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Ricco92
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5,0
Publiée le 18 décembre 2022
Après avoir décontenancé tout le monde avec son drame L’Opinion publique, Charles Chaplin a choisi de retrouver la comédie et son personnage favori de vagabond pour le plonger dans la fin du XIXème siècle avec son film suivant : La Ruée vers l’or. Contrairement au Kid et à la majorité des films qui suivront, Chaplin choisit de ne pas trop mélanger l’humour et le sentimentalisme pour se concentrer essentiellement sur la comédie. On est d’ailleurs surpris de voir que l’acteur-réalisateur présente même son histoire d’amour avec un regard assez critique (surtout dans la version muette) car il présente Georgia comme une personne pouvant sembler peu sincère dans ses sentiments à l’égard de Charlot (elle se moque de lui au début et en tombe "amoureuse" une fois qu’elle découvre qu’il est devenu multimillionnaire). Ce qui intéresse surtout Chaplin ici est de faire rire son public plus que de l’émouvoir (l’échec commercial de son film précédent, qu’il a mal vécu, y est-il pour quelque chose ?) et il réussit parfaitement à accomplir son but. En effet, il offre des gags très bien travaillés et une mécanique comique parfaite. Il n’est donc pas étonnant que le film comporte des moments mémorables (les personnage luttant contre la tempête, la séquence du poulet…) et peut-être la scène la plus célèbre de la carrière du cinéaste avec la danse des petits pains (qui pourtant avait déjà eu des équivalents dans certains films plus anciens notamment Fatty chez lui avec Roscoe Arbuckle en 1917). On peut également noter que La Ruée vers l’or est peut-être aussi le film de Chaplin qui peut le plus facilement être accessible à un jeune public ne connaissant pas les codes du cinéma muet grâce à sa version sonorisée de 1942 qui bénéficie en plus d’une superbe musique écrite par Chaplin lui-même qui rend la danse des petits pains encore plus mythique et qui a même reçu une nomination à l’Oscar de la meilleure musique de film en 1943. Toutefois, les purs cinéphiles pourront lui préférer la version muette de 1925 car la sonorisation ne semble pas naturelle et car la suppression de certaines séquences entraine la perte d’éléments importants au récitspoiler: (notamment en ce qui concerne la lettre de Georgia) . Ainsi, La Ruée vers l’or reste une des œuvres les plus célèbres de son créateur et un pur chef-d’œuvre de la comédie (même si, selon les goûts de chacun, on peut lui préférer les œuvres où il joue plus sur les sentiments). Il n’est donc pas surprenant de voir qu’il s’est souvent trouvé dans les classements des plus grands films de l’Histoire du cinéma.
"La ruée vers l'or" accumule les scènes mémorables d'une inventivité folle qui sont entrées dans l'histoire du cinéma et alterne avec perfection les moments de pure comédie et d'émotion. A voir et à revoir sans modération.
Sorti dans une première version muette en 1925 et repris en 1942 par Chaplin lui-même qui y ajouta musique et commentaires parlés, La ruée vers l’or est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre du cinéaste britannique. Inspiré de la ruée vers l’or du Klondike (1896-1899, Canada, à proximité de l’Alaska), ce court film de 1h10 est l’occasion pour le personnage de Charlot, vagabond dont la tenue et la dégaine dénote d’avec les paysages enneigés du grand nord, pour notre plus grand plaisir, de tenter de trouver l’or et la fortune. Il fera surtout la rencontre de personnages plus ou moins recommandables – surtout moins – qui abuseront de sa gentillesse et de sa naïveté. Plusieurs séquences mythiques parcourent le film, dont la danse des petits pains et la dégustation de la chaussure.
Œuvre majeure de la filmographie de Charly Chaplin avec le top du style burlesque muet, le rythme est dense, les gags s’enfilent bien et fonctionnent parfaitement. Tout est travaillé, tout est soigné, de la réflexion philosophique sur l’amour et la solitude. Bref un superbe chef d’œuvre !
