On voit bien que cette fable moderne, ou plutôt contemporaine, n’est pas un spectacle mais plutôt une illustration de ce que Maren Ade tient à exprimer. Si l’on doit y trouver des complaisances, c’est dans le choix des thèmes qui sont ceux des bobos actuels. Sa sincérité ne fait pas de doutes mais pour un latin le film est trop germanique pour en ressentir toutes les nuances. Pour moi, la lourdeur et le démonstratif dominent, l’humour est parcellaire et les réponses aux questions philosophiques absentes. Le personnage de Toni Erdman est de trop, il encombre l’écran comme il encombre la vie de sa fille qui en tant que bonne comédienne sauve le film d’un ennui constant. La mise en scène ne mérite que la moyenne, aucune séquence visuelle n’est à louer. Les seules séquences émouvantes résultent du contexte plutôt que des images qui elles tendent plutôt vers la laideur…Les personnages étant rarement rendus beaux, sauf Ines à une occasion lorsqu’elle se rend chez son amant dont elle ne lui sert d’ailleurs que d’objet érotique. A ce propos, cette scène est vraiment dérangeante tant dans sa forme que dans son fond, c’est une mauvaise plaisanterie. Il ne me restera rien de Toni Erdman en dehors du souvenir de m’y être morfondu. Comment peut on louer un tel film?
Une comédie acide et amère sur le thème des relations père-fille et des relations humaines en général. J'ai trouvé ce film plutôt triste par moment . J'avais mal pour ce père délaissé par sa fille . On y voit l’héroïne une businesswoman qui s'interdit de vivre sa vie et passe à côté des bons moments en famille.Heureusement que son père loufoque il est vrai et un peu envahissant va faire exploser cette situation. Le message que j'ai retenu de ce film est de profiter de ses proches tant qu'ils sont là. Des scènes comiques à l'humour décalé qui deviendront certainement cultes spoiler: (l'anniversaire nu) . Bravo à l'interprétation du duo d'acteurs. Le seul bémol la durée du film un peu excessive. Sinon j'ai bien aimé PS il faut voir le film pour comprendre l'affiche du film
Très bonne surprise que ce film allemand à l'humour inattendu qui met en scène un père gauchiste et sa fille plongée dans le néolibéralisme allemand à la conquête de l'Europe orientale. Sandra Huller ose une cène finale nue extrêmement drôle.
C'est plutôt la gérontophilie qui domine ce film, avec un personnage paternel manquant de caractère et de consistance .Le film est drôle et touchant mais virevolte nonchalamment dans des facilités dépourvues de dialectique. Le père est soit disant soixante huitard, sa fille femme d'affaire formatée et dépressive, le scénario s'embarque tel un oripeau à customiser...tel qu'il fut à sa création. On se complaît à ne trouver aucune forme d'inspiration dans cet espace européen capitalisé ; or, les points de vue ne manqueraient pas d'être narrés. Du côté de la réussite sociale, on utilise les WC des pauvres, on chante sous les arcanes du show-biz comme pour légitimer la fragilité du dominant. On ne sait plus où donner de la tête dans cette fiction ; le sourire bright n'est pas contrarié, le dentier servant à cranter l'impotence induite par cette distraction à classer au rayon comédie, comme pour immobiliser, voire annihiler toute dynamique extrinsèque.
La longueur du film peut rebuter au premier abord, mais alors dans ce cas on raterait un des meilleurs films de 2016. Un film très ancré dans le monde contemporain : un père farceur et quelque peu encombrant essaie de renouer avec sa fille, cadre dans une grande entreprise, rigide, glaciale, en autocontrôle permanent, inapte au bonheur, travail, travail, travail, bref pas du genre à sourire. Dit comme ça, ça sent le cliché, mais la jeune cinéaste allemande a fait preuve de suffisamment de finesse pour proposer une œuvre sensible et drôle, où on voit le père, toujours imprévisible, s’incruster dans les lieux où travaille sa fille, en se faisant passer pour quelqu’un d’important, et en faisant des blagues pas toujours du meilleur goût. Heureusement que les festivals sont là pour nous faire découvrir ce genre de perle, d'aussi bonne qualité que les films issus de la production cinématographique dominante. Bref, un des films qui ont marqué 2016, comme vous pouvez le voir dans mon classement des meilleurs films de l'année sur mon blog, où se trouvent également des critiques (illustrées et avec quelques extraits) sur quelques uns des films de l'année : 7emeart.wordpress
L'histoire aussi intrigante et glauque parfois soit-elle, Toni Erdmann peine à trouver son rythme de croisière tant c'est long, lent et franchement avec un maximum de longueurs et de scènes évitables. En soit, la relation père-fille peut prêter des fois à sourire, ou plutôt la relation nous donne quelques frissons émotionnels, ou voire le contraire. Le délire de ce film, notamment avec le rôle du père, est totalement loufoque et on retrouve cela dans pas mal de scènes. Mais à force de tout vouloir placer dans le film, au bout d'une heure trente, le film perd en rythme
Il mérite largement ses étoiles, pas trop pour les films de plus de 2h pas vu le temps passer et quand j'ai fait des pauses j'avais que hâte de revenir regarder la suite n'hésitez pas à ne pas manquer.
