Nerve.. Long métrage américain sorti le 24 août 2016. Réalisé par le duo Ariel Schulman et Henry Joost, à qui l'on doit les opus 3 et 4 de la saga Paranormal Activity. Avec en têtes d'affiches Emma Roberts (Les Millers, Scream 4, ou encore la récente série TV US Scream Queens) et Dave Franco (Insaisissables 1 et 2, Nos pires voisins 1 et 2, 21 et 22 Jump Street, ...). L'histoire de deux jeunes new-yorkais , qui vont se laisser entraîner dans "Nerve". Un jeu de défis filmés en live et rémunérés à la action-vérité. Un thriller se voulant dans la veine du "The Game" de David Fincher, sorti en 1997 avec Michael Douglas et Sean Penn.
J'étais curieux de découvrir ce film. Intrigué par le côté thriller paranoïaque autour des réseaux sociaux et autres médias de l'ère internet. Mais j'avoue tout de même que j'avais peur de me retrouver devant un résultat hybride et bâtard qui n'assumait pas son côté critique d'une époque où "faire le buzz" est synonyme de reconnaissance et de célébrité pour toute une génération. Effrayé de me retrouver au final devant un énième film pour ados paresseux et sans ambitions, recyclant des clichés vus et revus.
Force est de contacter que mes craintes ont été balayées. J'ai adoré "Nerve". Le film est l'adaptation du roman "Addict" de Jeanne Ryan. À présent, je suis plus que curieux de découvrir ce livre, car son adaptation est une réelle bonne surprise, qui m'a tenu en haleine du début à la fin.
La réalisation est très réussi. Sans faire preuve d'une originalité détonnante, les deux réalisateurs livrent une copie exemplaire. L'action est toujours lisible, et ils s'amusent à jongler entre les objectifs des appareils mobiles des personnages, et leur caméra avec beaucoup de fluidité. De plus de nombreuses incrustes à l'écran (lignes de commentaires sur les vidéos diffusées, de messages que s'envoient les personnages, etc...) viennent dynamiser l'action et l'ancrer dans notre époque. On sent que les réalisateurs ont bossé leur sujet, et c'est très efficace.
Le scénario ne manque pas d'originalité, et sait exploiter son concept. Il est plus intelligent et subtil qu'il le laisse paraître. Pour un résultat diablement réussi et prenant. Hormis sa conclusion, qui est relativement convenue et tire peut-être un peu trop vers le happy ending, dont nous as habitué le cinéma américain dans ses blockbusters estivaux, il reste remarquablement bien écrit. Que ce soit dans l'écriture des personnages, leurs dialogues, ou leur exposition, tout est très bien et surtout cohérent dans son ensemble.
La bande son est correcte. Le thème principal est quelque peu discret, mais fait parfaitement son boulot. Il rythme avec frénésie et efficience les moments de tension du film, quand celui-ci ne se laisse pas simplement porter par les tubes pop composant sa bande originale. En vrac on a du "Kamikaze" de MØ, du "Ride" de Lowell, du "Get Down" de Jess Kent, et même du "C.R.E.A.M." du Wu-Tang Clan. Ça se laisse écouter sans déplaisir, pour peu qu'on soit amateur/trice.
Les acteurs sont très bons. Emma Roberts délivre une prestation des plus convainquante. Même si le rôle de la jeune ingénue timide et réservée, qui se révèle plus téméraire et entreprenante qu'elle le paraît, est vu et revu, elle arrive à insuffler suffisamment de force et de réalisme à son personnage, pour que l'on ne tombe pas dans le cliché trop voyant. Dave Franco est lui aussi très convaincant. D'ailleurs son duo avec Emma Roberts tient véritablement le long métrage. Le reste du cast est aussi impliqué et convaincant que les deux têtes d'affiches. Mention spéciale aux deux détenues de la prison pour femmes de Litchfield, Kimiko Glenn (Soso) et Samira Wiley (Poussey), échappées de la série Netflix Orange is The new black, qu'on retrouve avec plaisir à l'écran.
Bref, Nerve est une bonne surprise. Un bon thriller. Un film bien plus intelligent qu'il y paraît, qui remplis parfaitement son office de divertissement estival. Un peu à la manière d'un "L'effet Papillon", le film ne vous laissera pas indifférent à son discours et ses thématiques parfaitement encrées dans cette époque. Je recommande vivement.