Mommy
Note moyenne
4,4
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1 224 critiques spectateurs

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506 critiques
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 juillet 2015
Ce film est tout simplement un chef-d'œuvre, je conseille vivement à n'importe qui de voir ce film. Au début il y a un temps d'adaptation avec l'accent canadien, mais après quelques minutes, la magie opère. Ce film est émouvant touchant rempli de sincérité.
Tout cela accompagné d'une bande originale magnifique
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 juillet 2015
J'ai passé mon temps à rire de ce Québécois horrible et incompréhensible (Steve qui dit "Tabernacle !" toutes les deux minutes c'est trop drôle). Mai j'ai réussi à tenir jusqu'au bout et j'étais triste devant la fin, même si j'avais assez compris un quart des dialogues de tout ce qu'il y a eu avant cette fin, cette chute, auquel je ne m'attendais pas, faut dire que j'avais pas trop suivie, j'étais surtout énervé par ce cadre qui restait étroit, spoiler: j'ai carrément oublié qu'on était das un Canada fictif...

Ce film aurait été meilleur s'il avait été français je vous le dis. Les vingts minutes de la fin et surtout la musique de fin, que j'ai dans la tête depuis deux jours au moment d'écrire, justifie ce 4/5.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 3 juillet 2015
Mommy, le cinquième film de Xavier Dolan, se situe dans un Canada fictif où il est devenu possible d’abandonner ses enfants à l’État définitivement et sans conditions. Après avoir été viré du dernier centre fermé qui l’acceptait encore, Steve, 15 ans, doit retourner chez Die (diminutif adulescent de Diane, qu’elle n’a jamais abandonné), sa mère. Entre ces deux êtres au caractère bien trempé, la relation oscille en permanence entre conflit et affection débordante. Pendant un temps, Kyla, une voisine et ancienne prof, va se lier avec eux et leur apporter un équilibre précaire. Mais le retour du réel, via les conséquences retardées d’un ancien acte de violence de Steve va les entraîner dans une spirale dramatique.

La première chose qui frappe le spectateur qui connaît un peu l’œuvre de Dolan est l’importante symétrie entre Mommy et le premier film ("J’ai tué ma mère") du jeune réalisateur, qui n’avait que 19 ans à l’époque. Deux histoires de mère et de fils qui s’aiment autant qu’ils s’insupportent mutuellement, deux histoires de pensions et de centres fermés, deux histoires de rejet par le fils et d’impuissance de la mère. La symétrie se situe dans le changement de point de vue : du regard du fils de « J’ai tué ma mère » on passe à celui de la mère de « Mommy ». Pour un film doté d’un tel titre, rien que de très normal, évidemment !

La deuxième chose qui nous étonne est le cadrage. Dolan a choisi une image carrée, n’occupant guère plus d’un tiers d’un écran habituel, à l’exception de deux brefs moments seulement où le cadre s’élargit. Il s’agit du seul passage du film où tout semble aller bien, et d’une séquence de rêve. Dans les deux cas, le retour à la réalité misérable se matérialise par le resserrage oppressant du cadre. Le procédé est bien trouvé, mais il faut néanmoins le supporter pendant quasiment deux heures et demi. On comprend que l’intention de Dolan visait à cadrer ses personnages et leurs visages au plus près, qu’ils remplissent quasiment tout l’écran, afin de transmettre un maximum d’émotions par leur jeu d’une grande intensité. Mais le résultat est surtout qu’on a l’impression d’un film entièrement tourné sur l’écran d’un téléphone mobile, d’autant que l’étalonnage lorgne du côté des virages au goût douteux d’Instagram. Il semble que Dolan voulait manifester un refus du cadre large car il romantise l’action ; de toute évidence, le résultat fait extrêmement quotidien-prosaïque, vie-de-tous-les-jours. On appréciera la réussite technique pour ce qu’elle est, tout en détestant l’oppression de cette image à œillères.

