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2,5
Publiée le 27 juin 2022
La « Bonne Mère » veille sur les habitants de Marseille comme Nora veille sur les siens. Avec son deuxième long-métrage, Hafsia Herzi dresse le portrait d'une mère de famille attachante que l'on sent profondément gentille et qui fait passer les autres avant elle. Elle aimerait se faire des petits plaisirs ou même se soigner les dents pour pouvoir enfin remanger normalement et elle travaille dur pour cela, mais il y a toujours quelqu'un à aider dans sa famille. Nora se démène pour les autres, mais ces derniers ne le lui rendent pas vraiment. C'est triste de voir que ses proches ont aussi peu de considération pour elle malgré tout ce qu'elle fait pour eux comme si ces sacrifices étaient acquis et qu'ils n'avaient besoin de rien faire en retour. Une mère fera toujours tout pour ses enfants, mais ceux-ci se montrent vraiment ingrats et peu reconnaissants. Nora, c'est vraiment l'image que l'on veut avoir d'une mère à savoir généreuse et aimante. Le récit de Hafsia Herzi ne se focalise pas que sur cette formidable femme et c'est bien dommage. Nora devrait être égoïste par moment et c'est ce que la réalisatrice aurait dû faire et rendre simplement hommage à cette femme. Tous les personnages intégrés autour d'elle sont énervants. Désolé, mais on se moque complètement de ces histoires d'escortes et de derrières dilatés. C'est vulgaire et sans intérêt. C'est vraiment regrettable, car cette déclaration d'amour à cette mère courage est touchante, mais il y a trop de choses qui viennent gâcher la bienveillance de l'ensemble. Après tout, on ne choisit pas sa famille...
Que ce film est beau ! J'ai adoré le courage de ces femmes, leurs ignorances et leurs convictions. L'amour que se portent les personnages sont saisissant. C'est une grande fresque sur la famille, sans jamais tombé dans le pathos ou la facilité. J'ai été particulièrement touché par la référence à Elie Kakou, lui qui a tant donné la parole au quotidien de ces femmes de quartier, ainsi que la présence discrète de sa sœur Brigitte. A voir sans modération !
Le cinéma naturaliste français dans sa grande tradition, se répète et se ressemble continuellement, rendant assez répétitif d'en parler quand on enchaîne les films, et celui-ci ne déroge malheureusement pas à la règle
Rien de bien original et transcendant avec "Bonne Mère", et trop peu d'éléments malheureusement pour qu'il puisse se démarquer de ses cousins, ce qui ne s'arrange quand on se retrouve à des arcs scenaristiques assez similaires à ce qu'on a put voir récemment, notamment avec "Ibrahim".
Celui-ci cependant est déjà un peu plus réussi que ce dernier, avec un propos sur le rôle d'une mère et les sacrifices que cela implique, un joli travail de la lumière par moment, et surtout une actrice principale complètement solaire qui porte entièrement le film à elle toute seule. Le reste cependant, se révèle bien trop pauvre.
On aime cette femme, la bonté incarnée, et on a envie que la vie lui rende ce qu'elle donne. Que ce soit elle ou d'autres, des portraits de femmes qu'on admire et qui nous touchent. Tous les personnages sont d'une justesse extrême, dans un cinéma presque documentaire.
Superbe portrait de femme au coeur des quartiers Nord de la cité phocéenne. Nora (Halima Benhamed) campe ici une mère élevant seule ses enfants et travaillant dur pour subvenir aux besoins de sa famille. Le film n'est pas centré uniquement sur le personnage de Nora. Ses enfants (dont un est incarcéré) sont en proie à de mauvaise fréquentations pour se faire de l'argent facile. Oeuvre où la femme est mise en avant, de la grand-mère à la petite dernière, ce film est une déclaration d'amour de la cinéaste Hafsia Herzi à toutes ces "mères courage" souvent invisibles dans notre société. Très beau long-métrage sauf à mes yeux la partie prostitution assez sordide.
Après le très sympathique Tu mérites un amour, Hafsia Herzi repasse derrière la caméra pour Bonne Mère. Cette fois elle ne joue pas son film et offre le premier rôle à Halima Benhamed dont c'est, il me semble, le premier film. On retrouve un aspect assez naturaliste, il y a bien une petite intrigue qui tourne autour le fait de récupérer assez d'argent pour payer un avocat au fils de l'héroïne, mais elle est très ténue. On va surtout suivre une femme qui a l'air de commencer à se faire vieille, qui s'occupe de ses enfants, petits-enfants, d'une petite vieille, qui fait le ménage dans les avions, etc et qui semble dévouée à sa famille. Je ne dirais pas que le film brille par son originalité, on avait déjà Fatima il y a quelques années avec quasiment le même synopsis.
