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Éric De Larmor
20 abonnés
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4,0
Publiée le 22 août 2016
Ce film est un vrai vent de fraîcheur dans la morosité ambiante ! Pas ou très peu de morale, cela fait un bien fou ... Le réalisateur a réussi à la perfection ce film so british, entrelacs d'intrigues aux dialogues littéraires et à l'humour féroce. Un film drôle, acide, plastiquement très beau, qui restitue magnifiquement l'architecture des petits châteaux du xviiie siècle, un petit bijou merveilleusement ciselé et interprété, mention spéciale au duo Kate Beckinsale – Chloé Sevigny.
C'est un film d'époque intéressant, intrigant et divertissant. J'aime bien de temps en temps ce genre de films. On est confrontés à une heroïne intelligente, belle mais perverse, menteuse, égoïste et manipulatrice.
Une adaptation fidèle mais vaguement ennuyeuse d'un roman épistolaire court de Jane Austen. Kate Beckinsale, en revanche, est excellente. Une critique plus détaillée et d'autres sur
Une adaptation de Jane Austen, d'accord, mais d'une de ses oeuvres de jeunesse inédite de son vivant. D'où un ton moins compassé et plus alerte que d'habitude dans ce Love & Friendship où la patte du metteur en scène de Barcelona, Whit Stillman, s'exprime pleinement. Lady Susan, au centre de toute l'intrigue, est une femme émancipée dont le teint porcelaine dissimule une âme de manipulatrice et séductrice qui joue avec les hommes avec une fourberie et une absence de scrupules sans limites. Il est vrai que les représentants du sexe masculin sont pour leur part des proie faciles, ingénus qu"ils sont voire totalement idiots. Love & Friendship respecte la tradition du film à costumes mais ce sont les dialogues qui dynamitent le genre : caustiques, brillants, cruels. Kate Beckinsale est somptueuse dans ce carrousel de l'amoralité, de la cupidité et de la féminité prédatrice comme moyens de survie. Où quand l'hypocrisie aussi sereinement assumée devient un spectacle d'une intelligence rouée au sein de cette foire aux vanités.
Classicisme dans la mise en scène, beaux décors d’intérieur et beaux costumes, dialogues raffinés parfois caustiques.
Ce film sur la manipulation féminine, mais féministe malgré tout, d’après un roman de Jane Austen, est délicieusement subversif et interprété avec élégance.
Il fait davantage penser à « Liaisons dangereuses » de Choderlos de Laclos (mise en scène Stephen Frears) qu’à « Orgueils et préjugés » de Jane Austen, même s’il se termine sur une note d’humour assez décalé.
La forme est séduisante : très bonne utilisation des décors (irlandais...) d'époque, costumes à l'unisson, musiques en situation, mise en scène élégante (par un Américain, W.W Stillman..), bons interprètes (Américains, Britanniques, Irlandais... et même un Australien - le tout à déguster, évidemment, dans la langue de Jane Austen !), cependant.... Bien plus qu'une affaire de sentiments (le titre : "Love & Friendship" est trompeur) cette étude de moeurs (sur l'impossibilité pour une dame bien née de la fin du 18e - en Angleterre, comme dans le reste de notre vieux continent - mais sans fortune personnelle, de rester veuve : question de simple survie !)/portrait de femme (de tête - "Lady Susan", experte par nécessité, autant sans doute que par nature, de la manipulation de ses contemporains, quand utiles à ses desseins) laisse un peu (voire beaucoup) sur sa faim le spectateur... La faute sans doute au manque de vigueur du récit, au parti pris trop théâtralisé (et même, pour être précis, trop classiquement théâtralisé)... La grande romancière anglaise a connu beaucoup mieux en fait d'adaptation cinématographique - celle-ci perd son sujet dans le détail. Pour, au global, d'assez nombreuses occasions d'étouffer (gracieusement, bien sûr..) un bâillement.
Adapté d'une des premières oeuvres de la célèbre romancière Jane Austen, "Lady Susan". Un film choral en costume donc dans la grande veine des Jane Austen au détail près, mais d'importance, qu'ici la tragédie laisse place à une comédie satirique et même cynique. On suit donc Lady Susan Vernon, veuve par qui le scandale arrive et froissant la bonne société de son époque. Car Lady Susan Vernon est avant tout une femme forte, féministe avant l'heure qui se doit d'être une femme vénéneuse afin d'asseoir sa liberté. Le risque étant d'en devenir égoïste, manipulatrice et vénale. Une très belle surprise.
Les romans de Jane Austen semblent être une manne intarissable pour le grand écran et cela depuis bien longtemps. De l’illustre « Raisons et sentiments » d’Ang Lee à ce « Love & Friendship » de Whit Stillman, deux films aux titres se répondant malicieusement l’un l’autre, l’écrivaine a vu son œuvre maintes fois adaptée pour le septième art. Ce qui est plus rare en revanche, c’est de trouver de l’humour dans l’une de ces transpositions, les manigances et déboires d’une noble désargentée étant au centre de l’attention ici. Moins de drame et de romantisme donc, pour une peinture pleine d’humour des mœurs de l’époque, sympathique comme un bonbon gentiment acidulé.
Le film a cependant le cul entre deux chaises constamment. Il n’est jamais assez mordant ou méchant pour prétendre être mémorable sur le long terme mais à l’inverse, il se révèle trop cynique pour se targuer d’être une bluette romantique à l’ancienne, propre et corsetée. On aurait aimé d’ailleurs que « Love & Friendship » soit plus mal élevé et impertinent pour dire de dynamiser un récit un tantinet impoli mais encore trop poussiéreux pour notre époque. On rit intérieurement (et jaune) lors des brillants échanges entre Lady Susan incarnée par une Kate Beckinsale qu’on n’attendait pas là et sa meilleure amie jouée par Chloë Sevigny. Ce sont les meilleurs moments d’un film qui brille par ses dialogues incisifs, quoique trop nombreux.
