La plus grande force du film, c’est de développer un méchant culte de Disney : c’est pas seulement la méchante qu’on a connue dans "Les 101 Dalmatiens", on la complexifie le plus possible et on comprend mieux ses motivations. Là encore, on retrouve une intrigue classique avec la concurrence de stylisme, l’héritage, mais c’est avant tout les enjeux et les motivations qui font la différence. Néanmoins, il s’inscrit dans la continuité de l’univers des "101 Dalmatiens" avec des personnages iconiques.
Emma Stone crève l’écran en Cruella et je suis tenté de dire que c’est sa meilleure performance : tantôt douce en Estella, tantôt folle en Cruella, elle varie son acting quand il le faut. Avec elle, Horace et Jasper sont plus intéressants que dans le dessin animé : Horace est un bon comic-relief et Jasper s’avère être très attachant et empathique. Evidemment, Emma Thompson est convaincante en Baronne, qui me fait penser à Miranda Presley, mais en pire.
Après "Moi, Tonya", Craig Gillespie fait encore plus fort car non seulement il complexifie une antagoniste, mais il offre aussi des idées de mises-en-scène plus sympa à voir. On retrouve son style dans les plans-séquences traversant les décors et des ralentis pour sublimer. La direction artistique est réussie entre les costumes dignes d’un grand tailleur et les décors de la Baronne mélangeant le noir et le blanc. Si 2-3 effets numériques sont visibles, ça reste avant tout agréable à voir. La musique est tout aussi réussie : les compositions originales racontent le film et les musiques externes collent à la folie de Cruella et certains titres me restent en tête.
De tous les adaptations live de Disney que j’ai vues, "Cruella" est de loin la meilleure et une des meilleures réalisations de l’écurie. Je le répète mais une méchante culte est rendue plus complexe et attachante et on comprend ainsi mieux ses motivations. Le film est riche en surprise, le casting est impeccable, l’ambiance année 60 est immersive et je suis loin d’être déçu. Avec "Moi, Tonya", C. Gillespie a su prouver qu’il sait complexifier des personnages féminins cultes, plus qu’à attendre son prochain "Supergirl", pour retrouver cette fameuse formule.