Rupert Wainwright, qui réalisera plus tard l'affreux remake de "The Fog", nous présente en 1999 un film qui baigne quand même sacrément dans son jus. L'aube des années 2000 : les couleurs sont saturées, le montage est électrique et comporte énormément de cuts, l'horreur se veut spectaculaire, l'ambiance y est sombre et pluvieuse (et y a souvent des bougies un peu partout). Voici comment je décrirait le genre horrifique agrémenté de thriller et de fantastique à cette période-là et on est ici complètement dedans, quitte à en devenir ridicule dès son générique d'intro digne de "Charmed" qui a particulièrement mal vieilli ! Il en est ainsi de même pour la mise en scène et l'ambiance dont le style visuel se rapproche d'un clip d'Enigma.
Eh oui car il est ici question de religion et de mysticisme. Une jeune femme dont la mère a fait parvenir un chapelet voit sa vie basculer après avoir reçu ce petit cadeau. En effet, elle voit apparaitre plusieurs stigmates du Christ, ce qui va alerter le père Andrew Kiernan, enquêtant alors sur l'affaire.
Le film se base, en partie, sur l'Évangile de Thomas, qui n'est pas un évangile au sens strict car il ne raconte pas d'histoires comme les autres mais regroupe plusieurs citations de Jésus. C'est un évangile qui n'est de plus pas canonique puisqu'il stipule, en très gros, que l'Homme n'a pas besoin de passer par des bâtiments ou des prêtres pour être proche de Dieu. Dans cet évangile, Jésus explique en effet que la lumière est en nous, autour de nous ; c'est un salut par l'éveil de la conscience et, surtout, qu'il ne faut pas attendre la mort pour espérer le Paradis, ce "Royaume" étant déjà autour de nous. Bref, évidemment, le film n'a pas tellement plu au Vatican. Et pourtant, malheureusement, de cet évangile, le film n'en fait pas grand-chose.
Alors qu'il aurait pu approfondir cette question au lieu d'une représentation assez manichéenne de l'institution religieuse avec les gentils et les méchants cathos et entre les deux la possédée, le film se concentre sur du thriller horrifique qui se veut spectaculaire avec ses scènes de possession et d'apparitions de stigmates et, encore une fois, ça a mal vieilli donc aujourd'hui on s’ennuie un peu.
Bref, "Stigmata" n'est donc pas un mauvais film, c'est surtout "L'Exorciste" qui rencontre "Da Vinci Code" et ce n'est pas toujours très fin.