Esthétiquement c'est très beau, bien réalisé et excellemment interprétée (fabuleuse Lou de Laâge). Le rythme est parfois un peu lent mais jamais pesant. Le propos est intelligent et ne sombre jamais dans la caricature, on peut même dire qu'il s'agit d'une leçon de respect. La réalisatrice ne juge rien, prouvant s'il le fallait encore qu'on peut commettre les pires atrocités en croyant bien faire. Anne Fontaine est décidément une valeur sûre du cinéma français.
Je n'aime pas Anne Fontaine mais j'y suis allé car j'aime les bonnes soeurs... mais bon on est bien loin de tenir un chef d'oeuvre pour autant... D'ailleurs je le précise tout de suite, mais le film est en couleur, je pensais vu l'affiche qu'il serait en noir et blanc, ce qui aurait été judicieux, on se souvient de Ida qui avait une très belle photographie et qui traitait aussi de bonnes soeurs... En réalité la photographie est juste très pâle, avec très peu de contraste, c'est pas laid, loin de là, j'aime assez, mais ça ne vaut pas un beau noir et blanc.
Pour faire court le film passe je pense à côté de ce qui aurait pu faire sa force : l'austérité et la foi. On a un film qui se passe en Pologne, en hiver, avec des bonnes soeurs, tout était là pour filmer des champs enneigés, on en a, mais trop peu... le plus souvent on se tape un couvent filmé sans génie... heureusement que les personnages sont assez attachants, parce que c'est un peu la misère visuellement... C'est vraiment dommage.
Le film dure presque 2h et c'est vraiment long, surtout au début, par moment c'est quand même, il faut bien le dire, assez chiant... Anne Fontaine tente de montrer des choses mais vu que c'est mou ça ne marche pas, au lieu de laisser vivre ses personnages, de montrer vraiment leur quotidien au couvent... Parce que le coup de la mère supérieure qui est méchante c'est dans tous les films sur les bonnes soeurs, tous... et j'en ai vu un paquet... Limite dans le genre autant voir Frontière chinoise de John Ford, même s'il n'a pas de bonnes soeurs, les relations sont les mêmes.
En fait le film ne propose rien à ce niveau que l'on ait pas déjà vu mille fois. C'est ça qui est d'une tristesse absolue.
Alors heureusement on a Lou de Laâge et Vincent Macaigne, qui ont une relation que j'aime beaucoup... et rien que le personnage de Lou de Laâge est assez intéressant et j'aime bien ce côté communiste qui finalement fait plus pour son prochain que les croyants, appliquant ainsi mieux le message du Christ bien qu'athée que des bonnes soeurs. J'aime assez la dernière discussion qu'ils ont tous les deux dans le film où on voit qu'ils se sont bien attachés l'un à l'autre malgré tout, même si la vie risque de les séparer à jamais...
Le dernier plan est assez réussi également puisque pour une fois on s'attarde longuement sur un visage, le film se pose enfin, arrête de filmer du vent et montre quelque chose.
Bref il y a quelques bonnes idées qui sauvent le tout, l'histoire n'est pas nulle bien que convenue, mais tout ça n'est pas assez austère...
Après le sympathique Gemma Bovery, la réalisatrice Anne Fontaine change totalement de registre en s'inspirant d'un véritable drame qui s'est déroulé durant la Seconde Guerre Mondiale. Les innocentes revient ainsi sur la tragique histoire vécue par ces religieuses polonaises, victimes collatérales de ce conflit. Un scénario intense qui se trouve magnifiquement interprété avec la présence d’une Lou de Laâge qui s’impose tout en douceur dans le paysage cinématographique français. A noter aussi la présence à ses côtés d’Agata Kulesza, un visage que l’on a eu l’occasion d’apercevoir dans Ida mettant lui aussi en scène la vie de bonnes sœurs. Un récit bouleversant, de merveilleuses actrices ; tout simplement un bon film à découvrir !
L'histoire (vraie) de religieuses polonaises violées par des soldats de l'armée soviétique au cours de l'année 1945. Le sujet est douloureux, l'austérité est présente, l'atmosphère est pesante. La réalisatrice est parvenue à nous plonger dans l'ambiance. On y ressent la peur des jeunes sœurs, leur détresse et leur questionnement face à l'horreur et aux conséquences de ce qu'elles viennent de subir. [...] Peut-être un tout petit peu de longueur sur la fin, mais l'ensemble vaut très largement le déplacement (sauf pour les dépressifs) ! Lire ma critique complète :
Très beau film que ces Innocentes qui nous fait découvrir une histoire proprement hallucinante, évoquant encore une conséquence indirecte de l’horreur de la Seconde Guerre mondiale. Avec beaucoup de tact et de pudeur, la réalisatrice nous plonge dans l’intimité de ce couvent bénédictin marqué par les horreurs de la guerre. Les auteurs parviennent à saisir le trouble de ces femmes qui ont voué leur âme et leur vie à Dieu, mais qui sont confrontées à une situation qui contredit l’intégralité de leur engagement. Sans juger qui que ce soit, les auteurs arrivent à exposer les doutes, craintes et tourments intérieurs de ces femmes, toutes magnifiquement incarnées par un casting impeccable. En toute fin se dégage une forme d’émotion liée à l’issue finalement positive d’une histoire pourtant très sombre. La sobriété de l’ensemble est en tout cas admirable et Anne Fontaine signe là son œuvre la plus maîtrisée.
