HEIMAT I – Chronique d’un rêve
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anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 25 octobre 2013
Film parsemé de moments magnifiques, sublimes parfois dans leur simplicité et leur plénitude, Heimat réussit le pari de parler de la pauvreté la plus abjecte en mettant en beauté la beauté. C'est tout simplement irrésistible, même si le personnage principal est fréquemment irritant. Mais il participe de cette ouverture sur l'imaginaire et l'enchantement qui font de ce film une œuvre très forte.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 11 novembre 2013
"Tourné entièrement en noir et blanc, avec quelques touches de couleur, lorgnant parfois vers Tarkovski pour les longs plans contemplatifs ou Bresson pour le jeu des acteurs, Heimat peine cependant à trouver un ton, entre le réalisme misérabiliste de certaines scènes, et l'affectation exagérée du jeu des acteurs."
WutheringHeights
WutheringHeights

131 abonnés 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 octobre 2013
Edgar Reitz apporte une minutieuse à tous les personnages, leur laisse une chance d'exister à tous. La mise en scène classique et précise rappelle autant l'âge d'or hollywoodien que les premiers pas du cinéma russe ou de l'expressionnisme allemand. Certaines séquences entre Jakob et la fille qu'il aime, Jettchen, évoquent "L'aurore" de Murnau. Le noir et blanc est somptueux, relevé dans quelques plans par des touches de couleurs (les fleurs, un Louis d'or, un fer à cheval chauffé, des nuances de vert… la langue amérindienne disposant d'une vingtaine de termes pour définir cette couleur).

Le metteur en scène fait preuve d'une subtilité extrême dans son approche, jamais racoleuse ou superficiellement scénarisée. Sur deux films et quatre heures, le cinéaste donne à voir la vie de ce village et les obstacles rencontrés dans la quête d'une vie meilleure. On ne peut s'empêcher de faire un parallèle avec la crise que traverse actuellement l'Europe et Edgar Reitz parvient à rester totalement dans l'histoire passée tout en nous parlant de notre quotidien. Devant l'ampleur du projet, nul ne sait si Heimat connaîtra d'autres "épisodes", mais on ne peut que l'espérer.
Julien D

1 340 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 novembre 2013
Ayant travaillé comme scénariste, producteur et réalisateur sur la chronique Heimat, réalisée en trois imposants chapitres entre 1984 et 2002, Edgar Reitz a décidé de continuer seul à dresser le passif de ce village bavarois en revenant sur son histoire plus d’un demi-siècle avant le début de la naissance de l’héroïne des premiers feuilletons. Axant son récit sur les ambitions d’un jeune fermier de quitter le Vieux continent pour accompagner une mission de colonisation de l’Amérique du sud, le travail formaliste du réalisateur passe à la fois par une utilisation des moyens de prises de vue les plus modernes pour réussir à obtenir une qualité de noir et blanc somptueuse ponctuée de pointes de couleurs à valeurs symboliques et par un travail de reconstitution très minutieux de tout un petit village, depuis les maisons classiques jusqu’aux éclairages d’époque. La fresque romanesque réussit, à défaut de nous en apprendre beaucoup sur l’histoire allemande et les traditions locales, à rendre ses personnages attachants et donc à dégager beaucoup d’émotions.
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 octobre 2013
Des précédentes époques de Heimat, cette œuvre gigantesque, je n'ai vu que le feuilleton passé à la télévision. Et ça fait un bout de temps. Autant dire que ça a été une vraie redécouverte, une bouleversante redécouverte car la beauté de ce film est presque indicible. L'émotion qui en découle ressemble à celle que nous procurent les films de Terence Mallick. Ce sentiment palpable de la nature, une nature plutôt belle mais sans pittoresque particulier -le Hunsrück, où se passe l'action, est un pays de collines boisées entrecoupées de plaines à céréale- mais une nature magnifiée par l'œil de celui qui la regarde. C'est un noir et blanc superbe, où le réalisateur incruste, exceptionnellement, un éclat de couleur: le fer chauffé au rouge qu'on applique sur le sabot d'un cheval; l'ocre translucide d'une agate....

Dans ce qui sera peut être son dernier film, car c'est quand même un vieux monsieur, Edgar Reitz se penche sur le lointain passé de la famille qu'il suit de génération en génération. On est en 1840. La vie quotidienne, dans ces villages ruraux, est rude. Il n'y a guère que les toute jeunes filles qui vivent le temps de l'insouciance.... Et il règne encore une ambiance féodale. Interdit, dans les forêts, de ramasser bois ou champignons, et même les feuilles mortes ou la mousse.... Interdiction de tirer un lapin. Et pire encore: le baron du coin a une exclusivité de la vente du vin, pendant toute une période de l'année; à la fête du village, l'aubergiste qui a des tonneaux plein sa cave n'a pas le droit de les mettre en perce... C'est la fête, on mange des confitures, on danse, on fait de la musique mais pas de vin. Révolte des assistants, le représentant du baron est chassé, et aussitôt la maréchaussée arrive pour arrêter les "meneurs", à vrai dire juste un peu plus avines que les autres, qui ont droit à des mois de cachot.

