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Jonathan M
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2,0
Publiée le 13 septembre 2016
Dans son malheur, Bertrand Bonello conçoit le film qu'il ne fallait pas faire. Le cinéaste raconte que l'idée, pour ne pas dire la totalité du film, lui est venue il y a cinq ans. Si le film se devait être un film d'anticipation, il en devient en réaction. Et dans l'opinion publique, ça change tout. Quand on anticipe, on est visionnaire et génie de son temps. Quand on réagit, on est catégorisé dans le réac' qui surf sur un quotidien nauséabond. D'un point de vu cinéma, Bonello est dans la lignée de ce qu'il sait faire. Il esthétise son propos, toujours dans une sphère viscéral et asphyxiante. La ghettoïsation des maisons close dans L'Apollonide ou le morcellement d'un destin trop fragile pour son milieu dans Saint Laurent. Ici, les jeunes prennent le pouvoir. Je me suis donné beaucoup de mal pour essayer de croire en l'histoire, pour finalement abandonner en chemin. Le film sème des fausses pistes tout du long, oscillant entre l'invraisemblable et le mauvais goût. Si les 30 premières minutes sont de qualité supérieur car happé par ce qui s'y prépare, la suite ne se justifie en rien.
À aller voir sans réel opinion. On en ressort troublée, évasif et perdu au milieu de notre monde. Entre jeunesse, conflit et terreur il met tous nos sens en action tout ce qui fait un excellent film
Sous les brillants auspices de Bret Easton Ellis ("Glamorama" et ses top models terroristes) et de J. G. Ballard (dérives auto-destructrices de la jeunesse dorée), l'atroce Bertrand Bonello a réalisé avec son "Nocturama" ni plus ni moins que le film le plus stupide et le plus déplaisant qu'il m'ait été donné de voir depuis bien longtemps (... et sachez que je ne lui pardonnerai pas d'avoir du même coup gâché le titre de l'un des meilleurs albums de Nick Cave !). Stupide, car Bonello confond ellipses conceptuelles et trous béants dans son scénario incohérent : aucune vraisemblance ni dans les causes, ni dans les conséquences de ces actes terroristes, perpétrés par des épouvantails théoriques réunis en dépit du bon sens (le gang composé d'étudiants de Science Po et de racaille du 9-3, n'en rêvez plus, Bonello l'a inventé pour vous...), et agissant sans aucune logique ni cohérence (ah, ce rendez-vous à l'intérieur de la Samaritaine réinventée, histoire de bien nous tartiner du vide "consumiste" pendant plus d'une heure !), aucune rigueur topographique (les trajets délirants en métro, la tour de la Défense qui devient la tour Montparnasse, etc. etc.), aucune pertinence politique : personnellement, il me semble que Paris et ses victimes d'attentats méritent autre chose que la masturbation molle d'un cinéaste paumé dans ses délires assimilant haine de la globalisation, djihad et spleen adolescent dans un même brouet nauséabond ! Déplaisant, à tous les niveaux : citer le Van Sant de "Elephant" et le Carpenter de "Assaut" dans un même fim, à quoi cela sert, sinon à faire le malin quand on est soit-même incapable de "mettre en scène" quoi que soit ? Les flashbacks lourdingues, les multiples revisites de "moments-clé" sous des angles différents (l'effet Rashomon, Bertrand ?), l'utilisation absurde de musiques référentielles, l'absence complète de gestion de l'espace - un comble quand on veut réaliser un film "d'enfermement" -... tout est tout bonnement insupportable de prétention et d'incompétence pendant les deux très, très longues, heures de "Nocturama". Déplaisant, répétons-le, parce que ce que démontre Bonello en tirant un but contre son propre camp, c'est que le cinéma français d'auteur - que je suis d'ordinaire le premier à défendre - est totalement incapable de nous dire quoi que ce soit de pertinent, voire même de raisonnablement acceptable sur l'époque que nous vivons. Et ça, au delà du supplice qu'est le visionnage de ce... détritus, c'est la très, très mauvaise nouvelle du film.
PS : Il y a par contre une bonne nouvelle, c'est le désintérêt total du public pour "Nocturama", qui peut nous laisser espérer que nul ne financera plus jamais les vilains projets de Bertrand Bonello.
Une nouvelle fois Bertrand Bonello fait d'un film une oeuvre d'art en soi, un bijou de mise en scène et d'originalité. Formellement c'est magnifique, et sur le fond je peux comprendre certaines critiques sur le manque de contextualisation du film (quelles sont les les motivations de ces jeunes ? Qui sont-ils ?) mais il ne faut pas oublier que nous sommes devant un regard singulier et une fiction qui se veut volontairement floue, qui nous amène à nous interroger. Malgré sa longueur, Nocturama arrive à maintenir un tension constante même si on peut en deviner l'issue. Le tout est servi par de jeunes acteurs remarquables, avec une mention particulière pour Hamza Meziani et Finnegan Oldfield.
