Les Innocentes
Note moyenne
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248 critiques spectateurs

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Ducerceau
Ducerceau

19 abonnés 693 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 février 2023
Un film à voir absolument ! A partir d'une histoire vraie qui gagne à être connue. Bien tourné et bien joué. Une tragédie qui se transforme en belle histoire... Un hymne à la résilience.
Stephenballade

455 abonnés 1 241 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juillet 2016
Décembre 1945. La guerre vient de finir, et tel un cataplasme venu couvrir les plaies restées béantes, l’hiver a enveloppé de son manteau blanc les vastes contrées polonaises, coupant encore un peu plus du monde un couvent dans lequel une trentaine de sœurs Bénédictines vivent en autarcie. La belle réalisation d'Anne Fontaine se base sur des faits peu connus et pourtant bien réels de l’année 1945, à savoir le viol de la plupart des religieuses et/ou le meurtre d’une vingtaine d’entre elles. En somme, "Les innocentes" est un drame historique d’une immense gravité, sorti presque en même temps que "Spotlight". Tout comme son concurrent, le sujet porte sur une affaire de mœurs, sauf qu’ici ce n’est pas l’Eglise qui est montrée du doigt. Au contraire, c’est elle la victime, cette fois. L’Eglise en victime, affublée de ses malheureuses innocentes, voilà qui devrait apporter son lot d’émotions fortes. Les émotions sont là, oui. Mais pas aussi intenses qu’elles auraient dû l’être. Dans les faits, ces moments forts sont peu nombreux, le premier intervenant vers la 40ème minute, et le second… une quarantaine de minutes plus tard, ouvrant alors sur une dernière demi-heure empreinte d’émotion constante qui réussit néanmoins à soutirer quelques larmes. Pas forcément des larmes provoquées par l’instant T, mais des larmes soutirées par l’ampleur du drame et tout ce qu’il implique. Une œuvre homogène en quelque sorte, dont la plus grande réussite technique réside en la photographie. Cette dernière exprime toutes ses qualités dès les premières images. Les angles de vues sont millimétrés, et les portraits dressés en feraient pâlir de jalousie "La Joconde", le tout dans un éclairage tamisé matérialisé par une lumière blafarde, synonyme de l’entière dévotion dans la piété, une lumière sombre venue souligner à la fois la dureté de l’hiver et le drame qui a envahi le couvent et la congrégation qu’il abrite. Même les accessoires les plus anodins ont leur rôle en la matière spoiler: (le cierge apportant sa seule lumière lors de la césarienne)
. Quant au casting, il n’y a pas grand-chose à dire, bien que Lou de Laäge ne m’ait pas complètement convaincu. Je n’ai rien à lui reprocher mais, c’est un avis qui n’engage que moi, j’y aurai vu à sa place plus une actrice de la trempe de Rachel McAdams. Ceci dit, pour qu’une production franco-polonaise s’attache les services d’une telle comédienne… je crois qu'on peut toujours attendre. Bien que Lou de Laâge n’ait pas le charisme de McAdams, elle interprète à merveille le perpétuel dilemme auquel elle est confrontée, avec les doutes de sa nouvelle mission qui semblent être en balance avec les certitudes de sa destinée. Un équilibre précaire qui se traduit aussi par la confrontation entre ses peurs, et la sérénité qu’elle retrouve au sein des murs austères du couvent. La mère abbesse, interprétée par Agata Kulesza, a en revanche la tête de l’emploi. Les dialogues ont été également bien travaillés, savamment aménagés de silences lourds de gêne, de honte, de mystères. Autrement dit : lourds de sens. La bonne idée des dialoguistes est d’avoir laissé les parties polonaises en polonais sous-titré, et les parties françaises en langue de Molière. Cela permet d’optimiser la crédibilité et de mieux immerger le spectateur dans le récit. Cela permet aussi de mesurer l’écart entre les cultures de ces deux pays, mais de prendre plus encore la mesure de l’écart creusé par l’opposition des conventions de femmes entièrement dévouées à Dieu avec l’athéisme ainsi que le côté rationnel de celle qui est venue les aider. Mais y-a-t-il seulement un côté rationnel après le chaos laissé par la guerre ? Au final, "Les innocentes" a frisé la perfection, porté par une documentation minutieusement approfondie, y compris dans le mode de vie des sœurs Bénédictines. Le sujet a été traité avec beaucoup d’humilité, sans jugement aucun, mais avec beaucoup de compassion. Malgré ces qualités indéniables, au risque de me répéter, il manque seulement de l’intensité dans les émotions, et peut-être un peu de charisme chez Lou de Laâge. Un film très réussi d'Anne Fontaine à découvrir absolument.
Sally Ecran et toile
Sally Ecran et toile