L'année 1842, l'année de la comète (les superstitieux y voient une annonce de calamités); l'hiver qui suit est terrible. La diphtérie emporte les petits enfants par dizaines, et la tuberculose les adultes, adultes nourris de patates et de bouillie. La région était renommée pour ses agates: on n'en trouve plus. Alors, de plus en plus de familles s'en vont. On leur a promis, au Brésil, des terres, du bétail; on leur a promis qu'il y aurait de l'emploi pour tous, forgerons, tanneurs.... Ils partent en longs convois, comme ces convois tirés par les boeufs des westerns, mais tristes. Ils savent qu'il ne reverront jamais leurs parents, leurs cousins, leurs villages.

Jakob (Jan Dieter Schneider), le fils du forgeron, est un cas. Il a appris à lire (on ne sait comment) mais il lit, comprend même l'anglais ou l'espagnol, dès qu'il s'agit d'en savoir plus sur ces mystérieux habitants de la lointaine Amérique du Sud, ces tribus indiennes dont il se répète les mots et les expressions comme des formules magiques. Il insupporte son père, l'irascible (il a déjà chassé sa fille aînée coupable d'avoir épousé un catholique) et brutal forgeron (Rüdiger Kriese) , pour qui lire s'apparente à fainéanter. Mais il est soutenu par sa mère (Marita Breuer) elle qui a perdu en bas âge six enfants sur les neuf qu'elle a mis au monde.... et son oncle le tisserand.... Il y a encore la grand mère, qui partage la maisonnée, et le frère aîné qui revient de l'armée. Ce frère là, Gustav (Maximilian Scheidt) , a tout pour plaire au père. Il travaille de ses mains, et il rêve de construire une machine à vapeur, qui pourrait servir de batteuse.

Jakob partira, c'est sûr. Mais non, c'est Gustav qui partira, Gustav qui lui aura tout pris, sa jolie amoureuse (Antonia Bill), et ses rêves.... Il restera à Jakob à épouser la moins jolie (Philine Lembeck), à veiller sur ses vieux parents, et à aider son père à réaliser, enfin, cette formidable machine à vapeur.... Et pourtant, une partie de son rêve prendra forme, puisque lui, avec ses connaissances livresques des indiens, sera reconnu par le grand Wilhelm von Humboldt... (brève incarnation de Werner Herzog, ami de Reitz) avec qui il entretiendra une controverse linguistique. C'est Jakob qui restera, donc, le gardien du pays natal...;

Ces quatre heures de projection passent comme un rêve. C'est un chef d'œuvre, un chef d'œuvre rare, austère peut être mais puissant. A voir absolument.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 novembre 2013
Un croisement entre "Le Ruban blanc" et le début des "Ailes du désir". Du premier, le film garde l'univers (un petit village en marge de la Révolution industrielle où la tradition l'emporte sur tout le reste). Du second, on retient la fluidité de la mise en scène (parfois trop formaliste, cependant). L'intrusion de l'imaginaire du Nouveau Monde dans la campagne allemande du XIXe siècle apporte une vraie puissance poétique au récit, notamment à travers ce fils de fermier qui lit et parle l'anglais, l'espagnol, le portugais et deux ou trois dialectes indiens. Cependant le scénario ne résiste pas à la contradiction inhérente à cette histoire : le film "Heimat" ne peut quitter sa terre natale donc l'aspiration à l'émigration est (trop) brutalement rabattue vers un retour au village et à la maison du père. Un revirement qui casse en deux ce premier épisode...
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 27 octobre 2013
Excellent film si l'on aime le genre!l'image est splendide et les personnages sont très justement interprétés!et par dessus tout beaucoup d'amour et d'espoirs...à voir pour public averti car pas d'actions ni de suspens mais la richesse est ailleurs....)
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 novembre 2014
Pour appréhender cette période de l'Allemagne (1842-1844), Edgar Reitz a choisi de se concentrer sur la famille Simon et plus particulièrement sur le fils, Jakob. Rêvant d'Amérique du Sud et de dialectes exotiques quand ses parents travaillent durement à la campagne, Jakob va dicter la mise en scène de Reitz et se retrouver au centre du rapport complexe réalité-imagination. Une caméra sans cesse mouvante (qui peut parfois faire penser à Malick), un noir et blanc lumineux ou encore une utilisation rare mais percutante de la couleur, tous ces éléments sont tournés vers l'espoir, un lieu vers lequel on peut s'échapper, une possibilité de quitter un environnement qui ne procure aucun avenir, en tout cas qui empêche toute forme de créativité matérialisée. Oui mais voilà, il y a un paradoxe. Car si Jakob peut rêver, c'est uniquement parce qu'il vit dans une réalité difficile. On se rend compte alors que le film est philosophiquement passionnant. Une fois le rêve concrétisé, la possibilité de "s'échapper" ne serait plus possible. Alors, que deviendrait notre lunatique et attachant personnage principal ? Malgré quelques petites longueurs, cette "Chronique d'un rêve" est captivante et attise ma curiosité en vue de "L'Exode".
Top of the World
Top of the World

