Fils du comédien de seconds rôles franco-égyptien, Clément Harari, Arthur Harari réalise son premier long métrage après avoir fait ses armes dans le court et moyen métrage. Le thème de la filiation est le premier sujet qu'il choisit via un film noir qui dans le traitement de l'intrigue emprunte à Melville et Kazan mais surtout au René Clément de "Plein soleil" (1960). Tout comme le Tom Ripley imaginé par Patricia Highsmith dans son roman (Monsieur Ripley), Pier Ullman jeune homme aux racines biscornues se cherche un avenir plein de lumière. Fantasmant depuis son enfance la lente descente aux enfers d'un père, fils de diamantaire sacrifié suite à un incident dramatique qui lui a fait perdre la main lors d'un accident de facetteuse (machine servant à tailler les pierres précieuses), il trouve à l'occasion de la mort de celui-ci le prétexte à une vengeance un peu fabriquée lui permettant de remonter le courant jusqu'à Anvers, la ville des diamantaires, pour tenter de donner un coup de frein à sa longue errance parsemée de petits larcins. Là-bas il rejoint Gabi, son cousin rencontré à l'enterrement de son père, qui sera le pendant du richissime, bravache et indolent Philippe Greenleaf joué par Maurice Ronet dans "Plein soleil". Le ciel sombre d'Anvers et l'ambiance feutrée des ateliers de taille remplacent la Riviera italienne et le voilier de Greenleaf où se joue le huis clos du suspense de Clément mais Harari suit le même chemin qui mène au drame inévitable de la prise de possession tout d'abord insidieuse puis brutale d'une position sociale acquise, exhibée de manière sans doute trop ostentatoire face à un "mort de faim". Dans un style qui lui est propre, avec des acteurs relativement méconnus en France mais tous fort talentueux comme August Diehl, Peter Hans Cloos, Raghunat Manet , Joe Verbist ou encore Abdel Hafed Benotman ex-délinquant décédé juste après le film, Arthur Harari secondé par son frère à la photographie intègre parfaitement le suspense à cette trajectoire familiale singulière qui veut que le retour impromptu d'un de ses membres que l'on croyait éloigné pour toujours, insuffle le venin mortel dans un corps déjà malade. Si Harari utilise l'un des ressorts dramatiques qui a souvent nourri les bons films noirs, il se l'approprie avec une maitrise prometteuse d'avenir si l'on veut se rappeler qu'il s'agit d'un premier film.
Arthur Harari frappe fort pour son premier long métrage. "Diamant" noir possède à la fois un scénario intelligent et passionnant mais aussi une réalisation maitrisée. On pourrait de prime abord s'attendre à un énième film de cambriolage, obéissant aux clichés du genre mais le film d'Harari bénéficie d'une personnalité qui lui est propre.Le cinéaste jour beaucoup avec ses personnages, leurs ambivalences et leur psychologie complexe. Les acteurs les incarnant sont au niveau avec en tête l'excellent Niels Schneider. Entre thriller et drame familial, "Diamant noir" est une oeuvre fascinante et subtile qui mérite amplement le coup d'oeil.
Diamant noir se saisit de la pierre précieuse comme d’une métaphore où convergent des lumières et des feux a priori divergents, où se retrouvent sans le vouloir les membres d’une même famille fragmentée, différents milieux sociaux, une pluralité de pays répartis sur plusieurs continents. Ce jeu sur les échelles et leur confusion, Arthur Harari le traite à la manière d’un piège qui se referme sur celui qui entendait le poser sans jamais le prendre complètement : aussi n’y a-t-il pas de fond, comme dans un diamant, et les personnages s’avèrent insaisissables et fragiles, uniques en somme. L’intelligence du propos mute cependant en brillance revendiquée, si bien que le film pèche par ses éclats de mise en scène dont il ne reste que poussières à mesure qu’ils sont broyés par la meule des rapports humains. L’extrême sophistication, mimétique de la profession ici investie, rend artificiels les retournements de situation et nuit à notre immersion. Reste un savoir-faire appréciable.
Le scénario est le seul atout lucratif du film, sombre d’un côté, shakespearien de l’autre. Pour le reste, mon scepticisme est de mise tant « Diamant Noir » m’est apparu à l’opposé de la plupart des critiques dithyrambiques de la presse spécialisée : peu de rythme, texture de téléfilm du siècle passé et acteurs peu séduisants.
Sombre histoire familiale dans le milieu des diamantaires d'Anvers. Le film est un peu brutal par moment comme avec la mort du pigeon. Cependant, il sait tenir le spectateur en haleine et faire en sorte que l'on se demande comment tout cela va se terminer.
En apprenant après coup qu'il s'agit d'un premier film, je suis surpris par la qualité de l'ensemble : le matériau brut de départ (le scénario) comme la pierre taillée finale (l'esthétique et, en partie, les acteurs). Pour autant, malgré le plaisir de se laisser emporter par le suspens, une vision unique suffit.
