Au-delà des montagnes
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Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 août 2019
Au-delà des Montagnes porte en son titre le mouvement fondamental qui le régit. Ce mouvement est d’abord celui des époques, trois âges de la vie que nous traversons avec, à chaque fois, ce même choc momentané résultant d’une remise en jeu des personnages dans un temps différent. En découle une évolution physique, d’ailleurs magnifiquement mise en images, qui reflète à elle seule le rapport qu’entretient l’être à son environnement tant extérieur qu’intérieur. Le film aborde l’instant d’une double manière : à la fois comme éventail de tous les possibles – le présent de l’action – et comme inévitable répétition qui enferme les histoires et leurs acteurs dans des cycles existentiels qui paraissent déjà vécus. Ainsi va la danse, ouverture et clausule du métrage. Ainsi vont les rites qui, chaque année, déploient leurs traditions festives. Car Au-delà des montagnes, s’il met en opposition deux générations – l’âge de la mère, l’âge du fils –, fait s’affronter également deux modèles existentiels radicalement antagonistes : l’un respecte la culture qui a vu naître et grandir l’enfant, le raccordant ainsi à son histoire profonde ; l’autre prônant un déracinement dans le seul but d’imposer une conception de la vie basée sur la réussite professionnelle et la fortune. À ce titre, l’enfant justement nommé Dollar devient l’équivalent de l’application « Google Traduction », soit la passerelle entre deux cultures qui ne se parlent que par intermédiaires et actes manqués. Là se tient le second mouvement du film, axé cette fois sur le langage. Ou comment deux individus, qu’ils parlent une même langue ou non, ne parviennent à atteindre ni à cerner la musique intérieure que joue l’autre dans son for intérieur. Il est aussi bouleversant que terrifiant d’observer les échanges douloureux d’un père et de son fils qui, bien qu’unis par un lien de parenté aussi fort, ne se comprennent plus. De même la mère ne reconnaît-elle son fils que par le souvenir qu’elle se fait de lui et les projets qu’elle construit pour restituer un semblant de vie et d’espérance sur les ruines du silence (la clef). Un troisième mouvement, tragique, perce ici : l’impossible réunion. Les personnages semblent destinés à se manquer, ils n’entendent qu’en échos lointains les paroles désespérées de leurs proches. L’écart géographique entre une mère et son fils, l’écart d’âge entre un élève et sa professeure, l’écart sensible entre un père armé et un fils désarmé, tout cela contribue à générer un vaste tissu composé de fils qui jamais ne se rassembleraient, une peau de chagrin qui s’use et use d’une façon similaire ceux qui y placèrent jadis foi et horizon d’attente. Le cadre adopté par le film suit avec intelligence la progression de l’être vers sa solitude : s’il commence par enfermer ses figures dans un carré à valeur de huis clos, il tend peu à peu à les libérer par une captation de la largeur qui vaut libération et écrasement dans un champ où la petitesse de l’homme éclate au grand jour. Ne demeurent alors que des signes de vie et des actes manqués, à l’instar des pétards et autres feux d’artifices qui éclosent dans le ciel avant d’y disparaître pour toujours.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 août 2019
Grandiose. Un voyage en Chine et dans le temps inoubliable.
Très émouvant. Des acteurs splendides.
Isabelle D.
Isabelle D.

2 abonnés 15 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 août 2019
Un film vu une première fois sans que je comprenne bien l’ensemble. Mais avec les derniers événements de Hong Kong , je vois dans ce film une critique de l’évolution néolibérale ... la vraie liberté semble être de retrouver ses racines, comme ce jeune homme qui va «  rentrer chez lui » . La réussite financière : une sorte de mythe ou s’est perdu le père. L’avenir du père, qui a choisi cette voie : un suicide ! C’est un film violent . Violence masquée par une finesse simple et douloureuse. N’est ce pas «  dans la douleur » que l’on saisit l’amour , est il dit ? ! On peut le lire à deux niveaux. L’histoire de ce triangle amoureux. L’histoire de la mère qui choisit de laisser des chances matérielles à son fils, et leur retrouvaillle supposée. L’histoire de la Chine séparée de son passé... rôle de la musique, du souvenir.. pour faire remonter l’emotion Vraie.un prêt de l’Occident à L’Orient : la psychologie analytique..
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 187 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 août 2019
un film encensé par la critique, mais qui m'a surtout paru ennuyeux tellement il traine en longueur avec ses évocations d'une Chine en mutation, d'une Australie pleine de promesses et des personnages dont on suit la vie en pointillés sur fond de délitement des liens d'amitié, d'amour et de famille. Chacune des trois parties se focalise sur 2 des 4 personnages principaux : les 2 amis qui convoitent la même femme; l'un ouvrier pauvre, l'autre affairiste et riche, puis l'ouvrier (de retour malade de son iimigration en Mongolie intérieure) et Tao la femme, divorcée et abandonnée de son mari parti avec leur fils, pui en dernière partie; le fils devenu adulte en opposition avec son père et en recherche de ses racines. J'ai trouvé les transitions entre les scènes souvent brutales, les situations exposées pas toujours limpides.
Restent quelques payasages de Chine industrielle (et manifestement polluée) ou de scène (l'enterrement du grand-père) très bien filmées/
PiastFidra
PiastFidra