Oui oui celà reste un beau film avec une très belle histoire. Mais il y a quand même quelques longueurs. Et il manque légèrement de pep's. Ceci dit j'ai quand même apprécié l'histoire.
"Les Innocentes" réalisé par Anne fontaine est l’adaptation d’un récit authentique de Madeleine Pauliac, médecin à l’hôpital français de Varsovie.
Le film repose sur la thématique du secret. Les plans de nuit dans ce couvent perdu au milieu de forêt donnent aux Innocentes une dimension mystérieuse. Les sœurs sont telles des ombres foulant les pavés froids du couvent. Le viol, l’acte sexuel bien que subit est ici interprété comme le rompement de leur de chasteté. Le mutisme de la communauté ne fait que retranscrire leur propre honte d’avoir été souillées de la sorte. Leur grossesse est elle-même dissimulée dans les grands pans de leurs habits. Pour beaucoup, l’enfant qu’elles portent représente l’incarnation du mal. Cette métaphore marque la volonté de l’armée russe de propager la peur et la soumission dans toute la population polonaise. La religion est remise en question. Pourquoi Dieu n’a-t-il rien fait pour empêcher cet acte abject auprès de femmes qui lui consacrent leur vie ? Une sœur définie la foi comme « vingt-quatre heure de doute pour une minute d’espoir ».
Chaque naissance, pour ces femmes qui avaient fait le choix de ne jamais être mère est donc une remise en question de leur destin, de leur vie de femme. Ce bébé représente un retour à la vie pour certaines, un pas de plus vers la mort pour d‘autres. Les jeunes religieuses ne veulent plus être simplement spectatrice jusqu’à leur mort, elles veulent devenir actrice de leur vie.
Du côté de la réalisation, la photographie est splendide. S’appuyant a de nombreuses reprises sur des gros plans, on sera plus d’une fois hypnotisé par les magnifiques yeux bleus de Lou de Laâge. Le huis clos entretenu dans ce couvent, coupé du monde, fait toute la force du film. Le prieuré construit en pierres grisâtres contraste avec la blancheur et la clarté de la neige extérieure. Son caractère inaccessible et hors du temps fait de lui une prison aussi bien physique que moral. La mère supérieure se dresse comme un rempart entre les sœurs et le monde extérieur. Est-elle muée par la volonté de protéger sa communauté ou tout simplement a-t-elle peur de voir la honte s’abattre sur son couvent ? La foi, ne peut, en aucun cas justifier ses actes.
Du côté des acteurs, Lou de Laâge, incarne Mathilde Beaulieu, une jeune médecin athée envoyée en Pologne pour prêter main forte à la Croix Rouge française. Ce qui frappe dans ce film est le fait que la femme soit considérée comme l’égal de l’homme. Ici, dans le camp occidental la femme est respectée. On pourrait opposer Mathilde aux sœurs polonaises. «Les Innocentes» : le titre prend alors tout son sens ici, ces sœurs vivant en complète autarcie sont, quant à elles, frappées par la soumission que les russes imposent aux femmes. Agata Buzek, interprétant Sœur Maria est un véritable médiateur entre Mathilde et les sœurs sur le point d’accoucher. Elle fait partie des seules à parler le français et à avoir connu « le monde extérieur». Quant à Vincent Macaigne, il interprète Samuel : un médecin juif dont l’ensemble de la famille a péri dans les ghettos. Il apporte un peu de légèreté dans ce film à l’ambiance parfois oppressante. Ce trio d’acteurs est ainsi le socle sur lequel «Les Innocentes» s’appuie.
Malgré cette ambiance mortifère, le film se clôture sur une lueur d’espoir. Les murs sombres du couvent au début du film s’illuminent et s’égaillent. Des cris d’enfants résonnent désormais dans ce lieu vide. L’hiver polonais fait place au printemps. Les sœurs n’ont plus peur ; elles ont désormais trouvé la véritable raison d’être de leur foi.
Histoire dure mais très belle réalisation. On ne s'ennuie pas une minute. Le film démontre bien la complexité du genre humain. Lou de Laâge est vraiment excellente, le ton est juste, et un bravo à Agata Buzek la religieuse qui demande de l'aide à Mathilde dans le film. Ce duo fonctionne particulièrement bien.
This is a wonderful film that is extremely engrossing and moving all the way through. Technically, it's not perfect (continuity moments, hammy microsceconds) but beautiful acting, lovely faces,superb setting, poignancy belong belief... A dreadful, incredible event that we know took place and that all women can empathise with and be grateful that it didn't happen to them.
Très beau film, les images sont splendides, l histoire bouleversante rien à redire sur la justesse des comédiens. Ce film m à interpelle sur le rôle de l église dans cette histoire !!!! Un très bon moment de cinéma qui se fait rare .
D’un académisme poussiéreux, ce récit édifiant est filmé avec pompe - images glacées à l’esthétisme sans âme, comédienne photogénique mais d’un vide sidéral, narration engluée dans la solennité – et ne provoque que crispation et ennui.
Une femme médecin va débarquer dans un couvent pour un accouchement et elle apprend la vérité sur la grossesse ces sœurs. Elle fera son boulot de médecin et le couvent va accueillir beaucoup d'enfants. Après sa mission elle n'oubliera jamais ce qu'elle a vécu. Tres bon film dramatique à voir absolument