The Strangers
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cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 juillet 2016
Cinéaste révélé avec "The Chaser", thriller brutal asséné comme un coup de marteau au spectateur, Na Hong-Jin revient cette année sur le devant de la scène avec "The Strangers". Réalisateur peu prolifique mais décidé à causer un choc à chacun de ses films, il quitte ici la violence urbaine pour nous plonger dans le petit village de Goksung, en proie à une étrange vague de meurtres. Des meurtres commis par des proches de victimes, couverts de pustules et complètement zombifiés, finissant par mourir à leur tour, comme possédés. C'est dans ce contexte qu'enquête Jong-gu, policier naïf et empoté. Celui-ci, écoutant les nombreuses rumeurs du village, porte ses soupçons sur l'étranger arrivé dans le coin il y a peu, un japonais habitant un peu plus haut dans la montagne. Alors que les morts se multiplient, Jong-gu voit alors sa fille tomber étrangement malade... Thriller mystique, "The Strangers" repose sur un mélange des genres assez savoureux. Comme la plupart des films venus de la Corée du Sud, l'ensemble est imprévisible, traversé par des traces d'humour et des ruptures de ton le long de son récit. Mais contrairement aux précédents films de son réalisateur, ici le surnaturel fait son apparition. Entre des personnes zombifiées, une séance d'exorcisme chamanique et la présence d'un Diable assez inquiétant, "The Strangers" installe une atmosphère pesante, à la limite de l'horrifique et à la lisière du gore. Assistant impuissant aux événements en chaîne se déroulant dans le village, Jong-gu personnifie le spectateur qui devra comprendre par lui-même le pourquoi du comment sans jamais en avoir toutes les clés. Véritable manipulateur prenant un malin plaisir à installer le spectateur dans son inconfort, Na Hong-Jin nous offre un héros empoté et complètement dépassé par les événements qui fera ce qu'il peut pour sauver sa fille ainsi qu'une flopée de seconds rôles qui viendront brouiller les pistes. Malgré ses idées à la pelle, ses nombreuses fulgurances et son atmosphère pesante, "The Strangers" est tout de même parsemé de défauts. Boursouflé par des pistes scénaristiques un peu trop nombreuses et un dénouement déroutant, le film traîne volontairement en longueur, ses 2h36 étant certainement de trop. Comme si Na Hong-Jin avait trop d'idées qu'il voulait à tout prix caser dans le même film, lui faisant perdre une partie de son efficacité. Mais qu'on ne s'y trompe pas, au rayon des films d'une noirceur absolue au scénario toujours surprenant, personne ne fait mieux que les coréens. En témoigne ce film, à la mise en scène particulièrement soignée, sachant ménager ses effets dès qu'il le faut et nous embarquant pour une virée dans un grand-huit infernal.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 juillet 2016
Dans un petit village coréen noyé sous la pluie, des crimes horribles sont commis par de paisibles habitants qui versent soudainement dans la folie. On suspecte la consommation de champignons toxiques. Mais l'inspecteur Jong-gu, sur la piste d'un ermite japonais, découvre vite que les racines du mal sont plus profondes.

Ça commence comme Memories of Murder, un banal polar avec un flic balourd. Ça se termine comme Ring, une histoire angoissante de fantômes anorexiques en chemise de nuit blanche sous la pluie. Et ça fait des détours par Les Rivières pourpres et L'Exorciste.

Révélé par ses deux précédents films, The Chaser et The Murderer, Na Hong-jin confirme qu'il fait partie des grands. Son film dure deux heures trente-six qu'on passe sans s'ennuyer une seconde. Il est riche en rebondissements, ballotant le spectateur de twists en contre-twists jusqu'à une conclusion magistrale qui suscite le débat au sortir de la salle. Il est riche en ruptures de ton : on passe de l'intrigue policière au film de fantômes, du mélo familial au slasher (avec un exorciste diablement séduisant), du gore au burlesque (où un zombie se prend un méchant râteau).

Alors pourquoi deux étoiles seulement ? Parce que ce cinéma-là, dont je reconnais volontiers l'éclectisme et l'originalité, ne me transporte pas et, s'il me met parfois les nerfs en pelote, me laisse somme toute assez indifférent.
César D.
César D.