4 abonnés 27 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 août 2019
Je cherche un film chinois sur internet, et je regarde les films chinois présent à Cannes. Je tombe sur Au-delà des Montagnes. Je m’y jette, et comme le proverbe chinois le disait « Si vous êtes pressée vous n’y arriverez jamais », en somme c’est un film qui s’apprécie de plus en plus après son visionnage.

Nous vivons une plongée dans cette Chine qui vit un tournant dans son histoire, en pleine et profonde mutation qu’elle connait entre 1999 et 2014 jusqu’à 2025 à travers un triangle amoureux qui n’est pas tout rose, bien au contraire.

Film merveilleux peint sur la fine trame du temps, aventure des occasions manquées, des histoires inabouties et de la dissolution des sentiments. Au-delà des montagnes est d’une beauté irréelle et immensément triste et prenante. Au-delà des montagnes bouleverse, et même si sur le moment nous restons perplexes pendant et à la fin du film, son histoire, ses émotions nous reste en tête des jours durant et nous passons du temps à revivre ce film tellement la magie du réalisateur est efficace.

L’idée d’utiliser la chanson dès la première scène où on assiste a une dance commune« Go west » des Pet Shop Boys est surement une des meilleures idées du film et l’on n’en finit plus de la réécouter, des images du film gravées dans l’esprit.
Et pour l’apothéose, la derrière scène est d’une intensité d’émotion affolante. Personne ne résisterait à lâcher une petite larme.

C’est un film où l’on apprend que la vie est faite d’évènements et de choix, et que nous devons tout de même avancer. C’est le sens du titre, au delà des montagnes, au delà des choix de la vie, l’important est de toujours avancer.

Cependant, le film subit quelques longueurs qui aurait pu être évité et qui viennent atténuer l’émotion et l’intensité du film.

En somme, c’est une fresque somptueuse teintée d’une douce mélancolie et bercée d’une éclatante poésie. A voir, vraiment
Serge_la
Serge_la

11 abonnés 815 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 septembre 2018
La modernisation était d'un bon effet Autrement l'histoire ne marche pas du tout pour moi. Terrible.
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 26 décembre 2017
Après A touch of sin (2013), film remarquable d’intelligence, Zhang-ke Jia poursuit avec Au-delà des montagnes son œuvre critique de la Chine moderne. Si le sillon cinématographique demeure, la façon de faire diffère. Au lieu de nous raconter différentes histoires contemporaines, il recentre son discours sur un unique récit et sur un nombre limité de protagonistes mais sur trois périodes différentes. Ce triptyque couvrant linéairement le changement de millénaire puis les années 2014 et 2025 vient soigneusement surligner les effets pervers du capitalisme sur les travailleurs migrants chinois. En basculant dans le troisième millénaire, la Chine semble s’ouvrir sur une ère radieuse promise à satisfaire tout un chacun, qu’elles que soient ses ambitions. Quatorze ans plus tard résonne le début des désillusions. En 2025, le temps a fait son œuvre, la terre promise australienne se révèle n’être qu’un réceptacle de vies humaines trop vides de sens et trop pleines de regrets.
L’exercice cinématographique est intéressant et ambitieux mais il est dévitalisé par des stéréotypes trop voyants, des symboles pas toujours subtils et une interprétation de Yi Zhang parfois clownesque. À cela, il faut ajouter un prologue (période 1999) tirant fortement sur la romance fleur-bleue avant de laisser place à un mélodrame chargé en pathos sur les deux périodes suivantes.
cinono1

