Nocturama
Note moyenne
2,7
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175 critiques spectateurs

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Cinemaniakmontreal
Cinemaniakmontreal

22 abonnés 103 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 novembre 2016
Septième long métrage de Bertrand Bonello, Nocturama possède la beauté fulgurante d’une œuvre phare malgré les accents sombres de son sujet : l’autodestruction d’une génération.♥♥♥♥

Bertrand Bonello ne pouvait prévoir que son récit, composé au cours du tournage de L’Apollonide en 2011, prendrait une tournure aussi réaliste après les attentats parisiens de 2015. Initialement intitulé Paris est une fête (slogan d’une France optimiste qui prétend résister à Daesh), le réalisateur a dû rebaptiser son œuvre et oublier le clin d’œil au roman d’Hemingway. Désormais, le film doit son nom à l’album éponyme de Nick Cave, entre rêve et cauchemar, qui définit la place réservée aux animaux nocturnes dans un zoo.
Paris, par un banal après-midi. Issus de divers milieux sociaux, une dizaine d’adolescents se retrouvent dans la jungle du métro parisien. Au fil de l’action, ils se révoltent et commettent l’irréparable. Alors que le jour décline, ils s’enferment dans un palais de la consommation pour se couper du reste du monde et faire face à leur destinée…

D’emblée, il apparait nécessaire de préciser que Nocturama n’est pas un film à propos du terrorisme. Loin des thématiques islamistes de Made in France, si le long métrage a pu se frayer un chemin jusqu’aux salles de cinéma sans trop d’encombres, c’est parce qu’il n’a comme lien de parenté avec son cousin que l’absurdité du comportement d’une poignée de jeunes, égarés et insouciants, coupés de la réalité. Ils sont surtout bourrés de paradoxes : ça dénonce le capitalisme grandissant mais ça se prend pour Tony Montana en peignoir de satin (figure matérialiste de la réussite). De plus, le réalisateur évite les écueils convenus de profilage racial et brosse le portrait d’une génération « Benetton » (black, blanc, beur), illustration d’une France métissée et tolérante. Ici, pas de discriminations culturelles, religieuses ou sexuelles, tout le monde a une place à prendre pour mettre à exécution le plan parfait. Une fois ce point démystifié, force est de constater que le metteur en scène ne fait pas l’apologie de la violence dans son dernier film qu’il décompose en deux parties distinctes.

Dans le premier segment, il déstructure son récit pour mieux exposer les faits au moyen d’un montage alterné et minuté. Ainsi, il offre un angle différent du point de vue de chaque personnage, ce qui aide le spectateur à se forger une opinion. Tourné comme un film d’action, très rapidement la bande de jeunes s’apparente à une équipe d’agents secrets de Mission impossible, dans laquelle chacun à son rôle à jouer et agit au gré de ses talents. Le temps d’un instant, un cadrage soigné, voire intuitif, confère à Paris des allures de capitale du monde, où ses monuments célèbres font corps avec leurs interventions. Toute l’opération semble avoir été longuement préparée avec une minutie exemplaire que souligne l’instrumentation d’une musique électro composée par le réalisateur : la tension est alors à son paroxysme. A trop démultiplier les scènes, Bonello échoue cependant à garder le spectateur en haleine sur plus d’une demi-heure de préparatifs. De fait, quand les jeunes passent à l’action, les 4 attentats orchestrés à des endroits stratégiques de la ville ont un impact moindre. Il faut dire que leurs motivations ne sont pas clairement définies. Étonnamment, la confusion avec laquelle le cinéaste nous plonge dans son univers chaotique revient nous séduire par l’ingéniosité de sa réalisation en un quadruple split screen (comme sur un moniteur de sécurité) qui accentue la puissance des explosions par leur simultanéité. En outre, l’aspect documentaire, plutôt télévisuel des images, est renforcé par ce plan d’immeuble implosant à la manière d’une des tours de 9/11. On est dans une perpétuelle représentation des symboles sans jamais chercher à les expliquer. D’ailleurs les personnages eux-mêmes sont filmés à travers un miroir, une porte de métro, comme si leur image était prisonnière d’un écran. Puis tout se calme. Le temps d’une nuit, le groupe se réfugie dans un grand magasin afin d’échapper aux forces de l’ordre.

