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ninilechat
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4,5
Publiée le 1 juillet 2016
A un vent tiédasse succède un vent froid; aux nuages, la pluie: le remède idéal pour lutter contre la morosité? Aller voir un film tiré d'un bon vieux roman de Jane Austen, mais attention, pas une transposition moderne, un vrai film en costumes où les calèches sont tirées par de magnifiques et puissants traits aux robes lustrées et parfaitement assorties (vous imaginez une calèche tirée par un cheval pie et un cheval bai? My God! Shocking!) et où les dames ont des robes à tournure et sur la tête, une pièce montée de bouclettes comme sur les portraits de Gainsborough ou de Reynolds.
Le plaisir que l'on a à voir Love and Friendship est largement accru par sa délicieuse perversité. Certes, l'héroïne est désargentée; à cette époque: titre, manoir, terres et fortune revenaient intégralement au fils aîné, voire à quelque mâle un peu plus éloigné si par malheur il n'y avait que des filles, et le sort des malheureuses se retrouvant tout à coup sans ressources a été, pour Jane Austen une source inépuisable de romans.... Il leur restait à se retirer dans un modeste cottage, servies par une unique domestique; ou à taper l'incruste chez de la famille fortunée.
Notre héroïne, Lady Susan (Kate Beckinsale), peu portée sur la modestie, a clairement choisi la seconde solution; ce qui la rend délicieuse, c'est que c'est une garce d'anthologie, ce qui nous change des demoiselles exquises mais trop bien-pensantes de Raison et sentiment et autre Orgueil et préjugés..... elle ne s'est jamais intéressée à sa fille Frédérica (Morfydd Clark), timide et renfermée, collée en pensionnat, mais elle va promptement s'en débarrasser, lui ayant trouvé un fiancé richissime, d'un heureux caractère mais hélas affligé d'une bêtise crasse (Tom Bennett).... Quant à Susan, elle compte bien continuer à fleureter avec de jeunes hommes de la génération du fiancé, mariés (l'avantage de la religion anglicane sur la catholique est qu'elle permettait le divorce...) ou non, jusqu'à trouver un bel et beau parti. On suit donc avec délice les tribulations de Susan et de sa grande amie américaine Alicia (Chloë Sevigny), unie a un vieux rabat-joie (Stephen Fry), et en entendant les deux copines rire de la prochaine crise de goutte qui ne devrait pas tarder à emporter le vieux mari, on comprend que madame Austen ne se faisait pas d'illusion sur la moralité des hommes.... et des femmes.
Le dernier retournement de situation, qui intervient dans la dernière scène, vous fera glousser de rire comme toute la salle...
Je ne connaissais pas du tout le réalisateur américain, Whit Stillman, mais il semble être devenu plus britannique que de nature!! Le film a été tourné en Irlande, une bonne partie des acteurs (ils sont nombreux...) est irlandaise; les plus âgés ont vraiment une tronche à sortir d'un pub, et les plus jeunes ressemblent tous plus ou moins à Colin Firth, comme l'élégant Reginald DeCourcy (Xavier Samuel) que lady Susan va s'ingénier à faire tourner en bourrique...
Un bain de fraîcheur et de dépaysement, bien plus dépaysant certes que "SuperXman" ou "Les Saturniens contre-attaquent".... Moi, j'adore!!
Un mot pour qualifier cette Mme Susan Vernon, qu’on a beaucoup de mal à appeler « lady » : sordide. Succube diabolique, égoïste, cruelle et d’un cynisme sans fond, qui n’ouvre la bouche que pour énoncer des mensonges et distiller son venin manipulateur. Un seul but : dénicher pour sa fille, et pour elle, un mari nanti (très) et maniable (très), avec une vision extrêmement précise du type de poisson qu’il faut éviter de pêcher : « Trop vieux pour être malléable, et trop jeune pour mourir. » Kate Beckinsale la campe parfaitement. Mise en scène classique pour un roman tout aussi classique mais aux dialogues toujours savoureux, avec quelques personnages succulents, tel James Martin, potentiel « candidat », aussi riche (of course) qu’il est d’une bêtise à pleurer, de rire.