Au début, le trop grand nombre de personnages fait que l’on a du mal à suivre en dépit des efforts du réalisateur pour nous les présenter un par un dans des encarts. Petit à petit, on y voit plus clair mais cela montre les embuches que présente le passage de l’écriture à l’image. Le film file à cent à l’heure et ce vaudeville victorien et campagnard dans l’aristocratie distrait poliment par la verve de ses mots parfaitement mis en bouche sans pour autant absorber totalement notre attention. C’est un film d’époque soigné, d’où rien ne dépasse mais qui ne surprend pas assez. Heureusement, Stillman évite le statisme inhérent à ce type de films dans sa mise en scène et la dynamise quelque peu. C’est raffiné et plaisant mais pas aussi voluptueux que les adaptations de Joe Wright (tel « Orgueil et préjugés ») ou surtout aussi venimeux que les indétrônables « Liaisons dangereuses » de Stephen Frears.
Le film est présenté comme la description des prémisses au féminisme. En effet, on y voit des "ladies" brillantes et sophistiquées utiliser toutes les armes en leur possession pour influer (et survivre honorablement) dans un monde dont la gente masculine a la propriété. Le plaisir réside à regarder évoluer ces femmes aux desseins pas toujours reluisants, voir se créer les opportunités, les retournements d’intérêts. Ainsi se construit un scénario proche du « polar » tellement les précarités sont changeantes … Scénario, dialogues, photo, bande son, jeu des acteurs, tout est parfait ! Et ce charme discret et cet humour « so british » … Un vrai régal !
Je ne connaissais pas Jane Austen, femme de lettres, anglaise ayant vécu de 1775 à 1817 dans le Hampshire et qui s’avère l’un des écrivains anglais parmi les plus lus et les plus aimés…Witt Stillman a adapté le roman de Jane Austen, Lady Susan…une très belle et machiavélique jeune veuve, plutôt désargentée, qui se met en quête de riches époux, pour elle-même et sa jeune fille Frederica, épaulée dans ses recherches par son amie, Alicia Johnson, une américaine en exil, mariée à un riche anglais et sans beaucoup plus de scrupule que Lady Susan…C’est un film en costumes, et le réalisateur s’est beaucoup amusé à choisir des costumes des plus extravagants, fin XVIII ième…les châteaux sont magnifiques, la campagne anglaise tout autant…c’est un film à prendre au second degré tant certaines situations peuvent friser la caricature notamment ce Sir James Martin, riche mais stupide, d’abord promis à la fille, puis pris par la mère par pur réalisme, sur les conseils d’Alicia, embarquant l’amant, Lord Manwaring, dans un ménage à trois digne d’une comédie de boulevard…et là les portes qui claquent sont remplacées par les va-et-vient en carrosses…les personnages sont présentés de façon singulière, écrans insérés malicieusement au cours du récit, et comme il y en a beaucoup, c’est tant mieux car on s’y perd un peu entre les différents protagonistes….c’est un film très bavard car nos deux grandes manipulatrices verbalisent sentiments, émotions et intentions…c’est léger, ironique et caustique… les grands moments du film sont soulignés de musique d’époque savamment reconstituée par Benjamin Esdraffo avec notamment la musique pour les funérailles de la reine Mary de Purcell qui accompagne le départ précipité de Lady Susan du manoir des Manwaring qu’elle vient de séduire sous les yeux de sa femme ….à voir comme un bon divertissement et pour Kate Beckinsale impériale en Lady Susan…
"Convenances et trahisons" Ainsi aurait pu s'appeler le film. Superbement réalisé et d'une esthétique élégante et raffinée. Le monde de l'apparence est tellement plus important que les sentiments. Cette femme est un "serpent dans le jardin d'Eden" et nous surprend par le choix de son mariage, laissant une fin délicieusement comique au sein d'une famille peu surprise de ses engagements....
Superbe film d'époque, jeu d'acteur, dialogues, costumes, c'est bien ficelé. Une vision originale de l'Angleterre de la fin du 18eme siècle, avec 2 expertes en intrigues amoureuses. En plus elles sont charmantes.
Librement adapté d’un livre de Jane Austen (Lady Susan), reine du romantisme britannique, ce film est le portrait d’une jeune veuve (Kate Beckinsale) aristocrate de la fin du XVIIIe siècle qui cherche, pour renflouer ses finances et soigner sa réputation de séductrice compulsive, des prétendants fortunés pour elle et sa fille de 16 ans. La galerie des personnages est on ne peut plus pittoresque, les rebondissements plutôt amusants, les costumes sont magnifiques, les acteurs absolument parfaits, les décors adéquats mais… tout cela manque singulièrement de rythme et de saveur. C’est tout de même fascinant de voir à quel point le salut des femmes, (même bourgeoises ou aristocrates et éduquées) dépendait des hommes et de leur fortune. Ce qui les poussait aux plus vils comportements et aux intrigues de cours. Elles se battaient pour conserver leur rang, leur niveau de vie et leur image. Le soupçon de vénalité qui pèse sur elles depuis la nuit des temps vient sans doute de l’époque où la volupté de leur décolleté et la finesse de leur taille valaient tous les neurones ! Cette peinture des meurs féminines et bourgeoises est le principal intérêt du film selon moi. Avec celui de me donner deeply envie de relire Jane Austen.