La marginalité des trois hommes principaux trouve dans le refuge un lieu symbolique qui condense toutes les marginalités, décline toutes les identités marginales situées à la croisée de l’érémitisme, du vagabondage et de la recherche désespérée d’or. En cela, les personnages ne cessent de graviter autour de cet élément géographique, peinent à y tenir ensemble – la faute à des bourrasques glacées, à la nécessité de trouver de la nourriture, à son instabilité – et ainsi à faire communauté. Là réside la thématique récurrente du cinéma de Charles Chaplin, dans la tension entre une individualité irréductible qui se donne à voir comme telle et un groupe (famille, métier, société) uniformisé par l’application de règles et de conventions ; elle se décline de façon quasi abstraite, le décor enneigé constituant l’essentiel d’une œuvre au burlesque génial puisqu’il convertit habilement, par des trouvailles d’interprétation et de mise en scène, la misère de ces pionniers en un festival de rencontres et de situations loufoques, animaux à l’appui spoiler: – l’ours initial, le chien attaché sous la table, le mulet qui s’invite à table . Subordonné à un propos politique fort qui interroge la représentation de ces marginaux à la frontière entre humanité et animalité, The Gold Rush fait de son sac de nœuds scénaristique spoiler: – notre héros tombe littéralement dans des cordages en clausule – une peinture touchante des « désirs » humains, terme répété plusieurs fois par la voix off, qui ne s’accomplissent véritablement que dans le partage et dans la mémoire de ses origines, en témoignent les habits de vagabond repris à terme par le nouveau milliardaire. Un chef-d’œuvre.
Indémodable et rafraichissant. Revoir ce film de mon enfance a été un plaisir. Chaplin réussit ce prodige de nous émouvoir en même temps qu'il nous fait rire. La scène où il danse dans le cabaret avec son pantalon qui descend est tellement burlesque et celle où il attend vainement les quatre belles femmes pour le réveillon tellement poignante. Sans oublier toute la poésie de la danse des deux fourchettes plantées dans deux petits pains. Avec quelques acteurs, le gentil, le méchant, la belle, le play boy et bien sûr le vagabond, il parvient à son but de rendre le cinéma sans paroles vraiment divertissant et visible par tous.
Un film bientôt centenaire et qui continue à nous émouvoir et à nous faire rire/ Charlie Chaplin, avec son humour burlesque nous décrit les conditions très dures de chercheurs d'or dans l'Alaska de la fin du 19ème. J'ai revu ce film dans une salle de 3000 places, l'auditorium de Lyon, à l'occasion du festival Lumière 2018. La musique était jouée en direct par l'orchestre national de Lyon. Quel régal ! et quelle prouesse pour les musiciens de suivre sans décalage l'action en temps réel avec une musique tellement expressive par rapport à l'action qui se déroule. Deux moments d'anthologie dans le film : la danse des petits pains et la scène de la cabane en équilibre sur une arête de neige.
La neige et le froid, pas plus que le décor singulier des Rocheuses, n'empêchent Charlot de faire son entrée dans son costume traditionnel. Ces premières images, déjà drôles, d'un chercheur d'or pas comme les autres précèdent directement les séquences les plus célèbres du film (auxquelles on ajoutera plus tard la fameuse danse des petits pains) dont certaines sont dignes de figurer dans une anthologie de Chaplin et du cinéma muet. Dans la cabane de bois où son personnage de vagabond-prospecteur a trouvé refuge auprès de deux congénères à la mine patibulaire, en pleine tempête de neige, Chaplin démontre son génie comique et son art de la mise en scène. Ces longs moments d'une promiscuité animée, où l'on se souvient forcément de Charlot balloté d'un coin à l'autre de la pièce ou cuisinant une chaussure à clous, soulignent tout autant l'imagination que la rigueur burlesques de Chaplin. De surcroît, la version du film commentée en voix off par l'auteur lui-même, au lieu des inserts habituels du film muet, favorise la limpidité du récit.