Je n'avais pas du tout aimé aimé L'Apollonide et assez apprécié Saint Laurent. Curieux donc de voir ce que Bertrand Bonello allait nous montrer avec un Nocturama à l'action contemporaine et en plein dans l'actualité. D'ailleurs, c'est la curiosité qui domine dans la première partie. C'est même très intriguant. Une sorte de balai, presque sans dialogues, où l'on ne sait pas trop ce qui se passe. Puis l'action se ressert dans un grand magasin parisien. Cela devient alors très (trop) bavard, huis-clos pas vraiment étouffant. L'ennui prend rapidement le dessus sur la curiosité. En route vers un dénouement aussi terrible que prévisible, les personnages attendent, nous aussi, en vain. La mise en scène épouse, malheureusement, la forme de l'intrigue. Rythmée et intéressante au début, pour se déliter progressivement. Même l'interprétation ne sauve rien. Vincent Rottiers est comme toujours impeccable mais son rôle est bien court. On a connu Finnegan Oldfield bien meilleur ailleurs (Les Cowboys), quand aucun des autres jeunes acteurs ne se détache du lot. Bref, ce Nocturama, après une bonne entame, est au final raté. Frustrant.
Mon avis : le film ne raconte rien. Il est incomplet, insipide, creux. Beaucoup de scènes sont inutiles et la fin manque de réalisme. Les acteurs sont plutôt bons. Il faut dire qu'ils ont très peu de texte... En fait, les rares dialogues n'apportent rien au film... Le film est une belle éloge du vide.
Je suis allé voir ce film vierge de toutes informations à son sujet, mais dans l'espoir d'assister à quelque chose de rafraîchissant. J'ai bien cru avoir à faire à un grand film durant les 30 premier minute.Mise en scène impeccable, présentation des protagonistes minimaliste mais efficace. Le film frappe un grand coup et nous intrigue. Le spectateur à mordu à l'hameçon, les protagonistes sont tous réunis dans ce grand magasin. Tout est réuni pour que la suite relève du grand art. Malheureusement c'est là le début d'un long calvaire et d'une succession d'incohérences...Cette bande de jeune est totalement délaissé par le réalisateur. Le film devient prétexte à une succession de scènes visuellement irréprochables mais totalement vides de sens. Le film n'avance pas, les personnages ne sont pas exploités. Je peux comprendre le partie pris de ne pas nous révéler leur motivations ( bien que discutable). Mais il aurait fallu donner plus de profondeur, ou au moins tenter de les faire interagir. Résultats des courses la scène de l'assaut finale est vide d'émotions et interminable. Ces personnages sont interchangeables et leur sort ne nous concerne pas. Ressort de ce film une sorte de frustration voir de colère. L'impression que l'on a voulu nous cacher un profond vide scénaristique par quelques artifices visuels et sonores. Dommage ce film avait tout pour être grand.
Un film plastiquement très réussi, les lumières y sont particulièrement travaillées, comme souvent chez Bonello. Mais ici, contrairement à certains autres de ses autres films (comme par exemple Saint-Laurent), le film n'est pas qu'esthétiquement réussi mais il est également prenant et bien écrit.
Sous des allures de film politique, qu'il n'est peut être pas tout à fait, Nocturama me semble plus être un objet conceptuel, théorique recherchant l'abstraction formelle. Bonello montre une nouvelle fois le brio de sa mise en scène : cadrage, multiplication des points de vue, split screen, utilisation astucieuse et contre intuitive de la musique mais aussi à quel point il est capable de diriger ses acteurs, avec beaucoup de pudeur. Nocturama, et c'est tant mieux, ne donne aucune explication sur les motivations de ses personnages. Ce qui fait la force de ce film (voir infra) fait aussi ses grosses faiblesses. Car, Nocturama est souvent bien trop désincarné, froid. Ceci est surtout vrai dans la très longue partie et souvent ennuyeuse, dans le supermarché. L'allusion est très clairement faite à la société de consommation dans laquelle se vautrent ces jeunes alors qu'ils voulaient, sans doute, la dénoncer. Heureusement que le cinéaste film frontalement les froides exécutions des terroristes. Film inspiré par le cinéma de John Carpenter (Assaut), il apparait que Bonello n'est jamais si bon que lorsqu'il s'écarte de ses références cinéphiliques. Nocturama, par la fluidité sa mise en scène et son montage acéré est ainsi le plus réussi dans toute sa première partie (bravo aux effets numériques) et lors de sa terrible conclusion. Nocturama est sans doute le film le plus ambitieux de Bonello mais je lui préfère largement L'Appolonide ou Saint Laurent, émouvants et plus réussis artistiquement..