A part lors de rares plans larges, les acteurs, dont les prestations sont absolument remarquables (indéniablement, Dolan aime ses acteurs et en tire des choses puissantes), sont donc cadrés au plus près, afin de nous inonder de leurs émotions. En plus du travail indiscutable de son image (qu’on aime ou non) Dolan utilise un son très précis, aux aigus bien détachés et à volume élevé afin de nous toucher par tous les sens à sa portée. Et cela marche très bien. Pendant tout le film, le spectateur a une impression de proximité immédiate et de partager l’intimité des personnages. Et c’est là que le bât blesse le plus. Mommy dégouline d’émotions et de sensations, il nous noie dans son utilisation hyper-efficace de grands succès de musique populaire (Wonderwall, White flag, Vivo per lei, On ne change pas, etc). On vous défie par exemple de ne pas avoir de frissons pendant l’emblématique scène de la cuisine. Mommy nous submerge d’effets, nous englue par son émotivité épidermique et anesthésie en nous toute distance et toute réflexion. Pas étonnant que Cannes ait adoré. Les commentateurs reprochent souvent quelques erreurs de jeunesse à J’ai tué ma mère ; pourtant, ce dernier montrait une maturité et une intelligence étonnantes que, paradoxalement, on ne retrouve pas dans Mommy

Malgré cela, tentons d’examiner un peu le fond du film. Pour l’essentiel, il s’agit d’un portrait de paumés vivant à la petite semaine, s’accrochant pour survivre dans un environnement auquel ils ne savent pas s’adapter. Si l’on adopte le point de vue du film, on dira que le monde s’acharne contre eux. La première partie décrit les dysfonctionnements de cette famille monoparentale déséquilibrée. Pendant toute la deuxième partie se forme et se renforce le duo ambigu entre Die et Kyla, rivale dans l’affection quasi-amoureuse de Steve ; à plusieurs reprises, la situation ressemble furieusement à un fiston avec ses deux mamans. Dolan est trop malin et trop bon réalisateur pour que cela soit un malencontreux hasard ou une interprétation tirée par les cheveux. Cela dit, il ne fait jamais basculer Mommy dans le ménage à trois ni le prêchi-prêcha moralisateur.

Et c’est probablement là que réside la faiblesse du film. Dolan a tellement d’affection pour ses personnages qu’il refuse d’émettre un quelconque jugement moral et nous le dénie aussi quasiment. Avec son absence de distance, il nous impose l’empathie et nous demande de comprendre, mais pas de juger. Ce qui est commode. Tout est acceptable, quand on ne cherche qu’à comprendre. Y compris cette fausse famille et son quasi-inceste. Y compris aussi la fin du film. ATTENTION SPOILERS – ATTENTION SPOILERS – ATTENTION SPOILERS. spoiler: Même si celle-ci contient une certaine ambiguïté. D’un côté, Die abandonne objectivement son fils car celui-ci pourrit sa vie ; elle va littéralement se le faire enlever par des hommes en blouse blanche dans un hôpital. Comme un avortement, le sang en moins. Mais on la comprend tellement, cette pauvre Die privée d’existence à cause de son fils envahissant. D’un autre côté, les deux dernières scènes surprennent. La première montre un face-à-face entre Kyla et Die où celle-ci manifeste un déni de ses propres actes qui laisse d’abord pantois, avant de révéler que c’est la seule protection qu’elle a trouvé pour gérer la violence de son acte. La seconde montre Steve tentant d’échapper aux hommes en blouse blanche et courir vers une fenêtre. On ne sait trop s’il s’agit d’une aspiration à la liberté ou d'une tentative de suicide, mais la joie que son visage exprime en courant nous ferait pencher pour la première interprétation. Oui, ce fils veut vivre, envers et contre tout, et le film semble légitimer cette aspiration. Voilà donc deux scènes allant complètement à rebours du discours dominant sur l’avortement, et qui nous amènent à nous demander si Dolan, dans son aspiration à la sincérité, a vraiment pris conscience de ce qu’il montre. Étant donné que le reste du film se situe à un niveau épidermique, on peut en douter.
FIN DES SPOILERS – FIN DES POILERS – FIN DES SPOILERS.

Au-delà d’une réalisation à l’esthétique puissante qu’on peut aimer ou détester, et d’interprétations d’une qualité indiscutables, Mommy reste un pur trip émotif et sensitif, trop long pour ce qu’il a à montrer, et trop premier degré pour prendre la pleine mesure de son message, sauf à voir en Dolan un improbable mélange de progressiste et de réac.
Stéphane D
Stéphane D

174 abonnés 2 354 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 juin 2015
Peu de films peuvent maintenir l'intérêt avec juste le quotidien de 3 personnages mais les acteurs incarnent avec brio ce gosse au caractère dur et perturbé mais attachant, cette mère courageuse, et cette voisine fragilisée par la vie qui trouvent ensemble un certain équilibre. Format d'image surprenant mais adapté à la narration (cadre étroit et serré sur les personnages prisonniers de leur existence et rares moment d'insouciance où le cadre s'élargit).
OCollus
OCollus

