Captain Fantastic
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traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 octobre 2016
Au fond, la plus grande erreur à faire concernant Captain Fantastic est de discuter de sa pertinence d'un point de vue réaliste. Il s'agit avant tout d'une fable utopiste dont l'ironie même s'exerce à l'égard du mode de vie alternatif prôné par son chef de bande. Evidemment, la civilisation du monde de la consommation en prend pour son grade mais cette critique est énoncée de manière naïve et ludique qui s'amuse dans une voie transgressive et provocatrice qui pour être juste et lucide n'est pas ultra corrosive à part peut-être pour le public américain, et encore. Captain Fantastic n'est rien d'autre qu'un film sur la difficulté de vivre, pour soi et ensemble, au sein ou en dehors de la société. Et son traitement passe par la bonne humeur et l'humour mettant en avant les choix qui appartiennent à chacun y compris avec le droit de se tromper. Pas de quoi en faire un film démesurément moraliste mais jouissif en revanche, que oui et oh combien, à condition de ne pas avoir l'esprit de sérieux trop chevillé au corps. Alors que le cinéma actuel a tendance à se diviser entre oeuvres de pur divertissement, souvent anémiées, et films d'auteur, parfois et même souvent austères et mornes, Captain Fantastic détone par sa fantaisie, sa liberté et sa douce folie. Un vent de fraîcheur qui doit beaucoup à Viggo Mortensen, toujours remarquable, et un groupe d'enfants au jeu naturel et vivifiant. Pour ceux qui pointeraient du doigt telle ou telle incohérence du scénario, la réponse est simple : on s'en fiche royalement, le cinéma n'est pas la vie mais (de temps en temps pas toujours) une invitation au rêve et à l'insubordination. Que Matt Ross soit remercié pour cette équipée sauvage et tendre, et dommage pour ceux qui n'auront pas apprécié le voyage.
Isabelle E.C.
Isabelle E.C.

83 abonnés 340 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 octobre 2016
Un père et ses 6 enfants semblent vivre un idéal de vie sauvage et philosophique, harmonieuse mais rude en pleine forêt montagneuse quand l'annonce de la mort de la mère dans un hôpital lointain vient tout bouleverser.
Un très bon film sur l'éducation, parfois très drôle, très profond, qui ne manque ni de lucidité ni de doute. J'ai été émue par cet amour, ces maladresses, cette intelligence, ce choc de culture entre personnes du même pays et de la même famille qui fait la trame de ce film.
Viggo Mortensen est parfait en père fort et fragile et les enfants sont renversants de pertinence et de charme.
Pauline_R
Pauline_R

194 abonnés 398 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 octobre 2016
Un chouette film, à mi-chemin entre Little Miss Sunchine (en moins drôle) et Into the wild (en moins radical et tragique), entre comédie et vraie réflexion sur nos modes de vie et d'éducation. On sourit souvent et on s'interroge devant cette famille hors norme (dans tous les sesns du terme), on remet en doute et on applaudit ce père utopiste, forme d'héros moderne, avec ses forces et ses failles. Si le film comporte quelques faiblesses scénaristiques (ça reste tout de même peu crédible) et quelques longueurs, il marque les esprits par son originalité et son regard sur la société. Et comment ne pas souligner la qualité d'interprétation de Viggo Mortensen, au charisme magnétique, qui fait beaucoup à la qualité du film.
Petiot L
Petiot L

43 abonnés 336 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 octobre 2016
Mélange parfait entre little miss sunshine et into the wild. Comédiens epatants, attachante.On peut dire " c'est un joli film". Et c'est rare. J'ai adoré . Et bravo aux stylistes.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 27 octobre 2016
Matt Ross a frappé fort avec Captain Fantastic, et nous offre un des meilleurs films de l'année, mais aussi un des plus réfléchis et intelligents. On ne voit pas le temps passé tant l'aventure de cette famille endeuillée est fabuleusement captivante et émouvante. La prestation de Viggo Mortensen, brillante du début à la fin, est quasiment dépassée par celle de tous les enfants, qui sont absolument exceptionnels et attachants. Le scénario, innovant et très "intéressant" (mot tabou d'après ce film), permet de remettre en question nos habitudes de vie, tout en dénonçant habilement et efficacement la société, notamment américaine. Bouleversant, honnête et fort, ce drame familial vaut le coup d'être vu mille fois. C'est pas souvent qu'un film, au moment de nous présenter le générique de fin, donne une envie débordante de danser avec un long sourire jusqu'aux oreilles !
FlecheDeFer ..
FlecheDeFer ..

