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Un visiteur
5,0
Publiée le 16 février 2016
Un très beau film franco-polonais filmé avec la pudeur qui sied au sujet et qui nous immerge ainsi avec justesse dans le drame de ce couvent polonais. La guerre, la religion et finalement l'humanité sont au cœur de la réflexion sur cette histoire vraie méconnue. Les paysages enneigés de la campagne polonaise servent cette belle méditation historique. Le plus beau film que j'ai vu depuis le début de l'année.
Très beau film ! De l'émotion, de l'histoire, du scénario et de très bons jeux d'acteurs qui nous plongent dans la période historique aussi par le décor et le contexte. Bravo aux actrices !! N'hésitez pas à aller le voir !
Le film d’Anne Fontaine est à la fois terrible et beau. Terrible puisqu’il y a le viol par des soldats russes, à la fin de la 2ème guerre mondiale, des sœurs d’un couvent en Pologne qui doivent vivre avec cela et les conséquences physiques et psychologiques (grossesse, que faire de l’enfant, et remise en cause de leur foi pour certaines). Beau car une aide soignante non croyante, travaillant pour la croix-rouge française et superbement interprétée par Lou De Laage, va leur venir en aide avec beaucoup d’humanité. Les innocentes est un beau film, parfois très émouvant. Les chants religieux apportent beaucoup dans l’atmosphère du film. Le seul reproche que je peux faire est de ne pas avoir suffisamment travaillé l’image comme l’a pu faire Pawel Pawlikowski dans son superbe film « Ida » (à qui il manquait cette émotion que l'on trouve dans "les innocentes").
La filmographie de Anne Fontaine est aussi éclectique que revigorante. "Nettoyage à sec" (1997) racontait la vie d'un couple de provinciaux bouleversée par l'arrivée d'un jeune garçon séduisant. "Entre ses mains" (2005) décrivait l'attraction d'une femme pour un homme qu'elle suspectait d'être tueur en série. "Perfect Mothers" (2013) exposait la relation quasi incestueuse de deux amies quarantenaires avec leurs fils respectifs. Chacun de ces films a en commun d'ausculter une rencontre inattendue et bouleversante.
"Les Innocentes" désignent probablement - le film n'en dira rien - ces bénédictines polonaises violées et engrossées par la soldatesque soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Une jeune doctoresse française travaillant pour la Croix-Rouge est appelée à leur chevet.
L'affiche du film joue sur la ressemblance avec "Ida" récompensé par l'Oscar du meilleur film étranger. Même époque, mêmes couleurs hivernales, mêmes questionnements métaphysiques. Et il est probable que les spectateurs qui avaient aimé le beau film de Pawel Pawlikowski - ils furent nombreux - aimeront celui de Anne Fontaine.
Le cauchemar vécu par ces femmes nous est montré à travers les yeux de Mathilde, cette jeune Francaise communiste engagée dans la Résistance. Elle ne partage pas leur foi et ne comprend pas qu'elles ne l'aient pas perdue. Elle essaie de leur apporter les soins et le réconfort dont elles ont besoin en dépit de l'hostilité des troupes d'occupation et de sa propre hiérarchie.
Le rôle de Mathilde est interprété par Lou de Laâge qui confirme les espoirs placés en elle. Nommée en 2014 et en 2015 dans la catégorie des Meilleurs Espoirs féminins, elle mériterait de l'emporter l'an prochain. Avec la bouche la plus sensuelle du cinéma français et des faux airs de Jeanne Moreau, elle a tout d'une grande.
On pourrait reprocher au film son classicisme sage, sa narration platement chronologique. Mais un épilogue surprenant et bouleversant gomme ces rares défauts.
Extraordinaire Vincent Macaigne dans ce film. Il apporte une vraie touche, une pinte d'humour dans cette histoire tragique.
Étonnant de ne pas le voir dans la bande annonce. Je conseille à tous ce magnifique film. Ne pas faire trop attention à la bande annonce qui nous montre le film que sous l'angle tragique noir/blanc, ce que le film n’est pas uniquement.
touchant, sensible, délicat, juste , je me suis laissée porter. Les actrices sont formidables! aussi bien l'héroïne que ce groupe de soeurs que j'ai trouvé admirables!
Film historique austère d'Anne Fontaine, et superbement réaliste ! Cet ancien monastère fait l'affaire du couvent Polonais tristement mis en avant. Lou de Laâge quant à elle, est engagée et crédible dans cette horreur (Une de plus) et un passage au monde adulte pour elle. Les scènes abominables nous ont été épargnées - Merci - Il en reste toutefois dans l'ombre, toute l'atrocité de ces faits, et comme une fête, qui permet à ce film de terminer sur une note de joie collective.. Bravo, car pas évident !! **
Un film qu'on est content d'avoir vu. Un film dur sur la condition des femmes, magistralement représentées ici. Sur la foi aussi. Sur la religion chrétienne. Sur l'homme. Les acteurs de terrain de la guerre. Le tout confronté à la médecine de guerre et humanitaire. Un film aussi sur l'enfance en temps de guerre. Une image magnifique ! On rit, on est ému, on est embarqué dans un monde spirituel reposant dans un monde en guerre, des femmes qui veulent servir Dieu face à des brutes de guerre… L'humain tiraillé entre le spirituel et la sauvagerie barbare de la guerre. Des décisions graves à prendre dont des vies dépendent. La science confrontée à la force de Dieu… Enfin, un film traité tout en finesse, en non-dits, un film intelligent, qui mérite sans doute plusieurs prix. En plus, ce qui ne gâche rien dans ce milieu macho, un film de femme. Ah oui, j'oubliais le casting : parfait ! Un film à voir en somme.