67 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 juin 2015
Sublime, on ne sort pas indemne de ce film, comment un jeune homme de 25 ans peu faire ça ? Cela me fait un peu penser aux films de John Cassavetes. Les acteurs sont bons ainsi que le scénario et la mise en scène. Efficace, original, cette histoire d’amour entre une mère et son fils est bouleversante par l’impossibilité de tous les protagonistes à pouvoir s’aimer normalement. L’écran en 4/3 qui s’agrandit quand tout va mieux, je n’en dirait pas plus, Il faut absolument voir ce film !
Shékiinä .
Shékiinä .

66 abonnés 678 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 juin 2015
Un très beau film qui traite de sujets forts tels que la tolérance, l'émancipation et la difficulté d'une mère à élever son enfant TDAH. Je ne connais aucun film à ce jour qui traite du TDAH. Xavier Dolan est le premier à avoir entrepris cette démarche et il le fait avec beaucoup de talent, ce film est touchant et très juste dans sa manière de montrer les rapports mère-fils et ce besoin irrépressible du fils d'être accepté tel qu'il est dans une société où justement la différence est une tare.
Chevtchenko2
Chevtchenko2

49 abonnés 1 373 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 juin 2015
Xavier Dolan signe un drame intéressant autour d'un triptyque d'acteurs exceptionnels. Cependant, ce film mérite-t-il toutes les critiques dithyrambiques dont il a fait l'objet (et notamment auprès du jury du festival de Cannes) ? Pour ma part, je ne pense pas. Je n'ai rien vu dans ce film qui mérite que l'on crie au génie.
Aymeric Defosse
Aymeric Defosse

12 abonnés 138 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 juillet 2015
Xavier Dolan, démontre une nouvelle fois son sens du cadre, insufflant à chaque nouveau plan, une puissance fulgurante (…) Par la plus pure envolée lyrique, Mommy atteint les hautes sphères pour ne plus jamais redescendre.
Nico591
Nico591

53 abonnés 800 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 juin 2015
Xavier Dolan nous éblouit à nouveau de son génie et de sa virtuosité au travers de cette relation tourmentée entre une mère et son fils.
Comme dans "Laurence Anyways", il opte pour un style résolument pop et kitsch à la fois, l'originalité de plus de celui ci se situe dans son cadre qui passe du 4:3 au 16:6 en fonction des émotions des personnages.
Mais là où le cinéaste fait fort, c'est encore dans l'impact émotionnel qu'il arrive à insuffler à son film.
Par moments drôle et par moments dramatique le film oscille tout le temps dans ce subtil mélange dont Xavier Dolan a le secret.
La confiance qu'il accorde à ses actrices fétiches le lui rendent bien en lui délivrant des performances géniales, tout comme celle du jeune Antoine-Olivier Pilon qui se veut très touchant.
Sa mise en scène audacieuse, virtuose et lyrique finit le travail pour offrir un des meilleurs films de l'année 2014
ferdinand75

723 abonnés 4 463 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juin 2015
Un film très fort, dérangeant, parfois brutal. Dolan filme l’essentiel, les sentiments forts, la fracture, les fêlures de l’âme humaine. Le personnage du garçon hyperactif est extrême. Sa mère qui a déjà beaucoup de difficultés à se gérer elle même ne sait plus quoi faire ; la voisine d’en face, devient leur amie. Elle essaye d’aider dans l’intégration du fils. Elle- même a connu un drame dans son passé. Il y a un jeu de séduction avec le fils, parfois « border line » . Mais celui-ci a du mal à gérer son hyper activité. Tout aurait pu bien se finir comme le montre cette fin alternative, ou on le voit devenir une star, ou l’amour est partout, et sa maman est fière de lui, comme dans les histoires qui se finissent bien. Mais cela n’est qu’un songe et la fin est brutale, horrible, dure, d’un autre temps, et nous ramène au préambule du film. On est dans un certain cinéma, rude, bruyant , hystérique, dans la tradition du grand cinéma de Ken Loach ou de John Cassavetes. Viviane Pascal est formidable et nous rappelle Gena Rowlands. Cette capacité de jouer à l’extrême, de tout donner, une très grande actrice au bord de la rupture. On ne doit pas sortir indemne d’un tournage comme celui-là. Dolan a un vrai talent de mise en scène, dans la recherche de l’émotion la plus pure.
Caine78