90 abonnés 153 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 octobre 2014
Ce premier volet d'un diptyque part d'une idée intéressante, celle de dresser le portrait d'une région allemande et plus précisément d'une famille au milieu du XIXème siècle. Le fils cadet, héros du film, rêve d'émigrer en Amérique du Sud pour échapper à la misère locale. L'intelligence du réalisateur, Edgar Reitz, est de ne pas dévoiler à l'écran la réalité de cette terre tant espérée. Le personnage principal peut donc fantasmer à loisir sur ce continent, en apprendre tous les dialectes, etc. Voilà qui est intéressant, sauf que les personnages qui entourent notre héros le sont nettement moins. Ils sont schématiques et globalement à l'image du scénario: pas assez consistants pour passionner 105 minutes durant. Le film souffre donc de grosses baisses de régime et manque de vitalité. Même sa beauté plastique évidente ne parvient pas à transcender un ensemble poussif, mais les dernières scènes, plus intenses, incitent tout de même à voir la seconde partie.
Yves G.

1 856 abonnés 4 063 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 janvier 2014
Le festival Télérama m'a permis de voir hier Heimat I et II que j'avais raté à sa sortie en octobre dernier.

Je ne connaissais pas l'immense fresque cinématographique qui, en pas moins de 51 heures (sic !), brosse l'histoire d'une famille allemande au XXème siècle. Son premier volet était sorti en 1984, le deuxième en 1992 et le troisième en 2004.

Edgar Reitz parachève l'œuvre de sa vie en tournant en quatre heures seulement (divisés en deux films : Heimat I - Chronique d'un rêve et Heimat II - L'exode) une sorte de prequel : l'histoire des habitants de la petite ville - imaginaire - de Schabbach, entre Rhin et Moselle, entre 1842 et 1844.

Le héros du film est Jakob Simon, le fils du forgeron, plus passionné par ses livres que par le travail à la forge. Il rêve de partir au Brésil et commence à apprendre la langue des Indiens. Mais le retour de son frère, Gustav, de l'armée prussienne va l'obliger à changer de destinée.

La durée du film permet au réalisateur de prendre son temps pour nous faire pénétrer l'intimité d'une famille et en creuser chacun des caractères : le père, tyran domestique au bon cœur, la mère tuberculeuse, la petite sœur boiteuse ....
"Heimat" est tourné dans un noir et blanc élégant, ponctué ici et là de touches de couleurs : l'éclat jaune d'une pièce d'or, le rouge incandescent d'un fer à cheval sorti de l'âtre, le jaune ambré d'une agate (sans h) ...

On se laisse prendre à son faux rythme et - au milieu d'une foule compacte et âgée dont on se demande si elle a été attirée par le film ou le tarif réduit proposé par ce festival - on sort du cinéma quatre heures plus tard fatigué mais ébloui.
Matching P.
Matching P.

17 abonnés 133 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2013
Encore un film ? Oui, c'est le hasard de la programmation, et la partie germanique de matchingpoints est trop heureuse de voir un film allemand ! Le film au départ dure quatre heures, en France on a préféré le couper en deux films. Nous avons respecté l'idée première en regardant les deux films en une après-midi.

Que veut dire Heimat ? Il n'existe pas un mot équivalent en français. Il peut désigner le pays ou le village ou la maison où l'on a grandi, où l'on est chez soi ; il y a donc une connotation nostalgique.

Il y a déjà eu Heimat 1,2,3, une chronique de plus que 50 heures qui racontait la vie d'une famille de paysans de 1919 à 1982, dans le village de Schabbach en Rhénanie Palatinat, relatant trois époques importantes de l'histoire allemande. Lors de sa diffusion à la télévision en 1984, elle battit les records d'audience en Allemagne. Ce nouveau Heimat est donc une sorte de prologue de la trilogie, mais est une entité et peut être regardé seul.

...

La vie au quotidien est dure et rude, nous pensons à "L'Arbre aux sabots" dans sa déscription du monde rural, la famine et les maladies menacent en permanence et la mort côtoie la vie de tous les jours. Nous l'avouons, nous avions la larme à l'oeil, tant l'émotion est forte par moment ! Au milieu se trouve Jakob, le rêveur, l'intellectuel, qui a appris tout seul plusieurs langues ...Il veut émigrer comme des milliers d'Allemagne, il rêve d'une meilleure vie. C'est lui le narrateur, le romantique, souvent incompris par son entourage ; il tient un journal et nous lit ses notes dans un allemand très littéraire par rapport au patois que les villageois parlent.