Faire entrer la lumière
Dans une deuxième partie au rythme plus linéaire, le réalisateur fait voler en éclat toute la crédibilité des fauteurs de troubles. Le plan était pourtant bien rodé, mais le narcissisme qui les pousse à vouloir connaitre les réactions des gens l’emporte sur le discernement. Puis il y a aussi le doute, l’incertitude d’avoir bien agi. Dès lors, un des personnages pourtant le plus raisonné du groupe, fait rentrer un clochard dans la bâtisse (surprenante apparition de Luis Rego), l’occasion pour lui de racheter sa conscience mais aussi de faire rentrer la dyke (la justice) dans l’hybris (le chaos).

C’est dans un célèbre grand magasin parisien désaffecté, La Samaritaine, que l’équipe de Bonello a tourné. Le réalisateur en a fait un antre de la consommation où les jeunes vont progressivement oublier le but premier de leur venue. Tour à tour, ils vont se laisser corrompre par cette fausse représentation d’une vie idéale où l’harmonie de chaque pièce est étudiée pour vous faire rêver, où chaque objet est fait pour être possédé. Tout y est, des vêtements de luxe jusqu’aux tee-shirts de sport, des costumes de mariés jusqu’aux jouets pour enfants. On y mange, on y dort même, dans des décors factices bien loin de leur quotidien. En pleine digression, ils redeviennent subitement de simples enfants : ils jouent à des jeux vidéo, se maquillent entre eux, changent de vêtements, voire de sexe le temps d’une chanson, pour se façonner une nouvelle personnalité (allusion à Marat, figure révolutionnaire aimée du peuple). A ce moment précis, Bonello excelle dans la critique d’une société capitaliste où l’on nous crée des besoins qui risquent de nous faire perdre notre propre identité (face à face troublant entre un jeune homme et un mannequin affublé du même chandail). Ils sont déconnectés de la réalité, dans l’incapacité d’interagir avec leur prochain, ce que démontre ce rapport entre un garçon et un mannequin démembré violemment. De plus, le cinéaste dénonce le pouvoir des médias qui diffusent en continu des images choc agissant comme une propagande sur le mental des jeunes. En ce sens, ces derniers ne prennent véritablement conscience de leurs actes qu’à travers la télévision, symbole de vérité absolue qui annoncera, d’ailleurs, leur fin inéluctable.
Marc H.
Marc H.

3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 novembre 2016
Le meilleur film que j'aie vu cette année. Enfin du cinéma qui ne racontent pas bêtement une histoire.
Nocturama intrigue, fait réfléchir, sur la vie autant que sur le cinéma.
LeMagduCiné
LeMagduCiné

71 abonnés 626 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 octobre 2016
« Il y a des hommes qui veulent juste observer le monde en train de brûler »

Quelques années seulement après l’hypnotique L’Apollonide – souvenir de la maison close, Bertrand Bonello revient pour littéralement embraser l’écran dans un film qui fera certainement date tant son atmosphère étouffante et sa mise en scène puissante sont créatrices d’émotions brutes. Loin d’intellectualiser, de chercher à tout expliquer, Bonello se contente de dire « stop », de regarder le monde en train de brûler et de suggérer qu’il est temps de mettre fin à ce XXIe siècle débutant et pourtant déjà aussi fou que sanglant. Le réalisateur a beau être un brin moralisateur en interview, son film est loin de l’être, se contentant de dresser un constat, de filmer des corps en tension, des cœurs tous prêts à exploser, tantôt enfantins, tantôt déterminés, souvent rattrapés par la société qu’ils tentent pourtant de déstabiliser, voire de détruire.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 7 octobre 2016
Pas aimé ce film d'une jeunesse perdu mais quand je lis les critiques presse je me dis que j'ai pas compris !
In Ciné Veritas
In Ciné Veritas