Cinéaste rare, Whit Stillman retrouve Kate Beckinsale et Chloë Sevigny (après "Les derniers jours du disco") pour une adaptation d'une nouvelle de Jane Austen. Loin du débordement de grands sentiments habituel concernant les adaptations d'Austen, on se retrouve ici plutôt du côté de la comédie de mœurs et de la satire. Dépeignant le parcours de Lady Susan, veuve désargentée prête à toutes les manigances pour se mettre à l'abri du besoin (y compris marier sa fille avec un parfait idiot, personnage tout à fait comique interprété avec candeur par Tom Bennett), ''Love & Friendship'' nous plonge dans la haute société anglaise du XIXème siècle, avec ses intrigues, menées par les femmes face à des maris matérialistes, suiveurs ou naïfs. Stillman filme ces manigances avec style et beaucoup d'humour, donnant à Kate Beckinsale un rôle mémorable, son meilleur depuis bien des années. En manipulatrice pleine de mauvaise foi (elle est capable de s'offusquer qu'un de ses prétendants lise son courrier, un courrier qui révèle son infidélité !) trouvant toujours le moyen d'arriver à ses fins avec classe et élégance, l'actrice est tout à fait impeccable et un joli casting vient l'entourer pour un film qui se savoure comme une gourmandise, jamais vulgaire et croquant à merveille la société qu'il dépeint.
La plume, souvent acerbe, de Jane Austen trouve, une fois encore, un reflet idéal sur le grand écran. Dès les premières images, les portraits des principaux protagonistes défilent. La mise en scène, très classique, ne s'impose pas et laisse au récit la première place. Le scénario est construit à partir d'un court roman, jamais publié du vivant de la romancière. Les dialogues sont jouissifs, souvent cruels et permettent aux acteurs de laisser éclater tout leur talent. Les splendides décors, les costumes raffinés et l'ensemble du mobilier de ces châteaux anglais de la fin du XVIIIème siècle, sont l'écrin parfait pour ce jeu, dans lequel la manipulation reste la carte maîtresse. À la tête d'un excellent casting, Kate Beckinsale, s'impose avec naturel et une aisance déconcertante. À ses côtés, dans un rôle de crétin richissime Tom Bennett est remarquable.
Beau film mais beaucoup trop lent à mon goût. Les acteurs jouent très bien (je n'en connaissais aucun avant de voir le film). À aller voir si on aime les costumes et décors d'époque.
Whit Stillman est un réalisateur américain qui tourne peu : 5 films en 26 ans, plus 2 épisodes de séries TV. "Love & Friendship" est l'adaptation de "Lady Susan", un court roman épistolaire de Jane Austen probablement écrit à la fin du 18ème siècle. C'est toujours avec délice qu'on se plonge dans ce monde très particulier qu'est l'aristocratie britannique, un monde dans lequel les seuls soucis semblent être la réputation et la situation financière. On est quelque part vers les années 1790 et "Love & Friendship" s'intéresse au sort de lady Susan Vernon, une jeune veuve qui souffre d'une mauvaise situation financière et d'une réputation très dégradée. Sa vie consiste à se faire inviter par des parents ou des amis et à rechercher un bon parti aussi bien pour sa fille Frederica que pour elle. Dans une distribution somptueuse, on remarque tout particulièrement Kate Beckinsale, excellente dans le rôle de Lady Susan et Tom Bennett, exceptionnel dans le rôle de James Martin, un riche aristocrate d'une rare stupidité. Quelques anecdotes : à propos d'un homme, qu'il serait bon ou pas d'épouser : "il est trop vieux pour être manœuvré, il est trop jeune pour mourir" ; dans le château de Churchill, le majordome s'appelle ... Winston ! Quant à la musique, c'est un florilège de ce qui s'est fait de mieux en la matière tout au long du 18ème siècle.
Un film d'époque très réussi. Le ton est amer, sarcastique, et les relations entres les personnes sont bien vues. J'ai vraiment adoré cette histoire jubilatoire.
Je trouve que c'est un excellent film adapté d'un roman de J. Austen. Tout est parfait : la réalisation, l'interprétation, les décors. L'ambiance et les dialogues sont particulièrement savoureux.
Jane Austen a décrit mieux que quiconque l’Angleterre géorgienne au tournant du (XIXe) siècle, sa petite noblesse campagnarde, ses codes et la façon de les tourner. Whit Stillman s’est fait, lui, le portraitiste des bobos new-yorkais au tournant du (XXIe) siècle, de leurs égocentrismes, de leurs frustrations et de leurs aspirations. La rencontre de ces deux grands artistes était inéluctable. Ou pas.
