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konika0
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3,5
Publiée le 14 janvier 2017
Deux heures, une semaine et l’éternité. L'histoire d'un type qui conduit des bus et écrit des poèmes. Non, il ne se passe pas grand-chose de plus. Disons-le d'emblée, voici un film qui ne plaira pas à tous. Car pour entrer dans l'univers de Jarmusch, il faut accepter de ralentir, de regarder, de contempler, d'écouter et de se laisser porter. Il s'agit ici d'un film sur la poésie ou peut-être sur le processus créatif (ce n'est pas le cahier de poèmes qui compte mais la manière dont il a été complété ou l’œuvre n'est pas dans le résultat mais dans la démarche). Tout est dans cette ambiance à la fois banale et étrange et dans le regard bienveillant que porte Jarmusch sur ses contemporains. Dans son monde, les opposés se rencontrent, acceptent de faire un pas vers l'autre et échangent dans la simplicité du quotidien. Dans son monde, il y a aussi le temps qui passe et que l'on prend le temps de regarder passer. Only Lovers Left Alive questionnait l'éternité. Ghost Dog ralentissait le tempo du combat. Dead Man vivait au rythme des poèmes de William Blake. Night on Earth au contraire s'enfiévrait en une nuit sous le déluge verbal de Roberto Benigni. Les jours s’égrènent ici dans l'attente d'un événement et plus le quotidien est routinier plus le micro-événement prend de l'importance … en clair, plus on zoom, plus les choses grossissent et plus on ralentit le temps, plus l’événement se fait majeur. Et bien sûr, on retrouve tout le talent de Jarmusch pour la composition de plans d'une précision exemplaire. Un film qui ne plaira donc pas à tous, moins percutant que le précédent de Jarmusch mais qui fait un bien fou !
Jim Jarmush a beau être le spécialiste des histoire modernes contemplatives, la vie de Paterson est bien ennuyeuse. Sa routine est sans intérêt tout comme sa poésie. Le couple créé entre Adam Driver et Goldshifteh Farahani sonne faux. Autant regarder la bande annonce qui en plus dévoile presque tous les moments les plus importants du film... Voir la critique complète sur mon blog :
J'étais rentrée dans la salle, curieuse de découvrir le dernier Jarmush, j'en suis ressortie avec l'âme d'un poète. Ils vous ont plu mes quelques vers ? avec rime s'il vous plaît. Parce que Paterson, lui ne s'embarrasse pas avec les terminaisons, il préfère écrire des haïkus -forme poétique très codifiée d'origine japonaise-. Vous aussi, vous avez appris un mot aujourd'hui ?
Alors, envie de douceur ? Envie de calme dans ce monde qui tourne trop vite et pas toujours rond ? Je vous recommande de partir à la rencontre de Paterson, film tout cotonneux-tout moelleux dans lequel on peut se laisser tomber sans crainte.
Amateurs d'actions : demi-tour.
Flâneurs des salles obscures, ce film-hommage au poète américain William Carlos William est pour Nous.
Tres bon film sur le temps qui passe, les aspirations de chacun et les petits plaisirs qu'il y a à trouver au quotidien. La rencontre avec la petite poète est merveilleuse et Goldshifteh crève l'écran.
A travers la poésie au quotidien de son principal protagoniste, Paterson révèle la poésie du quotidien. Dans ce film-poème paisible et anti-spectaculaire, Jim Jarmusch interroge les fragiles vecteurs de la création. L’exercice de style pratiqué met au diapason ambiance visuelle et prose littéraire au rythme et au fil d’une narration à la fois linéaire et circulaire. Plus de détails sur notre blog ciné :
Pour ce qui est du film, oui, c'est un beau film. Décrire, au cinéma, la routine et la rendre " crédible " n'est pas chose facile. Ce film y parvient et ce n'est pas une mince affaire.
La routine qui s'installe dans un travail, dans un couple, qui n'est plus dans la période passionnelle mais où la tendresse et l'amour sont présents et participent de cette routine. Un peu comme dans une prison, une sorte de bocal ou évolueraient un poisson rouge et un autre, noir et blanc ( si-si, ça existe...). Une prison dans laquelle les 2 personnages vivotent négligemment et où chacun d'eux tente de trouver un moyen de rendre le quotidien " vivable " grâce à la création et aux rêves de reconnaissance. Briser la routine nécessite une prise de conscience que celle-ci envahie le quotidien, de manière perverse, et il faut avoir les forces d'une remise en cause personnelle et relationnelle avec le risque qu'une crise brise un quotidien qui offre une forme de " sécurité ". Un risque que le barman dans le film traduit ainsi: " il faut laisser faire les choses parce si on fait quelque chose, on ne sait pas si se sera pire après ".
Puis vient le grain de sable qui déstabilise l'engrenage routinier. Ce grain de sable peut-il, à lui seul, remettre en cause cette routine où lui donner du sens ?
