C'est vrai qu'en 2014, « Night Call » n'est pas aussi marquant qu'il aurait pu l'être 30 ans plus tôt, peu aidé par une intensité faiblissant clairement à plusieurs reprises. Reste un portrait particulièrement cynique et violent d'une certaine Amérique, prête à tout pour arriver à ses fins sans se préoccuper des conséquences (parfois dramatiques) qu'elles peuvent engendrer. A ce titre, certaines scènes sont très réussies et le propos d'ensemble reste terriblement d'actualité, d'autant que le scénario s'avère assez crédible et parfois vraiment percutant. Et puis il y Jake Gyllenhaal, impressionnant dans ce qui est peut-être son meilleur rôle, un contre-emploi lui allant à merveille, à la fois odieux et presque fascinant. Dommage, donc, que Dan Gilroy n'ait pas su apporter plus de densité à ce récit ambitieux, mais que cela ne vous empêche pas de découvrir ce thriller intelligent et assez immoral : celui-ci vaut le détour.
Un film qui est une surprise de bout en bout... Voir cet homme incompris qui évolue dans sa vie, c'est quelque chose de phénoménal. Jake Gyllenhaal est totalement hallucinant dans son rôle et confirme qu'il est tout simplement l'un des meilleurs acteurs. A voir et à revoir !
Vision acerbe donc lucide du capitalisme, "Nightcall" fait aussi une critique d'une télévision sensationnaliste qui ne date certes pas d'aujourd'hui. Mais ce n'est pas grave, car "Nightcall" est aussi d'un autre âge : celui des séries B efficaces et essentielles, habitées par la grande prestation d'un acteur tête brûlée (que Rutger Hauer bénisse Jake Gyllenhaal !), disponibles chez tous les bons vidéoclubs encore ouverts près de chez vous !
C'est un de mes films préférés, il est incroyable! Le personnage principal, joué avec brio par Jake Gyllenhaal, qui est aussi "le méchant" qu'on ne peut pas s'empêcher d'aimer (pour ma part) est brillant! Ce film antihéros nous tient en haleine du début à la fin! En un mot : excellent!
Ce film a d'innombrables qualités à commencer par le scénario et la manière dont les scènes sont filmées. Mais le personnage joué par Jake Gyllenhal est tellement détestable qu'il m'a suffit à ne pas apprécier le film comme il le mérite. Ce rôle de sociopathe est très bien interprété pourtant. La fin m'a complètement énervée, spoiler: j'aurais aimé qu'il se fasse choper, finir en hôpital psychiatriquespoiler: . Je peux comprendre que des personnes aient aimé le personnage prêt à tout pour se faire connaître et remarquer. Beau plaisir de revoir Rene Russo également.
Jake Gyllenhaal est excellent. Le scénario est habile, il y a une montée en puissance progressive qui nous maintient en haleine. Le thème abordé - l'avidité charognarde des chaînes d'infos pour les faits divers - est intéressant. La photo est très réussie. Un grand film, qui allie esthétique, divertissement et sujet de fond.
Bon film pour moi en résumé, Jake Gyllenhaal est excellent, le scénario est original et le film n'est pas trop long. Le personnage est intrigant dès le début, l'on voit qu'il n'a pas peu de limite et malheureusement on imagine assez bien ce qui va se produire. La fin m'a surpris agréablement car elle change des fins habituelles. La critique de l'audiovisuel est juste, à un moment je me serais crus sur i télé.
Pour son premier long-métrage, Dan Gilroy décide de coller aux basques d'un chômeur qui s'est trouvé comme vocation d'arriver le premier sur les scènes de crime avec sa caméra. Il suffit parfois d'un point de départ pour attiser la curiosité. Mais Night Call a le bon sens de ne pas s'arrêter de là en créant un personnage principal atypique. Véritable catalyseur d'une réflexion bien noire sur les chaînes d'informations, Lou Bloom est autant le fruit d'une société qui veut toujours en voir plus que la résultante de médias irresponsables bien décidés à lui en montrer plus. Cynique, ce Bloom? Oui, totalement. Non pas qu'il refuse de voir les choses en face, mais il les accepte beaucoup plus facilement s'il peut les filmer. Ne reculant devant aucune bassesse pour faire grimper les audiences de sa patronne (dirigeante d'une chaîne locale), Bloom se fixe un "business plan" dont la cruauté est d'autant plus forte qu'elle est logique, voire même ordinaire. Gilroy nous offre un malaise de 2 heures (avec un climax final tétanisant) qui pourtant se révèle purement jouissif, car tout le monde en prend pour son grade. La folie de l'image choc semble avoir raison du moindre signe de sagesse, soit étouffée par l'ambition ou le besoin. Au final, tout ce qu'on entend, ce sont les paroles hypocrites et l'orgueil mal placé. Et que dire de la prestation monumentale de Jake Gyllenhaal? Il y a fort à parier que son personnage hantera les années aussi bien qu'il hante les nuits de Los Angeles. Night Call est également l'occasion de retrouver la magnifique Rene Russo et l'excellent Bill Paxton, sans oublier le remarquable Riz Ahmed. Le film se fera sans mal une place parmi les films cultes de la dernière décennie. Et c'est tout le bien que je lui souhaite. Il est très probable qu'il traverse aisément les années à venir. Quoi de plus logique pour un film au sujet intemporel?
