703 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
79 critiques spectateurs
5
4 critiques
4
12 critiques
3
32 critiques
2
21 critiques
1
6 critiques
0
4 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Bulles de Culture
148 abonnés
634 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 10 novembre 2014
Reda Kateb est Chérif, un vigile que Marianne Tardieu voit comme l'équivalent du shérif de notre enfance. Sauf que le métier de "shérif" n'est plus le même : il fait maintenant le vigile dans un supermarché, travail mal payé avec des heures supplémentaires imposées. Le redresseur de torts qui faisaient rêver les enfants et les femmes au temps du Far West, est même dépassé par les agissements de petites frappes de banlieue et sera amené à faire des choses qui écorneront encore davantage son image.
La caméra de Marianne Tardieu ne le juge pas, elle pose un regard pudique sur le quotidien de cet homme cherchant juste à rendre sa vie meilleure. Le côté presque documentaire sur les métiers de la sécurité rappelle d'ailleurs le travail de Nicolas Boukhrief avec Le Convoyeur (2003). Et comme celui-ci, le film de Marianne Tardieu offre un panel de personnages très bien construits, des premiers aux seconds rôles. En tête de liste, Reda Kateb a un rôle un peu différent de ses rôles habituels d'homme fort (Hippocrate, Un Prophète) avec ce personnage moins sûr de lui et aux regards fuyants. À ses côtés, Adèle Exarchopoulos joue une lueur d'espoir dans la vie d'un homme perdu. Et autour d'eux, les personnages secondaires, des vigiles à leurs supérieurs, en passant par les parents de Chérif et les adolescents qui le harcèlent, sont bien brossés et nuancés.
Qui vive de Marianne Tardieu est un très beau film sur la banlieue Far West et les êtres humains qui la composent. Une réalisatrice à suivre.
(...) un film de genre, le film de banlieue, un genre qui appelle par excellence un traitement naturaliste. Mais la sincérité du propos de la réalisatrice, ainsi que son empathie envers ses personnages empêchent le film de demeurer sur ce postulat, et le fait sombrer vers la pâle imitation de la vie de banlieue, avec tous les stéréotypes que cela peut charrier (...) Le film était prometteur, mais il est hélas inabouti. La mise en place est laborieuse, gérée à coups d’ellipses qui relient de petites saynètes de la vie de Chérif et de son entourage : Chérif au foot, Chérif au centre commercial, Chérif à la maison, Chérif avec les enfants et avec leur monitrice Jenny... Ces petites touches éclairent la complexité du personnage, ses ambivalences aussi, mais la manière est maladroite et molle, et donne l’impression que le film ne démarre jamais véritablement (...)
Bon film ancré dans la réalité, qui suit le parcours d'un trentenaire qui exerce un boulot alimentaire en attendant de décrocher un boulot lié à ses attentes. Comme à son habitude, Reda Kateb joue parfaitement ce personnage, tiraillé entre son désir de quitter son environnement social et une sorte de culpabilité de vouloir en partir. Le ton est juste, l'histoire bien traitée, il manque peut-être un peu de profondeur, notamment dans les personnages secondaires, mais c'est un bon début.
Deux des scènes les plus importantes sont les moins réussies. Dommage car ce film ouvre un autre oeil à la fois noir et optimiste avec un acteur qui étaie une filmo cohérente, "Qui Vive" rappelle le style d'un autre film de l'acteur comme "Qu'un seul tienne les autres suivront" (2009) de Léa Fehner. Une chronique sociale plutôt réussie dans le fond mais qui manque un peu d'application sur certains points.
Voilà un film qui sort dans un anonymat le plus total (malgré la présence d'Adèle) mais qui ne manque pourtant pas de qualités. Pour son premier film, Marianne Tardieu fait preuve d'une belle maitrise autant dans la mise en scène que sur le scénario. Elle capte bien l'air du temps de la banlieue, de façon peut être plus simple et plus réaliste que Céline Sciamma et sa Bande de filles. Son Chérif fait aussi tout pour se sortir de la cité, pour s'en sortir tout court, à l'instar de Marieme, mais lui dans le droit chemin (ou presque). Une histoire difficile pour un sujet édifiant et un beau suspens. Reda Kateb incarne ce vigile, aspirant infirmier, avec talent et conviction. On s'attache d'emblée au personnage. Un autre très beau rôle après Hippocrate. On retrouve donc Adèle Exarchopoulos. Beaucoup plus discrète que dans La vie d'Adèle mais on est content de la retrouver, même pour un petit rôle. Avec aussi Rashid Debbouze, frère de... (La désintégration). Qui vive est un très beau film, fort, prenant, marquant, qui malheureusement risque de ne pas trouver le public qu'il mérite. Et une réalisatrice à suivre avec attention.
il y a des endroits comme ça en France où vous ne pouvez pas vous sortir de certaines situations. ces "jeunes" oisifs qui pourrissent la vie de milliers de personnes avec la démission de leurs parents. Reda Kateb livre encore une fois une très belle prestation et on aimerait pas vivre ce qu'il endure.
A la question du déterminisme social et de la fameuse égalité des chances, le film apporte une réponse nuancée et tout à fait intéressante, loin de toute caricature ou de tout parti pris. On espère retrouver ce ton juste dans les prochains films de Marianne Tardieu, car il y en aura.