J'aime le cinéma d'auteur, lent, introspectif, sans enjeu majeur, mais il faut qu'il se passe quelque chose ! Un cas de conscience, un dilemme, une tension, que l'on soit en empathie avec les personnages. Là, rien. J'entendais les gens dans la salle qui disaient : "Il va se quand même se passer quelque chose ! " Eh bien non. Qu'est-ce que ça raconte ? Je ne sas pas. Y a-t-il un message ? Une morale ? De quoi nourrir une réflexion ? Moi, je n'ai pas trouvé. J'ai juste trouvé un film à mourir d'ennui.
Plus de trente ans après avoir vu Stranger than paradise, je suis toujours étonné par ce cinéaste sans être totalement conquis... Les acteurs (G. Farahani my love for ever!!!) sont excellents et la réalisation très maîtrisée. Jolie fable sans prétention mais très humainement positive. Un peu de joliesse dans ce monde désespéré ne peut être totalement mauvais. Recommandé pour tous publics.
Formidable, c'est la première fois que je dors au cinéma... c'est honteux de produire une M.... pareille. Caricature de film pour Bobo qui s'emmerde. Bel emballage pour un contenu faible et brouillon.
Totalement plat. Quelques passages sympathiques mais je ne vois pas ce qu'il y a à retenir. Pas d'intérêt pour moi. Pas de poésie et pas de métaphore à remarquer. Juste du vide. Ennuyeux et sans rien à apporter.
Plus qu’un film, le dernier Jim Jarmush est une ode à la poésie. Sur une semaine, du lundi au lundi, il nous propose de suivre Paterson, Laura et leur chien Marvin dans un quotidien bien réglé. Chaque nouvelle journée démarre en contre plongée sur les deux amoureux endormis, un plan qu’affectionne Jarmush. Le cadrage est identique sur le petit matin et à d’autres moments de leurs journées, mais les possibilités sont infinies. Les plans fixes très composés, succession de vignettes impressionnistes, laissent le temps à l’action de s’installer et de faire de rituels des bonheurs simples. Paterson est chauffeur de bus à Paterson et accessoirement (à moins que ce soit l’inverse !) écrit de petits poèmes dont seule l’oreille de sa femme profite… A son désespoir tellement elle le trouve talentueux, à juste titre. Il est le ying, elle est le yang. A lui l’emploi au contact du public, la pudeur autour de son art, il est introverti ; à elle l’extravertie, une vie de femme d’intérieur passionnée et à l’affut d’expériences artistiques variées. Leur vie de couple ronronne agréablement sur un rythme lancinant et envoutant. Ils pourraient faire démodés (pas de réseaux sociaux, pas de smartphones), mais ils sont les représentants romantiques d’un art de vivre. Jarmush donne à voir ce que peut être une vie simple et réussie sans déballer tout un catalogue de conseils. Il se contente de magnifier les petites choses du quotidien d’un couple. De fait, il ne se passe pas grand-chose ce qui peut désarçonner ; mais derrière ce « pas grand-chose » se dégage l’essentiel. L’infiniment grand se cache parfois dans les détails et c’est ce que nous laisse percevoir la succession de ces 7 jours ressemblant fortement à un seul jour sans fin. Leur vie de couple est un véritable poème. J’ai lu çà : « une poésie de petits riens » dans une ambiance bluesy. Et pour faire encore plus fable voire conte de fées ; Jarmush décide de situer à Paterson Ohio, l’histoire de Paterson. Mais Paterson le discret poète est Paterson la ville ; un mimétisme incroyable entre cet homme et son lieu de vie. Il est la personnification de Paterson. Chauffeur de bus comme il se qualifie (pourquoi se qualifier par son emploi ??? Quelle idiotie humaine répandue !!!), il nous conduit dans sa ville qu’il nous apprend à aimer dans sa banalité. Jarmush est un cinéaste hors pair pour filmer les milieux urbains. Donc : ne passer pas devant un film hyper poétique (même moi j’avais envie d’écrire des haikus en sortant de la salle !!!) sur un petit sujet… Une ode au bonheur ordinaire.
Curieux film assez vide que ce film de Jarmusch, que seule la notoriété du réalisateur sauve. Le film est creux et étrange. Il raconte l'histoire d'un couple amoureux, mais qui pourtant, ne le semble pas tant que ça. A chaque fois que le héro revient chez lui cela parait être un calvaire : sa copine qui délire sur la déco, son chien qu'il est obligé de sortir. Et pourtant il écrit des poèmes d'amour (qui sont quand même un peu ridicule). Au final Jarmusch semble avoir tenté qqch d'intéressant : un voyage initiatique du héro, mais dans son quotidien. Tous les archétypes sont présent : le mentor, l'ennemi, etc. Mais à mon sens cela reste extrêmement superficiel. Le film n'est absolument pas profond, et devient complètement plat à force de peindre un quotidien fade. Dommage. Et dommage aussi que ce film remporte un succès d'estime qu'il ne mérite pas.
Parenthèse poétique si l'on veut. Deux personnages un peu illuminés dans un univers qui semble un peu trop simple. Pour s'émouvoir il faut y croire quand même un peu. Je n'ai pas réussi. A voir si on a le temps.
Un film sublime extraordinairement bien joué, la lassitude du personnage et des ses journées est perceptible et les pointes d'humour très bien placées, sûrement le film que j'ai préféré cette année.