7 756 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juin 2015
Il y a sans doute quelques excès et longueurs, certaines scènes à moitié convaincantes... Mais bon, il y a aussi tellement de puissance, d'intensité, d'émotion brut qu'il est difficile de rester insensible à ce « Mommy » assez dévastateur à de nombreux égards. Que ce soit cette dimension à la fois très cruelle et presque délicate d'aborder cette explosive relation mère-fils, cette façon de filmer en définitive très précise et surtout cet hallucinant trio Anne Dorval - Antoine-Olivier Pilon - Suzanne Clément méritant tous les éloges et distinctions, l'œuvre fait souvent l'effet d'un uppercut, avec tout ce que cela implique d'éprouvant, mais aussi de fascinant, comme si ce sujet rebattu nous était raconté pour la première fois tant la vision du jeune québécois a quelque chose d'ébouriffant et même un peu dingue, le tout ponctué d'une bande-originale allant de Céline Dion à Oasis en passant par Lana Del Rey du plus bel effet... Bref, sans être exempte de tout reproche, voilà une œuvre avec beaucoup d'ambition et une personnalité folle, de celles dont on se souvient longtemps après être sorti de la salle : j'étais sévèrement brouillé avec Xavier Dolan après l'indigent « Les Amours imaginaires », voilà nos relations réchauffées au plus haut point. Un immanquable de 2014.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 3 juin 2015
Avec mommy, Xavier Dolan nous entraîne de nouveau dans une histoire profonde et prenante. Le choix du cadre sera pour certains un boulet et pour d'autre (c'est mon avis) un choix tout à fait honorable, permettant de renforcer les émotions ressenties. Attention, ça reste du Dolan donc à éviter si vous avez horreur de ses autres long métrages, on notera tout de même que le public est quand même élargi.
Seul petit bémol, les expressions québécoises et l'accent bien prononcé, qui nous obligera nous les francophones d'Europe à activer les sous-titres!
montecristo59
montecristo59

40 abonnés 288 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 2 juin 2015
Après tout ce que j'en avais lu, tout ce qu'on m'en avait dit, j'avais hâte mais aussi j'appréhendais presque de voir ce film, ou plutôt de ne pas voir en ce film un chef d'oeuvre. Et j'avais raison d'appréhender. Le générique de début m'a d'emblée mis la puce à l'oreille, avec cette annonce plaçant l'intrigue dans un futur proche, comme dans les films classés post-apocalyptiques. Bizarre, même si on est jamais très loin de l'apocalypse, question ambiance familiale. Un peu facile disons. Plus tard, la première fois que le format s'est élargi pour faire cesser momentanément l'oppression omniprésente, je me suis dit "ah ouais, sympa". La deuxième fois c'était plutôt "j'ai déjà vu ça quelque part", et la troisième fois c'était "bon ça va, on a compris ton idée de génie, Dolan, n'en fais pas trop quand même"...De même, le premier quart d'heure de joual sous-titré m'a plutôt accroché, parfois même fait sourire dans les débuts. Et puis la vulgarité entendue, laborieusement traduite par une autre vulgarité lue, m'a agacé, un peu. Et à la fin je me demandais le rapport qu'il pouvait y avoir entre "putain" et "tabernacle", sémantiquement parlant. Quant aux ralentis, ils...ralentissent le rythme, et ça pourrait ressembler à des respirations. Mais ils rallongent aussi la sauce trop systématiquement. Qu'elles sont longues les allées du supermarché après le timide suicide du teen-ager ! Voilà ce qu'a provoqué chez moi le recours à ces trois "trucs" qui ont fait entre autres choses crier au génie. C'est dire si j'étais rentré dans cette histoire, dans cette caricature d'oedipe, nerveusement brossée avec les feutres à la mode d'une société consumériste et zappeuse en diable. J'ai eu du mal à entrer en empathie avec cette mère adulescente sexyglamour tatouée trop braillarde, autant qu'avec son hyperactif rejeton tête à claques. Et pour parler du personnage de la voisine empathique, la scène de sa première confrontation musclée avec son élève mal élevé m'a plutôt scotché et j'ai d'abord aimé cette nouvelle amie, la seule personne d'ailleurs avec qui le couple trop fusionnel mère-fils entre en relation aimante d'égal à égal. Je l'ai trouvée utile comme pièce rapportée tempérant efficacement l'explosive relation mère-fils se jouant devant elle, mais au final j'ai trouvé improbable la tolérance de sa propre famille, et télescopée la scène des adieux d'avant la tarte aux pommes (ou était-ce un crumble finalement ?)...La performance du trio est pourtant indéniable : Pilon pilonne (sans débander, quelle santé !) Clément est clémente (pour peu qu'on la respecte), et Dorval dévale (la pente savonneuse faute d'avoir mis les freins à temps, prête à tout pour le désormais seul "homme" de sa vie). Pas à dire, ils se donnent à fond et sont justes, mais je suis resté un spectateur trop placide de leurs efforts, sans être pris aux tripes par le propos de Dolan qui nous fait pourtant des femmes/mères courage un portrait asséné avec force hurlements. Je n'ai pas réussi à me laisser charmer ou envoûter par l'habileté du prétendu jeune prodige à filmer, mettre en scène ou diriger des acteurs. Très vite après le générique de fin, j'ai pensé à ce que les frères Dardenne avaient fait d'un sujet très proche, en remplaçant le long-board par un vélo et l'ado par un gamin, et en prenant, eux, le parti-pris de la sobriété. Au final, c'est une performance d'acteurs et quelques rares moments d'intensité ressentie qui m'incitent à donner deux étoiles à ce film de m'as-tu-vu. ....
Melissa Zka
Melissa Zka