71 abonnés 304 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mars 2016
« Les innocentes » met en lumière un fait historique passé sous silence et peu connu dans nos régions occidentales. En effet, durant la deuxième guerre mondiale, des militaires russes ont envahi un couvent polonais et ont maltraité les religieuses qui l’habitaient. Les séquelles, traumatisantes, ont eu de lourdes conséquences et quelques mois plus tard, des nouveaux nés étaient là pour rappeler les faits insupportables du passé.

Glaçant, le sujet ne peut qu’interpeller, tant au niveau de la cruauté humaine dont les sœurs ont été les victimes qu’au niveau de leur foi. Ont-elles pu pardonner ? Leur croyance envers un Dieu amour n’a-t-elle pas été ébranlée ? Comment accueillir des nourrissons dans un lieu où la chasteté est prêchée ? Ce sont autant de questions et de réponses qui sont abordées dans ces presque deux heures de film... dont on sortira forcément marqué.

La toute jeune comédienne Lou de Laâge est remarquable. Malgré quelques inconstances dans son jeu, elle porte le film avec beaucoup de courage et sait se montrer à la fois compréhensive et distante face à une situation difficile à vivre. Elle est le lien entre la médecine et la vie religieuse et elle peinera à recueillir la confiance de ces sœurs abusées et apeurées à l’idée d’être damnée pour avoir été engrossée. Dans ce monde de femmes où la solidarité est relative, les tabous sont nombreux et la pudeur exacerbée. La mission de « sauvetage » du personnage de Mathilde Beaulieu n’en sera que plus compliquée mais Lou de Laâge parvient à se l’accaparer et à la dépasser. Plus le film avance et plus la comédienne prend de l’assurance dans son rôle : touchante, fragile mais forte à la fois, elle assure et le fera jusqu’aux dernières minutes du film.

Autour d’elle, une multitude de comédiennes, les plus considérables les unes que les autres. Qu’elles s’expriment en polonais ou en français hésitant, elles parviennent à nous faire croire que cette histoire est la leur et nous confient leurs sentiments les plus forts dans une prestation plus vraie que nature. Ces femmes, ce sont, entre autres, Agata Kulesza, la bluffante Agata Buzek, Joanna Kulig, Eliza Rycembel, la touchante Anna Prochniak, Helena Sujecka ou encore Katarzyna Dabrowska.

Mais dans ce monde de femmes et de guerre, on trouve aussi deux hommes : le docteur Samuel Lehman (Vincent Macaigne) et le colonel Poix (Pascal Elso). spoiler: Samuel, jeune médecin de guerre, est aussi le collègue et l’ami de Mathilde. Lorsqu’ils ne se retrouvent pas autour d’une table d’opération, c’est autour d’une bouteille de vodka qu’ils partagent un peu de gaieté. Car leur quotidien est loin d’être facile et celui de Mathilde l’est encore moins depuis qu’elle a entrepris d’aider les sœurs à accoucher de leur bébé… dans le plus grand secret, au risque de voir le couvent démantelé.


