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4,5
Publiée le 27 mai 2022
superbe portrait de femme, mère, employée prise entre la difficulté d'éduquer ses enfants, son travail, et les difficultés financières liées à un drame familial. toujours souriante, Nora ne baisse jamais les bras et offre à tous ceux qu elle croise chaleur et soutien. néanmoins, le film n est pas misérabiliste puisque le réalisateur choisit de filmer cette femme avec douceur, notamment dans de superbes plans (à la fin par exemple). bravo poyr la photo, j ai beaucoup aimé ce film.
Du suivi de cette bonne mère, Nora, se dégage une grande authenticité et sincérité, que vient renforcer une interprétation non-professionnelle particulièrement en phase avec son sujet! C'est pudique, touchant et d'une grande douceur malgré un contexte un peu misérabiliste. En délaissant la mère pour suivre la fille, Hafsia Herzi renonce à son atout et propose alors un "film de cité" plus attendu et moins captivant. La volonté de sous-dramatiser dilue l'intensité d'un récit qui aurait pu (dû?) être bouleversant, au lieu de simplement démonstratif.
Film poignant qui touche au cœur sans déployer de grands moyens ni disposer d'un scénario qui en ferait un film à part, simplement le récit de ce quotidien douloureux est criant de réalisme tant le jeu d'acteur est réussi. Beaucoup n'étant pas professionnels, on peut penser qu'ils ont "juste" transposé leur réalité face caméra mais cela n'en reste pas moins remarquable. Présentation magistrale de Halima Benhamed, on peut vraiment s'étonner de l'absence de nomination aux Césars.
J'ai beaucoup aimé ce film. Ça commence tranquillement, la vie du quotidien d'une mère de famille de quartier. On d'y attache. Les acteurs portent le film
Comme la Bonne Mère protège Marseille, Nora protège seule sa petite famille dans les quartiers Nord. Un fils en prison, un autre devant sa console, une fille travailleuse précaire, deux autres tentées par la prostitution, cette femme déterminée et solaire donne tout l'amour qu'elle peut à défaut d'argent. Un film sociale qui dénonce cette frange de la population française abandonnée dans des tours sans ascenseurs et employée pour des services que les autres ne veulent plus faire. Les acteurs non professionnels sont formidables et amènent de la véracité à des dialogues parfois crus où derrière l'apparente agressivité se cache une jolie musique poétique. En creux on devine qu'Hafsia Herzi, désormais aussi bonne réalisatrice qu'actrice, rend hommage à sa propre (bonne) mère, et celle-ci peut être fière d'elle.
Film social français assez classique et prévisible dans sa narration comme dans ses intentions et finalement dans ses maladresses. Bref un objet qu'on a déjà avant même de l'avoir vu. A réserver aux amateurs !
Bonne Mère se veut être un film "vrai", avec toutes les causes et conséquences indues. Cette atmosphère intimiste, proche d'un documentaire avec ses acteurs non professionnels, donne ainsi ce sentiment d'instants de vie dans un environnement défavorisé. Mais cette forme d'authenticité, assumée et revendiquée, amène une écriture simpliste, voir caricaturale, mais surtout sans grands reliefs.
Bonne mère nous donne une image de ces mères courage qui tiennent bon contre vent et marée pour leur famille et amis. Un film qui se passe dans les quartiers nord de Marseille ce qui nous ajoute les couleurs locales. Un jeu d acteurs remarquables sert ce film. Il nous fait rentrer dans cette intimité de ces familles qui survivent, mais pas de pathos un ton qui sent la vérité.
Beau film sur une femme simple, joué de manière simple mais à merveille par une actrice parfaite pour le rôle. On sent que Hafsia Herzi emprunte énormément à Kechiche dans ce film qui se veut proche du réel.
Chronique de gens ordinaires en cité HLM des quartiers Nord de Marseille. Maman la Sainte et ses enfants : beurettes dévergondées, fils désoeuvré, fils délinquant en prison, fille-mère vulgaire... Son regard bienveillant est filmé en très gros plan en permanence, ce qui en fait le personnage central. L'argot des cités est omniprésent. On découvre les gadjos, la soupe "chorba", les choufs guetteurs,... Mais il y a beaucoup trop de longues séquences de haute vulgarité : pauvre misère!
Après le très sympathique Tu mérites un amour, Hafsia Herzi repasse derrière la caméra pour Bonne Mère. Cette fois elle ne joue pas son film et offre le premier rôle à Halima Benhamed dont c'est, il me semble, le premier film. On retrouve un aspect assez naturaliste, il y a bien une petite intrigue qui tourne autour le fait de récupérer assez d'argent pour payer un avocat au fils de l'héroïne, mais elle est très ténue. On va surtout suivre une femme qui a l'air de commencer à se faire vieille, qui s'occupe de ses enfants, petits-enfants, d'une petite vieille, qui fait le ménage dans les avions, etc et qui semble dévouée à sa famille. Je ne dirais pas que le film brille par son originalité, on avait déjà Fatima il y a quelques années avec quasiment le même synopsis.