Mais le film n'est pas que tristesse - il y a aussi la fête du village, des instants de bonheur simple.

Edgar Reitz est aussi un historien en plus du cinéaste ; il vient de cette région, dont 90 % de la population a émigré au milieu du 19 ième siècle. Les notions de liberté après l'occupation des soldats napoléoniens, l'industrialisation naissante, les conflits des religions et l'émigration, sont des sujets traités à travers l'histoire de ce village en réalité fictif. On s'attache aux personnages, il y a même un suspens, donc nous n'en dirons pas plus...

Réservez votre soirée, ne vous laissez pas décourager par une musique pénible selon nous - ce sera d'ailleurs notre seule critique - par la lenteur parce qu'elle a sa place ici, mais appréciez la superbe photo en noir et blanc, très graphique, égayée par quelques rares pépites de couleurs, et suivez cette fresque de 4 heures qui vont passer comme un rêve…

C'est un chef d'oeuvre !
Loïck G.

391 abonnés 1 831 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mars 2014
Prologue en quelque sorte à la série TV sur la famille Simon, des prussiens en 1842 qui aspirent à un pays nouveau, ces quatre heures de cinéma posent les bases d’une chronique villageoise qui tient à la fois du conte et du récit historique. Edgar Reitz ne se sert pas de la caméra, mais l’utilise au même titre qu’un comédien, ce qui donne cette puissance scénique à des séquences émotionnellement très fortes. Dans le froid, la neige ou les travaux des champs, à la forge, ou à la tannerie, le cinéaste élabore ainsi une mise en scène d’une époque propice aux changements sociaux et politiques que quelques esprits éclairés s’évertuent à mettre en œuvre. C’est parfaitement démontré dans un village trop bien posé pour le décor. Un détail au regard du rendu cinématographique : un noir et blanc tout à fait révélateur d’une atmosphère, d'une ambiance, d'une époque.
Pour en savoir plus
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 24 octobre 2013
1842, dans une ferme de la Sarre, entre Rhin et Moselle. Soins aux animaux, travail aux champs et à la forge rythment la vie quotidienne… De boue et d’ombre, les obligés de la terre semblent sortis d’un tableau flamand. La religion est « omnipressante ». Et c’est naturellement le chef de famille qui incarne ici rigueur et morale protestante.

Seul le fils ainé, de retour après avoir servi la patrie (heimat), a grâce à ses yeux. Mais quand sa fille épouse un catholique, elle est contrainte de quitter la ferme. Et lorsque Jakob, le plus jeune frère, se fait prendre en train de lire, il est envoyé au diable par son père ! Qu’importe, les récits d’aventure nourrissent ses rêves. Et les indiens d’Amazonie symbolisent pour lui une vie plus en harmonie avec la nature. Alors, lui aussi est candidat à l’exode, comme ces cohortes de migrants qu’on voit passer à l’horizon. Jakob est prêt à « quitter l’infidèle patrie qui n’offre que la malheur ».

Cette chronique rurale donne lieu à de magnifiques images noir et blanc. Tantôt peinture réaliste de la condition paysanne, tantôt poème élégiaque ou la plainte vaut résignation plutôt que révolte. Mais c’est un monde d’autrefois qu’on sent craquer. Entrainé sous le poids de rituels séculaires, autant que par les vents de liberté qui soufflent à l’ouest.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 3 novembre 2013
Film bouleversant. Le destin ne tient à pas grand chose. La vie n'est pas Hollywood. Cela ne l 'empêche pas d'être magnifique.
rogerwaters
rogerwaters

168 abonnés 1 089 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 août 2015
Pur chef d’œuvre que ce prequel de la série Heimat datant des années 80. Nul besoin d’avoir visionné les cinquante heures du programme télévisé pour profiter pleinement de ce diptyque ambitieux où se déploie une mise en scène inspirée. La première chose qui marque est la beauté stupéfiante des images en noir et blanc qui subliment le moindre plan. Mais Heimat ne se contente pas d’un brio formel porté en étendard car le scénario nous plonge en plein cœur d’un 19ème siècle romanesque où souffle le vent d’auteurs comme Thomas Hardy. Le destin du personnage principal, de sa jeunesse rêveuse jusqu’aux inévitables déceptions de la vie, est à la fois passionnant et empreint d’une poésie qui happe tout d’abord, puis fascine avant de bouleverser sans jamais tomber dans le piège du mélo. Les quatre heures passent finalement très vite et imposent définitivement un auteur majeur que tout cinéphile se doit de connaître.
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