Film où l'on ne s'ennuie pas une seconde, qu'on connaisse ou pas le genre. Genre revisité d'ailleurs (histoire et acteurs). Effets spéciaux spectaculaires (trop peut-être), humour (téléphoné ou pas), nombreux échos (évidents) dans la réalité de notre monde d'aujourd'hui, et les inévitables gadgets (trou noir, clônage, univers parallèle) sans lesquels un film de ce genre ne saurait aboutir !
Le Luthor présenté par le synopsis allociné est le diable incarné, humain pourtant, mais du genre pas fini (qui veut dominer le monde), comme on en a aujourd'hui - joué (bien joué) par ce Nicholas Hoult (qui a bien changé depuis About a Boy avec Hugh Grant, 2002). - Au titre des acteurs qu'on reconnaît, notons au passage Zlatko Burić qui apportait déjà son accent slave à un personnage russe antipathique dans 2012 (film de 2009).
Au cœur de l'histoire et de l'intrigue, le scénario met en avant l'intelligence de ce diable de Luthor (par opposition à la force physique) et crée un vrai suspense. Dans ce contexte, il y a aussi une news qui bouleverse tout le monde (dont Superman). Le film ne dira jamais si c'était une fake news ou pas, si l'IA était derrière ou pas - ça c'est assez fort, et tellement actuel (les gens savent de moins en moins où est la vérité alors qu'ils n'ont jamais autant communiqué).
Superman s'avère super humain, donc super faible dès le début, ce début qui donne le ton à la totalité du film. Ça change. D'ailleurs, tout change dans cet opus de la franchise. À commencer par l'acteur, tout-à-fait dans le ton du film, justement. Puis par une tribu de meta-humains (qu'on connaît) qui peuple donc le monde et le film, et qui seront la source principale de l'humour. Car en fait, Superman n'est jamais drôle, il est là pour prendre des coups, pour douter, pour dire m'man et p'pa (c'est un super-humain).
Ces franchises célèbres (Batman, Star wars, Jurassic park, etc - et donc Superman), dont la célébrité remonte au siècle précédent, c'est les vaches à lait du cinéma (sources de profit) : il semble que les grands studios n'en ont rien à faire (que le film plaise ou non), l'essentiel étant d'attirer le spectateur, le moyen d'attraction étant la franchise. Et ça marche (que l'audience adore ou qu'elle déteste, elle remplit les salles) ! Et ce n'est sans doute pas prêt de s'arrêter. C'est évidemment le cas de ce Superman, mais il fait figure de chef d'œuvre parmi les dernières sorties. L'effet James Gunn, c'est clair.
Ce film n'a rien à voir avec Man of Steel (2013), qui avait une vision linéaire, historique, studieuse, presque vraisemblable de Superman. Celle-ci est la vision punk - d'ailleurs, la chanson du générique de fin s'intitule Punkrocker (Iggy Pop et Teddybears) !