365 abonnés 2 276 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 octobre 2017
Ce film parvient à combiner romantisme et naturalisme, grandes étapes de la vie et quotidien. Le thème principale du film, le passage du temps est étendue sur 25 ans. C'est l'histoire d'une femme, de ses choix de vie, partagée entre ses deux amis de jeunesse qui deviendront rivaux, et des soubresauts de son existence. La vie, la mort, l'amour, les séparations sont filmés par Zangh-ke Jia qui parvient à merveille à combiner l'intimiste et l'histoire de son pays. Un simple plan prolongé sur les fumées d'usines suffit à montrer la voie prise par le pays, les dégats qu'elle engendre aussi sur les moeurs et la santé de ses concitoyens. La dernière partie du film, plus originale encore, s'intéresse à un des prochains grands sujet du monde : le déracinement à travers ce fils résidant en Australie. Heureux cinéma asiatique qui sait si bien parler de nos vies...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 février 2018
Très beau film, moins violent, de colère, plus philosophe, d’émotion que le précédent de ce réalisateur, sa mise en scène raconte une histoire en profondeur, dans deux pays, la Chine et l’Australie, cette partie m’a touchée, la conception des différences entre les individus.
joevebulle
joevebulle

4 abonnés 528 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 septembre 2017
Plus qu'un film chinois, c'est un film universel. Il parle de la vie, de l'amour, de l'argent, des occasions ratées et d'autres réussies. Le jeu est tout en finesse et douceur, l'image est belle, la BO aussi. J'avais peur de tomber sur un mélo, mais pas du tout. Zhang-ke Jia a réussi son pari.
Sijosdir
Sijosdir

29 abonnés 111 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 17 janvier 2017
Au vu des critiques je m'attendais à voir un très bon film... Grande a été ma déception au visionnage de celui-ci : long, mal joué (surjoué souvent), scénario mauvais et pas crédible, personnages caricaturaux... Les personnages portent tout le temps les mêmes vêtements... Liangzi paraît super vieux alors qu'il est censé avoir 25 ans... Jinzhen est vieilli de façon ridicule dans la dernière partie... Je ne vois strictement aucun intérêt à ce film, à part peut-être l'évolution de la société chinoise qui passe du communisme au capitalisme, et de belles images. L'histoire aurait pu être beaucoup mieux traitée, avec moins de longueurs et plus de réalisme et d'émotion.
J'ai vraiment l'impression que les films étrangers, en particuliers ceux des pays émergents ou qui produisent peu de films, sont surcotés ("overrated" comme disent les Américains). J'avais eu la même impression d'imposture avec le film iranien "Une séparation" censé être un chef d'oeuvre alors que franchement...
Didier L
Didier L

38 abonnés 222 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 janvier 2017
Loin de la noirceur de "A touch of sin ", Jia Zhang-Ke nous offre, à travers un bouleversant mélodrame, un nouveau portrait de la Chine cédant au matérialisme forcené. Le spectateur est entraîné par l'ampleur de l'oeuvre, son romanesque et finit par céder à une émotion contenue grâce à un dernier plan magnifique et élégiaque.
Newstrum
Newstrum

56 abonnés 261 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 octobre 2016
Un beau film en trois temps, quoiqu'un peu schématique parfois dans sa représentation des dangers qui menacent la Chine, assimilée ici à une mère. On y retrouve ce talent que possède Jia Zhang-Ke pour inscrire dans ses plans la transformation industrielle de la Chine. Au titre français, qui ne veut pas dire grand chose, on préfèrera le titre international, Mountains May Depart, qui évoque le risque souligné par Jia Zhang-Ke que l’âme de la Chine (les "montagnes") puisse disparaître. Ma critique complète sur mon blog :
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 6 septembre 2016
Un petit 2,5 pour ma note. Film aux moyens restreints, je félicite le dernier tiers du film qui rend l'ensemble correct. Nous pourrons donc en déduire que les 2 tiers précédents sont longs et d'une qualité équivalente à celle que j’obtiens lorsque j'utilise mon caméscope entre amis.
Retour sur ce dernier tiers : une jolie leçon de vie, bien qu'en essayant de mettre trop de couleur, la clarté est insuffisante.
Galactus
Galactus

9 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 août 2016
Jolie histoire contemporaine sur le destin d'une femme, d'une part, et de son fils, d'autre part. C'est très moderne dans le propos, et très bien joué. On passe un bon moment.
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