50 abonnés 383 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 novembre 2016
Pas mal mais perso je me suis quelque peu ennuyé... Ceux qui veulent de la subversion seront déçus, le film se contentant de réciter une sorte de fable moraliste dont on n'est pas sûr de vraiment saisir le sens profond, si tant est qu'il soit censé y en avoir un...
ATHMOS.ONER
ATHMOS.ONER

166 abonnés 259 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 octobre 2016
Tout commence par la vue d’avion d’une forêt dense, sauvage, aux couleurs vertes et chatoyantes. On se sent bien, presque zen, planant. Et puis vient une première scène et des personnages surprenants. Le ton est donné, on sait d’office que si le film tient ses promesses, on va passer un moment d’exception...
Pourtant, franchement, avec un titre pareil, un thème écolo et un synopsis que beaucoup vont qualifier de bobo, « Capitaine Fantastic » risque d’avoir du mal à attirer des spectateurs.
Je vous le dit de suite, ça serait fort dommage de ne pas savourer les 2 heures de ce joyau.
J’ajoute que le film est loin d’être parfait, qu’il est parfois inégal et qu’au final on s’en moque tant on ne retient que ce que l’on a ressenti et qui vibre et résonne encore longtemps après la projection sur grand écran.
D’un point de vue technique, le film est joliment mis en image, il est aussi très lumineux (soleil très présent) avec des couleurs saturées et plaisantes.
Les acteurs sont tous -mais absolument tous- parfaits, si Viggo Mortensen est juste impeccable, sa « troupe » d’enfants de tous les âges sont eux aussi de grands acteurs.
La cohésion entre eux est telle que l’on croit à leur parenté. Et puis quels enfants ! Hauts en couleurs, hors du commun et attachants au possible.
Le scénario et les dialogues sont très intelligents, souvent fins sous de faux airs de rustre et c’est partit pour un voyage en bus qui prends des allures de grand huit émotionnel. On rit à gorge déployée autant que l’on pleure à chaudes larmes, on adhère autant que l’on rejette, on passe de l’un à l’autre avec une simplicité déconcertante !
Les nombreux principes d’éducation, les philosophies exposées ainsi que le coté alternatif ne peuvent pas remporter une adhésion complète et c’est là la force ultime du film.
On vous demande de vous laisser porter puis on vous secoue et c’est alors que vos repères sont ébranlés afin de, je l’espère, vous ouvrir de nouveaux horizons, sans jamais diaboliser un système plus qu’un autre. Si l’éducation de ce père hors norme est montrée dans ce qu’elle a de plus beau, elle n’échappe pas à ses propres limites, elles aussi exposées.
Vous allez vous en poser des questions et allez passer d’un côté à un autre comme on le fait dans la vie. Errance, cheminement, convictions et doutes…
Au final, qui pourra critiquer cette belle humanité, cette sincérité jusque dans le doute… Oui c’est une belle fable sociale, utopique et pourtant réaliste, saupoudrée d’un humour espiègle et de dialogues croustillants, et quoique l’on puisse critiquer dans les modèles éducatifs, on ne peut qu’admettre le regard lucide et tranchant porté sur l’Amérique (mal bouffe, surconsommation, niveau scolaire, pouvoir des sociétés…) est donc, sur notre monde.
Clairement un des meilleurs films de ces dernières années à ne manquer sous aucun prétexte.
Jonathan P
Jonathan P

73 abonnés 395 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 octobre 2016
C'est une belle erreur dit " Ben" Viggo Mortensen au milieu du film, à noter que cette une improvisation de Viggo.

Se métant en marge de la société, il éduque ses enfants avec une profonde tendresse et fermeté digne d'un camp de scoot au trip bien attachées. Entre dépassement de leur personne et connaisances rien ne leur est occulté, si ce n'est l'intégration dans une société de consommation, voici les nouveax Robinson.

Et pourtant ils vont devoir s'ouvrir à elle suite au décès de leur maman, se qui va profondément bousculer la famille et leurs habitudes au quotidien.

Porté par une mise en scéne solaire, Matt Ross nous offre un film d'une trés grande richesse, avec ses questionnement sur l'éducation à aporter aux enfants..

Mortensen y est comme à son habitude parfait en total osmose avec le sujet, cela ne pouvait être que lui, tellement l'incarnation et le dévoument au film parait constant, comme dans la totalité de sa filmographie, il est de ces acteurs qui ne trichent pas et qui apportent au rôle, ce petit plus qui le rend si crédible.

