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Kouto
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5,0
Publiée le 28 octobre 2025
Jean-Pierre Melville alors au sommet de son art livrait un troisième bijou avec « Le cercle rouge » narrant l’association de trois malfrats dans le but de dévaliser une bijouterie de luxe pour un butin substantiel. Une fois de plus le réalisateur épate par la minutie de sa mise en scène aussi précise qu’une horlogerie suisse. Fidèle à sa réputation, il parvient à faire du silence un instrument sentencieux d’un récit crépusculaire hanté par la figure de ses protagonistes incarnés à l’écran par une prestigieuse distribution au de laquelle on retrouve notamment Alain Delon, Bourvil ainsi qu’Yves Montand. Une pléiade de stars de l’époque associée à un cinéaste au firmament pour un long-métrage qu’on peut classer au panthéon du film noir.
Jeux d'acteur très decevant, réalisation peu rythmée, musique passant inaperçue, situations improbables, du coup, il est difficile de rentrer dans le film.
Evasion, association de malfaiteurs, vol de bijoux,... on retrouve à peu près la même histoire que dans LE CLAN DES SICILIENS sauf que là j'ai mieux apprécié ce polar-ci, simplement au niveau de l'atmosphère sombre qui règne en permanence avec la musique appropriée. En plus Bourvil est convaincant dans ce registre inhabituel et la fin est plus spectaculaire.
Un polar passionnant, économe en dialogue, mais à la mise en scène épurée (avec en autre la séquence d’anthologie sans dialogue de vingt-cinq minutes du casse chez un grand joaillier de la place Vendôme). Les acteurs sont tous formidables, surtout Bourvil, aux antipodes de son emploi habituel. A la proue, une citation bouddhiste : « Quand les hommes, même s'ils s'ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d'entre eux, et ils peuvent suivre des chemins divergents ; au jour dit, inexorablement, ils seront réunis dans le cercle rouge. »
Un très grand film de Melville, énorme, parfait par son style, épuré , rigoureux, sans fioriture. Juste de l'émotion, de la cinématographie,et de la technique. Les acteurs sont tous formidables, dirigés de main de maître. Peut-être Bourvil dans son rôle de commisaire taiseux, est le plus surprenant , amoureux de ses chats, taciturne, solitaire mais très rigoureux dans son enquête. Des scénes d'anthologie, stupéfiant de maîtrise et d'ingéniosité : la course à travers les champs gelés, fuite éperdue, , les visions de monstres de Montand. Le piège terrible sur le port de Marseille alors que la casse apparaissait parfait .Un film culte;
Casting de choix pour ce polar français exclusivement masculin, digne d'un film noir. Le Cercle Rouge est à voir si vous appréciez le style Melville, où lenteur et silence sont des personnages à part entière. Dans la même veine mais beaucoup plus abouti et plus palpitant à mon goût, voyez Le Clan Des Siciliens, indétrônable.
Melville, la référence du polar à la française, s’apprête à tirer sa révérence après ce nouveau chef d’œuvre. Réalisateur hors pair avec son sens du cadrage, ses ellipses ingénieuses et ses mouvements de caméra savamment pensés ; il faut être un maitre de la mise en scène pour installer des atmosphères puissantes quand on est aussi avare que lui en dialogue et que son intrigue est somme toute assez conventionnelle. Ce niveau de maitrise fait toujours référence et ce bien au-delà de l’hexagone ; Tarantino, Scorcese, Woo n’ont jamais caché leur enthousiasme pour l’œuvre de Melville qui fût parfois même source d’inspiration. Revenons aux silences déjà hyper exploités dans « Le samouraï », symbole d’un souci de tendre au plus vers l’abstraction et l’essence même du polar et de ses personnages (cf. la scène du cambriolage : 25’ sans un mot… malgré tout intense). Ce cercle rouge est à nouveau une épure du cinéma policier : aucune sensualité, aucun gras… juste un léger fond sonore jazzy collant parfaitement aux images. Dès la première scène où l’on pense que la voiture qui grille le feu rouge est conduite par des bandits, il pose les bases : pas de bons et pas méchants ni chez les flics ni chez les truands. Et différents personnages de ce film (Jansen, surveillant de prison,…) incarneront à merveille cette phrase prononcée par un ponte de la police : « Nous naissons tous innocents, mais çà ne dure pas. ». Et pour ses personnages pareils ; ils ne sont que fonction ; ils n’ont pas de vie personnelle : la commissaire Mattéi rentre chez lui accueilli par ses trois chats dans un même rituel sans cesse reproduit ; Jansen vit reclus chez lui ; Corey n’a aucune vie sentimentale ;… Vides de plaisir, d’affects et de sentiments ; ils sont juste régis par leur propre code de conduite de manière mécanique. Ce qui fait de ses personnages des sortes de poupées fatigués et entrainés dans un tourbillon de la fatalité sur lequel ils n’ont guère d’emprise. Melville profite alors de ce petit théâtre de marionnettes pour amener des thèmes chers à son œuvre : échec, solitude, trahison. Finissons avec ce qui pète encore aujourd’hui : les noms figurant en haut de l’affiche. Bourvil, à bout de souffle, malmené par un cancer qui le laissera sur le carreau quelques mois plus tard joue pour son dernier film un contremploi incroyable. La mélancolie et la bonhommie du bonhomme emporte tout sur son passage. Delon nous refait le coup du taiseux samouraï. Montand est incroyable. Gian Maria Volonté électrique, un Bardem avant l’heure. Juste pour finir j’ai bien aimé une réflexion à propos de ce film que j’ai lu sur un blog : « D'ailleurs, tout le film ne pourrait être qu'un rêve : lors de la succession de plans liant Vauchel et Corey endormis, on voit Mattéi fermer les yeux quelques secondes. Une fraction de temps qui suffit à glisser en nous l'idée que Le Cercle Rouge pourrait n'être qu'un songe de film policier. » Un grand Melville dans une œuvre haut de gamme. Mon blog: tout-un-cinema.blogspot.fr
LE CERVEAU. Je continue les oeuvres de Melville. Année 70 le cercle rouge. L'encerclement d'un quatuor grandiose (Bourvil, Delon, Montand, Volonte). La circonférence d'un nouveau chef d'oeuvre. Sa froideur et sa longueur considéré comme sublime m'ont renvoyé au centre sans trouver le diamètre. PS. avec Melville, il morfle Delon.