39 abonnés 616 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 7 juillet 2016
pffffff 2h36 pour ça? franchement, quelle mouche a piqué le réalisateur? ses personnages sont ridicules (tous les flics tombent par terre dès qu'un suspect les touchent, en criant comme des petites filles, j'ai cru à un remake d'un Buster Keaton) et l'histoire est un mélange moisi de chamans et de pré-zombies. la seule qui ne fait pas honte est la gamine, qui est surprenante. et que dire de la durée exagérée? 1h30 aurait été bien plus que suffisant. un beau ratage, en effet!
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 7 juillet 2016
Il n'y a peut-être pas grand chose à comprendre sur ce film si ce n'est de passer un bon moment devant ce paisible village coréen qui deviendra progressivement l'enfer sur terre.
le film est bien rythmé, bien filmé, c'est joli.
J'ai trouvé intéressant le côté surnaturel qui se dégage du film, étant un fan des anciens films de Na Hong-jin il introduit ici un genre nouveau dans ses films, presque psychédélique(?)
je ne suis ni un fan des films de zombies, de chamanisme ou d'histoire surnaturelle... mais ce film m'a paru plutôt convainquant part l'ambiance qu'il dégage... du réelle au surnaturelle.

Contrairement à ses autres films celui là n'est pas le plus violent, mais l'intrigue est plus lente, moins directe, et les scènes d'actions moins "spectaculaires badaboum je tire dans le tas."
les liens entre les personnages sont complexes et se démêle lentement au fil de l'histoire tout en restant un peu trouble avec un arrière-fond religieux un peu bizarre relatant satan, dieu et la mort.. là j'ai pas compris.
Depuis son dernier films Na Hong-jin a certainement été affecté par la mort de manière plus personnelle et à voulu l’intégré dans ce film...

Les divers scènes de chamanismes se montrent convaincantes et puissante de par leur aspect visuelle et leur musique, pour celui qui n'a jamais vu ça c'est peut-être le coup de jeter un œil à ce film.
traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 juillet 2016
On appelle la Corée du Sud le pays du matin calmes, une expression qui ne convient pas du tout à une grande partie de son cinéma contemporain (Bong, Park, Na, Kim ...) tout en convulsions violentes. Na Hong-jin avait sidéré dès son premier film The Chaser par sa virtuosité extrémiste, impression confirmée par The Murderer. Goksung, titré The Strangers pour l'Occident, n'est pas moins impressionnant par sa maestria fantastique. N'empêche que cette fois la surenchère d'images choc et l'opacification progressive de son intrigue rendent le verdict plus mitigé. Certes, le passage au surnaturel peut se concevoir si l'on veut bien s'abandonner aux maléfices de l'outrance mais The Strangers a contre lui d'être trop long et d'offrir des twists à répétition qui font frôler la sortie de route. Ceci posé, Na semble parfaitement savoir où il va, c'est à dire en plein dans le territoire du mal absolu à grand renfort de scènes d'exorcisme et d'horreur pure. Ce faisant, le film par s'affranchir de tout genre créant une variété hybride, poisseuse et vénéneuse. The Strangers est un voyage au bout de l'enfer. Il n'y a pas de retour possible.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 6 juillet 2016
Troisième œuvre du réalisateur sud-coréen Na Hong-jin, à qui l’on doit The Chaser et The Murderer, The strangers débute comme un thriller et bascule progressivement dans le fantastique et plus précisément dans l’épouvante/horreur. On suit principalement le policier Jong-Goo, pas très compétent et assez trouillard ce qui donne une touche comique à l’œuvre, dans son enquête sur des meurtres mystérieux touchant à chaque fois une famille. L’enquête va conduire à s’intéresser au cas d’un japonais vivant en ermite dans la forêt, d’où le titre l’étranger. Le film dénonce d’une certaine manière la xénophobie.
On trouve beaucoup de sources d’inspirations dans ce film mélangeant divers styles empruntés de films d’horreur (possession démoniaque, chamanisme, sorcellerie, fantôme, zombi, contamination, etc.). the stranger est bien réalisé, l’intrigue est intéressante, le réalisateur nous manipule jusqu’au bout. L’œuvre est bien filmé comme un polar avec une superbe photographie. The stranger est peut-être un peu long (2h36) et il faut se faire au jeu d'acteur assez hystérique parfois.
tabco
tabco