C'est un film qui monte petit à petit vaire un bonheur tout simple et pourtant universel un doux et savent mélange de comédie sans oublier le resort dramatique comme dans le film Little miss Sunshine il y a déjà 10 ans.

Captain Fantastic a tout d'un bonbon légerement acidulé avec une pointe d'amertume, mais au final on ne retient que le plaisir et le bonheur qui sans dégage pour un film à la saveur en bouche longue durée.
lhomme-grenouille

3 615 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 novembre 2016
Au début j’ai vu une forêt sauvage ; une biche ; et puis un homme au visage peint venir s’abattre sur l’animal. Pour des gens qui, comme moi, aiment débarquer devant des films sans savoir de quoi ils parlent, je peux vous dire que l’effet était garanti ! Film préhistorique ? Film survivaliste ? …Et puis ce titre : « Captain Fantastic » ; c’est quoi ça ? Un titre de film de super-héros ? Si je dis tout cela, c’est parce que je pense que c’est certainement la grande force de ce film : on ne sait jamais vraiment ce qu’il est ; où il va ; ce qu’il va nous raconter… On comprend juste très rapidement qu’il va y avoir du fond, que bien des thématiques vont être abordées, et qu’il y a de forts risques qu’à la fin de l’aventure, on ressorte de là avec un propos qui ait du sens… Eh bah quel plaisir tout simplement d’avoir DEJA ça. Combien de films peuvent se targuer de telles qualités aujourd’hui ? Oser sortir des sentiers battus ; proposer une histoire qui lui est propre ; oser creuser des questions sociétales et individuelles de manière frontale… Combien franchement ? Pour moi bien peu. Et rien que pour cela, ce « Captain Fantastic » a su me mettre dans sa poche assez rapidement. Mais là où il m’a totalement emballé, c’est qu’au-delà de ces qualités premières, le film va bien au-delà de ça. En permanence il nous questionne, renverse les rôles, éprouve les postures de chacun… Le Captain Fantastic n’est fantastique que de nom. Il a ses doutes, ses limites, ses carences… Captain Fantastic est juste un personnage humain ; un gars qui essaye de faire au mieux. Et c’est parce qu’il est humain qu’il est attachant. Et c’est aussi parce que tous les personnages de ce film sont pétris de cette même humanité qu’ils forment à eux tous une population pour laquelle je me suis très vite pris d’empathie. Il n’y a pas de méchants ni de gentils dans le monde du « Captain Fantastic », juste des gens avec leurs forces et leurs faiblesses ; leurs sensibilités et leurs limites ; et leur envie de faire au mieux en fonction de la perception qu’ils ont de la situation donnée. Lutter contre la norme ; éduquer ses enfants ; concevoir et construire son émancipation : autant de sujets universels que ce film traite avec une subtile intelligence et une profonde humanité. Et là où le miracle se poursuit, c’est que ce Matt Ross, dont je ne connaissais pas le nom jusqu’à présent, a su mettre en forme ce propos et cet univers avec une réalisation que je trouve vraiment des plus pertinentes. Jamais trop, jamais trop peu. Elle sait ménager les moments de légèreté et les moments d’émotion. Elle sait suspendre au bon moment l’intrigue au profit de moment de respiration et de contemplation. Elle user des codes comme elle sait les briser quand il le faut… ( spoiler: Moi par exemple, je retiens cette chanson finale entonnée lors de la crémation de la mère. A mon sens c’est le truc casse-gueule par excellence. Et pourtant là, je trouve qu’on évite à la fois le pathos, le ridicule, le tire-larmes. L’évolution de la chanson et la manière de la mettre en image donnent une réelle dynamique à la scène ; une dynamique qui fait de ce moment un moment enlevé, riche de sens et d’émotion ; bien plus qu’un simple trémolo. Ça tient à pas grand-chose, mais ça marche. Rien que pour ça, franchement : bravo !
) Donc voilà : en quatre mots comme en cent : j’adore ce film. Mieux encore : je l’aime. Savoir mêler à ce point simplicité, légèreté, subtilité, émotion, intelligence, humanité sur des sujets aussi universels, c’est juste remarquable. « Captain Fantastic » est plus qu’une bonne surprise : c’est l’un de mes chefs d’œuvre de l’année ; un film qui figurera dans mon panthéon de 2016. Oui, rien que ça… Vous voila prévenus. Maintenant c’est à vous d’agir…
Benito G