Des femmes au service d’une histoire incroyable et méconnue, dans un décor impressionnant où le silence est tantôt rassurant, tantôt pensant c’est sans doute ce qui résumera le mieux le sentiment qui nous habite à la sortie de la projection. On s’immerge dans une époque pas si lointaine et dans des lieux de désolation, on côtoie la misère humaine et les troubles de la foi, bref, on est l’espace d’un instant dans la campagne polonaise de 1945, neigeuse, froide, hostile. Si le film souffre de quelques lenteurs, on comprend que cette prise de temps est indispensable pour ressentir véritablement le fond des choses. O spoiler: n est néanmoins content de sortir par moment la tête de l’eau et de retrouver un peu de chaleur en l’histoire personnelle de Mathilde et Samuel.
L’équilibre entre les deux univers de chahut de la Croix rouge française et le calme du couvent est d’ailleurs presque parfait.

Anne Fontaine nous a déjà entraînée dans de nombreux univers et nous réserve sans cesse de belles surprises. Que ce soit avec « Coco avant Chanel », « Gemma Bovary », « Mon pire cauchemar » ou encore avec « Entre ses mains », elle propose tantôt un cinéma ludique, tantôt un cinéma réflexif et çà marche à tous les coups. Ici encore, elle signe un très joli film, basé sur des faits réels, et non contente de nous cultiver en soulevant un pan de l’Histoire polonaise, elle nous fait découvrir des comédiens de choix dans un contexte peu évident.
Michel C.

369 abonnés 1 798 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 février 2016
Film historique austère d'Anne Fontaine, et superbement réaliste ! Cet ancien monastère fait l'affaire du couvent Polonais tristement mis en avant. Lou de Laâge quant à elle, est engagée et crédible dans cette horreur (Une de plus) et un passage au monde adulte pour elle. Les scènes abominables nous ont été épargnées - Merci - Il en reste toutefois dans l'ombre, toute l'atrocité de ces faits, et comme une fête, qui permet à ce film de terminer sur une note de joie collective.. Bravo, car pas évident !! **
Lisianna1
Lisianna1

14 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 février 2016
Terrifiant de beauté, de complexités humaines. Personne n'est accusé. Les dégâts de la guerre vus sous un angle différent, mais terriblement réel.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 avril 2016
Un film fort, au rythme lent, dans lequel passe un souffle épique. Inspiré d’une histoire vraie, ce drame est bouleversant. Ces femmes victimes de la violence aveugle d’hommes assoiffés de vengeance, se retrouvent dans une situation inextricable. Leur ordre leur interdit de montrer leur corps et de se laisser examiner, elles craignent la damnation. La mère supérieure, au nom du « retour à l’honneur », commet des actes irréparables. La venue de ce médecin français changera leur façon de voir à tout jamais, montrant qu’il est possible de tout concilier, même l’inconciliable. Les paysages enneigés et désertiques, le couvent froid et gris, apportent encore plus d’intensité dramatique. La fin inattendue et pleine d’espoir évite que le film sombre dans le pathos. Un très beau film, magnifiquement interprété. Lou de Laage est étonnante de justesse et de retenue, tout comme les actrices polonaises principales. Beaucoup de finesse, de sensibilité mais aussi d'esthétique. Une réussite.
JEANRENE43
JEANRENE43

