Le point de départ est simple : une fille, un garçon et un vieux projectionniste, se réunissent dans un cinéma désaffecté pour inventer des histoires dont les 2 jeunes sont acteurs et dont les costumes sont fabriqués par ordinateur (imprimante 3D avant l’heure !). A travers 6 histoires, on retrouve les codes des contes mais détournés avec malice et humour par Michel Ocelot, ainsi que son esthétisme (ici personnages sous forme de silhouettes) :
1. « La princesse des diamants » : au Moyen-Age, pour délivrer une princesse ensorcelée, il faut retrouver très rapidement les 111 diamants de son collier.
2. « Le garçon des figues » : un jeune fellah offre des figues qui murissent miraculeusement en hiver (une par jour), à la reine pharaon Hatchepsout [5e souveraine (1479-1457 avant J-C) de la XVIIIe dynastie] ; il doit éviter les pièges tendus par l’intendant, jaloux, du royaume.
3. « La sorcière » : au Moyen-âge, un roi propose la main de sa fille à quiconque forcera le château d’une sorcière. Belle illustration de l’importance du consentement et de l’inefficacité de la violence.
4. « Le manteau de la vieille dame » : au Japon, à l’époque Edo (XVIIe-XIXe s), un voleur qui veut dérober le manteau d’une vieille dame s’aperçoit qu’il a préjugé de sa force.
5. « La reine cruelle et le montreur de Fabulo » : dans un avenir lointain, une reine acceptera le prétendant qui échappera à la détection de son super-radar.
6. « Prince et princesse » : belle déconstruction avant-gardiste du mythique baiser entre un prince et une princesse où, à chaque baiser, chacun se transforme en animal (
crapaud, limace, papillon, mante religieuse, chabot, tortue, rhinocéros, teckel, éléphant, baleine, porc, vache
).
Toujours aussi beau, poétique et dénué de toute mièvrerie.