17 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juillet 2016
Excellent thriller. Pas de temps mort. Des rebondissements improbables qui nous embarquent tantôt à la poursuite d'un psychopathe, tantôt nous sommes confrontés à une pandémie ou pourquoi pas des mauvais esprits ......???!!!!
Et la fin est diaboliquement bien trouvée et surprenante......
Robin M
Robin M

84 abonnés 283 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2016
En lâchant successivement deux bombes cinématographiques – The Chaser (2008), The Murderer (2010) –, Na Hong-Jin s’est imposé comme le réalisateur le plus désaxé de Corée du Sud. D’un côté, il montre une fascination pour la folie et la violence renouant ainsi avec le climat poisseux et morbide des premiers films de David Fincher (Se7en, Zodiac). De l’autre, le cinéaste pose un regard social sur les marginaux de la société sud-coréenne : des prostituées aux immigrés clandestins, en passant par la figure de l’étranger dans The Strangers (2016). Réalisateur jusqu’alors profondément urbain, Na Hong-Jin exile avec ce dernier film son cinéma dans un paysage rural avec cette série de meurtres atroces et inexplicables commis dans une communauté villageoise. Par ce déplacement, il s’immisce ainsi dans les croyances et les superstitions plus caractéristiques de cet univers pastoral. La force de The Strangers est justement de jouer habilement sur le registre de la contamination : celle des corps qui se muent en zombie sanguinaire, celle des esprits qui se déraisonnent et celle de l’image qui questionne le rapport au cinéma de genre.

Avec The Strangers, Na Hong-Jin se définit d’autant plus comme un cinéaste de la matière – majoritairement humaine et/ou animale –. Cette dernière impose pleinement au récit sa temporalité et son suspense face à ces personnages scrutant leur corps en espérant ne pas trouver les stigmates de la mutation mortifère qui sévit dans cette bourgade. La chair s’altère, oscille entre monde des vivants et monde des morts. Toutefois, le trouble naît véritablement lorsque le cinéaste reproduit ce jeu corporel par sa mise en scène tantôt en imposant un regard bienveillant, dupliquant l’osculation à une échelle presque microscopique, tantôt en participant lui aussi au démembrement des corps de la même manière qu’un psychopathe prend des photographies des scènes de crime dans le film. Na Hong-Jin surprend même en se laissant diriger par la manière, elle-même, en proposant une sorte de « raccord-matière » par le passage entre le corps pustulant d’une victime à un morceau de poulet en train de cuire.

Ce rapport à la matérialité participe justement aux leurres scénaristiques de The Strangers insérant progressivement un lâcher-prise du réel pour basculer vers le surnaturel. Faisant de son protagoniste – le policier-enquêteur Jong-Goo (Kwak Do-Won, brillant) – un double du spectateur, Na Hong-Jin transforme son œuvre en un labyrinthe de possibles explications s’enfonçant toujours plus dans les brumes des croyances sud-coréennes et occidentales, alliant shamanisme et christianisme. Il s’appuie sur l’invraisemblance du rationnel, à savoir l’ingurgitation de champignons toxiques, pour faire lentement tomber personnages et spectateurs dans une folie paranoïaque. Néanmoins, Na Hong-Jin tisse toujours son rapport à la matérialité du corps qui se définit alors paradoxalement par son absence. Invoquant les fantômes de la religion chrétienne dès l’ouverture en citant l’épisode de l’Evangile de Saint-Luc dans lequel les apôtres n’ont pas reconnu Jésus ressuscité, le cinéaste entame alors un combat avec l’invisible qui trouve son apothéose dans un grandiose plan-séquence d’exorcisme où le temps rallongé n’est plus celui des hommes, mais des esprits en guerre.

Cette séquence est symptomatique également de la volonté de réalisme de The Strangers présente dès le tournage en choisissant délibérément d’attendre de vraies pluies diluviennes pour créer ce climat poisseux. L’horreur se veut limitée dans un premier temps à une évocation minimaliste, du sang à l’orage. Cependant, la contamination s’opère également au sein de l’image même de l’œuvre s’affirmant comme transgenre. C’est d’ailleurs la déraison même de l’esprit du protagoniste qui impulse ce basculement vers le cinéma horrifique avec la mise en image des rumeurs plus ou moins farfelues autour de l’enquête. Nonosbtant, Na Hong-Jin donne un éclat supplémentaire à son œuvre en ne terminant pas la mutation de son cinéma si sobrement. En s’inscrivant dans la tradition de l’horreur outrancière du cinéma sud-coréen, il la laisse se parer des atours de la série B notamment lors d’un combat burlesque entre des villageois et une sorte de zombie. Car si le cinéaste s’est déjà révélé précédemment comme un maître de l’horreur, il démontre avec The Strangers que son cinéma a une potentialité comique qui sert de soupapes face à la dureté du récit.