108 abonnés 922 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 septembre 2016
Là où nous attendions un film sur le terrorisme, Bertrand Bonello livre une œuvre politique dénuée de tout manichéisme ou stigmatisation. Nocturama se décline en un parcours de jeunes terroristes suivi d’un nocturama en huis clos anxiogène avant un épilogue désespéré exécuté sans sommation. A l’image du finale du film, la mise en scène de Bertrand Bonello est d’une précision chirurgicale et fait se succéder les plans séquences dans une fluidité devenue rare dans le cinéma français. Nocturama n’est pas un film manifeste mais un film de genre ambitieux et déjà majeur. Plus de détails sur notre blog ciné :
mat niro

467 abonnés 2 170 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 28 septembre 2016
Des jeunes antisystème de diverses origines sillonnent Paris pour poser des bombes et finissent retranchés dans un grand magasin. C'est typiquement le genre de film qui divise les avis. En effet, cette oeuvre visionnaire (tournée avant le 13 novembre) n'est pas sans poser de questions. Même si Bertrand Bonello, le cinéaste, résume son film à un pur geste artistique, il passe le plus clair de son temps à filmer du vide. Il n'explore pas la psychologie des personnages et de ce fait, l'émotion n'est pas au rendez-vous. Le huis clos dans le magasin est d'un ennui profond et la réalisation maladroite. 2h10 de gâchis cinématographique à mon sens mais à vous de vous faire votre idée!
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 27 septembre 2016
Des jeunes se croisent dans le métro parisien, semblent se reconnaître ou font semblant de ne pas se connaître. Où vont-ils et qui sont ils ? Difficile de répondre à cette première question puisqu'aucune parole ne sera échangée Au bout d'un certain temps, les contours de l'évènement en préparation se dessinent. Bertrand Bonello a construit son scénario sur 2 ans je crois, et entre le début et la fin se sont produits les attentats parisiens. Aussi a-t il jugé utile d'en tenir compte dans cette histoire dont l'apparente ressemblance avec les tragiques évènements de la fin 2015, début 2016 ne fait que renforcer la difficulté d'expliquer les raisons d'un tel agissement.
L'exercice s'avère vain malgré quelques idées, un peu trop éparses.
Tchi Tcha
Tchi Tcha

13 abonnés 247 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 25 septembre 2016
Mélange de campagne sur l'étendue du réseau ferroviaire de la RATP et sur un "concept store" imaginée dans l'ancienne Samaritaine, Nocturama s'enfonce inévitablement dans une série B récréative télévisée de mauvais goût. Manquant complètement d'audace et d'insolence dans l'écriture et la réalisation, Bonello ne sait plus quoi faire de ce casting trop lisse et se perd lui même, dans un montage à retardements (non justifié). On attend la magie esthétique et la bande son idéale qui n’arrivent jamais.
ToulouseEvents
ToulouseEvents

50 abonnés 109 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 septembre 2016
Ça n'est pas plus ni moins qu'un film d'auteur traçant la vie d'ados qui se rebellent contre la société. On les voit la 1ere heure se préparer pour quelques choses qui va changer leurs vies : spoiler: Un attentat dans un centre-commercial parisien "La Samaritaine".


Le film aurait pu être bien si les personnages étaient plus travailler, plus profond, si nous en savions plus sur eux, leurs passés, leurs envies ou les raisons de leur colère. Au final, on ne sait pas d'ou ils viennent ni ce qu'ils ont vécu et c'est frustrant tout au long du film parce qu'on sait qu'ils se connaissent mais on ne sait pas comment ils se sont rencontrés ni comment ils en sont venus a cette envie de "No Futur"

Certains acteurs comme Vincent Rottiers sont rodés a la caméra mais les autres sont plus spontanés, tandis que la fille aux cheveux bouclés minaudes tout le long du film, ce qui est très énervant parce que j'ai eu l’impression qu'elle jouait un rôle qui ne lui allait pas du tout.