Ce premier vrai long-métrage de Chaplin ("Le KId" étant plûtôt un court- moyen métrage) et de son personnage est surtout connu et reconnu pour un certain nombre de scènes qui sont rentrées dans la mémoire du cinéma, qui en était encore à ses débuts : le repas de chaussure, les hallucinations de Big Jim, la danse des petits pains ou la cabane qui tangue. Ce sont incontestablement des moments mémorables, mais ils ne constituent qu’un aspect du génie de Chaplin : car les deux moments les plus merveilleux sont peut-être les deux découvertes de Gloria les deux fois où elle pénètre dans la cabane du « petit homme », le vagabond qui sera le personnage essentiel de l’œuvre du cinéaste. Comme par enchantement, elles expriment l’importance fondamentale de la sincérité des sentiments et sa supériorité sur les différents artifices sociétaux. Avant une conclusion quelque peu artificielle et convenue (même si Chalin y fait preuve de retenue) pour laquelle ont dû peser les convenances et les impératifs moraux et commerciaux de l’époque, les thèmes ô combien universels, de la solitude, de l’adversité du monde et de l’amour malheureux trouvent dans ce film l’une de leurs plus belles représentations. PS : j’ai vu le film en version sonorisée dans laquelle les intertitres sont remplacés par des commentaires et des dialogues plutôt insistants et lourds, qui minimisent le rôle joué par l’art du mime de Chaplin pour faire émerger les sentiments et générer les émotions. Dommage.
La Ruée Vers l’Or, c’est ce chef d’œuvre du petit mais grand Charles Chaplin sorti en 1925. Ici, on croise un vieux brigand mais aussi des chercheurs d’or et un célèbre petit bonhomme à moustache qui espère la fortune autant que l’amour. Si le film est muet à l’origine, il est aussi disponible en version sonorisée par Chaplin lui-même. Les réticents au muet n’auront donc aucune excuse. Le froid et la neige sont bien sûr les prétextes parfait pour enchaîner les gags d’un humour burlesque qu’on connaît bien. Ça tombe, ça glisse, ça se cache et Charlot s’en sort encore et toujours par les belles pirouettes dont il a le secret. Ce personnage est toujours aussi attachant par sa candeur et sa malice, par sa gentillesse et sa pugnacité. Il est encore et toujours la victime d’un monde cupide mais le sort est avec lui et il sait se satisfaire de ce que la vie lui réserve. Pour Charlot, la vie et la survie se confondent et c’est dans la difficulté qu’arrive le meilleur. Émouvantes et drôles, ces aventures dans le grand froid se regardent avec toujours autant de plaisir.
Charlie Chaplin est une émouvante chaleur au milieu du désert glacé qu'est le théâtre du film : l'Alaska, isolé et cruel, sombre et maléfique. L'absence de couleurs du film n'est en fin de compte qu'un gage supplémentaire de son réalisme. Mais la fin du film n'est pas malheureuse, et, à une époque où la ruée vers l'or n'était pas encore si lointaine, un récit optimiste comme celui-là n'était pas forcément pour consoler les milliers d'espoirs déçus. Il en reste aujourd'hui une récit drôle et touchant à la fois -typiquement l'oeuvre du plus célèbre des cinéastes moustachus-, vieillot mais pas démodé, simple mais grand. Un tel talent pourra aisément justifier une ruée vers la séance la plus proche.
C’est dans son art de rendre hilarantes des situations à posteriori dramatiques que l’on reconnait le génie comique et la subtilité de Charlie Chaplin, et cette comédie qui a le culot de revenir sur le mythe bâtisseur de la conquête de l’Amérique réussi justement, au moins autant qu'a pu le faire The kid, à se montrer attendrissante et burlesque à la fois. La mythique scène de la danse des chaussures ou du poulet géant ont beau être ainsi fort cocasses, il s’agit pourtant bien de la vision tragique d’individus en train de mourir de faim. L’acteur-réalise donne de plus en plus de grâce à son personnage Charlot de la même façon qu’il maitrise de mieux en mieux les nuances de sa photographie en noir et blanc. Ainsi, La ruée vers l’or est assurément un des films muets les plus aboutis de son auteur et donc, à ce titre, un chef d’œuvre impérissable de cette grande époque.
Aventure et humour dominent ce long-métrage Muet et N&B, réalisé en 1925. Une comédie, jouée, scénarisée, et produite par Charles Chaplin, dans laquelle Charlot est prospecteur solitaire d'or en Alaska. Le film révèle une qualité technique impressionnante, avec des effets visuels de bonne facture. Il nous offre de belles anecdotes, des séquences émouvantes et d'excellents gags, comme la scène du chien au saloon ou Charlot danse avec la belle Georgia. Un grand coup de chapeau à l'extraordinaire cinéaste qu'est Mr Chaplin ; il réalise comme toujours une très belle prestation de comédien et compose également pour ce film une bonne musique romantique.