11 abonnés 154 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 mars 2016
Pologne 1945, l'armée russe délivre le pays de l'occupation nazie mais les soldats commettent des atrocités sur ces pauvres gens sous prétexte de collaboration avec l'ennemi allemand. Ce film relate une part de ces monstruosités dans un couvent de soeurs et surtout nous fait vivre un autre drame lorsque ces religieuses mettent au monde les bébés consécutifs des viols à répétition. En sortant, je me suis demandé si la mère supérieure n'était pas tout aussi odieuse que les agresseurs et de même le médecin colonel français, chef du centre médical qui refuse une aide spontanée et qui oblige une jeune femme médecin à prendre des risques pour assister ces femmes. Un film qui relate une réalité historique, un drame historique... Ce film questionne davantage sur la rigidité des institutions tant religieuses que militaires de santé, les effets pervers de l'ordre établi, que sur les actes criminels des soldats russes. Les règles, l'autorité, la hiérarchie, la discipline qui privent l'humble docile de tout choix dans l'exercice de son humanité. Qu'en est-il de ces pratiques ? Est-ce bien révolu ? Daech et Boko Haram perpétuent ces abus sur les conquêtes... Quelle est notre réponse ? Bien impuissant !!! Encore bien du chemin à parcourir pour atteindre le but voire même une étape vers la dignité.
Aurélien D.
Aurélien D.

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 février 2016
Superbe réalisation, émouvant , passionnant, c'est un chef d’œuvre.
On est dans le film avec les personnages c'est un sujet douloureux mais le scénario nous apporte la douceur et la violence tout en finesse. Magnifique.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 février 2016
C'est une vraie histoire déchirante qui parle à la fois de la cruauté et de la beauté d'humanité. Une fois de plus, nous sommes fières d'être femmes, d'être mères. A voir!
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 février 2016
Film bouleversant qui retrace la vie de ces religieuses polonaises entre les mains de leurs nouveaux maîtres soviétiques après cinq années dans les griffes nazies.
Devant les conséquences de ces viols sur les religieuses tant physiques que morales pour ces femmes, l'implication de cette infirmière/médecin française, idéaliste, laïque, communiste est proprement admirable. Le tout est filmé avec une vraie sensibilité, sans non plus en faire des tonnes. Vraiment un très beau film, dur mais nécessaire. A voir !
Emma Schell
Emma Schell

11 abonnés 107 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 mars 2016
1h55 de compassion, bienveillance et solidarité.
Pas d’image gore, pas de pathos ! Juste une photographie sobre, une mise en scène simple, une lumière douce, une interprétation juste pour suivre l’abnégation et le dévouement de cette jeune femme médecin (athée), pour venir en aide à ces religieuses tiraillées entre loyauté envers Dieu, colère et doute face à l’indicible.
Petite Réflexion Post-Film : je me suis étranglée (mais c’est certainement la féministe qui sommeille en moi qui parle), en entendant la réplique du supérieur de Mathilde à cette dernière après une nuit d’amour : « Mais, dites-moi, c’est que vous vous améliorez chaque fois un peu plus au lit, Ma Chère » ?!?!? -Oui, parallèlement à l’intrigue principale du film, une romance se noue entre Mathilde (formidable Lou de Laâge) et son supérieur (parfait Vincent Macaigne qui nous montre ici, qu’il peut jouer autre chose que le looser pathétique)-
Deux choses l’une, soit cette réplique a été écrite pour marquer la relation homme-femme qui existait à l’époque, soit ce médecin était d’une insolente goujaterie ??? What do you think about it ? ;-)
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 28 février 2016
Une merveille de finesse, de sensibilité mais aussi d'esthétique. L'interprétation est remarquable. Un bonheur où le tragique le partage à l'optimisme.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 11 mars 2016
Très bien mis en scène, des personnages contrastés, ce film a été une veritable et agréable surprise. Quelques tranches d'humour viennent se placer entre des scènes dramatiques sans faire tâche. Mention pour le jeu de Lou de Laâge. Bref, une oeuvre bien maîtrisée !
Blanche G.
Blanche G.

9 abonnés 54 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 février 2016
un film magistral, sensible, dur et tendre à la fois. bravo à toutes les actrices et acteurs pour leur prestation et bravo à Anne Fontaine
OKYDO
OKYDO

5 abonnés 3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mars 2016
Dure souffrance qu'ont subies les femmes pendant les guerres. Une belle histoire de fond mêlée à un passage de la guerre qui transforme l'homme en bête sauvage..
*****
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