Très bon film noir français avec un casting mythique, une mise en scène au cordeau pleine de tension et narration minimaliste mais non moins efficace. Tout simplement une valeur sûre du genre qui n'a en plus pas prit une ride ! Seul bémol : j'aurais aimé que ça se termine sur un climax plus fort.
Un grand classique, un film de référence. Tout y est parfaitement fait : la mise en scène au cordeau, l’atmosphère digne et silencieuse — quelle sinécure pour un dialoguiste —, l’interprétation hiératique, le thème — la fatalité, la rédemption, les destins croisés —, le scénario riche et épuré, etc. Mais on peut regretter sa lenteur qui fait transparaître de nos jours, après Tarentino, Mann ou Scorcese, une note de vieillissement et de désuétude. Il demeure néanmoins un chef-d’œuvre du genre.
Même s’il ne s’agit pas du premier film de casse avec sa préparation minutieuse, dans la bijouterie Mauboussin de la place Vendôme à Paris [cf. « Quand la ville dort » (1950) de John Huston ou « Du rififi chez les hommes » (1955) de Jules Dassin], il n’en constitue pas moins un modèle du genre. C’est aussi un film sur la destinée humaine (spoiler: cf. le titre, inventé par Jean-Pierre Melville et qu’il attribue à Bouddha ) où des hommes [spoiler: Corey (Alain Delon, 35 ans), sorti de prison pour bonne conduite après 5 ans d’incarcération, Vogel (Gian-Maria Volonté, 37 ans), évadé du train qui le conduisait de Marseille à Paris, Jansen (Yves Montand, 49 ans), ancien flic, tireur d’élite, devenu alcoolique et l’inspecteur François Mattei (Bourvil, 53 ans et avant-dernier rôle avant son décès), probablement veuf, avec 3 chats ], malgré eux, vont vers leur destinée (symbolisée par le cercle rouge qui les réunit) souvent tragique. Film noir, d’une part, par les relations troubles entre police et indicateurs, et d’autre part, par la vision du directeur de la police judiciaire qui considère que « les hommes naissent innocents mais pour peu de temps, devenant ensuite tous coupables… ».
Melville tel qu’en lui-même. Sombre, hiératique, pessimiste, limite misanthrope, d’une violence rentrée qui éclate par à-coups et emporte tout sur son passage. "Le Cercle rouge" est peuplé d’hommes prisonniers de leur destin, qui luttent pour y échapper et tombent, inéluctablement, sous les coups de la fatalité. Même le (presque) gentil commissaire Mattéi devra plier devant la noirceur de la vision du monde de son Inspecteur des Services. Souvent considéré comme le point faible du film, Bourvil, déjà malade et qui décèdera six mois après le tournage, apporte au contraire une touche bienvenue d’innocence et de fragilité. Le reste de la distribution (et ce n’est pas un mince exploit) impose de vraies personnalités, en dépit de la chape de plomb et du mutisme presque permanent qu’impose le metteur en scène. Yves Montand, sa fragilité et sa gaucherie, Gian Maria Volonte et son feu intérieur, François Périer et sa fausseté... Quasiment statufié, incarnant son propre mythe avec un premier degré incroyable, Alain Delon réussit à échapper au ridicule (le risque était réel!) et fait de son personnage une figure mystérieuse, d’un charme hautain et finalement presque attachante. La scène du cambriolage de la bijouterie est un classique. Le final, qui tombe comme un couperet, peut sembler abrupt - Melville n’avait pas l’habitude de prendre des gants avec le spectateur. Son style a certes vieilli, mais Dieu sait qu’il en avait un !
Dans 'Le Cercle rouge', JP Melville pose une question simple : les hommes sont-ils tous coupables ? La réponse, forcément, est oui : les policiers pas moins que les bandits, peut-être même plus. C'est en effet la bande de Corey, Vogel et Jansen qui portent, dans ce film de Melville, des valeurs d'amitié et de partage quand la police truque et martyrise, corrompant même le commissaire Matei (Bourvil, étonnant en dandy solitaire et mélancolique). Il y a tout de même peu d'espoir ici, les personnages sont condamnés dès le propos liminaire du film. 'Le Cercle rouge' n'en reste pas moins une immense réussite portée par un casting sans faute, une réalisation brillante et une bande originale discrète mais évocatrice de tout un Paris de la fin des années 60 : c'est simple, il est de ces films dans lesquels on souhaiterait vivre. C'est aussi l'un des sommets du cinéma d'action mondial, dont l'influence est visible jusqu'à Tarantino.