Ne vous laissez pas détourner de ce film par sa durée ou le fait qu'il s'agisse d'une comédie allemande. C'est un vrai chef-d'oeuvre où s'illustre particulièrement Peter Simonischek, père d'une jeune cadre dynamique allemande expatriée en Roumanie. Les retrouvailles sont difficiles et loufoques mais ce feel-good movie réussit à mêler comédie et émotion dans un mélange tout à fait inédit. A ne pas rater!
Émétique et répugnant navet ! Je cherche encore la moindre étincelle qui aurait pu sauver cette écœurante vulgarité racoleuse. Au scénario totalement invraisemblable, d’une naïveté crasse.
Mon Dieu mais dans quelle galère je me suis embarqué en me mettant devant ce film ???? L'idée de base était alléchante et certaines scènes entre le père et sa fille sont émouvantes mais alors autrement j'ai rarement vu un film si long !!! 2h35 de scènes sans saveur...c'est à piquer du nez !!! Je redoutais un peu le côté loufoque du personnage imaginaire et cette actrice que je trouve un peu spéciale et bien en fait ce n'est pas déjanté, c'est juste lourd !! Un calvaire...
Scènes père/fille parfois émouvant mais film qui traîne globalement en longueur pour une morale de fin assez fade. 1h trop long sans quoi on pourrait vraiment plus apprécier certains moments.
J'ai vu un film... qui a le mérite de montrer de manière étonnante le monde impersonnel de ces consultants qui voyagent à travers le monde pour mener des missions de "salut public", en fermant ici une usine, en ouvrant là une nouvelle unité de production en minimisant les coûts, et on suit le parcours tout tracé d'une jeune femme quand tout à coup, pa-ta-tras, son père, un insoumis iconoclaste débarque et chamboule toute sa vie, en ébranlant ses certitudes fissurées... Et avec son ton décalé et son déséquilibre permanent, ce film dérange, et en même temps, est une ode à l'amour (masqué) d'une fille vers un père. C'est une comédie grinçante pleine de tendresse et de moments vrais. C'est un film où tout est en mode "naturel", avec des séquences surréalistes et totalement loufoques... Le réalisme est recherché absolument, et tout paraît filmé en mode "caméra au niveau du regard", mais tout prend de la hauteur et de la puissance... A voir absolument.
“Toni Erdmann“ est un film sagement hors-norme, gentiment décalé, un peu trop long sans être ennuyeux pour autant. En s'improvisant plus ou moins maladroitement père ange-gardien, le fantasque Toni Erdmann avance sans calcul et en toute innocence là où le père s’embourbe dans l’incapacité à exprimer ses sentiments. Face à lui, sa fille, colosse de marbre très en retenue, laisse apparaître au fil des minutes des fêlures de plus en plus perceptibles. La confrontation de ses 2 (ou 3) personnages, pleine de silences, de non-dits et de contournements, fait toute la saveur de ce film qui ne veut pas affronter la réalité pour mieux la combattre, jusqu’à son paroxisme où l’émotion permanente toute en retenue se débarrasse de sa pudeur (à l’image d’une scène de mise à nu très explicite). Bravo aux 2 comédiens principaux qui illuminent ce film: à P.Simonischek en père nounours, aimant, drôle et maladroit - à S.Hüller en fille meurtrie par sa force froide intérieure ébranlée par une émotion à laquelle elle pensait être imperméable. La réalisatrice M.Ade joue beaucoup avec le temps (un peu trop) et la richesse de ses 2 personnages pour apporter un étonnant mélange de sobriété drolatique et de retenue émouvante, faisant de ce “Toni Erdmann“ est un remarquable objet sensible et pudique, à défaut d’être coup de poing.