Mais la réalisatrice arrive vraiment à rendre cette femme attachante, on voit qu'elle veut bien faire, qu'elle galère, que ses enfants ne l'aident pas, voire même qu'ils sont incapables de l'aider et une source de tracas. Le personnage est vraiment bien joué, on sent le côté affable, sympathique, prévenant et rien qu'avec ça on éprouve de l'empathie pour le personnage. D'ailleurs de manière générale la distribution est très bonne et tous les personnages, même les plus secondaires, sont plutôt bien caractérisés parce que justement Hafsia Herzi les filme lors d'interactions sociales de la vie de tous les jours. On voit qui ils sont, quel genre de blague ils font, etc. C'est ce qui permet, sans jamais forcer, de les rendre uniques aux yeux du spectateur.
D'ailleurs c'est assez amusant de voir que ce film est sorti quasiment en même temps que Bac Nord, mais traite finalement du point de vue qui n'était jamais représenté dans le film de Cédric Jimenez, à savoir les habitants des quartiers nord de Marseille. C'est l'autre pendant en somme. Forcément ici c'est beaucoup moins dur mais on retrouve quelques aspects, notamment les bandes de dealers qui contrôlent certains halls d'immeubles avec des guetteurs, sauf que c'est montré sans jugement...
D'ailleurs de manière générale rien n'est vraiment jugé dans le film, que ça soit le fils criminel, la fille qui semble se diriger la prostitution... tout ça garder une certaine légèreté.
Même si, malgré tout, à la fin rien n'est réellement résolu, on a juste vu une tranche de vie, mais la vie continue et les problèmes continuent à s'accumuler.
La jeune comédienne Hafsia Herzi, découverte par Abdellatif Kechiche, en est déjà à sa seconde réalisation après « Tu mérites un amour ». Et si son second essai très justement et sobrement intitulé « Bonne mère » n’invente rien, il propose le tableau d’une femme des classes pauvres d’aujourd’hui entre douceur, abnégation et une pointe de critique sociale. Dès les premières images, on sent où la très jeune cinéaste a puisé son inspiration. Dans le naturalisme de son mentor donc (Kechiche) mais on pense aussi beaucoup aux films de Philippe Faucon, dont le multi-césarisé « Fatima » avec ce portrait délicat d’une femme belle et pure. Peut-être pas aussi impactant et fort que ce dernier, ce film touchant n’en suit pourtant pas moins la trajectoire humble et puissante des tout petits films qui n’ont rien à envier aux plus grands.
A l’instar de Fatima, Nora est une mère qui ferait tout pour sa famille et qui se tue au travail dans l’espoir non pas de vivre, mais de survivre et de donner ce qu’ils méritent à ses enfants. On a déjà vu ce genre de productions filmant les familles des cités entre délinquance, chômage, petits boulots, prison et arrangements avec la loi. Mais « Bonne mère » parvient à se frayer son chemin et à faire entendre sa petite musique. Non pas sur la forme, commune à tant de films du même genre, mais sur le fond. Pas de clichés, pas de dolorisme et de misérabilisme exacerbé pour faire pleurer dans les chaumières, mais le portrait simple et vrai d’une quinquagénaire à bout de souffle. Les scènes de la vie de tous les jours s’enchaînent et captent notre attention. Herzi parvient à rendre belles des scènes anodines, mais qui ont la particularité d’être bien choisies et écrites, bien que l’on sente une part d’improvisation. Tout cela respire la naturel et le vrai, et c’est ce qui fait tout le sel de ce projet.
Mais que serait « Bonne mère » sans ses acteurs? Pour la grande majorité non professionnels, ils sont tous criants de vérité et nous permettent une immersion totale dans cette famille d’immigrés marseillais. Ils sont tous impeccable mais c’est bien sûr Nora, jouée par une épatante Halima Benhamed, qui remporte tous les suffrages. Elle est Nora de la tête aux pieds et on se souviendra longtemps de ses regards qui en disent long. Simplement, avec douceur, cette dame nous émeut à plusieurs reprises dans sa quête, impossible à contourner, du bonheur pour ses enfants. On suit donc les protagonistes de cette mosaïque familiale autour de Nora dans leur vie de tous les jours, leurs problèmes, leurs joies et leurs désillusions. Et c’est simple, c’est beau, c’est juste, c’est touchant et c’est vrai. L’anti-blockbuster type mais qui en surpasse pas mal par l’émotion qu’il dégage.
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Troublant, une famille qui oublie ses racines, très loin des stéréotypes de Marseille et des ses quartiers Nord : Nora s'exprime parfois très brièvement en arabe ; outre le passage d'une cousine voilée, la seule référence à des origines géographiques que je retiens est une conversation chaleureuse de Nora avec ses collègues, chacun annonçant la prochaine spécialité culinaire dont elle régalera les autres.
Le drame du film est en fait bien l'acculturation, l'effacement de toute référence culturelle et transgénérationnelle commune à la famille. Nora se démène pour nourrir sa famille, elle aime ses enfants et petits enfants, mais elle est sur une planète qu'eux... Ceux pour qui elle trime dur dès l'aube, ne pensent qu'à l'argent facile qui tombera de magouilles "faciles". Le passage dans le champs de la caméra de la cousine voilée tend sans doute à rappeler qu'une des réactions possible dans ce désert culturel est la réappropriation, dans le désordre, de la religion des origines.
C'est du très bon cinéma social, mais Hafsia Herzi, qui aime pourtant Marseille, ne nous immerge pas assez dans les lieux; par exemple, en sortant du film, on n'a aucune idée de l'agencement de l'appartement qu'habite la famille de Nora ; on y perd en empathie, en intimité avec elle...