50 abonnés 570 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mai 2015
Les acteurs sont tellement incroyables et convaincants qu'on aurait tendance à oublier que c'est un film.Aucun acteur n'en fait de trop et grâce à eux on ne voit pas le temps passer.
Le plus est peut-être la réalisation qui est plus proche d'un documentaire que celle d'un film standard.
Les émotions sont présentes dans ce film et on a aucun mal à les percevoir.
Et les musiques choisies pour ce film sont juste fabuleuses.C'est d'ailleurs un autre point positif de ce film.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 27 mai 2015
L'ouragan cinématographique de 2014, et à tout point de vue! On peut en vanter des qualités dans le cinéma de Xavier Dolan: un sens du tempo assez unique en son genre, un soin presque obsessionnel apporté au cadre et à la photo, une direction d'acteur ébouriffante (Anne Dorval mérite tous les prix d'interprétation du monde), bref on sort de "Mommy" avec l'incontestable confirmation que le jeune Xavier est bien un surdoué. Mais ce qu'il y a de réellement fascinant ici (et prometteur pour la suite de la carrière du monsieur) est incontestablement son écriture. On part du plus simple des postulats (Une mère veuve récupère son fils à problèmes) dans lequel on plonge trois personnages totalement archétypaux (la maman bafouée qui tente de garder bonne figure et bonne humeur, le môme violent, la voisine brisée qui n'arrive plus à s'exprimer) chez n'importe quel autre cinéaste, on aurait sombré dans le pathos dégoulinant et le sordide social larmoyant. Dolan préfère, et c'est tant mieux, plonger ses persos dans une marmite frémissante qui ressemble simplement à la vie: Chaque moment de gravité est contre-balancé par des séquences de légèreté entraînantes et souvent drôles, chaque victoire des personnages sur eux-même débouche sur une nouvelle rupture inévitable, chaque sentiment exprimé est remis en cause par des impulsions non contrôlées. Cette lucidité sur la dualité de la nature humaine, celle qui fait baisser les bras par simple fatigue ou qui encourage à lutter sur un simple éclat de rire, est accentuée par un détail (la loi S-14, qui ouvre et clos le film) qui relève pourtant de la science-fiction. C'est sûrement en terme de mise en scène que le cinéma de Dolan trouvera un jour ses limites, car avant d'être le génie qui enchante les critiques, Dolan est avant tout un vrai malin qui sait recycler: on a sans cesse l'impression de voir du Gus Van Sant passé à la moulinette Tarantino. Le réalisateur soigne ses ralentis esthétisants, cite ça et là quelques icônes pop (la langue tirée des Stones), s'amuse du format de son image pour mieux élargir les horizons de ses antihéros quand le temps le permet, use et abuse de la musique en réussissant carrément à rendre euphorisant un tube ringard de Céline Dion! Bref, "Mommy" est LE drame incandescent et imparable d'un metteur en scène dont les immenses qualités narratives finiront par être pointées du doigt comme d'intolérables défauts dans ses prochains longs métrages. Dualité de la nature humaine oblige, tabernacle!
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