Pier, le nom est bien trouvé, jeune ouvrier le jour et braqueur la nuit décide de venger son père post mortem. Et pourquoi ? Parce que la famille de son père, de riches diamantaires anversois, l’ont laissé périr dans la déchéance la plus totale alors qu’il était doué dès petit pour la taille de diamants. Mais après un accident, illustré par un prologue inspiré et très Dario Argento, il s’avère gênant ; et la famille l’écarte insidieusement. Le plan de vengeance de Pier : réintégrer la famille anversoise (oncle, cousin et copine du cousin) et agir comme une bombe à fragmentation ; tout faire péter de l’intérieur. Son père de substitution (celui qui profite de son œil de lynx pour faire les casses) est vu comme son allié par le jeune Pier et sa famille vue comme diabolique … L’immersion familiale va brouiller les pistes. Le tout jeune réalisateur, Arthur Harari, pour son premier long métrage s’est vu gratifier du Prix Spécial du Jury à Beaune… Une référence à tout juste 31 ans. C’est dense et il maitrise de bout en bout ce va et vient entre thriller et drame familial. Il tient aussi le rythme sur les 2 heures de film. Après ça reste un premier film avec ses imperfections : des pistes peu convaincantes (l’attirance pour la copine du cousin par ex) ; des événements trop prévisibles ;… Un bon moment de cinéma qui profita de la piètre qualité des films sortant l’été.
Si Niels Schneider, au jeu toujours aussi habité et énigmatique, livre une très belle performance, on ne peut pas en dire autant de ses acolytes, pas vraiment au niveau, dans ce drame anversois certes relativement maitrisé mais un peu trop mou. Le volet drame familial, la confrontation avec cette famille étrangère, se révèle assez décevante, chaque face à face tombant un peu plus à l'eau que le précédent. Quant au casse, ça manque de tension, tant dans la préparation que dans l’exécution. Dans l'ensemble, le film manque de poigne et c'est ce qui lui fait vraiment défaut, il y avait sans doute bien mieux à faire avec tous ces éléments.
J'ai trouvé ce film moyen dans l'ensemble. J'ai bien aimé que le cœur de l'histoire se déroule à Anvers dans le monde méconnu des diamantaires. Mais j'ai trouvé l'histoire et les personnages peu convaincants. J'ai bien aimé A. Diehl qu'on a pu voir dans Inglorious Basterds et aussi le sombre N. Schneider. mais dans l'ensemble le film ne m'a pas convaincu à 100%.
Une chose est sûre : le réalisateur prend son temps. Comme on prend son temps dans les couloirs plus ou moins secrets, en tout cas verrouillés, des ateliers des diamantaires anversois. Il pouvait le faire car le scénario tient sur une feuille recto-verso. Aussi on ne ressort pas complètement idiot de la séance même si on ne nous dit pas tout loin de là. Mais le sujet reste cependant une affaire de vengeance.Quelle forme prendra t-elle ? On le saura à la fin. Ceci dit presque deux heures à regarder un délinquant baisser la tête en guise d'analyse psychologique, c'est long. La mode étant aux anti-héros que le cinéma érige en victimes, ce film ne nous a point surpris. Il n'y a pourtant rien à reprocher au travail d'Arthur Harari du point de vue technique ni à,celui des comédiens, mais nous avons eu du mal à accrocher à cette histoire, comme nous avons eu du mal à trouver sympathique un de ses personnage quel qu'il soit.
"Diamant noir" relate une histoire de vengeance qui se fait via une infiltration dans le business diamantaire. Le scénario tient la route, les acteurs également, mais on regrettera son final sans surprise et facilement prévisible. "Diamant noir" restera cependant un thriller dramatique appréciable !
pour un premier long, force est de constater que le réalisateur possède de vraies qualités ce qui encourage donc à suivre ses prochains films. Mais il manque un petit quelque chose pour en faire un film réussi. Le postulat de départ en forme de vengeance se délite trop vite au profit de la mise en avant de l'organisation d casse et les manipulations du jeune dans cette famille qu'il prétend vouloir faire souffrir ne sont pas assez assumées. Il reste donc à l'arrivée un petit film banal qui ne mérite en aucun cas le concert de louanges quasi unanime de la part de la presse spécialisée malgré les qualités de jeu et l'immersion assez juste dans ce milieu des diamantaires.
Quand ce jeune homme apprend la mort de son père, sdf, abandonné par sa riche famille de diamantaire, il décide d’intégrer le clan pour faire payer ce drame. L'histoire, rondement menée, intelligente, riche en émotion, illustre parfaitement le milieu des diamantaire (juif de surcroit) d'Anvers. Dialecte et technique sont misent à nu, couplés à la vie intime de cette famille dont les personnages, profond, font ressortir les mystères de ce milieu privilégié. Un film intelligent, intéressant, à voir assurément.
Film plutôt nul, à tout point de vue. La réalisation est plus que banale, le scénario itou (vengeance), l'acteur principal totalement plat, les personnages sans aucune épaisseur, un récit souvent incohérent. Bref, tout semble raté dans ce film. Et la fin frôle le ridicule dans son déroulement. Je n'exagère pas. Incroyables sont les éloges des critiques de presse.
Un superbe scénario superbement interprété et mis en scène. Il manque un petit quelque chose pour gagner en intensité, mais vraiment un bon moment où l'on ne s'ennuie pas et qui apporte même du fond, selon votre moulin bien sur.