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Patjob
44 abonnés
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2,5
Publiée le 7 décembre 2021
Le film est en deux parties et deux tons. La première, plus courte et très réussie à mon goût, présente les deux personnages le père, Winfried, et sa fille, Inès, que tout oppose. L’un, facétieux et tendre, l’autre, surbookée, froide et rigide, complètement absorbée par son activité professionnelle et son ambition. Mais tous deux apparaissent déjà comme « déguisés », l’un de façon ludique, par goût du jeu sur les apparences, l’autre par obligation de correspondre au profil exigé dans le monde libéral et impitoyable des affaires. Ils sont la représentation d’un conflit de générations, mais surtout de conceptions de la vie opposées. Les dialogues sont excellents et s’en dégagent à la fois un savoureux humour « glacé » et une chaleureuse humanité. Le ton change avec la première apparition du père en « Toni », le personnage qu’il vient de s’inventer. Les situations qui s’enchaînent sur cette base sonnent alors assez faux, de plus en plus, et la lourdeur s’Invite dans le film et génère, pour ce qui me concerne en tous cas, un certain ennui. Comme les idées de mise en scène ne dépassent pas celle d’une médiocre série TV, le verre à moitié vide l’emporte sur le verre à moitié plein.
Comédie dramatique douce-amère qui n'enclenche jamais de rire mais un sourire triste, à l'image du héros éponyme, clown mélancolique dont les pathétiques tentatives pour alléger l'existence peu distrayante de sa fille ne peuvent que rencontrer l'échec au vu des divergences émotionnelles et de caractère des deux protagonistes. Pudique avec une poétique ambition, le film parvient difficilement à nous happer dans son univers déroutant, à la fois par sa longueur mais surtout par sa mise en scène bien plate qui, bien que visant à mettre en exergue les prestations des comédiens, ne propose pas de réelle posture artistique. Un étrange cheminement vers des réconciliations fragiles.
Le troisième long-métrage de la réalisatrice allemande Maren Ade possède une intensité dramatique étonnante. Sorti en 2016, il aborde sous l’angle d’un humour décalé, parfois dérangeant, des thèmes forts qui nous invitent à la réflexion. L’histoire de ce père espiègle (Peter Simonischek) qui débarque dans la vie intime et professionnelle de sa fille (Sandra Hüller) donne lieu à des situations rocambolesques. Mais surtout, elle pose des questions sur le sens de la vie, les relations humaines, la société individualiste et capitaliste. Bref, malgré sa longue durée, plus de 160 minutes, ce film se laisse regarder sans ennui compte tenu de sa grande sensibilité.
Une jeune femme d'affaires partie en Roumanie voit son père débarquer avec un objectif en tête. Voilà un vrai film original, ne soyez pas effrayé par sa durée, tout est très fluide. Le père et la fille sont admirables et complexes. C'est à la fois comique et profond. Pour ceux qui connaissent le monde des affaires internationales et des consultants, sa description est très fidèle. C'est un film qui marque les esprits et nous accompagne malgré. Une véritable pépite.
Original et Onirique, on sent bien le côté allemand de l'ours bestial mais "humain" et le côté allemand sophistiqué creux et parfait du Konzern commercial...
Médiocre à se masturber dans un petit-four (scène authentique) ! Si l’idée initiale n’est pas dénuée d’intérêt (un père qui multiplie les facéties pour faire prendre conscience à sa fille de la vacuité de son existence), tout pèche dans un scénario trop peu étoffé, pétri de clichés sur le monde du travail sans compter sur une réalisation fainéante, prétentieusement longue (2h30) et dépourvue du moindre travail de mise en scène autre qu’un hyperréalisme factice. Alors, que retenir ? La bonne prestation de l’acteur principal, qui s’en sort assez bien dans le double rôle de Winfired et Toni, ainsi que de convaincantes scènes d’improvisation où l’acteur se glisse avec joie dans son second rôle. Et à part ça ? Rien, si ce n’est qu’avec une diffusion Arte c’est encore une partie de notre redevance à 138 euros ; qui finance ce genre de nullité non seulement vide et chronophage mais en plus prétentieuse.
Lent et long, le récit se regarde avec difficulté. Les deux personnages principaux ne m'ont pas vraiment intéressé. Il n'y a aucune musique extra-diégétique, l'expérience s'avère creuse et silencieuse. Les rares séquences qui pouvaient apporter quelque chose deviennent creuses rapidement et vraiment ennuyeuses, voire gênantes. Je ne comprends pas l'emballement de la critique pour ce film. Les séquences de nudité sont vraiment inutiles...
Vu à la télé hier soir sur Arte, et vraiment les 2h40 sont passées à une vitesse dingue. Un film d'ambiance qui plaira ou pas. Il m'a fait un peu penser à Bon baisers de Bruges. Perso, j'ai adoré et les acteurs sont vraiment excellents.