Mais la réalisatrice arrive vraiment à rendre cette femme attachante, on voit qu'elle veut bien faire, qu'elle galère, que ses enfants ne l'aident pas, voire même qu'ils sont incapables de l'aider et une source de tracas. Le personnage est vraiment bien joué, on sent le côté affable, sympathique, prévenant et rien qu'avec ça on éprouve de l'empathie pour le personnage. D'ailleurs de manière générale la distribution est très bonne et tous les personnages, même les plus secondaires, sont plutôt bien caractérisés parce que justement Hafsia Herzi les filme lors d'interactions sociales de la vie de tous les jours. On voit qui ils sont, quel genre de blague ils font, etc. C'est ce qui permet, sans jamais forcer, de les rendre uniques aux yeux du spectateur.
D'ailleurs c'est assez amusant de voir que ce film est sorti quasiment en même temps que Bac Nord, mais traite finalement du point de vue qui n'était jamais représenté dans le film de Cédric Jimenez, à savoir les habitants des quartiers nord de Marseille. C'est l'autre pendant en somme. Forcément ici c'est beaucoup moins dur mais on retrouve quelques aspects, notamment les bandes de dealers qui contrôlent certains halls d'immeubles avec des guetteurs, sauf que c'est montré sans jugement...
D'ailleurs de manière générale rien n'est vraiment jugé dans le film, que ça soit le fils criminel, la fille qui semble se diriger la prostitution... tout ça garder une certaine légèreté.
Même si, malgré tout, à la fin rien n'est réellement résolu, on a juste vu une tranche de vie, mais la vie continue et les problèmes continuent à s'accumuler.
La jeune comédienne Hafsia Herzi, découverte par Abdellatif Kechiche, en est déjà à sa seconde réalisation après « Tu mérites un amour ». Et si son second essai très justement et sobrement intitulé « Bonne mère » n’invente rien, il propose le tableau d’une femme des classes pauvres d’aujourd’hui entre douceur, abnégation et une pointe de critique sociale. Dès les premières images, on sent où la très jeune cinéaste a puisé son inspiration. Dans le naturalisme de son mentor donc (Kechiche) mais on pense aussi beaucoup aux films de Philippe Faucon, dont le multi-césarisé « Fatima » avec ce portrait délicat d’une femme belle et pure. Peut-être pas aussi impactant et fort que ce dernier, ce film touchant n’en suit pourtant pas moins la trajectoire humble et puissante des tout petits films qui n’ont rien à envier aux plus grands.
A l’instar de Fatima, Nora est une mère qui ferait tout pour sa famille et qui se tue au travail dans l’espoir non pas de vivre, mais de survivre et de donner ce qu’ils méritent à ses enfants. On a déjà vu ce genre de productions filmant les familles des cités entre délinquance, chômage, petits boulots, prison et arrangements avec la loi. Mais « Bonne mère » parvient à se frayer son chemin et à faire entendre sa petite musique. Non pas sur la forme, commune à tant de films du même genre, mais sur le fond. Pas de clichés, pas de dolorisme et de misérabilisme exacerbé pour faire pleurer dans les chaumières, mais le portrait simple et vrai d’une quinquagénaire à bout de souffle. Les scènes de la vie de tous les jours s’enchaînent et captent notre attention. Herzi parvient à rendre belles des scènes anodines, mais qui ont la particularité d’être bien choisies et écrites, bien que l’on sente une part d’improvisation. Tout cela respire la naturel et le vrai, et c’est ce qui fait tout le sel de ce projet.
Mais que serait « Bonne mère » sans ses acteurs? Pour la grande majorité non professionnels, ils sont tous criants de vérité et nous permettent une immersion totale dans cette famille d’immigrés marseillais. Ils sont tous impeccable mais c’est bien sûr Nora, jouée par une épatante Halima Benhamed, qui remporte tous les suffrages. Elle est Nora de la tête aux pieds et on se souviendra longtemps de ses regards qui en disent long. Simplement, avec douceur, cette dame nous émeut à plusieurs reprises dans sa quête, impossible à contourner, du bonheur pour ses enfants. On suit donc les protagonistes de cette mosaïque familiale autour de Nora dans leur vie de tous les jours, leurs problèmes, leurs joies et leurs désillusions. Et c’est simple, c’est beau, c’est juste, c’est touchant et c’est vrai. L’anti-blockbuster type mais qui en surpasse pas mal par l’émotion qu’il dégage.