Quel coup de maître pour un premier film, film dont Marianne Tardieu a mis 4 ans pour réunir les financements. Pour le cinéma et nous spectateurs, elle a vraiment bien fait de persévérer. Voilà un film formidable, naturel et réaliste, sans cliché idiot ni caricature, à des années-lumière d’une certaine “racaille” épinglée par un certain président jamais avare de formules crétines. Le film montre, sans juger, sans fioritures, la galère des cités, ses voyous, ses merdeux désœuvrés, ses bénévoles, ses héros du quotidien qui veulent s’en sortir. Il démonte aussi, sans discours bien pensant ni moralisateur, combien on peut être prisonnier d’un système mal foutu, inégalitaire et cruel. Il s’appuie pour cela sur une bande d’acteurs formidables, probablement amateurs pour la plupart, et sur deux acteurs prodigieux : la lumineuse Adèle Exarchopoulos et l’extraordinaire Reda Kateb, un des tout meilleurs acteurs d’aujourd’hui. Un film parfois un peu lent mais d’une humanité et d’une honnêteté impressionnantes.
Voilà un film qui n'a pas d'autre destin que de finir ses jours dans le grand océan de l'anonymat cinématographique. C'est peut-être un peu méchant que de dire ça, mais, sérieusement, que peut-on vraiment retenir de ce "Qui vive" ? Déjà, si on espère voir une démonstration intelligente de la vie en banlieue, c'est cuit. Tardieu nous fait un misérabilisme total. On est en banlieue, donc, forcément, tous ceux qui habitent en banlieue, sont dans une dèche pas possible. Désolé, mais à un moment donné, il faut penser à sortir du 16ème et aller mettre les pieds dans des cités à des fins autres que cinématographiques. Ensuite, on est en banlieue, donc, c'est inévitable, les petits gars écoutent du rap, que du rap. Et là, on ne me fera pas croire que ce sont des clichés qui sont utilisés pour être mieux combattus. Non non. C'est juste que Tardieu n'a aucune idée de quoi elle parle, c'est tout. Bon, déjà, on à ça. Ensuite, l'histoire. Bof aussi. Ça aurait pu être bien, sincèrement. Mais on nous sert finalement un truc super bateau. Moi, j'attendais une vraie dégringolade. Quelque chose qui malmène le personnage principal. Quelque chose qui le secoue profondément. Au lieu de ça, deux ou trois potes s'éloignent de lui et sa gonzesse le largue. Génial... Alors que, la gonzesse, justement, on pouvait agir dessus. Le personnage principal l'aime. Il y avait un truc à faire autour d'elle, mais non. Et ça me fait de la peine pour Adèle Exarchopoulos. Elle emmène son petit truc quand elle apparaît, c'est évident, mais son rôle est vide. Finalement, il ne reste que Reda Kateb qui, par son interprétation empêche le film de sombrer. L'étoile est pour lui.
2014 aura donc été l'année où Reda Kateb a décroché deux rôles principaux au cinéma. Après sa convaincante prestation dans Hippocrate, il revient avec celle qui était la révélation de 2013, à savoir Adèle Exarchopoulos, débarquée du succès de La Vie d'Adèle. Qui Vive est une sorte de polar social, faisant le portrait de notre société actuelle, à travers les yeux d'un trentenaire de banlieue qui travaille pour s'assumer et essaie de s'en sortir en menant des études en parallèle. Comme si batailler sur deux fronts n'était pas suffisant, voilà qu'il fait connaissance avec la bombe du quartier, plus jeune, plus belle et plus en réussite que lui. Seulement, celui qui est agent de sécurité dans un centre commercial pour subvenir à ses besoins voit ce job alimentaire commencer à lui pourrir la vie, lorsqu'il est pris pour cible par une bande de délinquants. L'escalade des provocations le mène à accepter un compromis qui le mènera à sa perte, en cédant aux sirènes de l'illégalité, troquant son intégrité contre une sécurité facile toute relative. L'intrigue et les enjeux sont assez clairement définis et classiques. Il n'y a pas beaucoup d'originalité là dedans, et le principal intérêt vient du charisme et du jeu d'acteur de Reda. S'il parvient à se mettre, sans surprise, tous ses proches à dos, sa tentative de pardon timide se conclue par la meilleure scène du film, très intéressante de réalisme et de froideur, où les protagonistes rejouent la scène du délit.
C’est une première réalisation pour Marianne Tardieu et elle nous dévoile le portrait d’un jeune au cœur d’une cité. Chérif est quelqu’un de généreux, aimant, travailleur et déterminé bref pendant une bonne partie du film on se réjouit de voir briller un message à l’aspect positif. Le scénario hautement prévisible vient mettre un peu à mal ces premières impressions rendant Qui vive moins séduisant par la suite. Heureusement la présence de Reda Kateb, comme souvent, vient capter le regard du spectateur ; on regrette tout de même qu’Adèle Exarchopoulos n’ait pas bénéficié d’un rôle plus étoffé. Un film sans artifices qui se fait toutefois rattraper par une histoire bien trop téléphonée pour nous séduire totalement.
Les points forts du film sont le jeu de Reda Khaleb, tout en nuances ( quel acteur ! ) et l'aspect humain de ce quasi documentaire sur la banlieue. On a vraiment l'impression d'être venu dans le coin y passer quelque temps. Pas de clichés, pas de jugement. Sinon, petite histoire sans grande envergure et une fin très brutale ce qui m'a un peu dérangée.
beaucoup de finesse dans ce premier film , qui évite les pièges et clichés sur la banlieue.pourtant loin d'être rose. le film montre le quotidien de ce vigile qui espère échapper à son destin mais que son environnement emprisonne .... si "qui vive" n'évite pas quelques maladresses (une fin un peu inachevée...) l’interprétation , toute en nuances , de reda Kateb , emporte l'adhésion.... et permet au spectateur de passer un moment intéressant .