760 abonnés 3 167 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 octobre 2016
Ce film absolument brillant est la preuve incarnée que l'on peut très bien ne pas être en accord à 100 % avec l'idéologie d'un film d'une oeuvre mais la respectée et l'acceptée. Pour faire court, le film part en guerre (sans trop en faire) avec la société de consommation et compagnie... Faisant réfléchir avec intelligence! Il est traversé de scènes magiques cherchant à nouveau la place de l'homme dans la nature, se confrontant intellectuellement avec la civilisation moderne, celle éduquée par des écoles conformistes qui préfèrent assimiler plutôt qu'intégrer, celle des émissions TV avilissantes et bêtifiantes, la société du paraître et de consommation qui est celle que l'ont subi actuellement. Mais le film ne s'arrête pas en route, il nous fait également part de ses doutes, celui des enfants, du père... Développant un peu la "vie de famille' mais oû le libre arbitre et le respect doivent être maître..
Les personnages sont d'une puissance sans équivoque et le film est tout simplement traversé d'un souffle de liberté bien loin de ce que l'on voit habituellement. Mais je le répète, même si l'on peut émettre des réserves sur tel ou tel point de détail tant l'oeuvre est riche d'idées et de pistes à explorer, son âme est fondamentalement bonne et c'est assurément un film qui restera. Bref un film intelligent, bourrées d'idées, de piste à explorer... Qu'une suite ne serait pas à omettre (mais tout développé ; aurait rendu le film trop long). Les petits auront peut être un peu de mal ; mais cela reste familial et en fera certainement réfléchir.
alain-92

350 abonnés 1 078 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 octobre 2016
La grande réussite de film, vu comme une jolie fable, est de ne jamais vouloir donner une leçon de morale. Quelle qu'elle soit. C'est avant tout un beau regard sur un côté de l'Amérique. Après une première partie quelque peu laborieuse, le rythme de la mise en scène ne s'essouffle à aucun moment. Le scénario écorche gentiment une civilisation tombée dans le consumérisme, tout autant que la volonté d'un repli total, pour certains, vers la terre nourricière. Les somptueuses images magnifient la nature de cette région. Au milieu de celle-ci, loin de toute modernité et des êtres humains, l'éducation des enfants est assurée par un père attentif et autoritaire, bourru et aimant. Un homme sûr de lui, adepte des théories prônées par Noam Chomsky. Pour les enfants c'est tout un savoir avalé au travers de quantités de lectures savantes. Les idées des parents, doivent-elles obligatoirement trouver un écho positif chez des enfants, ici coupés de tout, élevés dans des conditions physiques éprouvantes et à un rythme forcené ? L'ensemble peut convaincre, déranger par certaines scènes invraisemblables, celle du cimetière en particulier, mais aussi toucher chacun, dans cet amour infaillible qui unit père et fratrie. Les enfants qui composent l'essentiel du casting sont tous éblouissants de naturel. Le jeune George MacKay est étonnant et particulièrement convaincant. Frank Langella, dans le rôle du grand-père est excellent et offre quelques bons moments, lors de face à face avec le père des enfants, interprété avec vigueur et talent par Viggo Mortensen. Un acteur inclassable et remarquable auquel le film doit beaucoup.
Requiemovies
Requiemovies

240 abonnés 1 153 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 octobre 2016
A une époque où l’éloge de la nature semble faire foi entre bobos branchouilles et réelle envie de changer les choses pour une grande majorité, le film écolo n’est pas légion mais s’avère de plus en plus présent. « Into the wild » en porte drapeau le ‘genre’ n’en est pas vraiment encore un. L’intelligence du scénario de « Captain Fantastic » n’est pas de centrer unanimement le récit sur l’éloge de la nature, mais de réfléchir à ce propos en tentant d’y apporter des nuances, sous l’étiquette d’une fable familiale qui pourrait alors mieux définir le film. Là où dès les premiers instants le pathos aurait pu faire son intrusion, l’intelligence de Matt Ross est au contraire de conduire son film vers une note positive sous-jacente et habilement présente. Si le filme garde un côté mystérieux quant à son épilogue et revêt parfois les habits des films indépendants américains (pour le pire et le meilleur), « Captain Fantastic » demeure avant tout une ode à la vie et fait réfléchir le spectateur de manière intelligente en le prenant par la main plus que dans une démarche forcée, sinon démagogique.
Le scénario, par sa simplicité et son authenticité ne cherche pas l’effet tire-larmes et joue tout le temps entre la délivrance d’un moment dramatique, sinon émotif, avec une dose d’humour savamment délivré au bon moment. L’aspect road movie, lui, contribue à disposer cette famille au cœur d’une société et la confronter à ses choix de vie radicaux. Le pendant paternel d’un côté (Viggo Mortensen hirsute et magnétique), fort, presque dictatorial, les enfants de l’autre (tous brillants), innocence et candeur, suivre ou prendre son envol. Là où Matt Ross surprend c’est dans l’ingéniosité des bifurcations et détours qu’il prend, pour au final, conduire son récit vers une dernière séquence d’une intelligence et d’une sobriété épatante, celle de ce cinéma qui plutôt que de diriger une pensée, laisse la libre interprétation à chaque spectateur. A travers le vécu fictionnel, et pourtant réaliste, de cette famille, se libère finalement autant le sentiment d’avoir partagé un instant de liberté que la projection d’une vie par procuration qu’on osera, probablement jamais atteindre. Et c’est avec cette notion de rêve et de raison que « Captain Fantastic » s’avère une douce envolée de fin d’année, qui malgré ses légers faux pas nous procure une jolie leçon de vie.
Cine vu
Cine vu