Une catastrophe de plans à répétitions, un jeu d'acteurs catastrophique et une absurdité de scènes sans aucun interêt !!! Ne dépensez pas votre argent pour ce film !
Nocturama nous montre des jeunes qui font des trucs dans le métro : ils utilisent leur pass navigo, prennent leur montre en photo et regardent les autres voyageurs d'un air coupable.
Ils font tous salement la gueule : on sent bien que ça ne va pas rigoler, et qu'un truc horrible les attend, du genre passer le bac, ou aller chez le dentiste.
D'où viennent-ils, comment se sont-ils connus : on ne le saura pas. Ils sont pourtant visiblement d'origine, de milieu et d'âge très différents, et leur rencontre est bien curieuse. Bonello n'a pas l'intention de nous fournir d'explication, et il les filme comme il filmerait des employés de bureaux en train de classer des archives.
Au bout d'un moment infiniment long, une bombe explose au Ministère de l'Intérieur, et là, il faut bien le dire, le responsable des effets spéciaux de Nocturama mérite instantanément d'être rayé des répertoires professionnels, tellement l'image semble photoshoppée par un stagiaire en BTS.
Nos apprentis terroristes, pour qui poser des bombes semble un agréable passe-temps, se réfugient dans un grand magasin, ce qui à l'évidence est une idée géniale pour se dissimuler. Ils prennent des bains, essayent des fringues, boivent de l'alcool et écoutent de la musique placidement, en attendant qu'arrivent des gendarmes dans un fourgon réformé, qui les tirent comme des lapins.
L'ensemble du film semble durant toute sa durée essayer de combler le vide qu'il creuse : sa bêtise insigne l'en empêche peu à peu. Il sombre progressivement dans des abîmes de nullité indigente, à l'image des apparitions de Luis Rego et Adèle Haenel, prodigieusement ratées. Tout devient artificiel et de mauvais goût, de la bande-son à la dernière image.
Nocturama, malgré son sujet explosif, ne parvient pas à être polémique tellement il insulte l'intelligence des spectateurs. C'est triste, pitoyable, et même pas beau, ce qui est un comble pour un film de l'esthète Bonello.
Quelques très jeunes adultes à peine sortis de l'enfance veulent agir sur un monde qui perd toute humanité. Ces jeunes gens deviennent les héros d'un monde qui a sas doute besoin d'être un peu secoué et, vont décider de l'ébranler à la hauteur de leur possibilités, qui sont en fait, loin d'être aussi modestes. Ils se réfugient ensuite dans un le cœur de Paris dans une sorte de grand magasin, qui va les amener au bout de leurs choix..
Devant les invraisemblances et l'effet panel social stéréotypé des personnages (depuis les immigrés de banlieue jusqu'aux petits bourgeois en passant par les prolos blancs et le couple de SDF sympathique) - on comprend vite qu'il faut laisser là tout réalisme. Ce qui serait plutôt une bonne nouvelle devant l'hégémonie du cinéma naturaliste. Mais quand on se lance dans la parabole, mieux vaut peut-être éviter les pensées trop schématiques ("capitalisme-injuste-tout-péter-destin-tragique") qui n'en paraissent que plus simplistes et inopérantes. Et la forme maniériste du film qui lisse toute aspérité ne révèle finalement rien d'autre que l'extrême fascination de l'auteur pour la bourgeoisie - ce que faisaient déjà ses prostituées théoriques de l'Apollonide et son Saint-Laurent immobile, comme une ode pétrifiée au statut quo social.
A soigner plus la forme que le fond, Bertrand Bonello signe plutôt un drame sur l’exaspération de la jeunesse qu’un véritable thriller ou film d’action. Ceux qui espéraient un film original et beau avec une intrigue véritablement tendue risquent fortement d’être déçus tant le scénario est aussi peu crédible que celui d’un film de Jason Statham. Il n’y a que les pseudos intellectuels qui pourront être séduits par cette histoire qui leur laissera tout le temps de s’imaginer ce qu’ils veulent dans leur tête à partir de scènes sans intérêts. En fait c’est probablement parce que personne n’ira le voir que Nocturama a pu sortir au cinéma contrairement aux autres films sur le même sujet. [Lire la critique complète sur le site]
Explosif, angoissant, troublant, violent... Les qualificatifs viennent presque à nous manquer pour décrire l'expérience "Nocturama". Avec ce film sombre, Bertrand Bonello prouve une nouvelle fois qu'il est un magicien de l'image brillant doublé d'un conteur passionné par les maux qui rongent l'âme humaine et la détruit à petit feu.