Toni Erdmann fait le choix judicieux d’une esthétique de la bigarrure. C’est du burlesque filmé avec froideur, du désarroi filmé avec dérision et malice. Et le rire dans tout ça, de la mécanique plaquée sur du vivant mais qui réussit à stopper la mécanisation de l’humain, un rire à contre-emploi capable de renverser la vapeur et raccorder in extremis l’individu à ce fond de sensibilité essentiel à la vie. Le long métrage de Maren Ade travaille au corps la notion d’incommunicabilité, s’efforçant contre vents et marées de rétablir la connexion entre deux ensembles devenus distants : le père et la fille, la Roumanie et l’Allemagne, la carrière professionnelle et la vie privée. Aussi les langues ne cessent-elles de se croiser, les personnes de se rencontrer au gré des dîners et cocktails où l’on vient encostumé, cravaté, monté sur talons hauts, sans que cet entrelacs d’hétérogénéités ne débouche sur un ensemble. L’intrusion du père dynamite les bases creuses d’un édifice d’autant plus fragile qu’il est bâti sur des relations humaines évanescentes, fondant comme neige au soleil aussitôt que les rapports hiérarchiques viennent à se modifier ; elle rappelle à soi l’oiseau qui s’est perdu loin de son nid, l’enfant apatride qui cherche dans des tours de verre un lieu où prendre racine. Jusqu’à la mise à nu, le dévoilement, le raccord à soi. Des fausses dents, une perruque, un costume. Toni Erdmann croit au carnaval – qui occupe dans la culture allemande une place fondamentale – comme puissance de désintégration de l’ordre sociétal par la farce et puissance de réintégration de l’individu à la communauté dont il est issu. L’arrêt de bus, le vélo, autant de souvenirs qui n’en deviennent qu’une fois le temps passé. Car le film est aussi un grand film sur ce qui est à l’origine d’un souvenir, articulant disparitions et réminiscences au nom d’une mémoire signe et source de vie : les traditions roumaines sur le point de disparaître et que la farce revigore, le chien endormi au fond du jardin, la vieille femme enfin. Si le deuil est omniprésent ici, c’est son traitement burlesque qui le rend aussi original que bouleversant, preuve supplémentaire que le rire (de soi, des autres, de la situation) constitue l’arme absolue contre l’inertie de l’existence. Une œuvre immense.
Quand Ines, femme d’affaire d’une grande société allemande basée à Bucarest, voit son père débarquer sans prévenir, elle ne cache pas son exaspération. Sa vie parfaitement organisée ne souffre pas le moindre désordre mais lorsque son père lui pose la question « es-tu heureuse? », son incapacité à répondre est le début d'un bouleversement profond
Une chronique existentielle un peu déconcertante mais tendre et réjouissante (surtout dans sa première partie) sur un père qui tente d'amener de la fantaisie dans le quotidien de sa fille aliénée par le travail, portée par l'excellente interprétation du duo Peter Simonisckeck/Sandra Hüller. 3,75
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18 103 critiques
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1,5
Publiée le 22 juin 2020
La scène d'ouverture nous donne un avertissement juste. La caméra s'attarde sur la porte d'entrée d'une maison. Et s'attarde. Un facteur arrive avec un colis et il sonne. Le héros fait des blagues sur le colis destiné à son frère et désamorce les bombes. Le héros appelle la maison de son frère, puis rentre. Nous attendons avec le facteur. Et nous attendons. Le frère se montre mais c'est Conradi avec une perruque et des fausses dents. Finalement la scène se termine. Mais le film continuera ainsi pendant près de trois heures. Conradi est dans presque toutes les scènes, C'est un vieil homme défavorisé qui traite les gens comme s'ils étaient des pions dans la grande comédie qu'il vit. Sa cible principale est sa fille un cadre travaillant en poste à Bucarest. Il ne traite personne avec respect surtout pas elle. Presque chaque scène gagnerait à être raccourcie certaines jusqu'à la moitié. Des scènes entières auraient pu être coupées sans rien perdre du tout. C'est un film extrêmement surévalué et douloureusement trop long...
Une comédie dramatique simple et légère à la fois, avec notamment quelques moments improbables et délicieusement absurdes. Les questionnements d’Ines et de son père sur la vie et le bonheur viennent nous rappeler la fugacité de notre existence et la futilité des nos occupations dans des sociétés modernes et mondialisées. Dommage que le film traine en longueur, un montage plus court et juste aurait sans doute rendu le résultat final plus convaincant.
Ce film est très original. C'est une comédie grinçante, une comédie dramatique qui raconte la relation entre un père et sa fille. On ne sait pas toujours où la réalisatrice veut nous emmener, on a l'impression qu'elle se perd un peu, mais au bout du compte, le message final est plutôt clair et on retombe bien sur ses pattes. La fille est un consultant de haut niveau qui travaille en Bulgarie: elle n'a pas trop le temps de faire autre chose que travailler. Le père, lui, est plus fantasque: normal il ne travaille pas. Il a le temps de s'amuser. Et c'est ce qu'il va essayer de faire découvrir à sa famille en lui faisant une visite à l'improviste. Va alors se jouer entre eux une sorte de jeu du chat et de la souris. C'est assez spécial à certains moments et chacun va se découvrir le plus possible, enlevant à chaque fois une couche supplémentaire. Un beau film en résumé, original, peut-être un peu froid et long mais qu'il faut regarder néanmoins.
Ce film est un ovni. Mais s’il y a les bons et les mauvais ovnis, celui-là est indubitablement dans la catégorie des mauvais. Scénario improbable sur fond de pseudo morale anti-capitaliste. Le film est lent, ultra-lent. Il se faut se forcer pour aller au bout de ce qui s’apparente plutôt à un exercice d’étudiant en cinéma. S’y ajoute une ambiance malsaine du début à la fin. Le cinéma allemand a produit de bien meilleurs films...