Le comique émerge à travers la figure atypique de Jong-Goo. En effet, Na Hong-Jin refuse l’héroïsation de son protagoniste, que réclamerait pourtant le genre dans lequel il cherche à s’inscrire, pour en faire véritablement un relais des émotions du spectateur jeté, comme son personnage, face à des évènements qui le dépasse. En policier couard, il fait de son corps le réceptacle de l’horreur qui ne peut s’exprimer, face à son déni des évènements, que de deux manières : par la peur (hurlement, crispations corporelles) ou par la folie qui ne sont finalement que des caractéristiques de sa propre impuissance. Le talent de Na Hong-Jin est donc de réussir à faire rire le spectateur de sa propre position, stérile dans son fauteuil, en lui faisant accepter ses multiples rebondissements, ses multiples climax et ses quelques faiblesses.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 novembre 2016
Le jeune et talentueux réalisateur Na Hong-Jin revient avec ce policier mâtiné d'horreur, un parfait croisement entre Memories of Murder et L'Exorciste : ambiance pesante et mystérieuse, meurtres inexplicables, contexte rural avec beaux paysages, et bien entendu, éléments paranormaux à faire dresser les cheveux sur la tête. Le cinéma Coréen, protéiforme, à son meilleur. Tout n'est malheureusement pas parfait, notamment la gestion du rythme, parfois trop lent au milieu du film, et les réactions des personnages exagérées à d'autres moments. Mais l'histoire contient son lot de surprises et reste constamment fascinante et déboussolante, avec un dénouement qui laisse complètement groggy. Après quelques recherches post-mortem sur internet, j'ai fini par dénicher l'explication "finale" (qui m'avait échappé), tellement logique, tellement bien emmenée que l'on ne peut au final qu'applaudir le travail effectué sur cette œuvre, qui fourmille de petits détails importants. Il apparaît comme une évidence que Goksung constitue une pièce maîtresse du genre, que je reverrai avec plaisir pour traquer tous ces éléments qui m'ont échappé !
Blog Be French
Blog Be French

48 abonnés 263 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mai 2016
Goksung, réalisé par Hong-jin Na (The Murderer, The Chaser), s'avère être un très bon film de genre coréen, variant du policier au fantastique par le biais d'une mise en scène archi-maîtrisée et d'une photographie soignée. Côté reproches, on relèvera sa longueur (2h36) et notamment le temps pris afin d'atteindre le point central de son sujet.
BeatJunky
BeatJunky

192 abonnés 1 934 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 septembre 2016
Assurément la grosse surprise de la saison, une vraie claque! L'histoire est passionnante dès le départ : ça commence en thriller poisseux avec cette flotte incessante à la "Se7en" et ce ptit flic pépère et un peu pétochard qui doit enquêter malgré lui sur cette affaire de meurtres qui le dépassent. Ca n'avance pas très rapidement au départ mais on est vite pris dans cette affaire qui secoue les habitants de la petite bourgade d'autant plus que les acteurs (qui parfois surjouent un peu trop dans ce genre de films selon moi...) sont bons et vraiment crédibles. Puis, Une fois qu'on a bien accroché au truc, l'ambiance change : les pistes se brouillent, l'enquête se complexifie et vire au surnaturel tout en restant hyper prenante avec tjrs autant de suspens ... Rien de gore ni de jumpscars toutes les 5 minutes mais grâce à l'ambiance que Na Hong-jin a installé, ça fait son effet: Je me suis en effet accroché au siège plus d'une fois ( ...merci à l'adorable petite fille!!!). Bref, machin aura su trouvé le parfait équilibre entre ces deux genres pour donner un résultat vraiment cohérent et inspiré... Au final, les 2h30 passent comme du ptit lait et devraient marquer les esprits... C'est le cas du mien comme vous l'aurez compris !
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