Très bon film, un acteur froid pour jouer le rôle du personnage principal qui n'est en quête que du scoop et qui est prêt à tout pour obtenir ses images,spoiler: même à laisser tuer ses amis , ce film est très très bon, je le recommande, il est très bien fait et très bien pensé, j’enlève juste 1.5 point car aucun film n'est parfait mais quand ma note est supérieur à 2.5/5, le film est généralement très bon ! Ma note > 3.5/5
Un jeune homme vivotant de trafics variés tombe un jour sur une scène d’accident de la route couverte par un reporter sauvage. Bien décidé à obtenir aussi sa part du rêve américain, il voie là, une caméra en main, le bon filon pour sa réussite entrepreneuriale. Il sillonne les rues à la recherche de scoop de plus en plus sensationnaliste qu’il pourrait revendre grassement aux chaînes télé. Et là, aider aussi par des directeurs de programme sans plus de scrupules que lui-même ; il va tomber dans le scabreux et même aller encore plus loin dans l’indicible… Plus qu’un pamphlet sur la génération hyper connectée 2.0, il s’agit avant d’un tout d’un thriller cynique rondement mené. Pour son premier long métrage qui nous happe littéralement, Dan Gilroy dresse le portrait d’un homme improbable qui aurait ingurgité et digéré tout ce qui se fait de pire de la junk culture et qui en recracherait son essence même… un venin. Pas d’ambiguïté du tout chez ce personnage, car il est dénué de moral ; nous sommes loin des personnages ambivalents mais cruels à la Walter White. Il incarne une génération qui sous couvert de liberté fait tomber des (tous chez lui) gardes fous moraux qui nous protégeaient de la violence gratuite. Ce film n’est donc qu’une photographie grossie d’une société de consommation d’images, de voyeurisme et de sensationnalisme américanisé prétexte à un thriller glaçant sur un avenir probable… pour les plus pessimistes. Pour jouer cet horrible personnage, sans moral car malade de ne plus avoir le clapet psychologique lui interdisant certains actes, un Jake Gyllenhaal émacié, impressionnant de froideur brute. Sa dernière phrase lancée à ses jeunes recrues fait même froid dans le dos : «Je ne vous demanderais pas de faire ce que je ne ferais pas moi-même ». Sachant ce qu'il a été capable de faire. Ensuite, ce film prometteur pour un premier long souffre tout de même d’une construction linéaire assez prévisible… le final est perceptible bien 45’ avant le terme du film. La réalisation est soignée mais peu inventive, champs / contre champs basiques bien souvent. Le rythme est bien soutenue par des courses de poursuites bien menés. J’aurais aimé aussi une critique plus acide de cette pratique du sensationnalisme des médias ; mais le choix du thriller condamne par les raccourcis pris le pamphlet. Réalisateur à suivre dans la veine d’un Micheal Mann dans les éclairages et le sujet.
Dan Gilroy, scénariste réputé à Hollywood, passe à la réalisation avec "Nightcrawler", un drame qui dénonce les dérives de la course à l'info, par le biais du portrait glaçant d'un cameraman autodidacte, qui applique les théories libérales vues sur le web à sa propre quête de faits divers sanglants. Au delà de ce sociopathe en puissance, le film n'oublie pas d'inclure dans son réquisitoire les autres maillons de la chaîne, à commencer par les networks d'info locaux, avides d'images choquantes et racoleuses, personnifiés par une directrice de l'information sur le déclin, qui voit ses derniers scrupules vaciller devant la promesse de rester en haut de l'affiche. Ce personnage est campé par une impeccable Renée Russo, actrice que je n'ai pourtant jamais apprécié dans ses jeunes années. La distribution est d'ailleurs l'un des atouts de "Nightcrawler", emmenée par un Jake Gyllenhaal une fois de plus survolté et habité. La réalisation est agréable, avec une esthétique qui rappellera "Drive" à certains, puisque Gilroy propose également un thriller nocturne contemplatif dans les rues de LA. En revanche, le bémol tient à la durée excessive du film, dont le propos ne nécessitait pas forcément 2 heures, notamment au cours d'une mise en place un brin longuette.
Difficile de ne pas penser à la sublime photographie de Drive, sur les couleurs et les cadrages. Dommage que la musique ne soit pas à la hauteur des images.
Nightcrawler se présente comme une performance artistique impressionnante qui sait faire ressentir au spectateur différentes émotions paradoxales à la fois. Sans parler du jeu épatant de la belle brochette d'acteurs qui décore le film (porté presque entièrement par Jake Gyllenhaal), on peut dire que Nightcrawler marque par son audace et en même temps par son absence de prise de position claire sur le sujet qu'il aborde. Aux airs satiriques, Nightcrawler nous plonge dans le monde du média télévisuel nocturne de Los Angeles et fait monter la pression en crescendo étouffant, tout en nous tenant en haleine. Bref, je ne peux que vous conseiller d'aller le voir, ne serait-ce que pour la performance globale du film.