Le 2eme acte nous montre l'attente dans la Samaritaine, l'attente des jeunes mais, bizarrement, on ne s'ennuie pas. On les voient déconner, manger, boire (il y en a même un qui prend un bain et un autre qui volent des fringues) et c'est plaisant. Jusqu’à l'assaut final, bâcler et attendu spoiler: ils meurent tous mais on a tellement du mal a s'attacher a leurs personnages qu'ont se demande qui va mourir en premier.
.

Pour la B.O, c'est du bon gros son éclectique et surprenant.
Guiciné
Guiciné

208 abonnés 1 350 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 septembre 2016
Un film au savoir faire impressionnant, que se soit dans la narration ou la mise en scène mais que certaines scènes sont longues, trop longues!! Vraiment dommage car le récit est passionnant .
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 21 septembre 2016
Nocturama est tout d'abord un film très long, certaines scène n'ayant pas un très grand intérêt. Pour ce qui est de l'histoire, je n'ai pas tout saisi. Je n'ai pas compris pourquoi ces jeunes décide de faire cela. Une raison a-t-elle été donné ? Et je n'ai pas non plus compris comment ce fait il qu'on les ai retrouvé si vite. Au final ce film n'a pas eu un grand intérêt pour moi car bien que plutôt long il n'est pas assez détaillé.
Sylvain C
Sylvain C

9 abonnés 72 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 septembre 2016
Vraiment le genre de film dont je ne sais pas quoi penser...
Au début c'est long, très long même.
Il faut aimer le métro...
Ensuite, pendant l'installation de l'histoire c'est long aussi.
Et à la fin, le dénouement est assez long.
En gros, c'est ça...
Donc première impression : nul !

Mais... finalement, avec un peu de recul, ça n'est pas que long ! C'est aussi pesant, angoissant, stressant, et ça, c'est vraiment réussi. Pas parce-ce que c'est lent, mais parce que la tension est toujours palpable, autant que l'angoisse qui règne dans notre société actuelle, au milieu de la vie normale...
Donc au final, difficile de mettre une note à ce genre de film : certains partiront au bout de 10 minutes, d'autres détesteront de bout en bout, et certains le trouveront génial. Je comprends les trois cas :)
En tout cas, c'est spécial, particulier et anxiogène. A ne pas voir un soir... Mais finalement, peut-être à voir quand même...
César D.
César D.

39 abonnés 616 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 septembre 2016
bon, ben, voilà, je l'ai vu... et mes craintes se sont confirmées. c'est long, mou, et truffé d'invraisemblances, à croire que personne n'a relu le scénario avant le tournage. des tueurs d'élites qui abattent des ados non armés les bras levés? vraiment? vous êtes sérieux, là? et cette bourde n'est qu'un exemple des incohérences qui émaille ce... euh... c'est quoi, déjà, le contraire de "réussite"? ah oui! : échec.
anonyme
Un visiteur
1,5
Publiée le 1 octobre 2016
On aurait pu arriver à un film correct si le réalisateur c'était donné la peine de construire son long métrage... les acteurs s'en sortent bien mais quand le scénario est aux abonnés absent même la bande originale n'est pas suffisante pour s'empêcher de regarder sa montre....
tifdel13
tifdel13

104 abonnés 523 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 14 septembre 2016
Que c’est long mais long… Et plat ! Seul l’issue incertaine de cette bande de jeunes nous pousse à rester jusqu’au bout. Nocturama a séduit la critique. Tant mieux pour Bonelli, chouchou de celles-ci. Certains y voient un film d’actualité. On parle même de terrorisme. En effet, les anti-héros...

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