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Un très beau film, puissant, intense et d’une grande profondeur surtout si l’on se réfère à la jeunesse de la réalisatrice Hafsia Herzi . Le ton est juste pour décrire la vie quotidienne de cette femme marocaine, vivant dans le quartiers nord de Marseille , mère élevant seule ses enfants, dont le fils ainé est en prison, et les filles à la maison à ne pas faire grand-chose. Aucun misérabilisme dans cette description, on sent bien sûr du vécu de la part de Hafsia Herzi , mais aussi beaucoup d’humanité , cette femme assume son destin d’immigrée vivant des conditions difficiles , elle a son job principal de femme de ménage à l’aéroport de Marignane et fait, en plus, des heures de garde de vieilles personnes. C’est la seule qui assume la charge de toute sa famille. Les deux jeunes filles seront bien attirées par l’argent facile du business de l’ « escort » , mais bien sûr cela finira mal. Un composition formidable de Halima Benhamed, qui n’est pas une actrice professionnelle mais qui nous bouleverse , la réussite du film repose en grande partie sur l’humanité qu’elle dégage ,un visage de Madonne, la résilience de son personnage, et l’ensemble du casting est très bon, des jeunes filles délurées , au fils ainé prisonnier aux Baumettes . Une vraie réussite de Herzi, d’avoir su trouver, puis convaincre, tous ces personnages. Le film est prenant, émouvant, et essaie de finir sur un note optimiste. Une vision du peuple et des immigrés extrêmement rare dans le cinéma français. On ressent bien la filiation avec le cinéma de Abdellatif Kechiche ( qui lui avait offert son 1er rôle) , chantre du cinéma « véro » , des sentiments exacerbés ,de son humanisme et aussi de sa façon de décrire la « joie de vivre » des gens humbles, tout en les aimant. Un superbe film.
Bonne Mère se veut être un film "vrai", avec toutes les causes et conséquences indues. Cette atmosphère intimiste, proche d'un documentaire avec ses acteurs non professionnels, donne ainsi ce sentiment d'instants de vie dans un environnement défavorisé. Mais cette forme d'authenticité, assumée et revendiquée, amène une écriture simpliste, voir caricaturale, mais surtout sans grands reliefs.
Un peu long, répétitif et attendu, ce 2ème long-métrage d'Hafsia Herzi n'est cependant pas exempt de moments forts, comme les scènes de visite en prison. Le film pâtit également de l'interprétation insuffisamment nuancée de son actrice principale, non-professionnelle. On pense au personnage passif de Slimane Beiji, dans "La graine et le mulet", dont le scénario, autrement plus complexe, réservait toutefois beaucoup plus de surprises.
spoiler: Magnifique premier film. Un regard bienveillant mais lucide, un premier rôle superbe, des acteurs (amateurs!) vraiment parfaits. Une vision désenchantée mais sans jugement sur un quartier. Un film qui donne à voir sans juger, sans rien minimiser non plus. Tout est dans la retenue, aucune leçon n'est donnée.
Dans les quartiers nord de Marseille, Nora, la cinquantaine, veille sur sa famille tout en accumulant les heures de ménage au travail. Tout ce qu’elle gagne est pour ses enfants et petits-enfants, même la somme qu’elle avait épargnée pendant vingt ans pour se soigner les dents. Sans grand enjeu cinématographique, l’actrice Hafsia Herzi, devenue réalisatrice, propose un hommage aux mères qui donnent tout sans se plaindre et sans rien demander en retour, si ce n’est le bonheur des siens. “Bonne mère” est un film anecdotique certes, mais véritablement authentique. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Deuxième long-métrage réalisé par l’actrice Hafsia Herzi, Bonne Mère prend la forme d’un quadruple hommage : à sa propre mère, aux mères de famille d’une façon générale, aux femmes des quartiers, et à la ville de Marseille. Superbement porté par des actrices non-professionnelles, Bonne Mère est une plongée digne et émouvante dans les milieux populaires des quartiers nord de la cité phocéenne. Les personnages sont remarquablement écrits et c’est avec un vrai plaisir que l’on se laisse embarquer dans le quotidien à la fois simple et baroque d’une famille portée envers et contre tout par l’énergie propre aux gens de Marseille.