On pourra se régaler de cette adaptation de « Lady Suzanne », une nouvelle méconnue de Jane Austen (il fallut attendre 2000 pour qu’elle soit traduite en français) dont on vantera à l’envi les dialogues ciselés, les personnages hauts en couleurs, la mise en scène rebondissante, les décors et les costumes impeccables. Ou pas.
Car je dois avouer, le rouge au front, avoir décroché au bout d’une demie-heure de cette histoire qui ne me parlait pas. Cette veuve sans scrupule qui se cherche un époux, pour sa fille et pour elle, au risque de troubler la quiétude des familles qui l’hébergent est trop manipulatrice pour être sympathique mais pas assez machiavélique pour être haïssable. Le rythme, sans être lent, est d’une uniformité qui produit l’ennui. Les dialogues, millimétriques, s’enchaînent à vive allure sur le même ton ironique. Une aussi courte nouvelle et un film aussi bref réussissent à mobiliser un si grand nombre de caractères qu’on finit par confondre Reginald, James et Charles et à se désintéresser du sort de Lady Susan et de sa fille.
J'ai pas complètement adhérée ! Je ne pense pas que ce soit la VO qui m'ait gênée car j'ai l'habitude de voir des films en VO Et souvent même je trouve que c'est nécessaire mais là je me suis un peu ennuyée. Pourtant le portrait de cette femme "moderne" pour son époque est intéressant mais soit j'étais fatiguée et donc pas réceptive ou soit il manquait "quelque chose" pour que je sois vraiment emballée. Par contre, belle prestation de Kate Beckinsale que j'ai eu du mal à reonnaître (Vrai que Pear Harbour a environ 15 ans ! le temps passe si vite).
Pas facile...je ne sais si c'est parce que je sortais de ma séance de sport mais j'ai sombré dans les bras de Morphée pendant les 10/15 premières minutes...zzz C'est parti en dialogue ininterrompu, alambiqué, je n'ai pas tenu le coup. Je le suis réveillé avec des rires sur les répliques d'un des personnages, qui est d'une naïveté et d'une bêtise prêtant à rire effectivement. Pr le reste, je dois reconnaître que je me suis bien ennuyé et pourtant j'ai l'habitude d'être bon public. Film d'époque avec de belles robes bouffantes, un beau décor, mais l'intrigue, les personnages, le fond, la forme, même si bien réalisé, dirigé et joué, tout cela ne m'a rien évoqué, je le suis tout simplement ennuyé et j'en suis bien désolé. Pour autant, c'est une question d'affect perso, je vous souhaite d'apprécier tout de même.
A la fin du 18ème siècle en Angleterre, une veuve dont la situation financière se complique décide de se rapprocher du frère et de la sœur de son défunt mari. A l'image du roman épistolaire Lady Susan dont il est adapté, ce film a un ton très classique. Il dispose d'une mise en scène théâtrale. J'ai trouvé agréable qu'à certains moments des personnages résument à travers leurs échanges ce qu'il s'est passé et les enjeux en cours, ce qui permet de clarifier le récit. Sir James Martin, incarné par Tom Bennett, apporte un côté comique assez plaisant. Les costumes et les décors sont très immersifs.
L'idée que le réalisateur du déroutant Damsels in distress puisse adapter la prose souvent piquante de Jane Austen avait quelque chose d'intrigant.
Malheureusement, le résultat m'a plutôt déçu. La structure épistolaire du court texte d'Austen donne ici un scénario assez verbeux, construit d'une façon artificielle à grand coup d'ellipse.
On peine à voir l'ensemble de l'intrigue se dessiner d'une façon riche et convaincante, comme c'est habituellement le cas chez Austen. La mise en scène statique et empesée de Stillman contribue à plomber le film qui n'évite pas les plages d'ennui.
Restent au crédit de ce film froid la belle prestation de Kate Beckinsale en femme manipulatrice et dénuée de tout scrupule, et surtout le très beau personnage de l'idiot congénital joué par Tom Bennett, qui parvient à insuffler dans le film un peu de cette grâce lunaire qui faisait le charme de Damsels in distress.