnifiques. Par contre, ce qui plombe le film ce sont : le manque d'actions qui rend le film extrêmement ennuyeux (avec utilisation de ralentis abusifs en plus) et le manque d'interactions entre Macbeth et le reste du monde (il est censé être roi et on ne le voit jamais exercer sa fonction). De plus, l'interprétation de Marion Cotillard n'est pas au niveau, fidèle à elle-même avec sa mono-expression et ses grands yeux globuleux larmoyants. Bref, le réalisateur n'a pas réussi à sortir du cadre théâtral de la pièce pour en faire un vrai film épique, pourtant tous les éléments étaient réunis.
J'en suis d'abord sorti abasourdi, saoulé de bruit, de fureur et de sang. Car il y a tout cela dans cette nouvelle adaptation de Shakespeare par l'australien Justin Kurzel (Les crimes de Snowtown). C'est visuellement splendide au premier abord. Du rouge, partout, des scènes de batailles époustouflantes, des scènes intimes plus sombres. Le tout est prenant. N'ayant pas lu la pièce, difficile de dire si le texte et l'histoire sont fidèles. Mais pas d'ennui devant cette tragédie. Pris aussi par l'interprétation fiévreuse d'un Michael Fassbender habité, vraiment formidable. Tout autant que par celle de Marion Cotillard, plus en retenue, mais toute aussi remarquable. Le problème est que le tout manque peut être d'un peu plus de passion, de souffle, d'émotion. Tous ces effets sont recherchés par une mise en scène qui tourne assez vite au tape à l'oeil et qui recherche trop ces effets à coups de ralentis, d’images léchées, de musique tonitruante et d'un rythme un peu inégal. En un mot, l'ensemble vire à l’exercice de style qui privilégie plus la forme que le fond. Macbeth en met donc plein les yeux sur le moment mais s'avère être au final un peu creux et légèrement décevant. Même si je n'ai pas passé un moment désagréable, ce n'est pas le grand film annoncé et attendu...