162 abonnés 580 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 octobre 2016
le voyage à la mère et l’adieu à l’utopie totale

C’est l’histoire d’une famille de « sauvages » retirée du monde, au choix des parents, et la mère est malade, hospitalisée depuis 3 mois.

Le film s’ouvre sur une scène qui illustre bien le monde sauvage dans lequel cette famille vit : c’est un rituel, une scène de chasse où le jeune homme tue un chevreuil (ou un jeune cerf?) et devient homme. Au vu et su de la famille entière, le père marque le visage de son aîné du sang de la bête, lequel mordra aussi dans le cœur de son gibier.

Bien sûr un discours accompagne ce choix de vie…
Le refus d’un capitalisme uniquement mercantile, et l’avachissement des consciences qui l’accompagne, le manque de réflexion sur soi.

Les enfants sont bien élevés et ils sont même cultivés (peut-être un peu trop brillamment parfois, l’idéal est un peu poussé). Ils s’adonnent sous la houlette du père (Viggo Mortensen) à un entraînement physique intensif.
Et aussi important que la culture, la survie en milieu hostile, leur est enseignée par leur père.

Mais donc quel est le monde le plus sauvage ? Celui d’une nature hostile ou celui d’un esclavagisme mercantile ? Avons-nous le choix ? Et le faisons-nous ?
Ici, le choix est extrême, à dessein, et il nous pousse donc vers notre propre réflexion, laquelle sera pour chacun de spectateurs, différente.

L’ensemble de la distribution est très bien, grande justesse de ton et de jeu chez les jeunes comédiens qui campent ces « enfants sauvages ». Quant à Viggo Mortensen, il a le charisme du rôle, et son jeu est plein de finesse.

Une bien belle démarche aussi que ce film d’un réalisateur, sans doute à suivre.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 2 mars 2019
Captain Fantastic constitue le reflet détestable d’une tendance actuelle au repli communautaire hors d’une société qui ne peut transmettre aux enfants que des valeurs corrompues, viciées par un système capitaliste et individualiste. Mais ce repli s’apparente davantage au camping de l’extrême tout droit sorti des shows télévisés : ou une famille bourgeoise en crise avec un modèle sociétal qu’elle ne supporte plus se retire dans les bois pour vivre dans des yourtes Ikea et faire de l’escalade comme dans les plus mauvaises publicités Décathlon. Avec sa planchette de bois, un fils rythme la soirée autour du feu : ses mains font du bruit, père et frère le suivent à la guitare, une sœur braille pas loin, le tambourin arrive... C’est harmonie nature pour les apprentis-scouts. Et que dire de cette traque initiale où, une fois le cerf sacré mis mort, l’adolescent-chasseur ouvre la bête et s’empare de son cœur pour le dévorer. « Te voilà devenu un homme, mon fils ». Ne manquent que les plumes et le scalp d’un capitaliste, et sous nos yeux la famille Sioux 2.0. Chaque scène donnerait lieu à une longue vitupération tant la démarche est grossière, tant les acteurs veulent rejouer Tarzan adapté en bohémien, tant la mise en scène exacerbe des émotions qui sonnent faux. Ici tout est trafiqué, et l’homme et la nature. Un sommet d’immondices au propos politique navrant.
Bulles de Culture
Bulles de Culture

147 abonnés 634 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 septembre 2016
Ce long métrage est un film d’auteur accompli, rassemblant un casting incroyable au service d’un scénario original et dans l’ère du temps. C'est un immense coup de coeur pour Bulles de Culture.
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