"Les Innocentes" réalisé par Anne fontaine est l’adaptation d’un récit authentique de Madeleine Pauliac, médecin à l’hôpital français de Varsovie.
Le film repose sur la thématique du secret. Les plans de nuit dans ce couvent perdu au milieu de forêt donnent aux Innocentes une dimension mystérieuse. Les sœurs sont telles des ombres foulant les pavés froids du couvent. Le viol, l’acte sexuel bien que subit est ici interprété comme le rompement de leur de chasteté. Le mutisme de la communauté ne fait que retranscrire leur propre honte d’avoir été souillées de la sorte. Leur grossesse est elle-même dissimulée dans les grands pans de leurs habits. Pour beaucoup, l’enfant qu’elles portent représente l’incarnation du mal. Cette métaphore marque la volonté de l’armée russe de propager la peur et la soumission dans toute la population polonaise. La religion est remise en question. Pourquoi Dieu n’a-t-il rien fait pour empêcher cet acte abject auprès de femmes qui lui consacrent leur vie ? Une sœur définie la foi comme « vingt-quatre heure de doute pour une minute d’espoir ».
Chaque naissance, pour ces femmes qui avaient fait le choix de ne jamais être mère est donc une remise en question de leur destin, de leur vie de femme. Ce bébé représente un retour à la vie pour certaines, un pas de plus vers la mort pour d‘autres. Les jeunes religieuses ne veulent plus être simplement spectatrice jusqu’à leur mort, elles veulent devenir actrice de leur vie.
Du côté de la réalisation, la photographie est splendide. S’appuyant a de nombreuses reprises sur des gros plans, on sera plus d’une fois hypnotisé par les magnifiques yeux bleus de Lou de Laâge. Le huis clos entretenu dans ce couvent, coupé du monde, fait toute la force du film. Le prieuré construit en pierres grisâtres contraste avec la blancheur et la clarté de la neige extérieure. Son caractère inaccessible et hors du temps fait de lui une prison aussi bien physique que moral. La mère supérieure se dresse comme un rempart entre les sœurs et le monde extérieur. Est-elle muée par la volonté de protéger sa communauté ou tout simplement a-t-elle peur de voir la honte s’abattre sur son couvent ? La foi, ne peut, en aucun cas justifier ses actes.
Du côté des acteurs, Lou de Laâge, incarne Mathilde Beaulieu, une jeune médecin athée envoyée en Pologne pour prêter main forte à la Croix Rouge française. Ce qui frappe dans ce film est le fait que la femme soit considérée comme l’égal de l’homme. Ici, dans le camp occidental la femme est respectée. On pourrait opposer Mathilde aux sœurs polonaises. «Les Innocentes» : le titre prend alors tout son sens ici, ces sœurs vivant en complète autarcie sont, quant à elles, frappées par la soumission que les russes imposent aux femmes. Agata Buzek, interprétant Sœur Maria est un véritable médiateur entre Mathilde et les sœurs sur le point d’accoucher. Elle fait partie des seules à parler le français et à avoir connu « le monde extérieur». Quant à Vincent Macaigne, il interprète Samuel : un médecin juif dont l’ensemble de la famille a péri dans les ghettos. Il apporte un peu de légèreté dans ce film à l’ambiance parfois oppressante. Ce trio d’acteurs est ainsi le socle sur lequel «Les Innocentes» s’appuie.
Malgré cette ambiance mortifère, le film se clôture sur une lueur d’espoir. Les murs sombres du couvent au début du film s’illuminent et s’égaillent. Des cris d’enfants résonnent désormais dans ce lieu vide. L’hiver polonais fait place au printemps. Les sœurs n’ont plus peur ; elles ont désormais trouvé la véritable raison d’être de leur foi.
Depuis "Ida", je n'avais pas vu un film aussi émouvant tout en étant aussi réaliste. Anne Fontaine réussit à marier en effet l'émotion et le réalisme de façon telle que les larmes cohabitent avec l'envie de mieux connaître la vérité historique...
Excellent film d'Anne Fontaine , un sujet sensible sur ces religieuses Polonaises à la libération de la Pologne. Un film Historique, qui nous révèle les faces cachées de la vie monastique et des dogmes imposés de la hiérarchie religieuse. À voir absolument.